Tschermak's miner, u. pelr. MittheiL
$. Verhandl., naturfi. Vereins Bonn., XLVIII, 282, 1892.
serai, en outre, fort bref sur la description de ces roches, aujourd'hui connues de tous les pétrographes. Les documents provenant des autres gisements étudiés dans mon mémoire rendent, du reste, assez facile la classification des divers produits dont j*ai à m'occuper ici.
Les échantillons que j'ai moi-même étudiés ont été recueillis en 1891, au cours de mon voyage dans TEifel.
De même que dans la plupart des gisements analogues, on peut distinguer, au lac do Laach, deux sortes d'enclaves homoîogènes : les unes, qui ont une composition mineralogique analogue à celle du trachyte à hailyne qui les accompagne, sont pauvres en minéraux ferrugineux, ce sont les sanidinites à noséane] les autres, plus basiques, sont particulièrement riches en éléments colorés : il existe de nombreux passages entre ces deux catégories de produits.
a) Sanidinites à noséane, — Les sanidinites du lac de Laach sont des roches très cristallines, souvent friables, dans lesquelles on distingue, à l'œil nu, surtout de la sanidine et de la noséane avec quelques éléments ferrugineux (mica, hornblende, augite) généralement clairsemés. La structure est parfois feuilletée, quand la roche est très riche en feldspath aplati suivant g^ (0 1 0) : elle rappelle, à ce point de vue, les granités à riebeckite du Colorado. Dans d'autres cas, elle est grenue à la façon d'une aplite. Plus souvent enfin, la roche est miarolitique.
Les minéraux constituant le plus habituellement ces sanidinites sont les suivants : magnétite, zircon, pyrrhite, sphène, apatite, biotite, hornblende, pyroxène, feldspath (orthose et anorthose), noséane ou haûyne et plus rarement scapolite. Ces divers minéraux se rencontrent souvent, soitdansdes cavités irrégulières ou curvilignes, soit dans les interstices miarolitiques en très beaux cristaux qui ont été
particulièrement étudiés par vom Rath. Ce savant y a rencontré, en outre, des espèces plus rares telles que Torthite, la monaziteS etc. Nous avons vu que les éléments blancs étaient de beaucoup prédominants sur les minéraux ferrugineux.
Le zircon, le sphène, l'apatite, parfois très abondants ne présentent aucune particularité digne d'être notée : la biotite, Taugite verte et la hornblende sont celles que Ton rencontre dans les sanidinites d'Auvergne, décrites plus haut.
Quant à la pyrrhite en petits octaèdres, décrits autrefois par Wolf comme spinelle rouge, son identité avec la pyrrhite des sanidinites des Açores a été établie par M . Hub* bard. En lames minces, elle se présente en grains ou en octaèdres jaune d'or, isotropes et très réfringents.
La noséane, fréquente dans les druses en cristaux 6^ (110) simples ou maclés suivant la loi ordinaire, pré« sente des couleurs variées : elle est incolore, brunâtre, noirâtre, rarement rosée, etc. En lames minces, on constate qu'elle se présente soit en cristaux nets englobés dans le feldspath, soit en plages moulant ces derniers. Tantôt elle est limpide, dépourvue d'inclusions, tantôt au contraire, elle en renferme une très grande quantité (inclusions gazeuses, vitreuses avec bulle de gaz ou grains fer-
1. Vom Rath a décrit dans un échantillon des cristaux d'hypersthène iamblystégite) que je n'ai jamais rencontrés. II me parait fort probable que la roche étudiée par vom Rath devait être une roche ancienne modiQée. On a vu plus haut, en effet, qu'au lac de Laach, Thypersthène est fréquent comme élément récent dans ce genre d'enclaves. Ce mode de gisement serait alors identique à celui du rocher du Capucin. M. Bruhns a bien retrouvé une seule fois ce minéral, mais la composition qu'il assigne à la roche qui le renferme (orthose, feldspath triclinique, mica, augite, magnétite) ne tranche pas la question. Si cet hypersthène se rencontre réellement dans une sanidinite, ce genre de gisement est unique.
rugineux, lamelles ou cristaux d'ilménite, d'oligiste, etc.) Ces inclusions sont tantôt distribuées d'une façon quelconque, tantôt géométriquement orientées suivant les axes cristallographiques ou les formes extérieures de la noséane (PL VI, fig. 1 et 6). L'abondance de ce minéral dans ces sanidinites avait conduit Hubbard à les désigner sous le nom de noséanite.
L'baûyne bleue est peu abondante, elle remplace la noséane, elle est souvent dépourvue d'inclusions. Je Lai trouvée cependant en grande quantité dans des sanidinites enclavées dans les andésites augitiques de Niedermendig.
