Geol. Fôren. i. Stockholm Fôrhandl., XIII
Ions analogues et les a rattachés aux trachyies sadiques acides (liparites), dont l'éruption a précédé celle des roches basiques modernes de la région.
Je dois à Tobligeance de M. Bréon communication des échantillons qu il a décrits.
Ce sont des roches assez variées d'aspect extérieur. Elles sont généralement très miarolitiqucs, blanches, fragiles, présentant une ressemblance frappante avec les sanidinites. Dans leurs nombreuses cavités, on distingue des cristaux nets d'orthose vitreuse.
Leur composition minéralogique est celle d'une micropegmatiteà très grands éléments. Leurs feldspaths (orthose et andésine) renferment de nombreux cristaux pegmatoïdes de quartz, souvent groupés autour d'un cristal de feldspath non quartzifié. Elles renferment de grands cristaux d'augite, plus rarement de hornblende et de biotite.
Ces deux derniers minéraux subissent des transformations en magnétite, analogues à celles que Ton observe dans toutes les enclaves des roches basiques.
La parenté de ces roches avec les sanidinites parait hors de doute ; de plus, leur composition chimique est tout à fait comparable à celle des trachyies sodiques connus en place dans la région. M. Heliand aurait trouvé en plusieura points de l'Islande des masses et des amas de roches analogues.
Ces krablites ne sont donc pas des roches spéciales. Je les considérerai avec M. Backstrôm, comme les sanidû nites des trachyies acides islandais. Leur teneur élevée en silice ne doit pas étonner, leurs trachytes étant euxmêmes très siliceux et renfermant môme parfois du quartz bipyramidé.
Rien ne s'oppose, du reste, à ce qu'une partie, au moins, sinon la totalité du quartz de ces krablites ne soit secon-
daire, à la manière de celui des sanidinites des Âçores. Un des échantillons que j'ai examinés vient, en effet, à Tappui de cette opinion ; il est constitué par des cristaux blancs de sanidine englobés par une matière grisâtre à apparence un peu micacée, rappelant celle qui se forme au Mont-Dore aux dépens des grands cristaux d^orthose des roches volcaniques, englobées dans des trachytes plus récents. Au microscope, on constate que cette matière blanche est holocristalline et formée par de la micropegmatite moulant les grands cristaux intacts de sanidine. Les phénomènes de quartzification secondaire sont si fréquents dans les roches acides en place dans cette région, qu'il n'y a pas de raison pour ne pas admettre une semblable origine secondaire au quartz de ces boml)e8 de krablite.
La parenté des krablites avec les trachytes quartzifères est rendue très probable par l'association au type très cristallin qui vient d'être décrit, de blocs de roches, à deux temps de consolidation, renfermant de grands cristaux d'ortbose englobés dans une pâte microgranulitique à grands éléments, tandis que d'autres échantillons contiennent d'énormes sphérolites feldspalhiques, comparables à ceux des pyromérides et englobés dans une pâte constituée par de grands microlites feldspathiques que moule du quartz.
On peut comparer à ces krablites la sanidinite que j'ai décrite p. 358 dans les tufs basaltiques du Chuquet Genestoux.
n. Trachytes à œgyrine.
Résumé et conclusions. — Les trachytes àœgyrme de San Miguel renferment en abondance des blocs de sanidinites tout à fait analogues à celles qui viennent d'être décrites dans les trachytes à biotite. Ils n'en diffèrent que
par Texistence plus ou moins fréquente de quelques minéraux rares (lâvénile, astrophyllite, pyrrhite) et par la nature du pyroxène (œgyrine) et de Taraphibole (arfvedsonite) qu'ils renferment. Ces particularités minéralogiques s'expliquent Inen du reste par la composition des trachytes A œgyrine, plus sodiques que les trachytes dont les sanidinites sont dépourvues de ces éléments particuliers.
Les sanidinites à Œgyrine doivent être interprétées de la même façon que les sanidinites étudiées précédemment. Gomme elles, elles renferment des minéraux drusiques et sont parfois quartzifiées par actions secondaires.
Au point de vue minéralogique, les sanidinites à œgyrine établissent le passage entre les sanidinites proprement dites et les enclaves grenues des pbonolites, de même que les trachytes à œgyrine sont intermédiaires entre les tra-chytes à biotite et les phonolites.
J'ai rattaché à ce groupe, des sanidinites de la Réunion qui sont, selon toute vraisemblance, en relation avec des trachytes sodiques.
Açores. — Tous les géologues qui ont étudié les Açores et spécialement Webster, L. de Buch, Hartung, Hayes, Teschemacher ont signalé, parmi les produits de projection de l'île San Miguel, l'existence de roches grenues à feldspaths acides, aujourd'hui répandues dans toutes les collections. Ces roches se trouvent en blocs de dimension variable à Furnas, Agua de Pan, Lagoa do Fogo, Sete Cidades, Pico Alto, Pico das Camarinhas, et se rapportent au type saîiidinite.
L'étude minéralogique de ces roches a été faite plus récemment par MM. Miigge*, Osann^ et Pacheco do Canto 3. Les