‹ Les enclaves des roches volcaniquesChapitre 6 sur 206 · Bull. lerv. carte géoi. France, n- 28. t. HI, 189Î · texte numérisé non relu

Bull. lerv. carte géoi. France, n- 28. t. HI, 189Î

2. C.R., lî mai 1890 at B»U. Soe. géot., 3- série, XVIII, 7Î5, 1889, 18».

basiques comme dans les basaltes ; la couronne périphérique d'augite est mince, les microlites pyroxéniques sont souvent directement appliqués contre le quartz. Parfois ce dernier est fissuré et rempli alors de traînées feldspathiques confusément cristallines et renfermant des houppes ou flammèches desillimanite. Le quartz est riche en inclusions gazeuses, et liquides à bulle mobile. Ces dernières sont dues au remplissage par des liquides des Inclusions gazeuses formées au moment de Tengiobement du quartz par le magma andésitique. Elles diffèrent des inclusions liquides habituelles du quartz par leur extraordinaire abondance, leur distribution sans ordre dans le minéral ; elles sont du reste identiques à celles que nous étudierons dans les enclaves d'orthose où elles se sont produites dans des conditions identiques.

Les andésites du Pariou renferment fréquemment des enclaves granitiques se comportant comme celles de Volvic. J'ai recueilli au col des Goules, sur le bord de la route, des fragments d'andésite criblés de grains de quartz et de feldspatbs. Dans ces derniers, les inclusions gazeuses et liquides à bulle mobile sont extraordinairement abondantes. Dans quelques échantillons, ces fragments étrangers sont tellement nombreux qu'ils semblent constituer un élément porphyrique de la roche.

Haute-Loire. Les andésites augitiques à hornblende (résorbée) des environs du Puy sont bien connues pour leurs enclaves dezircon ; elles renferment aussi des enclaves microscopiques de quartz qui se comportent comme celles des basaltes.

Il en est de même de celles que Ton trouve dans les andésites augitiques du Moulin-Beraud , à l'est de Monastier. Dans un échantillon que m'a communiqué M. Boule, la double couronne est fréquente autour du quartz. Par

places, on observe des enclaves entièrotnent résorbées; le pyroxëne forme des paquets noyés dans un verre riche en microlites feldspath iques (peu ou pas maclés suivant la loi de Talbite), parfois disposés en gerbes ou eu sphérolites. On constate l'existence de beaucoup de lamelles d'ilménite. Il est possible que ce feldspath soit dû à l'introduction d'un peu de verre andésitique dans le produit de la fusion du quartz. Peut-âtre aussi Tenclave résorbée était-elle en partie feldspathique.

Proyenoe. — Le basalte d'OIlioules contient dos enclaves de quartz présentant les modifications habituelles.

Vosges. — M. Vélain m'a remis des échantillons de grès triasiques, englobés dans la néphélinite d^Ëssey-Ia- Côte (Vosges), ils sont partiellement fondus et leur verre renferme des microlites d*augite au voisinage de la roche éruptive. Les enclaves de ce gisement sont d'une étude difBcile à cause de leur profonde zéolilisation.

Le basalte de Reichshofen, la limburgite de Beichenweier (Alsace) renferment des enclaves de quartz, plus ou moins fondues en un verre tachylitique vert ou brun, contenant des cristaux d'augite. M. G. Linck^ a trouvé en outre dans le dernier de ces gisements des enclaves de schistes et de calcaires.

Kaisérstuhl. — La limburgite de Limburgprës Saspach, les téphrites et \Q&néphélinites([\i\ les accompagnent et celles des divers autres gisements du Kaiserstuhl renferment fréquemment des enclaves de quartz, entourées de la zone de verre et de microlites d'augite. Dans la limbur^ gite^ cette zone vitreuse est incolore et se distingue très nettement du verre brun foncé de la roche englobante.

1. MiUheih d. Commission GeoL Landesuntersuch. von Elsass-' Lothringen, Bd., I, 51-62, 1887.

Finisse rhénane. — Eifel. Les Maare de TEifel !

renferment en quantité considérable des blocs projetés de roches quartzifëres dévoniennes (grès, schistes argiloquarzeux, etc.), parfois englobés dans des fragments de '

roches volcaniques.

Les modifications des roches exclusivement quartzeuses de cette région ne présentent rien de bien spécial. Citons seulement ici Texistence d'enclaves de quartz dans une lev^itite à olivine et hornblende de la Pulver Maar, pràs Gillenfeld, dans lesquelles la zone périphérique est constituée, non par du verre, mais par de la tridymite^ en lamelles imbriquées : çà et là, on trouve au milieu déciles des grains clairsemés d'augite.

Régioîi du lac de Laach. Les roches volcaniques basiques du lac de Laach sont très riches en enclaves variées qui seront étudiées dans les divers paragraphes de ce chapitre. Je ne m'occuperai ici que des enclaves exclusivement quartzeuses.

Les coulées les plus riches en enclaves sont celles qui descendent du BcUenberg d'Ettringen et du Gottenheimer Bûden, et particulièrement celle du Winfeld, au nord du cratère et celle qui va k Touest et qui est traversée par la route d'Ettringen à Mayen. Aux environs de la ville de Mayen, à Winfeld, Ettringen, Hochsimmer et Niedermendig, de grandes carrières sont ouvertes dans la lave poreuse, exploitée comme pierre à meules : ces enclaves peuvent y être ramassées par milliers.

J'ai recueilli moi-même, en i 89 1 , un très grand nombre d'échantillons dans ces divers gisements. Je dois à l'obligeance de MM. Lehmann et Rosenbuch une série d'échantillons provenant de ces mêmes localités.