MM. Hubbard et Bruhns ont signalé, en outre, la néphéline que je n'ai pas moi-même rencontrée.
Les feidspaths sont constitués par de l'ortbose, souvent accompagnée d'anortbose ; ils se trouvent en cristaux indépendants ou associés en microperthite. Les inclusions (vitreuses et gazeuses) sont peu abondantes.
La scapolite est beaucoup moins fréquente que les minéraux précédents : je n'en ai personnellement trouvé que dans un petit nombre d'échantillons. Elle y forme de grandes plages sans formes nettes (PI. VI, fig. 1). Les clivages prismatiques sont soulignés par de longues inclusions vitreuses à bulle.
A ces éléments, il faut ajouter la calcite remplissant les cavités de la roche et ses fissures microscopiques. Elle est nettement secondaire, et il n'y a pas lieu de s'arrêter à l'opinion de Wolf, d'après laquelle ce minéral serait primaire.
L'ordre de consolidation des éléments de ces sanidinites est le même que dans les roches de ce genre précédemment étudiées. La noséane est soit antérieure, soit postérieure aux feidspaths. Quant à la scapolite, elle est, dans mes échantillons, postérieuie à ces derniers minéraux
(PL VI, fig. 1). M. Bruhns, toutefois, considère tous ces éléments blancs comme contemporains.
L'aplatissement du feldspath suivant ^^ donne à ces sanidinites, comme à celles des autres gisements, un cachet très net. Parfois, les feldspaths sont enchevêtrés d'une façon quelconque (PL VI, fig. il); dans d'autres cas, ils se groupent en gerbes, en éventails (PL VI, fig. 2 et 6). Les fig. 2, 6 et 11 de la PL VI représentent des roches dans lesquelles la noséane très abondante moule les feldspaths; dans la fig. 1, la scapolite joue le même rôle. Dans la fig. 10 de la même planche, au contraire, on voit une sanidinite très compacte dont la noséane globuleuse est entièrement englobée par la sanidine.
Dans quelques échantillons, j'ai observé une tendance à la formation de deux temps de cristallisation. De grands cristaux de sanidine y sont entourés par des cristaux de même forme, mais plus petits : ces roches sont des microsanidiniies analogues à celles qui ont été décrites dans les gisements italiens. La seule différence à signaler consiste dans ce qu'ici, les plus petits cristaux de feldspath, au lieu d'être grenus, ont la même forme que les grands.
J'ai rencontré cette structure dans des échantillons riches en haûyne, recueillis en enclaves dans les andésites augitiques de Niedermendig. Je l'ai trouvée aussi dans quelques sanidinites de la Somma.
Peut-être est-ce à des sanidinites de ce type que Hubbard a voulu faire allusion en signalant des feldspaths de deux générations, dont une partie serait d'après lui le résultat de sublimation. Il est bien évident que tous ces feldspaths se sont produits suivant le même mode et que de petites différences dans les conditions de la cristallisation ont suffi pour déterminer ce genre de structure qui est une étape vers la structure microlitique.
rugineux, lamelles ou cristaux d'ilménite, d'oligiste, etc.) Ces inclusions sont tantôt distribuées d'une façon quelconque, tantôt géométriquement orientées suivant les axes cristallographiques ou les formes extérieures de la noséane (PL VI, fig. 1 et 6). L'abondance de ce minéral dans ces sanidinites avait conduit Hubbard à les désigner sous le nom de noséaniie,
L'baûyne bleue est peu abondante, elle remplace la noséane, elle est souvent dépourvue d'inclusions. Je Tai trouvée cependant en grande quantité dans des sanidinites enclavées dans les andésites augitiques de Niedermendig.
MM. Hubbard et Bruhns ont signalé, en outre, la néphéline que je n'ai pas moi-même rencontrée.
Les feldspatbs sont constitués par de Torthose, souvent accompagnée d'anorthose ; ils se trouvent en cristaux indépendants ou associés en microperthite. Les inclusions (vitreuses et gazeuses) sont peu abondantes.
Lascapolite est beaucoup moins fréquente que les minéraux précédents : je n'en ai personnellement trouvé que dans un petit nombre d'échantillons. Elle y forme de grandes plages sans formes nettes (PI. VI, fig. 1). Les clivages prismatiques sont soulignés par de longues inclusions vitreuses à bulle.
A ces éléments, il faut ajouter la caicite remplissant les cavités de la roche et ses fissures microscopiques. Elle est nettement secondaire, et il n'y a pas lieu de s'arrêter à l'opinion de Wolf, d'après laquelle ce minéral serait primaire.
