‹ Les enclaves des roches volcaniquesChapitre 58 sur 206 · Encliv · texte numérisé non relu

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1. Uutl. Carie gévl. delà France, n* 11, 1. 11,17, otfig. 7, 1890.

ments de quartz et en roches quartzofeldspalhiques ayant fusé dans Tandésite. Leurs éléments sont fortement disloqués ; ce sont des feldspatbs, du mica et du quartz, avec parfois de Tandalousite et de la sillimanite.

Les feldspaths sont tellement criblés d'inclusions gazeuses, qu'ils en perdent localement leur transparence. Ces inclusions ont, par places, été postérieurement remplies par des liquides {iyicliisions liquides à bulle mobile). Ces feldspaths sont démolis et recristallisent suivant le mode décrit plus haut.

Le mica présente les transformations habituelles en spinellides.

Localement, les grains de quartz sont entourés par des microlites d'augite, bien que ces derniers n'existent pas normalement dans la roche volcanique (fig. 15).

Enfin, dans celte dernière apparaissent, au contact de Venclave seulement, de grands cristaux d'hypersthène.

Ces divers fragments anciens sont cimentés par les microlites de Tandésite. Les éléments qui résistent à la résorption (sillimanite et andalousite) , sont fréquemment entraînés au loin dans le magma volcanique.

Je dois à Tobligeance de M. Rames une petite enclave du même gisement; elle est extrêmement riche en cordiérite, andalousite rose très pléochroïque, grenat almandin, sillimanite (fibrolite) : le feldspath ancien est très altéré et, dans certaines parties de la roche, les minéraux autres que le feldspath ont seuls subsisté ; ils sont entourés par du verre jaunâtre et sont criblés d'inclusions de spinelle vert : les recristallisations de feldspaths sont à peine indiquées. Cet échantillon est un de ceux qui montrent le mieux Forigine ancienne de Tandalousite, de la cordiérite, etc.

Menet. — Les trachyies à anorthose de Menet, près Riom-ès-Montagne, renferment en grande quantité des

la

enclaves de gneiss et des roches granulitiques ^ sur lesquelles ils reposent. On y rencontre aussi des sanidinites qui seront décrites dans la seconde partie de ce mémoire.

Les enclaves quartzofeldspathiques modifiées appartiennent à deux types : a) pegmalites ; b) gneiss. Elles sont surtout abondantes dans les deux carrières de Lieucamp et de Menoyre. Celles des tufs du hameau de Brocq sont peu ou pas modifiées.

a) pegmatite. J'ai recueilli une enclave de pegmatite ayant environ 15^°° de diamètre. Elle est constituée par un mélange d'orthose, de quartz et d'un peu de sillimanite. Le quartz est violacé, lorthose blanc jaunâtre. L'enclave est étonnée, très fragile. Le quartz a perdu ses inclusions à bulles mobiles ; il est riche en inclusions gazeuses. L'or* those forme des cristaux maclés suivant la loi de Garlsbad et atteignant 3^"^. Ce minéral, examiné en lames minces, se montre rempli d*une quantité prodigieuse d'inclusions gazeuses, tantôt globulaires, tantôt allongées en masses ovoïdes ou capricieusement contournées. Dans les lames p (001) et g^ (010), il semble qu'il y ait une tendance pour les inclusions à se disposer suivant p (001), g^ (010) et A^ (100). Cependant, ces files d'inclusions sont rarement rectilignes et ne suivent qu'approximativement les directions cristallograpbiques citées plus haut. L'extinction dans p (001) se fait à O'» et dans g^ (010) à + 7 de l'arête pg^. Le plan des axes optiques est perpendiculaire à ^* (0 1 0).

L'échantillon que j'ai examiné était peu modifié. On n'y distinguait qu'une recristallisation de l'orthose sur les bords des grands cristaux. Il est cependant intéressant d'étudier en détail la marche de cette nouvelle cristallisation, car elle servira à interpréter des faits que nous

1. A. Lacroix, Bull. Carte géoL de la France^ op. citt et (7. Rendus, GXI, 1003, 1890.

observerons dans des roches ayant presque entièrement perdu leur cachet d'origine.

