‹ Les enclaves des roches volcaniquesChapitre 112 sur 206 · N.Jarhb, 1880,11.264. i · texte numérisé non relu

N.Jarhb, 1880,11.264. i

noséane des syénites néphéliniques de Montréal ou de la noséane du lac de Laach. Ils sont, en général, groupés au centre du cristal avec, parfois, une indication d'orientation cristal lographique. Quand ces inclusions deviennent très petites, elles s'orientent alors nettement suivant les axes ternaires formant des sortes de grillages analogues à ceux de l'baûyne et de la noséane des phonolites.

Quelques échantillons m'ont offert de beaux exemples de ces grilles à éléments extrêmement fins et donnant au minéral une apparence bleuâtre. Enfin^ au milieu de ces inclusions en grilles, on trouve parfois un grain beaucoup plus gros que les autres, entouré d'une zone dépourvue d'inclusions. Il est manifeste qu'au moment de la cristallisation de l'ittnérite, alors que les particules ferrugineuses se déposaient suivant des directions déterminées, une attraction s'est produite autour de certains points y concentrant, pour former un cristallite unique, toutes les particules qui étaient situées dans un certain rayon. Cette disposition implique nécessairement la contemporanéité de formation des inclusions et du minéral qui les renferme. Si j'insiste sur cette disposition des inclusions de Tittuérite et sur les conclusions à en tirer, c'est qu'elle est identique à celle des feldspaths des gabbros du sud de la Norwège dans lesquels on trouve en abondance des inclusions noires, des inclusions globulaires de pyroxène et de spinelle offrant les diverses particularités qui viennent d'être étudiées en der-> nier lieu.

D'après M. vanWerweke, ces inclusions seraient cx)n8tituées par de la pyrrhotine : je me rangerai plus volontiers à Topinion de M. Rosenbusch qui les considère comme formées par la magnétite titanifère.

L'ittnérite est presque toujours ponctuée de calcite : elle se transforme assez souvent en mésotype, analogue comme

disposition à celle qui a été décrite plus haut dans les enclaves du Hôhgau. Cette mésotype englobe fréquemment de petits cristaux allongés d'œgyrine qui sont de formation contemporaine. M. van Werweke a signalé de la gismondine comme produit d'altération du même minéral.

La néphéline est relativement peu abondante et ne présente pas de particularités dignes d'être notées.

L'orthose est sodique, elle forme des cristaux aplatis suivant 9^ (010). Les inclusions gazeuses sont parfois extrêmement abondantes. Ce feldspath est maclé suivant la loi de Garlsbad ; il ne présente pas trace de macles tricliniques ni d'associations microperthitiques d'anorthose ou de tout autre feldspath triclinique; il peut donc être attribué sans aucun doute à Torthose. Quelques échantillons sont troubles au centre, comme les feldspaths des roches anciennes, mais il ne s'y forme pas de produits secondaires cristallisés autres que la mésotype qui se développe dans ses fentes quand la roche est riche en haûyne zéolitisée.

Enfin pour terminer cette énumération de minéraux, il faut citer la calcite se développant un peu partout et devenant macroscopique quand elle remplit les géodes signalées plus haut.

Au point de vue de Tordre de succession de ces divers minéraux, il suflBra de faire remarquer que la pérowskite, Tilménite et Tapatite sont, en général, les premiers minéraux consolidés. Le pyroxène renferme parfois des inclusions de grenat, mais est, plus généralement, moulé par lui : ces deux minéraux sont, dans beaucoup de cas, postérieurs àl'haûyne (ittnérile).

Le feldspath, quand il existe, est tantôt le dernier élément formé dans la roche, les produits secondaires (mésotype, œgyrine, calcite étant, bien entendu, mis à part),

tantôt il est moulé par Thaûyne et la néphéline : les mêmes minéraux existant aussi en cristaux automorphes englobés par Torthose.

Nous avons dit plus haut que Ton pouvait reconnaître deux types parmi ces enclaves grenues.

a) Syénites à haûyne {ittnérite) et néphéline. — Les enclaves de ce groupe sont de beaucoup les moins abondantes : elles ont un caractère commun; les feldspaths y dominent, les éléments colorés y sont peu abondants et formés presque exclusivement par de l'augite ; l'apatite est rare, il existe parfois un peu de sphène, de grenat, etc. Les dimensions des éléments constitutifs sont très variables.

Dans les variétés à gros grains, tous les éléments (pyroxène, grenat, hatlyne) sont englobés par de grandes plages d'orthose (PI. VII, fig. 6). Un de mes échantillons est traversé par une petite veine composée de microlites d*œgyrine très abondants et d'orthose, rappelant les filonnets qui parcourent la syénite néphélinique de Montréal.

Dans les variétés à grains 6ns, les cristaux de feldspath, aplatis suivant g^ (010), comme dans le cas précédent, sont enchevêtrés ou empilés, renfermant quelques cristaux d'haiSyne; ils sont d'ordinaire moulés par ce dernier minéral (PI. VII, fig. 10) ou par de la néphéline.

Dans les roches qui viennent d'être décrites, les éléments colorés sont peu abondants et le feldspath domine beaucoup. L'enrichissement en haûyne, en pyroxène et en grenat, la diminution concomitante de Torthose conduisent d'une façon insensible au second groupe d'enclaves dans le quelle 9eul élément blanc est l'haûyne.

Dans un échantillon provenant des phonolites d'Oberschaffhausen, la composition minéralogique est analogue à celle qui vient d'être décrite, mais la roche possède une texture porphyroïde par suite de l'existence de très grancjfj

cristaux d'orthoee, englobant des cristaux de pyroxène et d'hatiyne, et moulés eux-mêmes par un mélange à gros grains de néphéline et d'orthose, associés à de l'c^gyrine en cristaux nets. La wollastonite, très abondante dans la phonolite, n'existe pas dans lenclave. Les feldspaths sont très troubles. Il n^est pas sans intérêt de faire remarquer Tanalogie de structure présentée par cette pâte grenue d'ortbose et de néphéline avec les lits feldspatbiques riches en œgyrine qui s'observent au milieu des enclaves gneissiques du même gisement (page 234). Il y a là quelque chose d*analogue à ce que j'ai signalé à Menet, où les produits de transformation de roches anciennes conduisent à des roches très analogues aux sanidinites de profondeur.

Dans les phonolites qui affleurent sur le sentier conduisant d'Oberbergen à Schelingen, on trouve des enclaves feldspatbiques très riches en apatite dans lesquelles Taugite est accompagnée ou remplacée par de la biotite. On y observe des moules globuleux remplis par de la mésotype, moules qui semblent avoir été constitués par de rhaûyne. La mésotype est accompagnée d^œgyrine secondaire. La biotite est très chargée de produits ferrugineux globulaires analogues à ceux des micas chauffés.

MM. A. Enopp ^ et Graeff ont signalé ^ l'abondance dans les filons de phonolite de Mondhalde, Fasback et dans le leucitophyre d'Ersberg, près Nieder Rothweil, d'enclaves grenues, formées d'augite, de sphëne, de néphéline et de sanidine. M. Graeff les compare aux nodules à olivine des basaltes. Un des échantillons décrits par M. Knopp et provenant de Mondhalde est formé eu grande partie d'augite avec de la néphéline, de Torthose et beaucoup de sphène. L'augite est en partie transformée en biotite.

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