PRIERES
Mon Dieu ! cette flamme que vous nous donnâtes pour le mariage et l'amour, vous la rappelez à vous à Tàge des jours paisibles et des passions calmes ! Nos idées concentrées en nous-mêmes, nos sentiments fixés sur nos semblables, s'élèvent, contemplent la nature, et viennent enfin jusqu'au trône de Dieu. Célébrons ce jour de la victoire des mortels, ce jour oii ils retournent à leur Créateur ! Alors ils ont épuisé les connaissances terrestres; alors ils vous interrogent pieusement d'un cœur content. Dans leur vol au-dessus de la mer en courroux, au-dessus des orages du cap et de la terre troublée, ils savent comment on se préserve, comment on se retire vers vous consolé. Soyez donc notre vraie joie; cette sainte flamme annoncée au sein même des délices pour reparaître ensuite plus sûre et plus céleste !
Mon Dieu, voici votre saison favorite, l'automne commence, les vents marchent rapidement dans les cieux
une douce et sainte tristesse s'empare de la nature ; le cœur de l'homme, délivré du besoin des affectois terrestres, se complaît dans lui-même, dans les beautcs do l'univers, dans leur grandeur et leur mélancolie. Il vient à vous, ô Dieu, dont il est séparé, il vous contemple du fond de son exil, du sein des émotions qui nous rappellent à vous. Impressions saintes et passionnées de l'automne, ciel sombre et pourtant aimé, douce pluie, plus chère que la rosée du matin, soir du jour, auguste comme le soir de la vie, fort de même, comblé de souvenirs, de calme, d'espérance!
La clochette des troupeaux qui rentrent an ^^illage, la rivière couverte de légères vapeurs, le froid naissant, tout nous émeut: mille impressions sensibles, mille pensées intimes se respirent dans l'air humide et voilé; un sentiment de force et d'immortalité inspire l'homme. Mais, les émotions finies, les passions envolées comme ces tristes nuages, nos pleurs amers et doux, notre jeunesse exaltée, de même que la matière se transforme et reste indestructible, de même ces émotions invisibles, ces délices de l'àme nous seront-elles rendues ? Quand vient le soir, vous nous relirez la lumière du jour, et quand vient l'automne les chaleurs de l'été, mais c'est pour nous les rendre au jour nouveau, à la saison nouyelle. Lorsque le dernier soir sera venu, nous rendrezvous de même la passion de notre jeunesse et un passé adouci et consolé, car rien ne l'a réparé? Nous rendrezvous ces jours sacrés, par lesquels notre vie fut lumineuse et qui vaudraient seuls la peine de la recommencer? Oh! déjà votre temple nous les rend, nous les
:m LES EiNCHANTEMENTS DE PRUDENCE
rappelle et nous les purifie ! Arrachés à nos douleurs personnelles et entraînés par vous dans vos grandeurs infinies, nous atteignons les émotions religieuses, la plus digne récompense des cœurs passionnés. Couvrez-nous de vos ailes ; préservez-nous par la lecture de vos livres, par l'étude des poètes inspirés de vous. Les hommes de nos jours auront aussi leur livre saint, écrit dans la suite des siècles, mais non pas encore adoré ni consacré. La religion de la vérité, le Dieu universel, n'a pas encore eu son culte et son temple. Inspirez-nous, et montrez-vous dans votre gloire !
