‹ Les enclaves des roches volcaniquesChapitre 133 sur 206 · Jahrb. k. A. geol Reichsanst., XXV · texte numérisé non relu

Jahrb. k. A. geol Reichsanst., XXV

2. Parmi les néphélinites que m*a remises M. Vélain, s'en trouvent quelques-unes qui sont tellement riches en mélilite que l'on peut les considérer comme de véritables basaltes mélilitiques; le fait mérite d'ôtre signalé, les gisements de ces roches étant relativement peu nombreux : la pérowskite s'y rencontre en petite quantité.

grenat mélanite et de mica, de la noséane (ou de l'baûyne) et de la néphéline.

Le pyroxëne est très pléochroïque dans les teintes vertes et jaunes, il est intimement associé à de la biotite et au grenat mélanite qui, dépourvu de forme géométrique, moule les éléments précédemment énumérés. La noséane, parfois riche en inclusions ferrugineuses, est entourée par de grandes plages de néphéline.

Cette roche est si analogue à celles de l'Oberwiesenthal, qu'il ne peut guère y avoir de doute sur ses relations avec les néphélinites de la région dont elle provient, région encore peu connue au point de vue géologique.

p Leucitites.

Latiom. — Monts Albains et voisinage immédiat de Rome. — Les tufs leucitiques (peperino) de la campagne de Rome renferment en grande abondance des roches grenues, associées aux calcaires modifiés qui ont été décrits page 334. Les localités d'Ariccia, Marino (Monts Albains), de Tavolato près Rome sont particulièrement riches à cet égard. La composition des enclaves homœogènes des leucitites que nous avons à étudier ici est beaucoup moins constante que celle des roches similaires des autres gisements décrits dans ce paragraphe : cela tient sans doute à ce qu'elles sont le résultat de cristallisations effectuées en profondeur dans le magma leucitique, sous l'influence d'enclaves calcaires. Ce seraient, dans ce cas, de véritables produits endomorphes du magma leucitique.

Parmi ' ces enclaves, on rencontre tout d*abord des agrégats généralement holocristallins , mais contenant cependant parfois un résidu vitreux et constitués par de grands cristaux de pyroxène vert foncé allongés ou grenus, par un peu de biotite incluse dans le pyroxène ou posté-

rieure à lui, enfin par de la leucite et de la haûyne. Les inclusions vitreuses à bulle sont fréquentes. Dans certains échantillons, la biotite devient Télément ferrugineux dominant. Tous ces blocs sont comparables à ceux de même composition qui ont été décrits à la Somma et au Vésuve. Ils paraissent être le résultat de la cristallisation noimale du magma leucitique avec, parfois, exagération dans la proportion des éléments ferrugineux.

D'autres blocs, au contraire, toujours hollocristallins, sont plus riches en éléments blancs qu*en minéraux colorés : la leucite formant de grands cristaux globuleux pressés les uns contre les autres est très abondante. Le pyroxène, moins ferrugineux que celui des roches précédentes, forme tantôt de grands cristaux automorphes mais dentelliformes, tantôt de petits grains irréguliers : il est soit antérieur, soit postérieur à la leucite. Il est souvent accompagné d'apatite, d'haOyne, de sanidine, etc. ; ce dernier minéral peut devenir très abondant, formant des cristaux aplatis suivant 9^ (010), moulant la leucite : la roche passe alors à de véritables sanidinites à levcite. Enfin, on voit parfois apparaître de la wollastonite, de la humboldtilite, du grenat mélanite : Thailyne devient alors plus abondante. Ces roches passent aux calcaires modifiés, décrits page 339, par des passages tellement insensibles qu'il me semble difficile de pouvoir établir une ligne de démarcation entre ces divers produits.

Ces enclaves sont souvent piquetées de calcite secondaire, la leucite est fréquemment zéolitisée.

M. Strûver a décrit antérieurement des * roches de Tavolato ; il a trouvé dans Tune d'elles : leucite, augite, sanidine, haûyne, mélanite, feldspath triclinique, biotite, magnétite, apatite, olivine, pyrrhotine, et dans une autre :

t. Memor. R. Accad. Lincei, 18T7.

leucite, augite, sanidine, feldspath triclinique, olivine, biotite, magnétite, apatite. J'ai observé quelques échantillons qui paraissent analogues et qui conduisent à de véri* tables leacotéphrites holocristallines.

L*étude minéralogique détaillée de ces bombes du Latium constituerait un travail minéralogique d'un grand intérêt. Le développement pris par mon mémoire me force h passer rapidement sur ce sujet.

Lac de Bracciano. — Les tufs des environs du lac de Bracciano renferment, associés aux sanidinites et aux calcaires modifiés qui ont été décrits plus haut, des agrégats de leucite, de biotite, d'augite et de magnétite, identiques à ceux des Monts Albains. Je les signale ici, bien que Ion ne sache pas exactement avec quelle catégorie de roches leucitiques ils sont en relation.

nés Ponces. — Ventotene. — Aucune roche à leucite n'a été signalée à ma connaissance à Ventotene. On a vu plus haut que divers auteurs, et en particulier Dolomieu et M. Dœlter^ ont annoncé l'existence dans les tufs trachytiques des Iles Ponces d'agrégats analogues à ceux de la Somma. Parmi les échantillons que je dois à Tobligeance de M. Dœlter, j'ai été surpris de rencontrer une roche à leucite. C'est une bombe holocristalline, à gros grains, dont tous les éléments (apatite, biotite, augite et leucite) peuvent être décelés à l'œil nu.

L'examen microscopique montre que la leucite englobe les autres minéraux. Les éléments de la roche renferment des inclusions vitreuses. Il existe par places, dans cette bombe, des cavités globuleuses, à parois comme fondues, sur lesquelles on distingue, çà et là, des aiguilles d'apatite. Cette roche est identique à certaines bombes des tufs leucitiques du Latium. Elle est évidemment en relation

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