L'ordre de consolidation des éléments de ces sanidinites est le même que dans les roches de ce genre précédemment étudiées. La noséane est soit antérieure, soit postérieure aux feldspatbs. Quant à la scapolite, elle est, dans mes échantillons, postérieure à ces derniers minéraux
(PL VI, fîg. 1). M. Bruhns, toutefois, considère tous ces éléments blancs comme contemporains.
L'aplatissement du feldspath suivant 9^ donneàcessanidinites, comme à celles des autres gisements, un cachet très net. Parfois, les feldspaths sont enchevêtrés d'une façon quelconque (PL VI, Bg. 11); dans d'autres cas, ils se groupent en gerbes, en éventails (PL VI, fîg. 2 et 6). Les fig. 2, 6 et 11 de la PL VI représentent des roches dans lesquelles la noséane très abondante moule les feldspaths; dans la fig. 1, la scapolite joue le même rôle. Dans la fig. 10 de la même planche, au contraire, on voit une sanidinite très compacte dont la noséane globuleuse est entièrement englobée par la sanidine.
Dans quelques échantillons, j'ai observé une tendance à la formation de deux temps de cristallisation. De grands cristaux de sanidine y sont entourés par des cristaux de même forme, mais plus petits : ces roches sont des microsanidinites analogues à celles qui ont été décrites dans les gisements italiens. La seule différence à signaler consiste dans ce qu'ici, les plus petits cristaux de feldspath, au lieu d'être grenus, ont la même forme que les grands.
J'ai rencontré cette structure dans des échantillons riches en haûyne, recueillis en enclaves dans les andésites augitiques de Niedermendig. Je l'ai trouvée aussi dans quelques sanidinites de la Somma.
Peut-être est-ce à des sanidinites de ce type que Hubbard a voulu faire allusion en signalant des feldspaths de deux générations, dont une partie serait d'après lui le résultat de sublimation. Il est bien évident que tous ces feldspaths se sont produits suivant le même mode et que de petites différences dans les conditions de la cristallisation ont suffi pour déterminer ce genre de structure qui est une étape vers la structure microlitique.
rugineux, lamelles ou cristaux d'ilménite, d'oligiste, etc.) Ces inclusions sont tantôt distribuées d'une façon quelconque, tantôt géométriquement orientées suivant les axes cristallographiques ou les formes extérieures de la noséane (PL VI, fig. 1 et 6). L'abondance de ce minéral dans ces sanidinites avait conduit Hubbard à les désigner sous le nom de noséanite,
L'haûyne bleue est peu abondante, elle remplace la noséane, elle est souvent dépourvue d'inclusions. Je Tai trouvée cependant en grande quantité dans des sanidinites enclavées dans les andésites augitiques de Niedermendig.
MM. Hubbard et Bruhns ont signalé, en outre, la néphéline que je n'ai pas moi-même rencontrée.
Les feldspaths sont constitués par de Torthose, souvent accompagnée d'anorthose ; ils se trouvent en cristaux indépendants ou associés en microperthite. Les inclusions (vitreuses et gazeuses) sont peu abondantes.
Lascapolite est beaucoup moins fréquente que les minéraux précédents : je n'en ai personnellement trouvé que dans un petit nombre d'échantillons. Elle y forme de grandes plages sans formes nettes (PI. VI, fig. t). Les clivages prismatiques sont soulignés par de longues inclusions vitreuses à bulle.
A ces éléments, il faut ajouter la calcite remplissant les cavités de la roche et ses fissures microscopiques. Elle est nettement secondaire, et il n'y a pas lieu de s'arrêter à l'opinion de Wolf, d'après laquelle ce minéral serait primaire.
L'ordre de consolidation des éléments de ces sanidinites est le même que dans les roches de ce genre précédemment étudiées. La noséane est soit antérieure, soit postérieure aux feldspaths. Quant à la scapolite, elle est, dans mes échantillons, postérieure à ces derniers minéraux
de la noséane, de la sanidine et du feldspath triclinique, et GonteDant parfois un peu de matière vitreuse : le feldspath triciiaique étant d'autant plus abondant que les éléments ferrugineux sont eux-mêmes en plus grande quantité.
Avant d aller plus loin, il y a lieu de rappeler la composition minéralogique des trachytes que Ton rencontre, associés aux sanidinites et qui en englobent souvent des fragments.
Ces trachytes peuvent se rapporter à deux types principaux : Tun de couleur claire est riche en haûyne, Tautre plus foncé contient de Tolivine et beaucoup de biotite ^
Le trachyte à haiiyne renferme les éléments suivants :
I. Apatite, zircon, sphène, magnétite et ilménite, sanidine, haûyne, feldspath triclinique, augite, hornblende et parfois biotite.