Lorsqu'on examine une lame p (001) de l'ortfaose en voie de transformation, on constate que les bords de la plage sont Formés par une zone de feldspath présentant la structure en trémies. SI l'on éteint le cristal central, on

iruclBB : t i>Llgi>cLa«e. Ib cnrdlérLte, 19 hjolitc. il ■ndalwigite, 41' aUhnunlte. DrlenlAs HT l'ollgocUaviindvDna (h quelle, en bMdeU fifure), r( «nlln d« lild j-

voit une partie seulement de la bordure s'éteindre, laissant apparaître de petits cristaux feldspath iques à contours souvent rectangulaires et possédant une orientation optique différente de celle de la plage centrale (PI. V, fig. 2, A). En A* de la même figure, au contraire, le feldspath récent est éteint.

Quelquefois le feldspath de nouvelle génération possède exactement la même orientation que le feldspath ancien. La distinction de ces deux feldspalhs devient alors impos-

sible en lumière polarisée ; mais, si Ton examine la préparation en lumière naturelle et de préférence avecTéclairage d'une lampe, en baissant le condenseur et, si Ton a soin de mettre alternativement au point la pai*lie supérieure, puis la partie inférieure de la lame mince, on voit alors le feldspath de nouvelle génération apparaître en relief sur le feldspath ancien. Gela tient à ce que le feldspath de nouvelle génération est constitué par de Torthose sodique, ayant un indice médian un peu supérieur à celui de l'orthose ancienne. On constate alors qu'il n'y a aucune solution de continuité entre la plage d'orthose ancienne et les créneaux que ce minéral forme dans Torthose récente, tandis qu'il est séparé de cette dernière par une ligne de démarcation très nette.

Ija haute température à laquelle a été soumise l'enclave a fait sur les bords ouvrir largement les clivages du feldspath et a livré ainsi passage aux éléments dissolvants qui, rongeant le feldspath suivant des plans ayant la même orientation cristal lographique, ont donné naissance à des sortes de vastes cristaux négatifs dans lesquels sont venus se déposer des feldspaths de nouvelle génération ; dans le cas particulier qui nous occupe, ces derniers ont une composition chimique très voisine de celle du feldspath primitif.

En bas de la fig. 2 de la pi. Y, on voit une plage d'orthose B, traversée par une veine d'orthose grenue, mélangée de pyroxène raicrolilique. Nous retrouverons fréquemment ce genre de recrislallisation dans les enclaves gneissiques.

La tridymite se produit en outre très fréquemment.

Enfin signalons en terminant une enclave de granulite très fortement fondue, dans laquelle le feldspath recristallise sous forme de très larges sphérolites, légèrement jau-

nâtres en lumière naturelle et diffusant la lumière à la manière des sphérolites pétrosiliceux. Ils sont négatifs en long et se produisent souvent autour de débris anciens de l'enclave (PI. IV, fîg. 12).

b) gneiss. Les enclaves de gneiss ont conservé leur forme. Elles sont creusées de cavités que tapissent des minéraux récents : tridymite, orthose, augite et très rarement hypersthène et quartz. 11 est à remarquer à ce propos qu'au Capucin, c'est de Thypersthène qui se produit toujours dans ces conditions et que Taugite y est absente.

Le gneiss normal de cette région est souvent riche en cordiérite, andalousite, silllmanite, grenat, apatite. Fréquemment, on rencontre des échantillons dans lesquels le quartz est rare.

D'une façon générale, les inclusions gazeuses et vitreuses sont abondantes dans le quartz et les feldspaths enclavés. Dans quelques échantillons en apparence peu altérés, le quartz est entouré d'une zone vitreuse dans laquelle on distingue de la tridymite; le feldspath est recristallisé (fig. 16).

