Id. 1888, Bd. I, p
3. Recherches micrographiques sur quelques roches de Vile de San Miguel, Lisbonne, 1888.
deux premiers auleurs les considôrent comme la forme grenue du trachyte à œgyrine qui les a amenées au jour, tandis que M. Pacheco doGanto en fait des enclaves enallogènes de roches anciennes, arrachées au sol par les éruptions trachytiques.
Les échantillons que j'ai étudiés ont été recueillis par M. Fouqué ou m'ont été donnés par MM. do Ganto et Lima.
Ges sanidinites sont très cristallines, à structure miarolitique. Elles sont en grande partie constituées par du feldspath blanc ou rosé, à éclat plus mat que celui des sanidinites qui ont été étudiées jusqu'à présent. L'élément noir dominant, toujours peu développé du reste, est constitué par de l'amphibole arfvedsonite, du pyrozène ou du mica.
L'examen microscopique fait voir que les feldspaths appartiennent soit à l'orthose, soit à Tanorthose : ces feldspaths sont souvent groupés en associations microperthitiques. Ils sont généralement troubles comme ceux des roches anciennes; ils sont aplatis suivant g^ (010) et parfois accompagnés d'oligoclase. L'amphibole verte ou brune dans un même cristal appartient au groupe de l'arfvedsonite.
L'augite verdâtre se transforme périphériquement en œgyrine ; ce dernier minéral existe aussi pour lui-même. Il existe en outre un certain nombre de minéraux moins fréquents : la pyrrhite, le zircon, la lâvenite, l'astrophyl* lite et une substance brun foncé très pléochroïque, très réfringente, que M. do Ganto a appelée açorite, et dont la vraie nature n'est pas encore connue.
Les sanidinites de San Miguel présentent quelques variétés, dues à l'abondance plus ou moins grande des éléments colorés. M. do Ganto les a longuement décrites.
J'ai dit plus haut que la roche possède la structure miarolitique. Dans les vides laissés entre eux par les feldspaths, se développent rarement de la sodalite et plus souvent du quartz, de Tœgyrine. On y trouve aussi de jolis petits octaèdres quadratiques 6* (112) de zircon incolore ou jaunâtre qui ont été pris autrefois par Tcschemacher pour un minéral spécial et décrits par lui sous le nom d'azorite ; enfin, des octaèdres réguliers a* (11 1) brun rouge de pyrrhite et des cristaux d'œgyrine. Enfin il existe parfois des cristaux de quartz à formes nettes; ils sont riches en inclusions aqueuses à bulle mobile.
L'analogie de composition minéralogique de ces sanidinites avec les irachytes à œgyrine^ déjà signalée par Hartung, par MM. Miigge et Osann, me paraît évidente. La différence existant entre ces sanidinites et celles des roches acides des autres gisements, étudiés précédemment sont de Tordre des différences existant entre les roches volcaniques des mêmes gisements, aussi je n'hésite pas à les considérer comme le résultat de la cristallisation en profondeur du magma qui s'est épanché à la surface sous la forme de trachyte à œgyrine. Il semble même probable que ces roches ont dû former des masses solides en place.
Quant au quartz, il est de nature secondaire et homologue de celui qui abonde dans les enclaves des Chazes, dans le Cantal, et dans les sanidinites de la Réunion.
Parmi les trachytesà œgyrine recueillis par M. Fouqué à Sete Cidades, j'ai observé un échantillon contenant un nodule d'environ 5^" de diamètre, ayant la composition de la sanidinite que j'ai décrite page 250 (PI. V, fig. 7), et qui, commeon l'a vu, s'est produite par sublimation autour d'un bloc de trachyte ancien au cours de l'épancheraent de la roche englobante. La structure de cette roche est un peu différente de celle des sanidinites normales.
La Réunion. — «Vai eu Toccasion d'étudier deux échantillons de sanidinite, provenant de la rivière des Sables à la Réunion. Ils sont constitués par une roche à structure miarolitique, offrant la plus grande analogie avec les sanidinites du Lagoa do Fogo. Le feldspath blanc laiteux se présente en petits cristaux distincts dans les vides miarolitiques de la roche. Au microscope, on constate en outre l'existence d'œgyrine d'un vert extrêmement foncé, et celle d'arfvedsonite vert bleuâtre; ces minéraux sont englobés dans les feldspaths ou remplissent les cavités de la roche; un peu de pyroxène et de zircou, beaucoup d'hématite secondaire sont en outre à signaler.
Les interstices miarolitiques sont, par places, remplis par du quartz secondaire prismatique moulant toutes leurs aspérités. Les sections, presque perpendiculaires à Taxe de ces cristaux, montrent à leur périphérie des plages Hbrolamellaires, à allongement négatif, qui viennent converger vers le centre du cristal. L'examen en lumière convergente montre, aussi bien dans ces parties fibreuses que dans les parties centrales homogènes, une croix noire plus ou moins disloquée avec signe positif. Ce sont là des formes élémentaires quartzeuses qui montrent bien l'identité du quartz et de la calcédoine.
Ces sanidinites, sur le gisement desquelles je n'ai pas de renseignements précis, n'ont jamais été signalées en place à la Réunion. Il est vraisemblable qu'elles présentent d'étroites relations avec des trachytes sodiques. Il existe à la Réunion des roches de ce groupe. Je dois à l'obligeance de M. Vélain des échantillons de ces trachytes, qu'il y a signalés après von Urasche. Ils possèdent les mêmes caractères extérieurs (jue quelques-uns de ceux des Açores, mais ne renferment pas d'œgyrine. Ils sont constitués presque exclusivement par des lamelles d'anorthose apla-
lies suivant 9^ (010), et donnant à la roche une structure rappelant un peu celle des phonoliles. II y a lieu de signaler quelques grands cristaux d'anorthose, l'abondance de rhématite secondaire et enfin la formation de très jolis petits cristaux de quartz dans les cavités de la roche; ces derniers présentent les mêmes particularités optiques que ceux des sanidinites.