Zeitschr. d. deutsch. geol. Geselt.» XLII
ces roches de la cordiérite, de Tandalousite, de la sillimanite, du corindon, du rutile, du grenat, etc., qu'il considère comme provenant de roches anciennes, étrangères au magma andésitique. Ces minéraux sont accompagnés de spinelle en partie récent. M. Zirkel ayant bien voulu me communiquer quelques préparations de ces enclaves, je fus frappé de l'analogie qu*elles présentent avec celles des andésites et de? trachytes du Plateau Central de la France; aussi suis-je allé en 1891 visiter ces deux gisements d'où j'ai rapporté les échantillons étudiés ici.
Les enclaves du Bocksberg et de Rengersfeld consistent en schistes signalés page 165, en sanidinites qui seront passées en revue dans la seconde partie de ce travail et enfin en schistes feldspathiques qui nous intéressent spécialement pour l'instant.
Gomme ces derniers présentent les mêmes particularités dans les deux gisements, je ne les séparerai pas dans cette étude.
Le type le plus commun est noir, schisteux, très micacé. A Tœil nu, on y distingue, par places, de Fandalousite et de la sillimanite.
Au microscope, ces enclaves se montrent généralement composées de feldspath triclinique grenu, en plages variant de 0"" 5 à 0""* 01, de biotite et de magnétite, incluse aussi bien dans le mica que dans le feldspath. Elles sont en général rendues schisteuses ou rubanées par Torientation du mica. Les différentes zones de la roche se distinguent souvent par Tinégale dimension des feldspaths constituants. La biotite est remarquablement fraîche ; elle est englobée par le feldspath ou Tentoure elle-même. La roche est holocristalline, mais ses feldspaths ne sont pas automorphes. Il n'en est cependant pas toujours ainsi. Souvent en effet, il existe un petit résidu vitreux et chaque
cristal de feldspath possède alors des formes nettes, rectangulaires et raccourcies qui donnent à Tenclave un faciès des plus caractéristiques (PI. IV, fig. 2 et 6).
La composition minéralogique se complique par lapparition de Tandalousite pouvant atteindre 2 ou 3*°"°; elle est soit seule, soit associée à axes parallèles à de grands cristaux de sillimanite (PI. IV, fig. 10). Ce dernier minéral existe aussi en touffes de fines aiguilles {fibroliie).
Les deux silicates d'alumine sont toujours accompagnés de spinelle vert en octaèdres simples ou maclés suivant la loi ordinaire. Ces spinelles pénètrent souvent dans tous leurs interstices, les entourent de toute part (PI. IV, fig. 2 et 6).
Parfois on voit apparaître au milieu du spinelle, du corindon bleu en gros cristaux ^(1011), a^ (0001), très aplatis suivant la base. Mais ce minéral est surtout abondant quand Tandalousite a complètement disparu. On observe alors (PI. IV, fig. 2 et 6) de grands squelettes, jalonnés par le spinelle, affectant la forme prismatique de Tandalousite, avec des sections transversales à angles voisins de 90^. Localement, les spinelles disparaissent, et c*est alors, qu'au centre de la pseudomorphose, s'observent de gros cristaux de corindon bleu atteignant parfois 1*°"* 5 de plus grande dimension. M. K. Vogelsang a insisté sur les inclusions liquides à bulle d'acide carbonique et sur les inclusions vitreuses que présente ce minéral. Le corindon englobe le spinelle ; on trouve parfois des cristaux mixtes des deux minéraux. Nous nous trouvons ici en présence de pseudomorphoses analogues à celles que j'ai étudiées plus haut à Fontenille, au Lioran, etc. (fig. 14.)
Le rutile est très abondant en petites aiguilles jaunes, très biréfringentes.
A ces éléments viennent s'adjoindre le zircon, le grenat almandin : la cordiérite parfois domine ou existe seule.
Elle est violette et présente les mêmes particularités de structure et de forme qu'au Capucin. Ses cristaux à formes rectangulaires sont pressés les uns contre les autres (PI. IV, fig. 1), offrant quelquefois les altérations micacées de la cordiérite des roches anciennes (PI. IV, fig. 5). Cette cordiérite renferme des inclusions de sillimanite, des inclusions vitreuses et des spinellides. Ses cristaux sont entourés soit par un verre gris jaunâtre, soit par du feldspath triclinique. Dans Tun et dans Tautre, s'observent en grande quantité de petites fibres de sillimanite, du spinelle vert, et souvent de la biotite transformée en hypersthène vert foncé très pléochroïque.
