GéoL, Fùhrer^ op, cit
b) Enclaves non feldsjiathiques. Les roches de ce second groupe sont celles qui constituent la plus grande partie des enclaves de ce gisement. Ce sont elles que Ton trouve dans toutes les collections, et particulièrement leurs variétés très riches en haûyne (ittnérite) violette [iUnéritfels) ou celles qui contiennent en abondance du grenat titanifère. Tandis que rhaûyne des enclaves du premier groupe était pauvre en inclusions noires, toujours de taille relativement grande, c^est dans le second groupe que Ton rencontre toutes les variétés d'inclusions ferrugineuses que j'ai énumérées plus haut. La richesse de ces enclaves en grenat et en pyroxène leur donne leur couleur très foncée. L'apatite y devient en outre très abondante. La fîg. 1 de la PI. VII présente la structure la plus habituelle de ce genre d'enclaves.
Dans les échantillons de passage au groupe précédent, le feldspath, peu abondant, forme parfois des rosettes de lames aplaties suivant g^ (010), véritables microlites groupés autour des minéraux les plus anciennement consolidés de la roche. La roche pourrait alors être comparée à une phonolite dont les grands cristaux intratelluriques seraient tellement abondants qu'ils seraient pressés les uns contre les autres, le magma microlitique extrêmement réduit ne remplissant plus que les intervalles laissés entre eux. Dans quelques échantillons, on voit apparaître ça et là une grande plage pœcilitique d'orthose.
Dans plusieurs de mes échantillons, la pérowskite accompagne le grenat. L'un d'eux était creusé d'une géode remplie par de la calcite à grandes lames qui, par traitement par les acides, m'a donné quelques beaux cristaux cubiques noirs de pérowskite, associés à des dodécaèdres de grenat et d'haûyne (ittnérite). La pérowskite n'ayant été citée par aucun des auteurs qui ont étudié le Kaiserstubl, constitue, sans doute, dans ce gisement, une rareté.
A côté de ces enclaves dans lesquelles Thaûyne domine, il s en trouve d'autres dans lesquelles le mélanite ou Tilménite constituent Télément le plus abondant : lapatite y est très développée en longs prismes hexagonaux.
Enfin, je signalerai en terminant un échantillon riche en pyroxène, biotite, ilménite, sphène, pérowskite et apatites, accompagnés de grandes plages de néphéline et de peud'haûyne. Il rappelle beaucoup les enclaves des néphélinites de TOberwiesenthal qui seront étudiées plus loin.
Dans les phonoHces d*Oberschaffhausen se rencontrent des enclaves analogues à celles deSteinriesen : elles y sont moiqs abondantes.
Il est intéressant de rapprocher la composition minéralogique des enclaves feldspathiques du Eaiserstuhl de celle des syénites néphéliniques de Montréal qui sont parfois pauvres en néphéline et très riches en ud minéral dodécaédrique que j'ai rapporté à de la sodalite à cause de Texislence de ce minéral en cristaux bleus macroscopiques daus un grand nombre de mes échantillons. Une observation plus récente de M. Harrington a montré qu'il existait dans ce même gisement un minéral analogue à l'ittnérite^.
Il me semble possible d'appliquer à toutes ces enclaves du Kaiserstuhl les mêmes conclusions qu'à celles des gisements précédents : ce sont, évidemment, des roches solidifiées en profondeur : les syénites représentent le magma entièrement consolidé sous la forme grenue, alors que les enclaves non feldspathiques cx)nstituent des ségrégations effectuées dans ce magma.
1. Canad. Record, of Science, IV avril, 1890, 98. M. Osann a plus récemmeat encore (iV. Jahrb, 1892, I, 222), étudié la môme roche au point de vue du minéral cubique; il est arrivé à cette conclusion qu'il est constitué par de la haliyne. J'ai revu depuis mes échantillons, et j'ai pu constater que s'il existe de la haûyne dans quelques-unes de ces syénites néphéliniques, le minéral bleu des parties pegmatoïdes est bien de la sodalite comme je Favais antérieurement reconnu.
Il est même probable que ceç dernières roches n'ont pâs toutes constitué des masses en place dans la profondeur, car plusieurs des échantillons que j*ai examinés et particulièrement un de ceux qui renferme de la pérowskite, présentent une particularité curieuse. Ils sont arrondis, leur contact avec le leucitophyre est formé par une couche con« tinue de grenat, en cristaux parfaitement nets, engagés, d'un côté dans Tenclave et de l'autre dans la roche volcanique. Il faut, nécessairement, en conclure, ou bien que Tenclave une fois arrachée par Téruption a continué à s'accroître, ou, plus vraisemblablement, qu'elles'est formée directement dans la roche encore fluide avant son épanchement, y constituant de véritables glaçons *.
1. Dans son récent mémoire, M. Graeff a étudié les enclaves qui m'ont occupé ici. Les minéraux qu'il y signale sont ceux que j'ai indiqués plus haut, avec la pérowskite en moins, la pyrrhotine en plus.
Il signale l'analogie de structure présentée par les enclaves feldspathiques avec les syénites néphéliniques trachytoïdes de Foya et du Brésil : Tintervalle laissé entre les grands cristaux d'orthose étant rempli par un mélange grenu d'orthose et de néphéline ; des enclaves de syénites néphéliniques grenues sont indiquées à Oberschaffhausen. L'auteur signale de grandes variations dans les proportions relatives du feldspath, de la néphéline et de la haûyne conduisant à des types pétrographiques variés dont les deux extrêmes sont la syénite néphélinique et les roches non feldspathiques (ittneritfels). Dans ces dernières, il distingue 4 types principaux : 1* haiiyne (ittnérite) dominante et ilménite; 2* haiiyne dominante, mélanite et pyrrhotine; 3* mélanite dominante, haûyne et ilménite ; 4* ilménite dominante, apatite, mélanite et néphéline.
