Voy. Michel Lévy. Bull. Soc. géol, 1890, op. cxL
basalte feldspathique, ou bien plutôt avec les andésites à hauyne, voisines des téphrites que M. Michel Lévy a décrites dans le môme gisement? C'est là une question que Tétude plus approfondie de ces deux intéressantes roches pourra seule trancher. En attendant, c'est par analogie avec les enclaves du même genre de la Somma, que j'ai signalé ici cette roche.
Bohème. — Je dois à Tobligeance de M. Cléments communication de plusieurs préparations d'enclaves provenant de roches à néphéiine des monts Duppau (nord de la Bohême) qu'il a décrites récemment*.
Langgrùn près Buchau. — Une de ces enclaves est englobée dans une roche qui, autant que j'en puis juger par les fragments très altérés que j'ai examinés, parait être une téphrite. Elle est constituée par de l'andésine et de grands cristaux de hornblende brune se transformant à la périphérie en cristaux nets d'augite et de magnélite. Il existe, en outre, de l'apatite et du sphône. Cette enclave est imprégnée par la roche volcanique ; par places, il existe des produits de décomposition (calcite, zéolites) qui occupent vraisemblablement la place de matière vitreuse. Localement, la présence de celle-ci est signalée par de petits microlites feldspathiques dont les formes rectangulaires nettes contrastent avec Tirrégularité des microlites de la roche volcanique
M. Cléments m'a communiqué un échantillon de composition très analogue à celle de la roche de la Banne d'Ordenche (apatite, pyroxène violacé automorphe, sphène moulant le pyroxène, hornblende, biotite, labrador, néphéiine, sodalite et magnétite] et qui a, sans doute, une même origine : il n'a pas été recueilli en place.
|. Jahrb. d. k, k. geoL Reichsanstall, XL, 347, 1S90.
p. Leucotéphrites.
Somma. — J'ai trouvé en assez grande abondance, dans les tufs de la Somma, des l'oches grenues fort curteuscA qui n'ont pas, & ma connaissance, élé décrites jusqu'à ce jour. Elles présentent un intériM considérable. Je les ai rencontrées dans tous les points de la Somma que j'ai visités. Mes écbantillons oui été recueillis soit en blocs épars
dans les tufs, soit en fragnienis englobés dans une leucotéphrite à olivine, pauvre en leucite.
Un premier type présente l'aspect extérieur d'une diabase très feldspathique. Au microscope, on constate que la roche est holocristalline : elle renferme de grands cristaux globuleux d'oltvine et de grandes plages de pyroxône offrant la structure ophitique avec dos lamelles diabasiques de labrador (fig. 33). Les cristaux de feldspath sont fréquem-
ment entrecroisés et maclés suivant la loi de Bavcno. Tous ces éléments sont englobés dans de grandes plages i'orthose limpide, parfois maclée suivant la loi de Garisbad. Cette orthose renferme, en outre, en très grande abondance de gros cristaux globuleux desodalUe. Ce dernier minéral est parfois moulé par le bord des plages de pyroxène, ce qui semble indiquer que la sodalite a commencé à cristalliser peu avant la fin de la consolidation du pyroxène; assez rarement le labrador est inclus dans la sodalite.
Dans beaucoup d'échantillons, la sodalite et Torthose forment plus de la moitié de la roche, et Ton est conduit, par la diminution progressive des autres éléments, à de véritables sanidinites à sodalite^ semblables à celles qui ont été décrites, p. 455.
En outre des minéraux énumérés plus haut, on trouve souvent de Tapatite, de la magnétite et de labiotite; cette dernière est parfois groupée ophitiquement avec le labrador ou la sodalite. Il existe des inclusions vitreuses dans tous les minéraux transparents, elles sont parfois très grosses et globuleuses dans l'olivine et renferment des lamelles cristallines dont je n*ai pu déterminer la nature. L'orthose et la sodalite sont parfois très riches en longues aiguilles cristal litiques d'augite.
Cette roche ne doit pas être considérée comme un simple accident minéralogique, tous ses échantillons sont remarquablement identiques et ont le cachet d*une roche consolidée dans des conditions normales : elle est à rapporter à la famille des teschénites.
Le second type, plus rare que le précédent, offre le même aspect extérieur. L'examen microscopique y décèle de Taugite, de la hornblende et du mica, englobés par de grandes plages d'un feldspath triclinique basique, s'éteignant sous des angles maximum voisins de 45'' dans la zone de
symétrie perpeDdiculaire à p* (010}. De même que dans les roches précédentes, ces éléments basiques sont moulés par de grandes plages d'ortbose qui ici sont accompagnées non par de la sodalite, mais par de la leucite : ce minéral est contemporain de l'orthose antérieur ou postérieur ft ce minéral (Bg. 34).