A la saison mélancolique, rapprochons-nous mieux de vous ; comme les Hébreux, célébrons les saisons, et comme eux, trouvons notre culte au sein de la nature mêmel
Nous ne glorifions pas seulement dans votre temple, ô Dieu, vos saints de l'Occident, Moïse, leur instructeur, David qui a dit : Je célébrerai le nom de Dieu dans V univers^ saint Thomas, Pascal et tant d'autres^ mais aussi ce petit nombre de chefs du dernier siècle qui, au milieu de beaucoup d'impies, surent se préserver, et relever, sur des ruines, Dieu au sommet de tous les cultes et père de tous les hommes. Adorateurs de votre nom, ces philosophes l'ont fait revivre, et c'est par eux que, délivrés des formes
vieillies et des préjugés, nous avons pu tous revenir dans vos temples, vous chercher encore et reconnaître avec transport que votre justice est égale pour tout le genre humain. Prêtres de votre culte ranimé, âmes irritables et fortes, les douleurs de leurs semblables les inspirèrent ; vrais califes de Dieu, c'est sous leur égide et préservé par eux, que votre culte doit renaître, garanti de la faiblesse humaine qui retourne aux erreurs avec le même entraînement qu'elle marche aux vérités. Bénissez-les pour avoir détruit à jamais l'hypocrisie et la douleur ; célébrons-les, ces nouveaux saints, vainqueurs du mal, interprètes de la sagesse divine, vengeurs du fanatisme •et gloire du monde !
Nous entrons au temple : le profond silence, le jour voilé, l'idée de la Divinité nous saisissent. 0 Dieu, que nous trouvons ici et qui faites plier nos genoux, vous seul vous éveillez, dès nos premiers pas vers vous, ce qu'il y a de mieux dans notre âme, car dans le monde où nous vivons, si nous sommes trop crédules ou trop généreux, nous en sommes bientôt punis ; notre tendresse nous perd, notre entraînement nous mène au malheur, notre noblesse fait de nous des victimes ; nous avons trop aimé, nous avons trop souffert par toutes DOS qualités ; mais dans votre maison, mon Dieu, nous
ne serons jamais trop purs, jamais trop généreux, jamais trop nobles, jamais trop sensibles. Ici, notre énergie prend son essor, ici, à quelque hauteur que nous atteignions, nous serons toujours bien loin de vous ! Quelle force et quelle grandeur en nous, ne sont effacées par les idées de force et de grandeur que nous trouvons dans votre nature infinie ? Qu'il est doux, qu'il est saint de s'abandonner ainsi en liberté devant vous, aux rêves de beauté que vous avez déposés dans noire imagination ! Loin de consacrer dans un. seul culte ces jouissances d'adoralion et d'exaltation, vous les avez accordées au Nord comme au Midi, et l'Asie et surtout les Indes les ont connues comme les chrétiens.
Ainsi votre Esprit divin revêt les formes nécessaires, et ressort immortel de ces formes. La religion charme ceux qui viennent à vos pieds, attendris par votre grandeur, et ennuyés d'un monde sans piété et sans intelligence, Grand Dieu, vous êtes ce ferme refuge où se retirait David, vous êtes le rocher oi^i il s'appuyait, plus majestueux, plus redoutable dans les psaumes, plus doux, plus saint pour les Évangéhstes, plus sublime et plus universel, plus juste et plus pur pour nous tous, que vous avez conduits doucement par la contemplation des différents cultes, à la connaissance de vos intentions.
0 Dieu qui voyez mes pleurs dans votre temple ; ô Dieu devant qui je m'humilie et qui me rendez le coura^ et la joie ; ô Dieu qui me conduisez à des délices noi velles, meilleures que celles que j'ai connues, appuyez réforme morale qui se prépare, sur ces saints appuis
votre justice et de votre bonté. Purifiez nos cœurs qui cherchent la vérité. Soutenez le grand langage que parlent les passions. Que les femmes qui feront entendre les premières des paroles conformes à vos intentions, n'aient pas le bienfait des changements où vous nous conduisez, elles en seront plus dignes de prier dauS ce lieu, mieux consolées en vous cherchant, plus satisfaites et plus touchées de l'adoucissement futur que vous réservez au monde. C'est à genoux, c'eï^t devant vous, c'est guidés par l'exemple de vos législateurs dans tous les pays de l'univers, que nous devons humilier notre faiblesse, former nos esprits, nous entretenir timidement avec vous dans le silence des églises. Lieu consacré, douceur de cette solitude avec Dieu, foi éclairée et tranquille, donnez-nous l'inspiration!