Au contact de ces enclaves, il se développe souvent dans Tandésite de très nombreux cristaux d'hypersthène qui manquent dans Tandésite normale.
Par places enfin, le feldspath, au lieu de cristalliser sous forme de grandes plages ou de cristaux en trémies, constitue des sphérolites à croix noire.
L'interprétation de ces enclaves me parait facile, si Ton tient compte des faits établis dans les gisements précédents.
J'y vois des restes de roches anciennes (probablement gneiss à cordiérite) en partie transformées par le magma andésitique. Telle est du reste, comme nous Tavons vu, Topinion de M. K. Vogelsang : pour ce savant, en effet, la totalité des éléments rares sont anciens ; le spinelle seul (et en partie seulement) étant de formation récente.
L'andalousitc, la sillimanite, la cordiérite, le zircon et le grenat me semblent les seuls minéraux primaires. Tous les autres me paraissent récents. J'ai fait voir dans les enclaves du Plateau Central comment les cristaux d'iindalousite pouvaient se transformer en un mélange de spinelle et de corindon englobés par du feldspath. Au Bocksberg et à Rengersfeld le corindon se trouve exclu-
siTement dans les grands squelettes à forme d'andalousite. Il est, comme nous l'avons vu plus haut, d'autant plus abondant que les restes de Tandalousite sont plus rares ; les très grands cristaux ne s'observent que lorsque ce dernier minéral a complètement disparu. Ce corindon est évidemment contemporain du spinelle et du rutile secondaire, puisqu'il les englobe et qu'il est moulé par eux^
Je n'ai observé que des traces de feldspaths anciens. Nous avons vu au Capucin les diverses étapes de ces trans* formations, effectuées lentement et sans que le rubanement initial de Tenclave se soit modifié. Ici, les transformations sont plus intenses, de telle sorte que l'on n'en observe que leur résultat final.
II existe du reste dans ces gisements des enclaves similaires renfermant du quartz et des quartzites. Ces roches, nettement anciennes, sont en voie de transformation ; on y voit se développer du feldspath et de l'hypersthène au contact avec l'andésite : ce dernier minéral qui n'est pas signalé par M. Vogelsang est assez abondant dans mes échantillons.
Les enclaves contenant beaucoup de cordiérite sont, elles aussi, remarquablement identiques à celles du Capucin. L'abondance de l'hypersthène vert foncé semble indiquer que la roche initiale était riche en biotite. Cet hypersthène possède les propriétés de celui qui se forme au Capucin et au lac de Laach aux dépens du mica noir des enclaves.
L'existence des sphérolites feldspathiques semble aussi indiquer que, dans les enclaves qui les présentent, l'action chimique de l'andésite a été moindre que dans le cas le
1. M. Vogelsang a également observé cet enchevôtrement du corindon et du spinelle et l'a rapproché d'un fait similaire signalé par M. Koch dans des enclaves des kersantites de TUnterharz. (Jabrb. d. kùnigl. preuss. geol. Landesanstbalt, 1886, p. 75.)
plus général. Le magma fondu était alors trop acide pour former des cristaux nets de feldspath.
Par la nature de leur feldspath, ces enclaves se rapprochent plus des roches à apparence de kersantites que j*ai décrites au Capucin, que du type le plus abondant dans ce dernier gisement où le feldspath récent est surtout de Torthose. Ce fait s'explique facilement par la difféi^nce décomposition du magma volcanique englobant, irachyte à sanidine au Capucin, andésite k labrador dans l'Eifel.
M. Vogelsang a chauffé des gneiss à cordiérite, sillimanite et grenat dans une andésite fondue : il a vu que le pleochroïsme de la cordiérite était avivé ; il se forme dans ce minéral, ainsi que dans le quartz des inclusions vitreuses; enfin, dans la roche se développent de nombreux octaèdres de spinelle vert. La sillimanite et le grenat sont les deux éléments qui résistent le plus longtemps à l'action du magma fondu.
Siebengebirge. Les trachy tes à sanidine du Drachenfels, des environs de Margareth Kreuz, du Perlenhardt, etc. eihs andésites à hornblende de Wolkenburg sont connus depuis longtemps pour leurs enclaves schisteuses^ qui offrent une grande analogie avec celles de TEifel.
M. Pohiig a fait une étude spéciale^ des enclaves du Perlenhardt et de divers autres gisements de la même région.
J*ai recueilli moi-même les échantillons que j'ai étudiés : les types dominants sont les mêmes que dans l'Eifel, il est inutile d'en refaire une description détaillée. Les enclaves à grands éléments y sont très fréquentes; on