D'antres échantillons présentent exactement la même structure que les teschénites décrites plus haut, mais la
Fia. 91. — Tnrb^uiu k lewita : — bluUic {19). mciu (10), bomblandg (SI). faldipaUi (rlcIiDtque |«). «ngloM par dd mtUngc d'arthoac (I) et ât leudle <I0).
sodalite y est remplacée par la leucite qui, en outre, est plus abondante que l'orthose.
Ces roches constituent un type pétrographique nouveau, et sont des teschénites à leucite, qui n'ont pas d'équîvalenls parmi les roches grenues anciennes. Par disparition de l'orthose et grande abondance de leucite, les roches passent à des leucotéphrites bolocristallines.
Enfin, j'ai eu l'occasion d'observer une bombe riche en leucite provenant de la lave de l'éruption du Vésuve dfl
1872. Elle est en grande partie formée de leucite dont les grands cristaux renferment des inclusions aciculaires d'augite. La roche renferme en outre une petite quantité d augite, de biotite, d apatite et de feldspath triclinique basique (bytownite) présentant par places des formes propres, grâce à un très petit résidu vitreux. Elle peut être comparée à la roche précédente dans laquelle l'orthose aurait disparu et aurait été remplacée par une grande quantité de leucite. Toutes ces roches paraissent le résultat de la cristallisation en profondeur du magma leucotéphritique.
J'ai observé, en outre, dans le même gisement, quelques autres échantillons s'écartant des types précédents.
Une bombe, provenant du Rivo di Quaglia, est en grande partie constituée par des cristaux d'augite, allongés suivant Taxe vertical, avec çà et là de petits nodules feldspathiques. La roche, un peu rubanée, ressemble à une amphibolite. Au microscope, on constate que le pyroxène est englobé par une matière isotrope incolore (verre ou leucite), accompagnée de quelques microlites feldspathiques filiformes. Il existe, par places, de l'apatite et de grandes plages d'anorthite, déjà visibles à l'œil nu : les microlites feldspathiques à extinction longitudinale s'orientent géométriquement sur ces grands cristaux d'anorthite.
Par analogie avec les échantillons de Roccamonfîna, décrits plus loin, il me semble probable que cette roche constitue une ségrégation basique de la leucotéphrite. Du reste, elle offre une certaine analogie avec les bombes holocristallines à leucite que je viens d'étudier, dont elle présente peut-être une variété à cristallisation incomplète.
J'ai recueilli, dans le ravin de Pollena, une bombe feldspathique entourée de leucotéphrite. Elle est formée par de grands cristaux d'apatite, d'augite, de biotite, enve*
loppés d^anorthite. Tous ces cristaux sont corrodés et noyés dans un magma vitreux incolore, très riche en longues baguettes d*augite, de biotite, et en microlites plumeux de feldspath triclinique à extinction oblique.
On peut se demander si cette roche ne serait pas un calcaire modiflé en profondeur et refondu par la leucotéphrite plutôt qu'une ségrégation basique de cette dernière roche. La comparaison de cette enclave avec les deux derniers échantillons précédemment décrits me fait pencher vers la dernière hypothèse.
Rocoamonflna. — J'ai recueilli, dans les lencoléphrites à hornblende et biotite, exploitées près de San Martine, de très nombreuses enclaves atteignant parfois la grosseur de la tête. Elles ont une couleur rougeâtre due à la rubéfaction de plusieurs de leurs éléments.
Le type le plus commun présente de nombreux grands cristaux d'olivine et d'augite, accompagnés parfois de biotite et d'apatite. Ces minéraux sont englobés dans un magma renfermant du verre incolore et une grande quantité de longs microlites de feldspath triclinique, à formes plumeuses, associés à de grandes lames de mica, en partie transformées en produits ferrugineux, et à des microlites d'augite. L'olivine englobe le pyroxène ou est moulée par lui, ces deux minéraux sont automorphes, la biotite est de formation postérieure.
Dans quelques échantillons, Tolivine est rare ou absente : on rencontre çà et là de très grands cristaux d'anorthite englobant les minéraux ferrugineux. Ils ont des formes géométriques et sont bordés par une zone dentelée des microlites de feldspath triclinique du magma fondamental qui s'orientent géométriquement sur eux. Ces microlites sont notablement plus acides; ils s'éteignent sous de petits angles. Parfois ils se groupent autour d'un
centre, donnanl à la roche une structure variolitique.