II. Orthose, un peu d'augite et de biotite avec du verre plus ou moins abondant.
Dans le trachyte à olivine, la haùyne est beaucoup moins fréquente, le feldspath triclinique ancien abondant : on observe parfois de grands cristaux de spinelle vert ; enfin, dans le magma microlitique, Taugite et la biotite se rencontrent en grande quantité. Ces roches sont des trachytes a/ugitiques et micacés à olivine.
Dans tous ces trachytes, les grands cristaux sont très brisés, souvent profondément corrodés; les feldspaths (orthose et feldspath triclinique) sont fréquemment bordés par une mince zone d'orthose récente, cristallographique ment orientée sur eux.
La hornblende et la biotite sont généralement arrondies, mais ne présentent jamais de zones ferrugineuses de transformation, ce qui parait prouver que les phénomènes
1. Voir Bruhns, op. cit.j 289. La l*** variété, d'après ce savant, renfarme 57, 40 0/0 de SiO^, la seconde 49 0/0.
Toutes les sanidinites du lac de Laach ne renferment pas de noséane, il en est d'uniquement feldspathiques, analogues à celles de Menet. Dans l'une d'elles, j'ai observé de beaux cristaux de corindon, qui sont du reste depuis longtemps connus dans ce gisement.
Je cite ici pour mémoire les roches feldspathiques à cordiérite et grenat, qui sont rangées parmi les sanidinites par beaucoup d'auteurs, et notamment par M. Bruhns, roches que je considère comme des enclaves enallogènes de roches anciennes modifiées et dont je me suis occupé page 226.
Toutes les sanidinites qui viennent d'être étudiées sont pauvres en éléments colorés, il en est d'autres, au contraire, dans lesquelles les minéraux ferrugineux sont extrêmement abondants : elles contiennent souvent du feldspath triclinique. Ce sont les syénites de Wolf : elles sont moins abondantes que les sanidinites normales.
La fig. 5 de la PI. VI représente une de ces roches. On y observe les minéraux suivants : apatite, sphène, pyroxëne, biotite, hornblende, noséane, sanidine et un peu d'olivine qui n'a pas été figurée.
Le pyroxène est une augite violacée, à centre vert possédant des extinctions très différentes de celles de la périphérie. La hornblende brune moule le pyroxène : les grandes lames de biotite englobent les deux minéraux précédents. L'orthose est le dernier élément consolidé : elle forme de grandes plages au milieu desquelles apparaissent les cristaux de noséane, riches en inclusions ferrugineuses.
Dans un autre échantillon (PL VI, fîg. 9), le sphène et le pyroxène vert foncé forment de petits cristaux disséminés, avec grandes lames découpées de biotite, au milieu de plages irrégulières d'orthose accompagnées de noséane.
MM. Dittmar et Bruhns ont décrit un certain nombre d'échantillons de roches de ce genre renfermant à la fois
de la noséane, de la sanidine et du feldspath triclinique, et contenant parfois un peu de matière vitreuse : le feldspath Iriclinique étant d'autant plus abondant que les éléments ferrugineux sont eux-mêmes en plus grande quantité.
Avant d aller plus loin, il y a lieu de rappeler la composition minéralogique des trachytes que Ton rencontre, associés aux sanidinites et qui en englobent souvent des fragments.
Ces trachytes peuvent se rapporter à deux types principaux : l'un de couleur claire est riche en haûyne, l'autre plus foncé contient de l'olivine et beaucoup de biotite ^
Le trachyte à haûyne renferme les éléments suivants :
I. Apatite, zircon, sphëne, magnétite et ilménite, sanidine, haûyne, feldspath triclinique, augite, hornblende et parfois biotite.
II. Orthose, un peu d'augite et de biotite avec du verre plus ou moins abondant.
Dans le trachyte à olivine, la haûyne est beaucoup moins fréquente, le feldspath triclinique ancien abondant : on observe parfois de grands cristaux de spinelle vert ; en6n, dans le magma microlitique, Taugite et la biotite se rencontrent en grande quantité. Ces roches sont des trachytes a/ugitiques et micacés à olivine.
Dans tous ces trachytes, les grands cristaux sont très brisés, souvent profondément corrodés; les feldspaths (orthose et feldspath triclinique] sont fréquemment bordés par une mince zone d^orthose récente, cristallographique ment orientée sur eux.
La hornblende et la biotite sont généralement arrondies, mais ne présentent jamais de zones ferrugineuses de transformation, ce qui parait prouver que les phénomènes
1. Voir Bruhns, op. cit. y 2S9. La l'* variété, d'après ce savant, renferme 57, 40 0/0 de SiO^, la seconde 49 0/0.
qui nous occupent se sont effectués en profondeur, alors que la roche était encore soumise à une forte pression, sans laquelle il semble que ces minéraux soient difficilement stables dans un magma fondu à haute température.