Les modifications peuvent se diviser en quatre modes principaux :

1** L'enclave se disloque et fuse dans le trachyte ; celuici étant normalement très acide, sa composition ne change pas au contact II s'y développe cependant un peu d'œgyrine ou d'augite verte.

2^ Les feldâpaths anciens sont en partie redissous et remplacés par de l'orthose sodique; l'enclave conserve alors rigoureusement sa forme et les feldspaths récents ne se distinguent des anciens que par l'absence d'inclusions gazeuses et l'existence de petits cristaux pyroxéniques qui manquent dans les feldspaths anciens.

3** Le feldspath résorbé est remplacé non par de grandes

plages, mais par une mosaïque de petits grains d'orthose. La roche résultante devient très finement grenue. Par places, on observe un peu de verre et le feldspath peut même offrir la forme sphérolitique autour des débris anciens. Il y a aussi formation de petites lamelles de biotite.

4^ Enfin le feldspath peut recristalliser sous forme de grands cristaux rectangulaires qui s'enchevêtrent; ils sont accompagnés d œgyrine ou d'augite et les parties recristallisécs simulent tout à fait les sanidinites qui seront étudiées plus loin. On les en distingue toutefois par ce fait, qu'elles ne présentent aucune trace de modification secondaire et que Ton y rencontre souvent des débris anciens. Quand il existe encore du verre, les cristaux ont des formes rectangulaires très nettes.

Dans toutes ces enclaves, le mica est transformé soit en produits ferrugineux, soit en un mélange d'octaèdres de spinelle vert, de cristallites de corindon et enfin de grains d'œgyrine. Dans un échantillon, j'ai en outre observé de la pseudobrookite.

Tous ces divers genres de transformation peuvent se juxtaposer dans un même échantillon.

J'ai rencontré très fréquemment des enclaves microscopiques dans les andésites et les labradoriies du Cantal, recueillies par M. Fouqué; tantôt schisteuses, tantôt massives, elles sont généralement constituées par du feldspath triclinique, englobant de la biotite, des spinelles (verts ou violets), de la magnétite, parfois de l'hyperslhène, du zircon, du rutile et delà sillimanite : le feldspath triclinique se présente soit en grandes plages irrégulières, soit en cristaux presque isométriques et alors soulignés par un peu de matière vitreuse brundtre.

Je citerai comme exemples les andésites à hornblende

du Puy-Mary, d'Oursac, de Dreits, de Lombrade et de la carrière de Limagne au N. d'Aurillac, de œlle de Comte, au N. 0. de la même ville, etc. ; les labradorUe^ en blocs dans la brèche andésilique de la vallée de la Gère, et notamment celles de Tourci près St-Jacques-des-Blats. Ces enclaves sont parfois miarolitiques et leurs druses remplies par de la calcite ou de l'aragonite. Il n'est pas rare de voir leur contact avec les roches volcaniques formé par des cristaux feldspathiques à formes nettes, engagés par une extrémité dans la pâte de l'andésite qui, au contact seulement, devient riche en hypersthène.

Il est facile de voir que ces petits nodules très cristallisés ne sont autre chose que des enclaves analogues à celles qui viennent d'être décrites. On y trouve du reste parfois des traces d'éléments primordiaux, corindon et spinelle épigénisanl Tandalousite (le Croizet, à 3 kil. E. de Thiézac).

Haute^Loire. — Monac. — J'ai trouvé un très grand nombre d'enclaves dans les trachytes à anorthose du suc de Monac, près Saint-Julien-Ghapteuil. Elles offrent une grande analogie avec celles de Menet ; elles sont en effet constituées par des gneiss, des granités et enfin des sanidinites qui seront décrites dans la deuxième partie de ce mémoire.

