II. — Enclaves d'argiles et de schistes argileux
Résumé et conclusions. — Les exemples d'enclaves d^argiles et de schistes argileux dans les roches basaitoîdes ont dû être .cherchés dans les gisements étrangers au Plateau Central de la France; je n'en connais point en efietdans cette région.
Les enclaves de ce groupe sont généralement cuites, recouvertes d'un vernis, produit par leur fusion périphérique, ou même complètement fondues. Dans ce cas, elles affectent la forme de fragments gris bleuâtre ou rouge, très durs, qui ont souvent reçu des géologues allemands le nom de basaltjaspis.
L'examen microscopique montre que les phénomènes de transformation sont en général assez simples. Si la roche initiale renfermait des grains de quartz, ceux-ci se comportent comme dans les enclaves de grès ou quartzites. A proximité de la roche volcanique, ils s'entourent de microlites d'augite, de spinelie ; plus rarement, ils se transforment en tridymite (Pulver Maar).
Très fréquemment, dans la partie argileuse fondue, on voit se produire de petits cristaux de cordiérite^ souvent accompagnés de spinellides (Falkenlei, Pulver Maar, Dauner Maar, région de Laach, Lavantthal). Deux cas peuvent se présen ter : ou bien la cordiérite a pris naissance par le mélange du verre de l'enclave avec la roche volcanique; elle se trouve alors engagée dans un verre plus foncé que celui de l'enclave normale; ses cristaux sont accompagnés d'augite et sont tout à fait comparables à ceux qui ont été décrits dans les enclaves de grès : ou bien la cordiérite a pris naissance dans l'enclave par cristallisation
directe du verre, produit par sa fusion, sans aucune intervention de la roche volcanique.
J'ai fait voir* comment, dans les houillères embrasées^ la fusion sur place des schistes argileux et micacés donnait naissance tantôt à des porcellanites dépourvues de produits cristallins, tantôt à des roches entièrement composées de cordiérite seule, de corJiérite et de pyroxène avec ou sans anorthite, suivant que la composition initiale du schiste permettait ou non la production de ces minéraux.
Les schistes argileux, enclavés dans les roches basaitoïdes, se trouvent le plus souvent dans les mêmes condi* tions que les schistes dont il vient d'être parlé. La cordiérite est alors produite par simple fusion de i'enolave. Notons que sa formation est liée à Fabsence ou à la rareté des alcalis dans la roche modifiée; toutes les fois que ceux-ci sont en quantité notable, il se produit des feldspath» et du pyroxène.
Vosges. — Les néphélinites d'Essoy-la-Gôte et leurs tufs renferment des fragments de schistes argileux, plus ou moins vitrifiés, qui ont été signalés par Delesse^ et par M. Vélain 3. Les échantillons que j'ai eu Toccasion d'étudier ne présentaient aucun minéral recristallisé.
Prusse rhénane. — EifeL De même que pour les enclaves quartzofeldspathiques , je n'étudierai ici que les enclaves de schistes argileux de quelques-unes des Maare de l'Ëifel, de celles que J'ai plus particulièrement visitées. Ces cratères d'explosion étant creusés dans les roches dévoniennes, on conçoit facilement que les grès