v Oarpaxov, coquille
2. Système silurien du centre de la Bohême, supplément au vol. /, p. 466,in-4. Prague, 1872.
3. Les noms de Cypridellina, Cyprella, CyprideUa sont des diminutifs de celui v de Cypris donné à un ostracode.
Comme ces petits êtres sont séparés de leurs descendants actuels par un laps immense de temps, on aurait pu croire qu'ils étaient fort différents ; mais, en faisant des sections de graines silicifiées de Saint-Etienne, M. Renault a mis à jour des oslracodes dont les organes sont merveilleusement conservés, et se rapprochent beaucoup de ceux des espèces actuelles; ils ont été étudiés avec talent par M. Charles firongniart; je reproduis ci-dessous un des dessins qu'il a donnés (fig. 177).
Fie. 17". — Palœocyprit Etiumrdiîi, animal ail ici flé, grandi 100 foi* : e. carapace: o. œil; a. ». anlennci supérieures; a. i. antennes inférieure»; f>- ;>'■ pattes ; r. rame posl-abdominale ; q queue ; ov. ovaires ( d'après H. Charles Brongniart). — Houîller de Saint -Etienne.
Nous avons là une preuve frappante des liens qui existent entre le monde présent et le monde passé. Nous y trouvons aussi une preuve de l'inégalité avec laquelle se sont opérés les changements des êtres; & côté d'animaux qui ont disparu pour toujours, d'autres se sont continués, comme si le temps les avait à peine touchés, et comme si, au milieu des grandes modifications de la nature, l'Être infini voulait proclamer la perpétuité de sa puissance directrice.
Aujourd'hui les oslracodes sont de toutes petites créatures qui atteignent rarement 2 ou 3 millimètres de longueur. Dans les temps primaires, ils ont eu des dimensions bien supérieures. Ainsi M. Roemer a fait connaître une espèce du silurien, la Leperditia gigantea, de 43 millimètres de longueur, et M. Barrande a décrit des espèces encore plus grandes ; je reproduis ici le dessin d'un ostracode de Bohème, VAri&to-
tue' reyina, qui a 51 millimètres de long (fij*. 178); M. Barrande a décrit un individu de la môme espèce auquel il attribue une longueur de 90 millimètres. On a déjà vu les pléropodes du silurien atteindre une taille bien supérieure à celle des pléropodes actuels, et je vais citer des branchiopodes qui, à l'époque silurienne, ont, comme les ostracodes,
surpassé beaucoup les êtres des temps plus modernes. Ainsi, dans quelques classes, les types inférieurs ont eu leur plus grand développement avant l'époque du règne des types plus élevés.
Branchiopodes. — Plusieurs branchiopodes ont été trouvés dans les terrains primaires, par exemple V Hymenocaris * du carabi'ien, le Dithyrocaris 1 , le Ceratiocaris*, dont les pointes
caudales ont été d'abord décrites comme des aiguillons de poissons. Une des espèces de Ceratiocaris (C. ludensis) de
1. "AfKoroï, le principal, le meilleur; Zoe reprisante l'état embryonnaire des crabes, c'esl-à-dire des crustacés les plus élevés des temps actuels. t. ' T|iT|Y, ho;, membrane ; njp'i;, crustacc. 3. iifbpo,-, bivalve, et xapi.-.
i. Kspxriov, petite corne, el xgpt;.
l'étage de Ludlow (silurien supérieur) avait plus de deux pieds anglais de longueur ; cette dimension est énorme comparativement & celle des genres actuels.
C'est parmi les branchiopodes qu'on range maintenant VEstheria' (ûg. 179) que sa carapace i deux valves a parfois fait prendre pour un mollusque bivalve..
Cirrhipèdes. — Des cirrhipèdes 1 tels que le Plumulites 3 et VAmtifopsis* ont été rencontrés dans le silurien; ils ont été étudiés par M. Barrande et par H. Woodward.
Trilobites. — Voici des êtres d'uoe antiquité bien vénérable; on ne touche pas sans quelque émotion ces créatures dont la vie s'est passée dans des temps tellement reculés que l'imagination a peine à les concevoir. Déjà, dans le cambrien inférieur, l'ordre des trilobites est représenté par quatre genres :
YAgnostus, le M icrodiscus, le Plxttonia, le Conocoryphe ; je ûgure ici un échantillon de Conocoryphe* (fig. 180) que j'ai rapporté du pays de Galles, où il m'a été donné par M. Homfray. Le milieu de l'époque cambrienne a vu le règne des Para-