La lave de Mayen, Niedermendig, etc., est noire, poreuse ; elle constitue une andésite augitique. Elle est en

effet formée par un magma microlitique très riche en magnétite et augile et contenant un feldspath trictinique s'éteignant sous de petits angles dans la zone de symétrie. Les grands cristaux du stade intratellurique sont constitués par de Taugite très zonée (souvent verte au centre et d'un brun violacé à la périphérie), de grands cristaux de hornblende résorbés et remplacés par des produits ferrugineux, de Tapatite, etc. L'olivine est rare dans les échantillons que j'ai étudiés. Par places, il existe en outre de la népheline ou de la leucite, la roche est alors une téphrite ou une leitcotéphrite.

Depuis longtemps les enclaves de ces gisements ont appelé Tattention des géologues S mais c'est à M. J. Lehmann ^ que l'on doit la connaissance des remarquables phénomènes de recristallisation qui accompagnent la destruction de ces enclaves et notamment la formation à leurs dépens de quartz, de pyroxène, de tridymite qui tapissent les cavités formées par la résorption des enclaves.

M. Lehmann a fait voir en outre que plus on s'éloigne du point d^origine des coulées, moins les enclaves deviennent nombreuses et plus elles sont modifiées par la fusion: loin du point de sortie de la lave les enclaves de quartz seules subsistent. Cette observation n'est pas particulière aux gisements rhénans, elle est générale ; les causes de ce fait sautent assez aux yeux pour qu'il soit inutile d'insister davantage.

La nature des enclaves de cette région et les modifications qu'elles présentent étant, en général, les mêmes, quelle que soit la localité où on les recueille, dans les divers

1. Von Dechen, Laacher See, 1864. — Ë. Mitscherlicb, Kônigl. Akad. der Wissens. tu Berlin^ herausgegeben von J. Roth, 1865. — Wolf, Zeitsckr. d. d. geol. Gesells. Bd., XIX, 1867.

2. Lehmann, Verh. d. natur. Vereins d. pr. Rheinlande und Westfalens. Bonn, 1874 et 1877.

chapitres de ce travail, j'étudierai successivemeal toutes les enclaves que j'ai eues à ina disposition sans les sépa*> rer par ordre de gisement.

Les enclaves exclusivement quartzeuzes de cette région consistent en quartzites dévoniens, ou en fragments de quartz provenant de la destruction de roches granitiques ou gneissiques.

Quand le quartz est en enclaves microscopiques, on observe autour de lui les auréoles de verre et de pyroxène. Quand, au contraire, les enclaves sont de grande taille, elles sont souvent séparées de la roche volcanique [)ar des cavités formées par la dilatation des gaz contenus dans Tenclave ou par la résorption partielle de celle-ci.

Le quartz est généralement fritte, ses inclusions liquides sont souvent vidées : on observe, en outre, tous les degrés possibles dans sa fusion.

Les parois des cavités sont tapissées de jolis cristaux d'augile verte (porricine), associés à des lamelles de tridymite et parfois aussi (Mayen, Niedermendig) à des cristaux de quartz que nous trouverons en grande abondance, formés aux dépens des enclaves quartzofeldspathiques.

Ce quartz, décrit pour la première fois par M. J. Lehmann^ forme des cristaux très nets, dans lesquels on observe les faces e*(10T0),;?(10Îl),e*'^ (Olll), 6^(3032), e*'^ (0332), e* (0221), e^ (2021) : ils sont transparents, incolores et intimement associés au pyroxène, le recouvrant, l'englobant ; ils sont aussi recouverts par lui ou par des gouttelettes de verre.

A ce propos, je ferai remarquer que les faces e® (3032), e*'^ (0332), très rares dans le quartz, ont été récemment décrites par M. Penfield dans les lithophyses des rhyolites

l. Op, cit.

du Glade Creek (Wyoming) et dans celle du Yellowslone Park. Il esi inléressant de voir ces faces se reproduire dans trois gisements aussi éloignés les uns des autres et dans des conditions de ciistallisation un peu comparables.

La tridymite offre les formes, les macles et toutes les propriétés habituelles à cette espèce minérale.

Quant à la ckristobaliie^ je l'ai découverte dans un seul échantillon provenant de Mayen. Un fragment de quartz ayant la taille d un petit pois est entouré d'une délicate coquille, constituée par des aiguilles de pyroxène entrelacées : elle supporte les petits octaèdres de christobalite. Leui*s faces sont creuses, leurs angles arrondis. Ces cristaux, d'un blanc laiteux, sont opaques , mais ils deviennent transparents par immersion dans le baume du Canada. Il est facile alors d'observer leurs propriétés optiques.

Elles sont identiques à celles que M. Mallard a décrite»^ pour la christobalite du Mexique. J'ai examiné comparativement les cristaux de deux gisements^.

Sur les faces de l'octaèdre, on observe la division en trois secteurs, brouillés à leur jonction ; le centre de la plage est obscur. Chaque section triangulaire s'éteint suivant la bissectrice de l'angle des facea extérieures ; la trace de cette bissectrice est négative.

Dans les sections perpendiculaires à l'axe quaternaire, la disposition en secteurs est moins nette. On aperçoit des enchevêtrements de Gnes lamelles. Dans les sections les moins biréfringentes, presque toujours éteintes en lumière parallèle, on constate en lumière convergente que la plaque est perpendiculaire à une bissectrice négative avec écartement d'axes variable, mais pouvant atteindre 40® (2 E). Ces faits vérifient Topinion de M. Mallard sur le

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