Mon Dieu, rappelez à vous ces jours agités des commencements du printemps. Nous avons trop dirigé vers les passions ce trouble et cette énergie qu'excite le réveil brillant et mélancolique de la nature. Nous avons trop versé de larmes en vain, trop aimé pour changer, trop adoré ce qui était périssable; rappelez-nous à des vues plus universelles et plus calmes, plus célestes; rendeznous nos passions siires, éternelles ; sans plus de rupture ni d'incertitude. Quand votre main dirige le tonnerre,
étonne cette saison par des tempêtes ou bouleverse la nature siir d'autres rivages, vous restez calme et dominateur dams ces convulsions du monde ; ainsi rendez-nous calmes et forts au milieu de cette joie, cette émotion, cette tristesse qui s'éveillent en ce moment dans la nature.
0 Dieu, vous tenez nos émotions dans votre main^ vous nous les donnez, vous nous les prenez, vous nousenseignez à les dominer. Par des pensées plus étendues que nous ne saurions y arriver de nous-mêmes, vous nous enlevez aux détails de la vie, vous rappelez à l'ensemble de notre existence et de notre vertu, ces émotions prodiguées à des instants. A l'exemple de votre sagesse infinie, nous trouvons la force, et vous nous faites'j comprendre que l'homme doit la chercher dans les passions que vous lui avez données, s'il sait soumettre ces passions à la vertu et à vous.
; 0 vous qui n'êtes plus le Dieu fort des vengeances, vous qui ne venez plus sur les ailes du vent épouvanter
les mortels, vous qui nous apparûtes plus saint, plus éloigné de la terre, vous miséricordieux, mystérieux et sublime, faites briller votre splendeur, achevez votre ouvrage, révélez-vous selon que les pensées et les progrès de l'homme s'élèvent à vous! Vous vous revêtez encore. du ciel comme d'un vêtement; la terre, le soleil et les étoiles publient toujours votre magnificence, mais le génie et la gloire de l'homme la publient encore mieax, et votre plus cher prophète remplaça le culte de la nature par celui de la vertu. Sans vous choisir un peuple favori, vous protégez et vous bénissez toute la famille humaine. Le pauvre et le repentant, la veuve et l'orphelin sont vos enfants; mais vous défendez leurs droits et non plus leur misère. La tyrannie des rois, comme l'oppression du faible, se brisent à votre voix. Libérateur de l'esclave, vous donnez à chaque homme l'importance que l'œuvre de vos mains garde dans la nature; car, dans votre bonté souveraine, votre créature ne doit être ni méconnue ni avilie. Vous avez comblé souvent de vos plus précieux dons, la misère et la laideur, et montré toujours combien vous vous jouez de l'apparence. La seule inégalité primitive que vous marquâtes sur nos fronts, survit à nos erreurs et à nos vanités, et vous ne nous voulez soumis qu'à ceux que vous nous désignez pour chefs. Qu'ils se sentent plus forts en vous cherchant, et que les faibles, dans une modeste et douce joie, apportent à vos autels des cœurs pieux et désintéressés. Prêtez votre bras secourable et votre justice profonde à ceux que vous destinez à dominer : trop souvent ils se Bont joués de vos dons. La religion n'a pas toujours sanc-
tifié les talents; sanctifiez-les désormais; que nos devoirs se règlent sur nos moyens, et que l'homme public, pour premier acte, vienne à vous. Idéal de la puissance, de l'honneur et de la perfection, soyez l'objet de sa pensée au moment des conseils, des traités, de la conquête ou de la guerre ; que le peuple se fie à votre bonté et porte sa cause devant vous. Pur et saint au delà d'expression, quoique sachant tout comprendre, arrachez-nous aux petitesses, aux ennuis, aux dégoûts de la vie commune; remplissez ce vide que laissent au cœur de l'homme et les richesses et le pouvoir, et les passions mêmes, comme si vous seul étiez le réveil, la fin, et le complément de tout.