Gneiss. Les modifications subies par les enclaves de gneiss sont les mêmes qu'à Menet; je n'insisterai que sur les points spéciaux observés dans quelques-unes d'entre elles. Dans un échantillon, Toligoclase ancienne, piquetée de produits d'altération micacés, et riche en inclusions gazeuses, est en partie fondue. II s'est développé en abondance de l'orthose récente, non seulement sur les bords, mais en facules dans le minéral ancien. Par places, la fusion de l'enclave a été complète ; il s'est produit alors

u:\ T^rï^ j;»unàlre, renfermant de longs microlites rectan- ^«iU;t^ Je feldspath et quelques microlites d'œgyrine. r«s |v%rtie$ peu cristallines contrastent avec le trachyte vjui ^1 jiu contraire presque holocristallin.

Tue autn? enclave est en partie fondue ; les feldspatbs r\Hvnls sont rares, mais la roche est remplie de très grands orisUtux de biotite à formes cristallitiques très nettes. Ils $oul creusés de nombreuses cavités à contours rectangulair^$. Le verre qui les englobe est riche en octaèdres de magntHite et en christianite. Plusieurs échantillons renfennent de la hornblende vert pâle qui est transformée en biotite et en pyrozône. Ce dernier minéral forme, au milieu de Tamphibole, de grands squelettes à orientation unique, analogues à ceux qui seront décrits plus loin dans les enclaves de péridotites des basaltes.

Enfin, il faut signaler des enclaves imprégnées de biotiteen grandes plages dentelées, intimement associées à de Taugite cristallitique. La fraîcheur de la biotite exclut dans la plupart des cas Thypothèse de la formation du pyro* x^ne par transformation secondaire. Sans nier que dans (|uelques cas douteux cette explication puisse être satisfaisante, il me semble nécessaire d'admettre que les deux (Méments ont cristallisé simultanément. Ces associations do biolite et d'augite rappellent celles de biotite et d'œgyrine (aucicnne ptérolile) qui épigénisent la barkevicite dos syénites néphéliniques du Langesund fjord. Cette biotite doutolée rappelle aussi celle que M. Michel Lévy a ulmorvéo dans les pegmatites granitiques développées au routart des schistes cristallins dans la carrière de TOzette, pr^H de Limoges. Les feldspaths de ces enclaves renferment Houvont dos inclusions à bulle mobile et des inclusions à aride carbonique.

Do mAmequ'à Menet, quelques enclaves sont transfor-

méesen orthose; largement cristallisées, elles offrent de très grandes analogies de structure avec les sanidinites.

Granité, Les enclaves de granité sont souvent modifiées à la façon des gneiss qui viennent d'être décrits. Ce granité est généralement pauvre en mica, aussi les recristallisations que Ton y observe sont-elles exclusivement feldspatbiques. Les corrosions rectangulaires des feldspaths sont fréquentes. Quelques échantillons montrent à l'œil nu une apparence scoriacée. La matière buUeuse qui englobe les fragments anciens du granité est constituée par des sphérolites feldspatbiques (négatifs), brunâtres en lumière polarisée et rappelant les sphérolites pétrosiliceuz. Ils englobent fréquemment de longues baguettes feldspathiques à contours rectangulaires.

Mont-Chanis. — Le trachyte à hornblende du Mont- Chanis, voisin du suc de Monac, renferme aussi des enclaves feldspathiques en général très zéolitisées (chabasie, christianite). Elles présentent les mêmes types qu'à Honac : souvent leur recristallisation est complète et il ne reste plus rien de fenclave primitive. Il en est de même pour des enclaves du trachyte du Mont-Gharret (Li.Prade), dans lesquelles MM. Boule* et Gonnard^ ont trouvé de belles zéolites.

Prusse rhénane. — Eifel. Aux environs de Kelberg, des carrières sont ouvertes dans les andésites du Bocksberg, près de Mûllenbaeh, et do Rengersfeld, près Welcherath. Les enclaves en fragments anguleux ou arrondis sont extrêmement abondantes dans ces deux gisements. M. K. Vogelsanga publié récemment^ sur elles un très intéressant mémoire. Il a signalé notamment la fréquence dans

t. Op. cit.

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