Rappelant que, dans son Geol. Fûhrer, il a considéré toutes ces enclaves comme des blocs arrachés à une roche solide en profondeur et en relation avec le magma phonolitique, M. Graeff résume ainsi qu'il suit sa théorie : 1* le magma volcanique s'est épanché à la surface et s'y est consolidé sous forme de phonolite; 2* par suite d'une interruption de l'éruption, le magma s'est consolidé dans la cheminée volcanique sous la forme grenuoc donnant ainsi naissance à une roche solide ; 3* une nouvelle éruption a amené au jour la phonolite qui a entraîné des fragments de la roche grenue, antérieurement consolidée. Le fait qui semble avoir conduit M. Graeff à admettre ce mode de formation de ces roches grenues est l'absence admise par lui de la haûyne dans les syénites néphéliniques anciennes. De même, dit-il, que l'existence de pseudocristaux de leucite dans les syénites néphéliniques ou
Canaries. — MM. V. Fritsch et Reiss ont signalé dans les tufs de Ténérife (Oelgollada del Gedro, plateaux de Maja et de los Infantes, environs de Siete fuentes, d'Arenas negras, de Guajara, de Ghasna, volcan de Teyde, etc.), des blocs de roches grenues, atteignant parfois 1 mètre de diamètre et n'ayant souvent que la grosseur d'une noix. Biles accompagnent des blocs de phonolites et de trachytes et sont désignés par ces savants sous le nom de sanidinites.
Ce sont des roches généralement miarolitiques , en grande partie formées de sanidine. Dans les interstices miarolitiques se trouvent des cristaux allongés ou trapus
tout au moins dans les tinguaîtes du Brésil montre que les conditions de cristallisation de ce minéral se sont trouvées transitoi rement réalisées au moment de la consolidation de ces roches, de môme on peut admettre que la haùyne n'a pu se former que dans des conditions intermédiaires entre celles qui ont donné naissance aux syénites néphéliniques et celles qui ont présidé à la formation des phonolites. Gomme on l'a vu plus haut, je partage Topinionde M. Graeff au sujet des relations qui lient les leucitophyres et leurs enclaves grenues. Je crois toutefois qu'il faut distinguer nettement les syénites néphéliniques qui correspondent à la forme grenue de la roche englobante des roches à haûyne sans feldspath qui représentent des ségrégations du même magma. Il me semble toutefois diflicile de préciser davantage le mécanisme de leur formation, car si les syénites néphéliniques présentent parfois les inclusions gazeuses et les caractères des roches solides arrachées, d'autre part, plusieurs enclaves arrondies de roches à ittnérite me paraissent, comme je l'ai établi plus haut, avoir cristallisé dans le magma phonolitique sous leur forme extérieure actuelle et n'avoir pas ainsi constitué des roches en place. Le genre de structure signalé par M. Graeff dans les enclaves de syénites néphéliniques et que je n*ai retrouvé que dans un seul de mes échantillons, peu nombreux il est vrai , pourrait être invoqué comme argument en faveur de sa thèse, beaucoup plutôt que la considération de Texistence de la hayiine. Ce minéral, en effet, comme on Ta vu plus haut, existe dans des syénites néphéliniques anciennes (Canada) : de plus, les syénites néphéliniques sont souvent riches en sodalite, minéral qui s*est formé dans les mêmes conditions que la haûyne : c'est donc dans une différence chimique du magma et non dans une différence des conditions qui ont présidé à sa cristallisation intratellurique qu'il faut chercher les causes de la prédominance du premier de ces minéraux sur le second dans la syénite néphélinique. On verra plus loin que la haiiyne existe en abondance parmi les enclaves grenues des roches leucitiques basiques.
de hornblende ainsi que de la néphéline, de la sodalite et du sphène. Dans les bombes de Ghasna, les interstices de la roche sont entièrement remplis par de la néphéline grisâtre : il existe un peu d'oligoclase. Ces roches paraissent très analogues à quelques-unes de celles qui ont été décrites plus haut et leurs relations avec les phonolites sont peu douteuses.
Iles du Gap- Vert. — M. Dœlter a trouvé * dans les tufs ponceux phonolitiques à% l'île San Antâo des enclaves feldspathiques renfermant de la hornblende, de Taugite, de l'apatite, quelquefois de Torthose, de la sodalite avec ou sans feldspath triclinique. Ces roches sont riches en inclusions vitreuses, gazeuses et liquides. M. Dœlter les considère comme le résultat de cristallisations effectuées en profondeur dans le magma phonolitique.
ne Fernando Noronha. — Une enclave de syénite néphélinique a été signalée par M. Orville Derby ^ dans les phonolites de Tile Fernando Noronha. M. G. Williams, qui a étudié récemment ^ Téchantillon recueilli par M. Branner, le décrit comme formé par une roche très porphyroïde, renfermant de grands cristaux opalescents d*orthose. Ce savant ne se prononce pas entre l'hypothèse d'une enclave enallogène de syénite néphélinique et celle proposée par M. Derby d'une cristallisation intratellurique du magma phonolitique. La seconde opinion me parait vraisemblable eu égard aux faits qui ont été étudiés dans ce chapitre.
Brésil. — M. Orville Derby a signalé ^ au pic de Tingua, près de Rio de Janeiro, un filon de phonoliie [tin-