Heureux qui vous trouve au milieu des bois ! Leur repos aux chaleurs de l'été, leur silence, la fin puissante d'un jour brùlanl, la douce teinte du soir, l'immobilité du feuillage, tout ici nous invite au recueillement. Votre esprit nous inspire sous ces beaux arbres ! La verdure en est pâle et brillante, le feuillage élégamment coupé ; leur fleur blanche et légère parerait bien vos autels ; que ce bois soit donc votre autel. Venez, descendez! Que votre esprit remplisse ces forêts, votre sublime ouvrage; qu'il soit dans ce parfum des chênes, dans cet enchantement de la solitude et de la nature, dans ce coucher
majestueux du soleil, dans ces riants contours des ombrages et des collines! Le caractère d'un divin maître est partout ici : l'imagination humaine, impiissante à concevoir de lelies beautés, se trouvera ravie seulement de les imiter; la magnificence éclate en ces climats; vous leur avez prodisué la lumière, les fleurs, les oi.-eaux, la vie. In majesté, la grâce. Ce n'est pas sans des motifs sacrés que deux fois ici l'homme établit votre culte et enseigna au monde à vous adorer; où vous aurait-on mieux aimé que dans le pays où les enivrements de la nature vous proclament sans cesse ? Vous donnâtes aux habitants de ces pays charmants, un esprit plus élevé, un cœur plus sensible, une âme plus délicate pour vous adorer. Ils se plurent à vous consacrer des autels, k les orner, tantôt austères et exaltés, tantôt mêlant une douce joie à leur hommage éclatant. Déjà ces bois ramènent devant nous le souvenir des merveilles, des guirlandes et des parfums dont ils vous font l'offrande. Que ces ombrages pleins de mystères soient plus sacrés encore que les bois antiques; que la hache du cultivateur les respecte ; que l'homme y fuie et les ardeurs du soleil et les petitesses du monde! Déjà le feuillage frémit d'un saint bruit, déjà mon cœur troublé sent votre présence, déjà mes pensées se perdent dans la contemplation tremblante de la Divinité.
SI
Mon Dieu, méditons pieusement sur vos œuvres dans votre Église; que l'imagination du religieux vole aux différents lieux du monde pour y admirer vos créations. Suivons la nature sur l'Océan, au bruit des vagues courroucées, à la pointe de l'Afrique, où de furieux ouragans se préparent sans bruit : de petits nuages, de minces apprêts annoncent à peine les épouvantables orages dont va retentir le cap des Tempêtes.
Mais Dieu se montre dans de plus douces créations et de plus tranquilles délices. D'épaisses et riantes forêts, jadis consacrées aux dieux antiques, rappellent ici l'homme à un culte éternel ; l'éclat du soleil ferme nos yeux ; de fraîches cascades inondent, dans un calme sans fin, d'élégantes vallées o\i la Divinité, poétiquement révélée, vit adorer Diane et Minerve, aux autels champêtres. Sur de plus lointains rivages, étudions avec recueilU^ment un culte exalté et puissant, une poésie pieuse et sublime; les extases portées jusqu'au délire, jusqu'au crime ; pays oi!i la nature vaporeuse, les mers inspiratrices et les élégants rivages sont les plus beaux du monde. Sur un autre -continent, admirons étonnés, ces monts, ces tleuves prodigieux, nature sauvage, vierge, forte, où Dieu règne dans la solitude, tantôt embrasant les forêts par la foudre, déplac^ant les fleuves par les tempêtes, entraînant les
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montagnes par les volcans, et imprinnant à la nature le caractère grandiose des œuvres sorties tout à l'heure de ses mains. Que le religieux agité suive les effets de la foudre, du vent, des nues, des puissances secondaires. Mais surtout qu'il contemple les mortels plus merveilleux que les mers, les écrits que Dieu leur inspire, les livres saints, et ces penseurs religieux, créateurs d'une philosopiiie nouvelle, ce roi des saints, consolé et ravi dans ses méditations religieuses, et ce sauveur du pauvre et de l'enfance I Que les vérités, les vertus, atteintes par rhomme, mais supérieures à lui, nous montrent de même Dieu; que Dieu soit dans l'intégrité célébrée par David, qu'il soit dans la justice, la patience, la force, la bonté. C'est là que Dieu se révèle.
