‹ Les enclaves des roches volcaniquesChapitre 62 sur 206 · Santorin et ses éruptions, Paris, 1878, p · texte numérisé non relu

Santorin et ses éruptions, Paris, 1878, p

perlite qu'il a recueillie dans la falaise de Balos à Àcrotiri (Saatorin). Parmi les échantillons de ce gisement qui n'ont pas été étudiés par mon savant maître, s'en trouve un qui a particulièrement appelé mon attention. Il a la grosseur du poing; il est formé par une partie noire violacée, entourée par la perlite blanche, différant du type normal de la perlite de Balos par sa richesse en biotite.

Au microscope, on voit que la perlite blanche est constituée en grande partie par un verre incolore, à cassures perlitiques, extrêmement riche en trichites et en cristallites de pyrozëne; on remarque en outre de nombreux grands cristaux d'augite, de biotite, et plus rarement d'hypersthëne. Ces minéraux se groupent souvent en rosettes.

Quant à la partie noire, elle semble constituer une enclave de gneiss à cordiérite.

Elle est composée surtout de cordiérite, englobée par de l'orthose et du quartz. La cordiérite est d'un beau bleu : elle est identique à celle de Pailloux comme forme et comme pléochrolsme. Elle renferme une quantité prodigieuse d'inclusions de magnétite, d'inclusions vitreuses à bulle ; les macles prismatiques sont fréquentes. Elle est accompagnée d'andalousite rose pâle, pléochroïque et de petites baguettes de sillimanite. Le quartz est riche en inclusions vitreuses et gazeuses. Quant à l'orthose en grandes plages moulant tous les autres éléments, elle est remarquablement limpide et il est probable que, comme au Capucin, elle est de formation récente : elle est le produit de la recristallisation du feldspath primordial de Tenclave. Dans tous les cas, par places, on perçoit les formes nettes de ses contours. En lumière convergente, les sections perpendiculaires à la foisàp(OOi)et à^*(010) montrent une croix noire à peine disloquée avec signe négatif comme dans les

orthoses chauffées. Il existe aussi un peu de biotite primaire, riche en inclusions de magnétite formée à ses dépens.

Quand on quitte le centre de Tenclave pour se rapprocher de la perlite, on voit Tenclave se disloquer, le feldspath disparaître; seuls, la cordiérite et les silicates d'alumine restent intacts; le quartz fond en partie et forme des cristaux arrondis, creusés de cavités à la façon des quartz anciens des porphyres. Tous ces minéraux sont noyés dans un verre ne présentant pas de cassures perlitiques, mais montrant une fluidalité très nette; on constate que ce verre devait être extrêmement visqueux ; il renferme une quantité considérable de corpuscules ferrugineux alors que les cristallites pyroxéniques sont plus rares que dans la perlite normale.

Puis, plus loin, on voit apparaître les grands cristaux indigènes de la perlite qui se mélangent aux débris étrangers en même temps que le verre devient plus fluide, moins riche eu produits ferrugineux. Cette zone conduit par étapes insensibles à la roche normale à cassures perlitiques.

J*ai trouvé des enclaves microscopiques de cordiérite (avec inclusions de spinelle), de grenat almandin rose dans une andésite à hypersthène de l'éruption de 1866, ces minéraux sont entourés de feldspaths tricliniques et de pyroxènes (augite et hypersthène).

Toutes ces enclaves ont une mémo origine, ce sont dos fragments de gneiss ou de granulite à cordiérite en voie de résorption. Il faut remarquer que des roches de ce genre sont inconnues en place à Santorin. L'étude des enclaves de roches volcaniques nous a du reste habitués aux faits de ce genre.

J'ai également observé une petite enclave assez curieuse

dans un échantillon d'andésite à hornblende d' Acrotiri ; elle a la forme d'un ellipsoïde aplati dont le grand axe a environ 4 millimètres; elle est constituée par du feldspath ti*iclinique, de la biotite et de Thypersthëne. Elle est grossièrement zonée; la partie centrale est très riche en petites lamelles de biotite qui deviennent plus clairsemées dans la zone suivante; là Thyperathène domine en très petites baguettes, mélangées à du feldspath qui existe presque seul à la périphérie. Au contact avec l'andésite, on observe de gros cristaux d'hyperslhène moulant le feldspath. Ce dernier minéral constitue de petits solides rectangulaires presque également développés dans tous les sens, leur partie centrale est riche en inclusions vitreuses; leurs formes sont très accusées, grâce à Texistence d'un peu de matière vitreuse.

La structure régulièrement concentrique de cette enclave et tout dans sa manière d'être indiquent qu'elle s'est formée sur place et, selon toute vraisemblance, au moment de la consolidation de la roche qui l'englobe. Son feldspath est beaucoup plus basique que celui de l'andésite; celle-ci ne contient nihypersthène, ni mica. De plus, la structure des feldspaths rappelle tout à fait celle que j'ai déjà décrite dans les enclaves quartzofeldspathiques de plusieurs gisements; aussi me semble-t-il probable que nous nous trouvons ici en présence d'un fragment de roche ancienne, entièrement transformée. On a vu plus haut qu'il n'est pas rare de trouver dans des andésites du Plateau Central de la France de petits nodules analogues à ceux qui viennent d'être décrits.

nés éoliennes. — Lipari. J'ai trouvé^ des enclaves microscopiques dans une andésite Injpersthénique très

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