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LES ARTICULÉS PRIMAIRES

A l'époque où les naturalistes étaient d'accord avec Cuvier pour admettre dans le monde animal quatre ou cinq divisions principales, on réunissait dans un même embranchement, sous le nom d'annelés, les vers et les articulés. Aujourd'hui, la plupart des zoologistes séparent complètement les vers des articulés.

Les vers, étant des animaux mous, cacheront éternellement aux paléontologistes l'histoire des phases par lesquelles ils ont passé dans les temps géologiques. Un très petit nombre d'entre eux ont pu conserver les traces de leur existence. Les plus favorisés à cet égard sont les annélides tubicoles, qui se construisent des fourreaux calcaires ; on découvre ces fourreaux dans la plupart des terrains. M. R. Etheridge a publié dans le Geological Magazine d'intéressantes études sur les annélides tubicoles des terrains primaires : Spirorbis, Serpula, Ortonia, Ditrupa, Vermilia, Sabella ; le Spirorbis helicteres s'est multiplié tellement que l'agrégation de ses tubes a formé des bancs calcaires de plus d'un mètre d'épaisseur. MM. Nicholson et Yine se sont également occupés des annélides tubicoles des époques anciennes.

M. Grinnell a décrit des mâchoires d'annélides, recueillies dans le silurien inférieur des États-Unis, et M. Hinde, tout

récemment, a publié des mémoires sur les mâchoires d'annélides qu'on a trouvées dans les couches siluriennes, dévoniennes et carbonifères ; je reproduis ici deux spécimens des pièces qu'il a figurées (fi g. 172 et 173). Ha fallu beaucoup de soins

Fig. 172. — Mâchoire d' Arabellites * Fie. 173. — Mâchoire d'Eunicites*

cornutus, grandie 12 fois (d'après clinionensis t grandie 12 fois (d'a-

M. Hinde). — Silurien inférieur près M. Hinde.) — Silurien moyen

de Toronto, Canada. de Dundas, Ontario.

pour découvrir des organismes si chélifs dans des roches d'une grande ancienneté.

On a supposé aussi l'existence de vers à l'époque primaire, d'après des trous qui auraient été formés par ces animaux ou des empreintes qui affectent une disposition en anneaux. Sans doute autrefois, comme aujourd'hui, il y a eu une multitude d'animaux et de plantes qui n'étaient pas de nature à pouvoir se pétrifier, et qui ne nous ont légué que de légères empreintes de leur configuration ou de vagues moulages; le génie investigateur de Salter, de Hall, de Geinitz, de Saporta, etc., nous en a déjà révélé quelque chose. On ne s'en est pas tenu à l'étude des moulages qui ont remplacé les tissus des animaux et des végétaux ; on a examiné les traces que les botes anciennes ont pu laisser, en se mouvant sur les roches qui étaient encore dans un état mou ; ce genre d'études a été inauguré par un naturaliste américain, Hitchcock, et on lui a donné le nom d'ichnologie 3 . M. Hancock et plus récemment M. Nathorst ont fait des recherches d'ichnologie qui ont provoqué de singulières controverses *. On a revendiqué comme appartenant au

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