C'est ainsi, ô Dieu invisible, que vous devenez visible et présent pour nous. L'homme muet et la nature immobile peuvent nous laisser calmes, mais dès que la terre s'anime, que les arbres frémissent, que les nuées volent dans les cieux; dès que l'homme aime, pense, et célèbre par des chants ou par des cris, sa joie ou sa douleur, alors Dieu resplendit, alors l'univers le proclame et l'adore.
Dirigez donc nos esprits, ô Dieu, vers vos merveilles, au fond des forêts gémissantes, au milieu des mers ea courroux et dans le cœur agité de l'homme I
0 Dieu fort, vous qui fûtes d'abord adoré sous cet attribut de la force, vous récompensez par la force les longs combats et l'étude de la sagesse. Si l'homme laisse passer sa première douleur sans vous oublier, si, sans pouvoir vous adorer alors, il tient pourtant les yeux fixés sur le ciel, insensiblement vous lui rendez le calme, le bien-être, vous lui faites sentir le Dieu fort.
Plus tard peut-être encore, vous lui refuserez l'objet souvent déraisonnable de sa prière. Il doutera alors de votre bonté, il vous accusera de ne prendre nul intérêt aux créatures formées par vos mains ; il maudira la vie. Mais bientôt, cherchant cette force morale qui naissait de vous seul, il verra que la récompense de sa prière est la force et que peut-être l'objet de sa prière n'eût di*j être que la force.
Oui, donnez-nous la force morale et nous jouirons en paix des merveilles de l'univers! L'homme qui vous a •cherché ne veut plus dépendre que de vous, de vous qui comblâtes de vos dons celui qui sut vous demander la seule sagesse ; de vous qui détachez victorieusement vos adorateurs de ce qui est vain, qui ne les enflammez que pour la justice, la beauté, l'aciion, l'humanité ; qui leur faites apprécier désormais les passions, moins pour les passions mêmes que pour le nouveau jour, l'éclat qu'elles jettent sur vous et sur le monde !
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0 biou! les plus chers biens que vous donnez à rhomme sont invisibles. C'est dans son cœur qu'il vous cherche ; il fuit le bruit, le luxe et la magnificence. Entraîné vers la naiure et les plus beaux sites, il n'accepte que les ornements placés par vous-même. C'est sur les montagnes, c'est dans les forêts qu'il est content; la parure qu'il aime, c*est celle de la terre au loin dessinée par vos mains.
Vous .'limer n'était pas difficile, et 'sans prendre de leçon pour cela, nous avons trouvé un charme inexprimable dans les saintes pensées que vous inspirez. 0 Dieu, où donc mettre notre exaltation, où la répandre si ce n'est à vos pieds, si ce n'est là d'où elle vient, si ce n'est à sa source?
Mais vous forcez la jeunesse par une loi mortelle, à diriger cette exaltation vers les créatures ; vous voulez que la femme et l'homme s'unissent dans un mutuel ravissement. Plus tard, dégigés de ces chaînes, nous venons à vous, nous vous trouvons dans nous-mêmes, dans
ce cœur tranquille et rassuré qui ne conçoit plus d'affection ni d'études en dehors de vous. Car si la pensée du créateur se môle aux objets, la reconnaissance suit la douceur ; et si bien des conditions imposées aux mortels sont dures ; si Dieu est parfois impénétrable, toujours du moins ressort-il de l'ensemble des choses et reparaît-il triomphant.
0 Dieu donc triomphant, c'est sur vous que l'homme appuie sa faiblesse et cette débile élévation que vous lui avez donnée. Préservez-la, et inspirez encore à notre recueillement, des prières, non pas dignes d'être portées à vos pieds, mais capables du moins d'entretenir nos âmes dans les saintes pensées réservées pour la fin !