Il est inutile d'insister sur Tidenlité des propriétés des minéraux constituant les sanidinites et de ceux qui se rencontrent dans les divers types de trachyte, cette identité ayant été démontrée par de nombreux auteurs (Laspeyres, Bruhns, etc.).
Revenons maintenant aux sanidinites.
Toutes celles que nous avons passées en revue jusqu'ici étaient holocristallines, c'est-à-dire dépourvues de verre, et ne présentaient pas trace d'altération. Il n'en est pas toujours ainsi : quelques-unes d'entre elles, en effet, contiennent de la matière vitreuse.
Parmi celles que j'ai eu Toccasion d'étudier, il y a lieu ■d'établir deux groupes.
Dans Tun, la matière vitreuse brunâtre est dépourvue de recristallisations feldspath iques ; dans l'autre, au contraire, il existe en grande abondance des microlites d'orthose.
Passons d'abord en revue quelques échantillons du premier type.
Parfois ce verre brun est peu abondant, il remplit les interstices miarolitiques de la roche, les feldspaths qui le touchent ont des formes nettes. Ce verre semble être un résidu de la cristallisation, mais le plus souvent, on voit tous les minéraux en contact avec lui fondre sur leurs bords. Au milieu de ce verre, on rencontre souvent de grands cristaux d augite verte profondément corrodés, ils sont parfois réduits à deux ou trois fragments, séparés les uns des autres par quelques dixièmes de millimètre, mais possédant encore la même orientation optique. Quelques
échantillons cependant semblent avoir recristallisé, car ils présentent des pointements nets; ils sont criblés d'inclusions vitreuses. Dans quelques cas, on peut constater dans les feldspaths des phénomènes de corrosion rectangulaire.
Les parties vitreuses de ces sanidinites font penser à celles que j'ai signalées plus haut dans les enclaves de granité de la même localité.
Dans d'autres échantillons, on voit tous les éléments, feldspath et pyroxène, traversés par des fissures remplies par du verre; dans quelques autres, tous les minéraux de la sanidinite sont brisés en fragments anguleux : la roche ressemble à une brèche cimentée par un peu de verre brun ; la noséane, en voie de fusion ou intacte, est d'ordinaire peu abondante.
Dans le second type, le verre se remplit de microlites feldspathiques présentant les formes les plus diverses. Tantôt ils sont enchevêtrés les uns dans les autres, tantôt ils forment des groupes sphérolitiques ou arborisés, qui viennent fréquemment s'implanter sur les fragments anciens. De nombreux feldspaths sont brisés en plusieurs morceaux, recimentés par du feldspath récent qui englobe les mêmes petits microlites d'augite et de biotite que l'on observe généralement, au milieu des microlites feldspathiques du verre recristallisé. Quand ces microlites sont très abondants, la roche passe insensiblement au véritable trachyte.
J'admets, pour les sanidinites de Laach, la même origine que pour celles de Menet, de Monac, etc. ; ce sont des cristallisations effectuées en profondeur par la prise en masse du magma dont la forme microlitique est représentée par le trachyte à haûyne.
On voit que, comme dans les gisements précédents, il
existe dans ces sanidiniles des phénomènes de corrosion qui sont ici particulièrement intenses.
On peut les expliquer facilement. La sanidinite, une fois consolidée en profondeur dans des conditions de tranquillité suffisante pour permettre la production d'une roche holocristalline grenue ou miarolitique, a été arrachée par Téruption qui a amené au jour le trachyte.
Peut-être môme, par suitd d'un relèvement suf&sant des lignes isothermes, ces sanidinites solidifiées en profondeur ont-elles pu. par leur fusion partielle, contribuer à la formation du trachyte lui-même qui, rappelous-le, n^existe dans ce gisement qu*à l'état de blocs de projection. Les passages insensibles des sanidinites intactes aux trachytes, par Tintermédiaire des sanidinites renfermant du verre, rend assez plausible cette hypothèse, dont la démonstration ne peut évidemment être faite.
L'existence de cette matière vitreuse dans certaines sanidinites a, du reste, depuis longtemps, appelé l'attention et M. Bruhns a longuement discuté la question de savoir si elle était d'origine primaire ou secondaire. Peut-être les échantillons très nombreux que ce savant a eus entre les mains étaient-ils différents des miens; dans tous les cas, nous ne sommes point d'accord sur cette question, M. Bruhns se prononçant nettement pour l'origine primaire de cette matière vitreuse.
M. Bruhns distingue les deux catégories de sauidinite à matière vitreuse que j'ai moi-même admises plus haut. Voici les raisons pour lesquelles il considère le verre de ces sanidinites comme primaire.