Quelques-unes de ces enclaves sont riches en hornblende brune, peu biréfringente. Le pyroxène y affecte surtout la forme de très grands microlites. Çà et là, et particulièrement au contact de la leucotéphrite, apparaissent de gros cristaux de leucite. Le passage entre la leucotéphrite et ses enclaves se fait d'une façon insensible. Ces enclaves, très différentes de la leucotéphrite englobante, au point de vue de la structure et de la composition, me semblent constituer des ségrégations basiques de cette dernière.
AGescheto, j'ai trouvé dans la leucotéphrite une enclave grenue qui semble avoir une mâme origine avec une com« position différente. C'est en effet la leucile qui constitue les trois quarts de la roche; ses grands cristaux globuleux, pressés les uns contre les autres, englobent de Taugite verte, et çà et là sont moulés par de petites plages d'anorthite. Le pyroxène présente par places des formes géométriques, mais le plus souvent, il est creusé de cavités, dentelé sur ses bords, et entouré de prolongements cristallitiques qu'englobe la leucite. Ces divers minéraux sont très riches en inclusions vitreuses. Cette enclave est enveloppée par la leucotéphrite qui, par places, la pénètre : elle semble s'être formée dans le magma de cette roche : elle n'a subi aucun phénomène de corrosion.
2^ Enclaves non feldspathiques.
Les enclaves non feldspathiques de cette famille pétro* graphique peuvent être divisées en deux catégories : les unes sont les homologues des nodules à hornblende des roches feldspathiques , les autres sont des nodules à oli-* vine, ils ne se rencontrent que dans les types les plus basiques (téphriies et leucotéphrites à oliviné).
A. Nodules à hornblende, biotite, etc.
Résumé et oonolusions. — Les téphrites renferment parfois des inclusions grenues basiques, riches en apatite, ilménite, augite, hornblende, biotite et qui peuvent être considérées comme des ségrégations basiques de la roche qui les englobe. Ce sont les homologues des nodules à hornblende et des roches basaltiques. Quelques-unes d'entre elles contiennent de la hauyne, du sphène.
Les leucotéphrites (Somma, Vésuve, etc.) renferment parfois aussi des agrégats non feldspathiques qui sont, dans tous les cas, de véritables ségrégations basiques formées par de Tapatite, de Taugite, de Tolivine, du mica, de la leucite, etc. seuls ou associés et renfermant parfois de la matière vitreuse. Ces roches ne se distinguent en rien des enclaves des leucitites qui seront étudiées plus loin, et offrent souvent une certaine analogie avec les blocs silicates résultant de la transformation de calcaires : elles sont toutefois dépourvues de bumites, de spinelle, etc., qui restent caractéristiques des roches métamorphiques de ce gisement.
a. Téphrites.
Bohême. — Je dois à Tobligeance de M. Cléments une enclave provenant de Wolfstein près Hermesdorf. La roche qui Tenglobe a une grande ressemblance avec les téphrites (andésites à hauyne) du Mont Dore.
L'enclave est grenue, formée par de Tapatite, du sphène, de l'ilménite englobés par de Taugite, de la hornblende et un peu de biotite. L' augite est riche en inclusions gazeuses et vitreuses à bulle : elle renferme des inclusions aciculaires rappelant un peu celles de certains diallages.
Cette enclave semble due à une ségrégation en profondeur des éléments basiques de la téphrite.
Canaries. — MM. V. Fritsch et Reiss ont signalé ^ des nodules grenus formés d'augite, d'haûyne et de spbène dans les tufs dlsleta de Ganaria : ils les considèrent comme le résultat de cristallisations effectuées en profondeur dans des téphrites à hauyne. Ces enclaves paraissent présenter une grande analogie avec celles qui accompagnent les rocbes non feldspathiques et qui seront étudiées plus loin.
p. Leucotéphrites^
Somma et Vésuve. — Les ségrégations qui nous occupent ici se rencontrent aussi bien en blocs épars dans les tufs de la Somma, que dans les leucotéphrites en coulées à la Sonuna et au Vésuve.
