I. Roches basaltoldes a feldspaths seuls
(andésites auqitiques, labràdoritks, basaltes)
Dans les roches basaltoïdes à feldspaths seuls, je distinguerai deux sortes d'enclaves homœogèncs, les unes feldspathiques, se rapprochant de la composition moyenne de la roche englobante, les autres, non feldspathiques et par conséquent plus basiques.
1*^ Enclaves feldspathiques.
Résumé et conclusions. — Les roches basaltoïdes à feldspaths seuls sont des l'oches d'origine purement ignée : les célèbres expériences de MM. Fouqué et Michel Lévy, les phénomènes que nous avons sous les yeux dans les éruptions volcaniques actuelles, enfin, les résultats auxquels je suis arrivé dans la première partie de ce mémoire ne laissent aucun doute à cet égard. Il en résulte que la condition nécessaire pour qu'une roche de ce groupe puisse prendre la structure granitoïde, consiste dans un refroidissement suffisamment lent. Il n*est plus indispensable, par suite, comme pour les roches acides, que la cristallisation s'effectue plus ou moins en profondeur, dans des conditions particulières de pression, et en présence de minéralisateurs énergiques. Aussi , dans les coulées épaissee de plusieurs régions, trouve-t-on de véritables
diabases holocristallines, plus ou moins basiques, pouvant être considérées comme la forme grenue des divers types pétrographiques dont je m'occupe ici.
Par contre, ces roches basai loïdes renferment, bien plus rarement que les roches trachytoïdes, des roches grenues feldspathiques provenant de leur cristallisation en profondeur. Gela tient sans doute à ce que les roches basiques sont très fusibles et que, d'une façon générale, très près de la surface, elles sont encore à une température trop élevée pour permettre la cristallisation en masse de leur feldspath.
Quand, dans quelques cas particuliers (Puy de Dôme, Coirons, Etna, Açores, Antilles), il existe des enclaves feldspathiques, celles-ci présentent toujours un caractère commun, elles contiennent de la hornblende basaltique, dont la formation, dans un magma fondu, semble impliquer des conditions spéciales de pression, réalisées en profondeur. On verra plus loin que ce minéral est caractéristique des enclaves non feldspathiques des mêmes roches.
Ces enclaves feldspathiques sont formées par de la hornblende brun rouge foncé^ de Taugite, un feldspath basique (labrador ou anorthite), de Tapatite, de la magnétite. Les inclusions vitreuses sont souvent très abondantes dans tous les éléments.
La structure est souvent grenue avec parfois une tendance à la structure ophitique. Dans d'assez nombreux échantillons, les éléments colorés ont des formes nettes et sont englobés dans d'énormes plages de feldspath ; la roche possède ainsi une sorte de structure pœcilitique. Malgré cette grande cristallinité, il existe parfois un léger résidu vitreux, au milieu duquel se rencontrent des microlites plumeux de feldspath triclinique.
Ces roches doiront âtre coosidérées comme le résultat de la consolidation plus ou moins complète du magma volcanique. Cette opinioti est légitimée d'une part par leur composition minéralogique, d'une autre par ta considération des propriétés et des formes de leurs minéraux ferrugineux (magnétite, amphibole, augite) qui sont identiques à celles des mêmes minéraux que l'on rencontre, aussi
bien dans les tufs basaltiques que dans les basaltes des régions d'où proviennent ces enclaves basiques.
Quand ces enclaves sont englobées par la lave au lieu de se présenter dans des tufs, leurs éléments et particulièiement la hornblende subissent les mêmes phénomènes de fusion et de résorption que les grands cristaux intratelluriques de la roche englobante.
Ce mode de transformation est tout à fait identique h celui que subissent les cristaux de hornblende des roches basiques d'un grand nombre de gisements, et notan»ment de ceux du Velay. Je dois le cliché de la fig. 31 à Tobligeance de M« Boule.qui en a signalé ' de nombreux exemples dans les andésites augitiques et les labrado-^ rites de cette région.
J'ai décrit, page 132, des roches basiques enclavées dans des basaltes, en les considérant comme des roches étrangères à la roche volcanique qui les englobe, j*ai signalé quelques cas douteux, dans lesquels les roches en question pourraient être considérées comme des enclaves homœogènes, analogues à celles qui sont étudiées ici : elles ne contiennent pas de hornblende.
Les andésites à hornblende établissent le passage entre ce que j'ai désigné sous le nom de roches trachytoîdes et de roches basaltoîdes, aussi n^est-il pas étonnant de voir que leurs enclaves homcBOgënes présentent une certaine analogie de composition minéralogique avec celles qui sont décrites ici.
Plateau Central de la France. — Puy-de-Dôme. — Je dois à Tobligeance de M. Gonnard deux échantillons provenant des tufs basaltiques d'Ardes et de Perrier, près Issoire.
L'échantillon de Perrier est à grands éléments de hornblende, de labrador et de magnétite titanifère. Au microscope, en outre de ces minéraux, on constate un peu d'augite et une grande quantité de gros cristaux d'apatite, qui sont surtout englobés par la hornblende et la magnétite. Il existe une très grande quantité de verre brunâtre renfermant quelques microlites daugite et de feldspath tricli-