‹ Les enclaves des roches volcaniquesChapitre 103 sur 206 · Tschermak's min. u. petr. Mitih. VIII · texte numérisé non relu

Tschermak's min. u. petr. Mitih. VIII

ùrdchytiques, en même temps que les calcaires transformés décrits page 333, des fragments de roches basiques à leucite, des trachytes, des andésites, et enfin des bombes qui doivent nous occuper ici.

a) Sanidinites, — On y rencontre tout d'abord, mais en petite quantité, des sanidinites du type commun, pauvres en éléments colorés (mica et pyroxène), sur lesquelles je n'insisterai pas.

b) Enclaves basiques. — Plus nombreuses sont les roches basiques.

Les unes sont holocristallines à grands éléments, constituées par du feldspath triclinique (labrador et anorthite) grenu, associé à du pyroxène vert et à de la biotite. Ces derniers minéraux sont parfois eux-mêmes grenus, mais le plus souvent, forment de grandes plages englobant plusieurs cristaux feldspathiques : la biotite est postérieure au pyroxène ; il existe en outre un peu de magnétite. Le feldspath et le pyroxène renferment quelques inclusions vitreuses. Ces roches offrent une grande ressemblance avec le type le plus cristallin des enclaves de «)e genre, que j'ai décrites dans les tufs du Puy-de-Dôme. Comme dans cette région, ces enclaves sont accompagnées, dans les tufs, de fragments de trachytes et d'andésites de composition et de basicité très variées, et il n'est pas possible d'établir avec certitude avec lesquelles de ces roches elles sont en relation.

D'autres enclaves rappellent davantage les enclaves à structure diabasique du Capucin. De grands cristaux automorphes d'augite et de biotite sont associés à des cristaux enchevêtrés de feldspath triclinique, laissant entre eux des interstices miaroli tiques, parfois en partie remplis par un peu de résidu vitreux. Ces roches constituent un type bien net de ségrégations.

Monts Euganéens. — L analogie de composition, présentée par les trachytes à biotite des Monts Euganéens avec quelques-uns de ceux du Plateau Central de la France, m'a engagé à rechercher des sanidinites dans ces roches volcaniques ; je n'en ai rencontré en abondance que dans la grande carrière exploitée dans la ville même de Monselice.

I^s trachytes de ce gisement sont des trachytes à biotite et hornblende^ rappelant beaucoup, comme composition et comme structure, ceux de Monac; la même analogie se rencontre dans les sanidinites des deux gisements.

a) Sanidinites. — Elles sont à grands éléments, leurs interstices miarolitiques sont tapissés de produits ferrugineux brunâtres. Au microscope, on constate que le feldspath qui les constitue presque entièrement, est de Tanorthose. Il existe, en outre, de gros cristaux de zircon, de Tapatite, un peu de sphène et de fer titane, de la biotite et plus rarement de Taugite.

La biotite est assez riche en octaèdres de magnétite qui paraissent s'être produits par fusion partielle du mica.

Localement, le magma trachytique a pénétré dans l'enclave, et, comme cela a lieu généralement dans de semblables conditions, a recristallisé soit sous forme de longs microlites, soit sous celle de grains ou de cristaux isométriques. La roche ainsi produite est tantôt holocristalline, et tantôt accompagnée d'un peu de matière vitreuse.

La biotite y est plus rare que dans la sanidinite, Taugite plus abondante ; cette dernière moule souvent les cristaux de feldspath et donne ainsi naissance à la structure ophitique qui ne s^observe normalement ni dans les sanidinites, ni dans les trachytes.

Enfin, les phénomènes secondaires qui ont si profondément modifié quelques-unes des roches de cette région

sont aussi reconnaissables dans ces sanidinites; ils y ont développé du quartz, remplissant les interstices miarolitiques des sanidinites et de leur contact avec le trachyte ; ce quartz à structure granitique donne à quelques plages de ces roches l'apparence d'un véritable granité. Nous avons vu déjà plusieurs fois un fait analogue au cours de ce travail.

b) Enclaves bctsiques. — Des ségrégations basiques se rencontrent dans les carrières de Monselice; on y observe en abondance de la hornblende brune, associée à de Taugite, de Tapatite et de la magnétite. Le feldspath triclinique est très zone, la partie centrale des cristaux est la plus basique, elle est constituée par du labrador. Ces feldspaths, au lieu d'être grenus ou allongés comme dans la plupart des enclaves basiques des autres gisements, présentent en général des formes raccourcies, trapues : ils sont serrés les uns contre les autres, offrant même des formes géométriques quand il existe un peu de matière vitreuse.

J'ai recueilli d'intéressantes enclaves basiques pouvant se rapporter au môme type dans une andésite à hornblende, augite et biotite, que l'on rencontre près d'une petite crête entre le Monte Venda et le Monte Rua, non loin du lieu dit Negrella (en haut d'un ravin descendant à Galzignano).

Ces enclaves de couleur foncée atteignent les dimensions de la tête; elles sont altérées, fragiles, et il est difficile d'en isoler un fragment un peu gros.

Elles sont essentiellement composées d'un feldspath basique, de pyroxène, de magnétite et de hornblende. En lames minces, on y constate en outre l'existence d'apatite. La structure est holocristalline. Le pyroxène vert pléochroïque possède les inclusions du diallage et une grande

quantité d'inclusions vitreuses et gazeuses. Il est intimement associé à la hornblende brune, très pléochroïque, qui forme au milieu de lui des facules, ou plus souvent Tentoure et s'oriente cristailographiquement sur lui.

Ces minéraux sont englobés par de grandes plages d'un feldspath basique qui, d'après les essais qui ont été faits dans mon laboratoire par M. Bertolio, est constitué par une by townite. Ce feldspath est criblé d'inclusions liquides avec libelle extrêmement mobile.

Le pyroxène englobe un peu de magnétite, mais la plus grande partie de ce minéral est postérieure à tous les éléments de la roche sans exception, et joue le même rôle que le fer natif dans la dolérite d'Ovifak.

Andalousie. — M. Osann a décrit S dans les andésites à hypersthène de Hoyazo (cap de Gates), des roches grenues basiques, à feldspath triclinique, hornblende, etc., qui paraissent appartenir au même type.

Islande. — J'étudierai ici, bien qu'elles se trouvent au milieu de projections basiques dans lesquelles elles constituent des enclaves enallogènes, des roches depuis longtemps connues sous le nom de KrablUes. Elles proviennent de la montagne de Erabla, à 12 kil. du lac Myvatn, dans le nord de l'Islande.

MM. Forschammer, Genth, puis Sartorius de Waltershausen les considérèrent comme constituant un feldspath spécial.

En 1860, M. Zirkel fit voir qu'elles forment en réalité une roche que M. Bréon a bien décrite^ en 1884. Plus récemment, M. Bàckstrôm^ a étudié quelques échantil-

Page 1