A la Somma, ce sont surtout des blocs très cristallins, constitués par de laugite automorpbe, associée à des cristaux globuleui de leucite ; souvent il existe, en outre, de Tapatite, de la biotite. Les inclusions vitreuses à bulle sont abondantes dans le pyroxène et surtout dans la leucite : elles se concentrent au milieu des cristaux de ce dernier minéral qui renferme aussi de longues aiguilles filiformes d'augite. On peut citer aussi des agrégats à grands éléments constitués par de la biotite, de l'augite, de Tolivine, etc., seuls ou associés. Ils sont soit holocristallins» soit pourvus de matière vitreuse brunâtre. Quand ils sont bolocristallins, ils ressemblent quelque peu aux blocs silicates provenant de la transformation des calcaires. Le mica et l'augite y sont plus ferrugineux, ils sont dépourvus de spinelles, de humites, de humboldtilite, etc.
1. Il est possible qu'une partie des bombes à hornblende, apBtite, des tufs de Laach soit en relations avec les leucotéphrites de cette région.
Dans la lave de réruption de 1872, j'ai recueilli un bloc formé d augite automorphe et de biotite : il existe une assez grande quantité de verre brunâtre ; tous les minéraux sont riches en inclusions vitreuses. Il me semble peu douteux que cet échantillon soit une ségrégation basique de la roche qui l'englobe.
Un échantillon, de la collection du Muséum, provenant de Portici, est formé par un agrégat à grands éléments d'augite et de mica brun rouge : il est englobé dans une leucotéphrite d'une éruption moderne du Vésuve, et semble avoir la même origine que l'échantillon précédent.
Basilicate. — Vulture. Les tufs à haûyne et les leucotéphrites à haûyne, du Vulture, aussi bien que les leucitites à haûyne de Melfî, renferment de nombreux nodules à mica, hornblende, etc., avec ou sans haûyne qui seront étudiés plus loin avec les enclaves des leucitites,
B. Nodules à divine.
Résumé et conclusions. — Les nodules à olivine ne se rencontrent que dans les téphrites et leucotéphrites les plus basiques renfermant de Tolivine {Basanites des auteurs allemands) : ils ne diffèrent en rien de ceux des basaltes. On peut citer comme exemple les téphrites à olivine de Naurod, les leucotéphrites de la région de Laach, etc.
ni. Roches basaltoldes sans feldspaths.
(NÉPHBLINITEy LEUGITITE, BASALTE MELILITIQUE, AUO|TITB
ET LIMBDRQITb)
1*^ Enclaves avec néphéline ou leucite.
Résumé et oonclusions. — Les leucitites du Latium renferment des roches grenues composées de leucite, pyroxène, mica : fort souvent, elles contiennent en ' abondance de Tortbose. Ce fait peut recevoir l'explication théorique que j'ai donnée au sujet de la présence du même minéral dans les enclaves similaires des leucotéphrites de la Somma. Des enclaves analogues ont été trouvées dans les tufs de Ventotene et dans les leucitites de Madagascar.
Il devient difficile de savoir si ces enclaves, dépourvues d'orthose, constituent la forme grenue de la leucitite ou, si au contraire, elles en forment des ségrégations. Fréquemment ces enclaves passent d'une façon insensible à des agrégats silicates, riches en grenat, v^ollastonite, anorthite résultant de la transformation de calcaires. Il est probable que l'on se trouve là en présence de cristallisations profondes du magma leucitique, endomorphisé par suite d'absorption d'enclaves calcaires.
Les néphélinites de quelques gisements renferment des enclaves grenues, formées de néphéline, pyroxène, mica, magnétite, ilménite, plus rarement pérowskite, grenat mélanite, haûyne ou sodalite, présentant de grandes variations dans leur composition minéralogique ; ce sont pour celles de l'Oberwiesenthal que M. Sauer a créé la dénomination à' endogène Einschlusse pour exprimer leurs relations intimes avec la roche volcanique englobante.
Ces roches peuvent être comparées à l'ijolite de Finlande et aux variétés holocristallines de néphélinite que l'on trouve dans quelques gisements de néphélinites, soit comme accident de peu d'importance (Essey-la-Gôte), soit en grandes masses (Eatzenbuckel, Puy de Saint-Sandoux, etc.). Il est intéressant de faire remarquer que ces dernières roches renferment de grandes plages d'orthose comparables à celles des enclaves de leucitites.
Enfin dans les basaltes mélilitiques, je n'ai personnellement étudié qu'une seule enclave grenue, assez semblable à une teschénite.
a Néphéiinites et basaltes mélilitiques.
Vosges. — Dans les échantillons de néphélinite d'Essey-la-Gôte que je dois à l'obligeance de M. Vélain, j'ai trouvé une petite amande formée par des cristaux prismatiques de néphéline, associés à de longues baguettes d'apatite, des cristaux d'augite, d'œgyrine et de biotile.