La matière vitreuse serait secondaii'e, dit-il, si les sanidinites, primordialement exemptes de toute trace de verre, étaient retombées après projection dans le magma en fusion. Alors, dans ces conditions nouvelles, elles se
seraient chargées de verre, soit par fusion de quelques-uns de leurs éléments, soit par pénétration de la matière fondue ambiante. Cette hypolhôse paraît bien peu vraisemblable, dit Tauteur, si Ion songe que les cristaux de la sanidinite se sont formés, et par conséquent ont existé déjà dans le magma où l'on suppose qu'ils retombent. Il n'y a pas de raison pour que quelques-uns de leurs éléments cristallins subissent une refusion, d*autant plus que la sanidinite projetée s'est refroidie par son passage dans l'atmosphère, et qu elle retombe à la surface du bain, c'est-à-dire dans une portion du magma fondu, certainement moins chaude que celle où elle a pris naissance. Il faut noter encore que cette partie du magma fondu renferme déjà, à l'état individualisé, des cristaux identiques à ceux qui font partie de la sanidinite.
Il n'y a pas lieu non plus d'admettre une action chimique, exercée par le magma basique sur les éléments acides de la sanidinite. En effet, le magma n'est en contact qu'avec la superficie de la bombe, et là, dit l'auteur, on ne constate aucune action chimique révélée par le microscope au contact des deux roches.
La limite entre la sanidinite et le trachyte est toujours nettement tranchée; on pourrait objecter, il est vrai, que certaines roches anciennes, offrant une disposition analogue, présentent des traces évidentes et incontestables de l'action du feu, mais M. Bruhns ajoute que cette objection n'est pas décisive, car les roches en question ont été englobées dans le magma à une grande profondeur, dans des points à température élevée, et y ont séjourné longtemps. Quand elles n'ont été soumises que peu de temps à l'action du magma, elle ne présentent tout au plus que de faibles modifications. Au contraire, ce qu'on observe dans les roches anciennes, soumises à l'action d'une haute tempéra-
ture, plaide contre la nature secondaire de la matière vitreuse dans les sanidinitos. Quand un gneiss ou un granité se trouve naturellement ou artificiellement porté à très haute température, les minéraux qui le composent sont attaqués dans Tordre de leur fusibilité. Par conséquent, dans les sanidinites, ce sont les silicates ferromagnésiens et la haîlyne qui devraient fondre les premiers, et en dernier lieu le feldspath. Au lieu de cela, l'auteur trouve que tous les éléments sont également corrodés. La production du verre ne peut donc d'après lui être attribuée à la fusion des éléments de la sanidinite.
Comme preuve à l'appui de son opinion, M. Bruhuscite une préparation de sanidinite dans laquelle la sanidine et la noséane sont à peu près intactes, l'augite peu abondante est légèrement corrodée. Au milieu de tous ces éléments, s'étendent des bandes plus ou moins larges d'un verre brun foncé; si ce verre provenait d'une fusion d'augite ou de hornblende, dit-il, on le trouverait accumulé par places et, dans les points où il est compris entre deux cristaux de feldspath, sa teinte serait devenue plus claire par suite de l'attaque des feldspaths ambiants, puisque sa teneur en fer se serait abaissée. De plus, les inclusions vitreuses brunes que l'on trouve dans les minéraux de la sanidinite, par leur forme, leurs dimensions, et leur degré médiocre de fréquence, ne se différencient en rien des inclusions de même nature que l'on rencontre dans les minéraux correspondants du tracbyte.
Enfin, on trouve un certain nombre de bombes à sanidine enveloppées de tracbyte; elles semblent n'avoir subi aucune modification par l'action de la matière qui les revêt.
Les sanidinites, pauvres en matière vitreuse, renferment surtout de la noséane ; au contraire, celles qui possèdent
une forte proportion de matière vitreuse ou de pâte renferment plutôt de J'haûyne bordée de bleu.
De même que M. Bruhns, je rejette Thypothèse tendant à admettre que la matière vitreuse des sanidinites provient du magma trachytique, dans lequel seraient retombées les bombes des sanidinites après leur projection : aux arguments que présente ce savant, on peut du reste en ajouter un autre. Etant donné Tétat de nos connaissances sur le mode d^épanchement des roches volcaniques acides, on peut douter que les blocs projetés par les éruptions tracbytiques du lac de Laach, et retombant dans le cratère, y aient rencontré un milieu suffisamment plastique pour pouvoir y pénétrer profondément.
Il ne saurait être question ici d'action chimique exercée par un magma basique sur les éléments acides de la sanidinite. M. Bruhns a lui-même montré à Taide d'analyses que les sanidinites avaient sensiblement la même composition que les tracbytes. Or il est bien clair que c'est seulement le magma vitreux du trachyte dont on pourrait ici invoquer l'action, et il est évidemment plus acide que le trachyte complet. Notons de plus que les sanidinites riches en minéraux ferrugineux et les enclaves que nous étudierons plus loin sont beaucoup plus basiques que le trachyte complet, et présentent cependant les mêmes transformations que les sanidinites pauvres en éléments colorés.
