XVI PRÉFACE
» les beautés de l'univers, dans leur grandeur et leur » mélancolie. Il vient à vous, ô Dieu ! il vous contemple » du fond de son exil, du sein des émotions qui nous » rappellent à vous, impressions saintes et passionnées » de l'automne, ciel sombre et pourtant aimé , douce » pluie, plus chère que la rosée du matin, soir du jour, » auguste comme le soir de la vie, fort de même, comblé » de souvenirs, de calme, d'espérances !... Mais les émo- » tions finies, les passions envolées comme ces tristes » nuages, nos pleurs amers et doux, notre jeunesse exal- » tée, de même que la matière se transforme et reste in- » destructible, de même ces émotions invisibles, ces dé- » lices de l'âme lious seront-elles rendues?... Nous ren- » drez-vous ces jours sacrés, par lesquels notre vie fut » lumineuse, et qui vaudraient seuls la peine de la re- » commencer? »
On le voit, cette âme que l'amour a remplie, mais qu'il n'a point brisée, aspire à l'amour encore dans une autre ■existence. Elle a beaucoup souffert et beaucoup pleuré, mais elle a beaucoup aimé et c'est dans ce souvenir qu'elle se retrempe et se réjouit. Il faut lire toutes ces prières très-originales et d'une forme sui yeneris qui a son charme. Il en est une, où elle demande à Dieu de bénir ses saints de VOccident. <i Non- seulement saint Thomas, » Pascal, » mais encore les philosophes du siècle dernier qui a ont placé Dieu au sommet de tous les cultes.