Cette petite enclave s'est évidemment formée en place et constitue une ségrégation de la néphélinite ^
Westphalie. — M. Rinne a décrit^ dans la néphélinite mélilitique de Hohenberg, près Bûhne, des enclaves formées d'anorthite (avec inclusions rappelant celles des feldspaths des gabbros, accompagnées d'inclusions gazeuses, liquides et vitreuses), d'augite (avec les mêmes inclusions que le feldspath), d'olivine, de bronzite et de spinelle. Ces roches présentent des phénomènes de corrosion, des recristallisations d*olivine, etc. M. Rinne les considère comme ayant la même origine que les nodules à olivine du môme gisement (formation protogène du
1. Cette néphélinito est localement riche ea mélHiie et contient alors de la pérowskite,
2. Silzungsb&r. k, preuss. Akad. Wisscnsch. Berlin^ XLII, 987, 1891.
magma). Ces enclaves, que je n'ai pas personnellement étudiées, me paraissent tout à fait identiques à celles que j'ai décrites dans diverses roches basaltoïdes, pages 129 à 142, et que j'ai regardées comme des enclaves énallogènes.
Saxe et Bohôme. — Les néphélinites de TOberwiesenthal renferment en abondance des enclaves grenues basiques, associées à des fragments de gneiss et de granité.
M. Sauer les a décrites * et les a désignées sous le nom d'endogène Einschlûsse, voulant ainsi exprimer son opinion sur leur mode de formation par cristallisation en profondeur dans le magma néphélinique. La place que je leur donne dans ce travail indique que je partage la manière de voir de M. Sauer. Je tiens à remercier M. Zirkel qui a bien voulu m'envoyer les échantillons que j'ai étudiés.
M. Sauer a distingué cinq types de roches à gros grains formées par les minéraux suivants : 1® apatite, néphéline etaugite; 2^augite, néphéline, magnétite, ilménite et parfois biotite ; 3® augite, hornblende, magnétite, pérowskite et biotite ; 4^ augite, magnétite, pérowskite, sphène, apatite; 5® grenat (intermédiaire entre la schorlomile et le mélanite avec 10, 84 0/0 de TiO^, néphéline : la roche est parfois porphyroïde, le grenat en grands cristaux est alors entouré par un mélange finement grenu de néphéline, d'augite, de magnétite et d'apatite.
Les échantillons que j'ai examinés se rapportent à deux types; dans Tun, le pyroxène très pléochroïque dans les teintes vertes et jaunes, englobe de gros cristaux de pérowskite (montrant de la façon la plus nette les macles polysynthétiques), du fer titane et de Tapatite, quelquefois de la biotite. La pérowskite est postérieure à l'apatite. Il existe une petite quantité d'éléments blancs. Dans le
1. Erlaûterung sur geoU SpecialkarU des Kônigreichs Sachsen, Section Wieaenthal, p. 68, 1884.
second type, au contraire, ce sont les éléments blancs qui dominent, englobant des cristaux de pyroxène à forme géométrique, souvent entourés par du grenat brun foncé.
Quant aux éléments blancs, ils sont transformés en zéolites (mésolype, analcime, etc.) et piquetés de calcite. D'après les formes globulaires de quelques-unes de ces pseudomorphes et en raison de l'analogie que présente les minéraux de ces enclaves avec ceux du cap Âcra, qui seront décrits plus loin , je crois qu'une partie seulement de ces pseudomorphoses doit être attribuée à de la néphéline, et l'autre partie à un minéral du groupe haûynesodalite.
M. Stelzner a décrit*, dans la néphélinite de Podborn, près Marienbad (Bohême), des enclaves grenues analogues à celles de TOberwiesenthal.
Hôhgau. — Dans le basalte mélilitique de Sennhof, près de Hohenstoffeln, j'ai recueilli une enclave grenue à grands éléments assez profondément altérés. Elle est formée par de la hornblende, de l'augite violacée, de la magnétite, de Tapatite, associées à du labrador, à de la néphéline et à un minéral du groupe haûyne-noséane.
Algérie. — Oran. Je dois à Tobligeance de M. Vélain une enclave grenue qu'il a recueillie dans les tufs volcaniques du cap Acra, près Bachgoun. Dans ce dernier gisement, on rencontre des leucoiéphrites^ des néphéli" nites ^,
L'enclave dont il s'agit est à grands éléments ; elle renferme du sphène et de l'apatite, beaucoup d'augite, de