J'ai fait remarquer plus haut la grande analogie des phénomènes de fusion des sanidinites à verre sans recristallisation feldspathique, avec ceux des bombes de granité du même gisement. Dans ces derniers, j'ai montré que ces modifications pouvaient être interprétées sans l'intervention d'agents chimiques extérieurs.
Dans les sanidinites que j'ai étudiées, la fusion s'effectue
sur les bords des cristaux, le long de leurs cassures : elle est maximum quand un cristal de pyroxène avoisine un feldspath. On voit ces minéraux fondre dans le verre. De même, la fusion s'eSectue souvent au contact de la noséane et du feldspath ; la proportion de noséane qui existe dans mes sanidinites vitreuses est relativement faible par rapport à celle que Ton constate dans les sanidinites intactes : ce fait peut s'expliquer par la rapide fusion de ce minéral.
Dans l'hypothèse d'un verre primaire, la forme de Tenclave étant conservée, on ne comprendrait guère les dislocations si intenses subies par beaucoup de ces sanidinites, leurs profondes corrosions, et les recristallisations qui les accompagnent.
J'ai observé plusieurs bombes dans lesquelles il y av<iit un passage insensible entre le trachyteet la sanidinite^ bien que la majorité des fragments de sanidinite, enclavés dans le trachyte, soient dépourvus de modifications de contact.
Le fait signalé par M. Bruhns, que les sanidinites riches en verre contiennent de la haiiyne plutôt que de la noséane, est sans doute occasionné par une différence de composition chimique dans la masse fondue, et ne semble rien prouver au sujet de l'origine du verre qui a laissé déposer ce minéral.
En résumé, je crois devoir considérer comme secondaire le verre de toutes les sanidinites du lac de Laach que j'ai observées, sans nier toutefois, d'une façon générale, la possibilité de l'existence de matière vitreuse primaire dans une sanidinite si cette dernière est arrachée des profondeurs avant sa consolidation définitive. Il en existe en effet dans celles de quelques gisements italiens décrits plus loin.
M. Bruhns résume son intéressant mémoire en discutant les diverses théories, proposées pour expliquer l'ori-
gine des sanidinites du lac de Laach, rappelant que Dechen les a considérées comme d'anciens trachytes, que Laspeyres a regardé trachytes et sanidinites comme ne différant que par les conditions qui ont présidé à leur cristallisation, que Wolf les a décrites comme devant former en profondeur des filons produits par voie hydrothermale. Pour cette intéressante discussion, je renvoie au mémoire de M. Bruhns. Ce savant formule ainsi sa propre théorie : les sanidinites, aussi bien que les bombes à augite, hornblende, etc., qui seront étudiées plus loin, sont des concrétions intratelluriques formées aux dépens du magma trachytique. Il se demande ensuite si les sanidinites, considérées comme des ségrégations du trachyte, ne devaient pas être plus basiques que celui-ci, d'après la loi généralisée par M. Rosenbusch, alors qu'en réalité cette loi est infirmée par la plupart des sanidinites.
Je ferai remarquer que l'objection que se pose M. Bruhns n'existe plus, si l'on considère, comme je le fais, les sanidinites non plus comme des ségrégations du magma trachytique, mais comme le résultat de la cristallisation totale de ce magma.
M. Hubbard a décrit et figuré plusieurs échantillons de schistes anciens injectés par des agrégats grenus de sanidine, renfermant en outre de la noséane, de la scapolite, des cristaux de pyrrhite, de sphène, etc., agrégats qu'il considère comme identiques aux sanidinites normales.
Je n'ai eu entre les mains aucun échantillon de ce genre, mais il semble d'après les figures et les descriptions de cet auteur que Ton soit ici en présence de pseudosanidinites formées par résorption partielle et recristallisation effectuée au milieu d'enclaves de roches anciennes et analogues à celles que j'ai décrites au Capucin et à Menet.
b) Enclaves basiqxji^s, — En outre des divers types de
sanidinites qui viennent d'être passés en revue, on trouve au lac de Laach des roches feldspathiques, privées de noséane et riches en feldspath triciinique.
L'un des types que j'ai observé est holocristallin à grands éléments. L apatite, le sphèiie et la magnétite sont très abondants : il existe du pyroxène violacé, de la hornblende brune et du feldspath triciinique (andésine ou labrador suivant les échantillons).
L'apatite forme souvent, avec les grandes plages de sphène et d'augite, une sorte de structure ophitique. La magnétite est en partie postérieure aux minéraux colorés. Le feldspath et le pyroxène sont parfois riches en inclusions vitreuses.
