PRÉFACE XVII
> Adorateur de votre nom, ils Tont fait revivre, et c*est » par eux que, délivrés des formes vieilles et des préju-
> gés, nous avons pu revenir dans vos temples, vous
> chercher encore et reconnaître avec transport que votre » justice est égale pour tout le genre humain. Prêtres de » votre culte ranimé, âmes irritables et fortes, les douai leurs de leurs semblables les inspirèrent. Vrais califes » de Dieu... c'est par eux que votre culte doit renaître.
> — Bénissez-les pour avoir à jamais détruit l'hypocrisie
> et la douleur. Célébrons-les, ces nouveaux saints, inï terprètes de la sagesse divine, vainqueurs du fanatisme » et gloire du monde ! »
Tout est curieux dans ce livre. Voici une personne très-pieuse, qui a besoin d'un culte et qui fréquente les églises. « Le profond silence de votre temple, le jour » voilé, l'idée de la Divinité nous saisissent, ô Dieu que » nous trouvons ici et qui faites plier nos genoux. Vous € seul vous éveillez en nous ce qu'il y a de mieux dans » notre âme ; car si dans le monde où nous vivons, nous
> sommes trop crédules ou trop généreux, nous en som- » mes bientôt punis : notre tendresse nous perd, notre j» entraînement nous mène au malheur, notre noblesse » fait de nous des victimes ; nous avons trop aimé, nous » avons trop souffert par toutes nos qualités ; mais dans » votre maison, mon Dieu, nous ne serons jamais trop 9 généreux, jamais trop nobles, jamais trop sensibles.
xviii PRÉFACE
» Ici notre énergie prend son essor; ici, à quelque hau- » teur que nous atteignions, nous serons toujours bien » loin de vous ! Quelle force et quelle grandeur en nous » ne sont effacées par les idées de force et de grandeur » que nous trouvons dans votre nature infinie? Qu'il est » doux, qu'il est saint de s'abandonner ainsi en liberté » devant vous, aux rêves de beauté que vous avez dépo- » ses dans notre imagination ! » Ne croirait-on pas lire une prière parfaitement orthodoxe, et le curé de ce village ne doit-il pas être très-fier de voir une dame d'un si rare mérite agenouillée et profondément recueillie dans son église? 11 prête l'oreille, il s'émeut, il adniire et il a raison. Il est attendri, édifié comme il ne l'a peut-être jamais été. Peut-être n'a-t-il jamais pu trouver en chaire, quand il prêchait devant les seigneurs d'alentour, de si beaux mouvements et de si nobles raisons d'adorer le Dieu qu'il sert. Mais quoi? qu'est-ce donc? Ses oreilles ne le trompent-elles pas? Est-ce l'ange, est-ce le démon qui parle : « 0 Dieu ! loin de consacrer dans un seul culte » ces puissances d'adoration et d'exaltation , vous les » avez accordées au Nord comme au Midi, et l'Asie et sur- * tout les Indes les ont connues comme les chrétiens. » Ainsi votre esprit divin revêt les formes nécessaires et » ressort immortel de ces formes ! » Le bon prêtre se voile la face et s'enfuit en tremblant. Mais le spiritualisme sans culte déterminé aime cette