‹ Les enchainements du monde animal dans les temps géologicquesChapitre 95 sur 128 · I. Ilï.àl, oïÔ;, plaque; UpfL-x, peau · texte numérisé non relu

I. Ilï.àl, oïÔ;, plaque; UpfL-x, peau

S. Iïïçii, barque; àanï;, bouclier.

3. Ilnpèv, aile cl un,-, H. Schmidt a émis l'opinion que le Pteraspit et le Scajiiuupii sont un mémo animal [Geolog. Magatint, vol. X, p. 15ï, 1873J,

Pour prouver que les Scaphaspis sout des poissons d'un caractère tout à fait initial qui marquent le passage de l'invertébré au vertébré, il suffit de rappeler l'histoire de leur découverte. En 1835, dans son grand ouvrage sur les poissons fossiles, Agassiz attribua leurs débris à des poissons.

Fie. 2ÏS. — Porlion de l'oi qui représente la carapace du Scaphaspit Lloijttti, aux 3/4 de grandeur (d'après 91. Ray Lankester). — Dévonicu inférieur de PHcrefordshire.

Un peu plus lard, Rudolph Kncr prétendit que ce n'étaient pas des restes de poissons ; il supposa que c'étaient des coquilles internes de mollusques, analogues à l'os de la seiche. En effet, si l'on compare le tracé d'un os de seiche (fig. 226).

Pic 32fl. — Oi de Sepia officinaux, Pic. 337. — Restauration d'un o»

a peu près au 1/3 de grandeur. de Scaphaspit, d'après M. Ray

Epoque actuelle. Lankester, à 1/3 grandeur.

et celui de la plaque singulière qui représente In carapace du Scaphaspis (fig. 227), on ne peut manquer d'être frappé de leur ressemblance apparente. En 1856, M. Ferdinand Roemer exprima l'opinion que la pièce attribuée par Kncr a un mollusque provenait d'un crustacé, et il considéra la plaque d'un Scaphaspis du dévonien de l'Eifel comme un os de seiche ; il l'inscrivit sous le nom de Palœoteathis 1 . Deux ans après,

ÏX* FOSSILES PRIMAIRES.

M. Huxley étudia la structure des plaques du Scaphaspis, et déclara que c'étaient bien des os de poissons. Mais, pour enlever tous les doutes, il fallut que M. RayLankester eût, en 1863, la bonne fortune d'obtenir un morceau de Pterapsis', genre voisin du Scaphaspis, quiavait, contre sa plaque, des écailles semblables à celles des poissons.

On ne saurait s'étonner que d'éminents naturalistes, comme Kncr et Roemer, aient cru ces poissons primitifs plus près des invertébrés que des vertébrés. En effet, des vertébrés, qui justifient leur nom, devraient avoir des vertèbres; le Scaphaspis n'en montre pas plus de traces que YAmpkioxus de nos mers actuelles. Les vertébrés ont leurs membres soutenus par des pièces solides; les Scaphaspis et leurs alliés n'ont aucun vestige de ces pièces on d'un os interne quelconque ; ils ont seulement une ou plusieurs plaques qui forment, à la périphérie, un lambeau de cuirasse, comme chez les crustacés. Ces plaques, vues au microscope, n'ont pas laissé découvrir les ostéoplasles et les canalicules qui caractérisent en général ' les os des vertébrés.

Pic, 238. — Crphalaspis Lijelliï, vu en dessus, à 1/2 grandeur: o. orbites; p. nageoires pectorales; d. nageoire dorsale ; t. caudale Id'aprèe M. Ray l.ankesler). — -Dévonien inférieur d< Glammis, Ecosse.

Iltcpàv, aile; ônn'i;, bouclier . Môme citez les poissons actuels, les os sont très sauvent dépourvus d'osleo- »tes; cela montre combien les poissons sont inférieurs aux autres vertébrés.

Les membres de (a famille dont le Cephalaspts » (fig. 328 et 229) est le chef, ont apparu à la fin de l'époque silurienne, et n'ont pas dépassé le dévonien inférieur. Ils ont donc été les contemporains de la famille du Scaphaspis. La structure de leurs os est plus compliquée, car ils ont des osléoplasles, 8 le montre la figure 230. En outre, ils ont des nageoires

Fie. MO. — Ccphalaxpis Lyellii, vu de profil, à 1/2 grandeur : p. nageoires pectorales; d. nageoire dorsale; c. nageoire caudale (d'après M. Ray Lankester). — Dévonien inférieur d'Arbroalh, Ecosse.

pectorales p., dorsale d., ei caudale c. Cependant ce sont encore des poissons tellement différents de tous ceux qui existent actuellement qu'on est embarrassé pour décider s'il convient de les ranger dans la sous-classe des poissons osseux ou dans celle des poissons cartilagineux. Ils sont dépourvus de vertèbres et

Fie S30. — Section horizontale d'un lit moyen du bouclier de Zmatpû,

grandie 3U0 fois (d'après H. Ray Lankester).

d'os internes. Vainement chercherait-on dans leur tête les dispositions des poissons actuels ; on voit un bouclier (fig. 228) où il est impossible de tracer les divisions des os du crâne; sa forme rappelle celle des irilobites; il a des prolongements qui

. Kttwtii, Wlc et i

à cause du grand bouclier crpbaliquu.

ressemblent à leurs pointes génales. Il est curieux de comparer à cet égard la tête du poisson Eukeraspit qui est un sous-genre de Cephalaspis, et la tète du cruslacé Acidaspis. Le dessous de la télé des céphalaspidés a également des rapports de formes avec les trilobites.

Tandis que le Cephalaspîs et ses sous-genres rappellent les

trilobites, VAuchenaspis ' (fig. 331) et le Didymaspis * (fig. 332) rappellent les crustacés branchiopodes. Je ne peux mettre à côté l'une de l'autre la carapace du Didymaspis (fig. 233), et celle d'un Apus (fig. 333), sans remarquer leurs rapports de

Klu. 232. — Didynuupii Grindrotti , gr. nul. (d'après H. Lankesler). — DcVon. inf. de Ledbury.

Fig. 333. — Ajnu produettu, vu en dessus, grandeur naturelle. — Époque actuelle. Environ* de Paris.

forme ; on voit aussi que les yeux sont placés à peu près de la même manière.

Les Pterichthys* (fig. 334) diffèrent beaucoup des céphalaspidés, mais, comme eux, ce sont d'étranges bêtes. En commençant son chapitre sur les Pterichthys, Agassiz s'est exprime

1. 'Auxnv, tvoî, cou; âoB«, bouclier, 3. AiSuuot, double et iaiti;.

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