Ce type de roche est celui que l'on rencontre fréquemment dans les tufs andésitiques et les andésites du Plateau Central de la France.
Quelques échantillons renferment un peu de verre : les feldspaths ont alors des formes nettes, et il n'est pas rare de voir se former sur eux une bordure crénelée d'orthose.
Dans un échantillon d'une roche de ce genre, le feldspath triciinique est curieusement creusé de cavités irrégulières et capricieuses, quelques cristaux plus corrodés ont été divisés en fragments qui ont subi, les uns par rapport aux autres, de petits déplacements. Toutes les surfaces corrodées sont garnies d'une fine bordure continue d'orthose, cristallographiquement orientée sur les fragments anciens. Parfois même un grand cristal corrodé est entièrement entouré par de l'orthose qui englobe des microlites d'augite manquant dans le feldspath ancien.
Enfin un autre échantillon présente une structure rappelant celle de quelques-unes des enclaves du Riveau Grand. 11 est riche en cristaux de sphène, en magnétite et en longues aiguilles d apatite. Il contient en outre une
grande quantité de cristaux d'augite et de hornblende brune à formes nettes. Ces minéraux sont très allongés suivant Taxe vertical. Ils sont englobés par de larges plages de feldspath triclinique.
Sur quelques points, ce feldspath est remplacé par des microlites plumeux d'orthose, associés à des cristallites de biotite. Au contact du feldspath triclinique, ces microlites s'orientent sur lui.
Toutes ces enclaves doivent évidemment être considérées comme étant en relations étroites avec les trachytes de Laach. Les phénomènes de corrosion que je viens de signaler méritent une mention spéciale. On voit d'une façon constante que le feldspath le plus récent qui vient cristalliser dans les cavités de corrosion du feldspath triclinique, est toujours de Torthose, c'est-à-dire qu'il est plus acide que le feldspath ancien ; d'autre part, la corrosion du feldspath n'est pas accompagnée de la résorption de la hornblende qui est aussi franche dans les roches sans trace de modifications que dans les roches les plus modifiées.
Il faut en conclure que ces corrosions des feldspaths se sont effectuées en profondeur dans des conditions telles que la hornblende était stable dans le magma fondu. On doit admettre que ces modifications ne se sont pas effectuées par le seul secours de la chaleur, qui eût affecté la hornblende avant le feldspath.
Ces diverses considérations me portent à admettre que les roches qui nous occupent ont constitué des ségrégations profondes, qui, à des étapes plus ou moins avancées do leur cristallisation, ont été charriées dans un magma plus acide qui les a imprégnées et plus ou moins transformées chimiquement. La dislocation de quelques-uns des éléments et les phénomènes mécaniques offerts par les feld-
spaths montrent très nettement que ces roches ont été arrachées du milieu où la cristallisation a commencé. Il importe peu de savoir si ces ségrégations se sont effectuées dans le trachyte à haûyne ou dans le trachyte à olivine, puisque ceux-ci sont intimement liés l'un à l'autre et proviennent certainement de la différentiation d'un même magma.
Enfin, la disparition du feldspath triclinique dans les enclaves qui viennent d'être décrites conduit à des roches plus basiques encore, constituées par de la hornblende, de Taugite, quelquefois du mica, toujours beaucoup d'apatite et de magnétite; ces roches peuvent être soit holocristallines, soit pourvues d'un résidu vitreux brunâtre ^ M. Bruhns en signale une qui renfermait de Tolivine II les considère toutes comme étant en relation avec les trachytes.
Il est fort possible que ces enclaves basiques soient des dégradations des enclaves feldspathiques qui m'ont occupé plus haut, mais il faut faire remarquer qu'anté* rieurement à Téruption du trachyte de Laach, il existait dans cette région des roches basiques plus anciennes (leu* cotéphrites, etc.), qui sont susceptibles de fournir des ségrégations du genre de celles dont il est question ici. Le fait même de trouver Tune de ces bombes englobée par un fragment de trachyte n'implique nullement comme conséquence nécessaire une communauté d'origine entre les deux roches : il est donc fort probable qu'une partie au moins de ces bombes à hornblende, augite, etc., sont en relation avec les roches volcaniques basiques dont je viens de parler. Nous nous trouvons en présence de la difficulté d'interprétation déjà signalée au sujet de TAuvergne et
1. Ce sont les amphibolites de Wolf. Il ne s'agit pas là, bien entendu, des nodules à ohvine que Ton trouve aussi au lac de Laach et qui n*ont, évidemment, rien de commun avec les trachytes h haûyne.
qui se représente dans toutes les régions où se rencontrent superposées des éruptions de roches volcaniques de basicité différente.