‹ Les enclaves des roches volcaniquesChapitre 64 sur 206 · BolL Soc. geoL iialian., X · texte numérisé non relu

BolL Soc. geoL iialian., X

Toutes CCS enclaves sont feldspathiques et riches en graphite. Elles renferment de la cordiérite, accompagnée dans quelques-unes d*entre elles de sillimanite^ d'andaloiisitet de disthène et de grenat.

Elles sont toutes plus ou moins riches en spinelle et eu biotite. Elles peuvent être rapportées à deux types.

L'un est formé par des roches à grands éléments d*orthose, souvent maclée suivant la loi de Garlsbad, accompagnée de biotite (englobée par le feldspath ou le moulant), de spinelle vert foncé ou violet, et de graphite. Il existe souvent en outre des cristaux automorphes de feldspath triclinique et de Thypersthëne postérieur aux feldspaths. Assez rarement la roche est miarolitique, les vides sont remplis par un peu de verre contenant des microlites filiformes de feldspaths orientés sur les cristaux qui font saillie dans les cavités.

Quand les grandes plages d'orthose diminuent, la proportion en feldspath triclinique au contraire augmente et Ton est ainsi conduit au deuxième type, plus ou moins finement grenu. Quelques variétés sont presque entièrement constituées par de petits cristaux parallélipipédiques de feldspath triclinique, moulés par du graphite et de la biotite ou par du verre.

Ces deux types pétrographiques peuvent coexister dans un môme échantillon : on y reconnaît les deux variétés de roches que nous avons rencontrées dans de semblables conditions dans le Plateau Central de la France.

Quelques échantillons renferment de grands cristaux de cordiérite disposés par lits alternant avec des lits feldspathiques, de grands cristaux de grenat almandin (Poggio Pinzi, au N. de Bagnore), à'andalousite^ de sillimanite ou de disthène (Torre gialla près Castel del Piano). Les cristaux de ces trois derniers minéraux présentent parfois

plusieurs millimèti^es de longueur. Je dois à Tobligeance de M. de Stefani, deux échantillons provenant de Gastel del Piano dans lesquels la sillimanite constitue des cristaux atteignant 2^ de longueur sur 0 "^ 5 de largeur.

Les cristaux de ces trois silicates d'alumine se trans* forment très fréquemment à leur périphérie en spinelie, généralement accompagné de feldspaths, finement grenus. Enfin, dans quelques échantillons, la transformation est complète et il ne reste plus que le moule du minéral ancien, rempli soit par un verre jaunâtre, riche en octaèdres de spinelle vert, soit par un mélange très finement cristallin de spinelle et de feldspath. Le grenat se trouve parfois décapé, comme au Capucin, en grains arrondis au milieu de petites géodes tapissées de lamelles de graphite et de cristaux d'orthose récente, colorés en noir par ce dernier minéral.

Il y a lieu de siter en terminant deux échantillons difiërant de ces divers types. L'un est extrêmement riche en cordiérite et en andalousite cristallitique, englobés dans de petites plages irrégulières d'orthose ; il rappelle le type du Siebeugebirge représenté par les ûg, ? et 7 de la pi. IV.

L'autre est constitué par dos cristaux prismatiques de cordiérite, présentant les macles habituelles et atteignant 0™°* 5 de longueur; ils ont souvent un centre graphiteux et sont distribués sans ordre dans du graphite ; le fond de la roche est feldspathique et contient des aiguilles de rutile, accompagnées de cristaux excessivement petits de spinelle.

Dans toutes ces enclaves, la cordiérite se distingue souvent en lumière naturelle, car elle fixe sur sa périphérie un léger pigment ferrugineux.

Bien que je n'aie pu trouver les passages entre ces enclaves très modifiées et les deux échantillons qui ont été décrits page 167, je n'hésite pas à leur attribuer une

même origine ancienne. La cordiérite que Ton observe parfois dans ces enclaves, noyée dans un peu de verre, est souvent brisée ou présente des formes étrangement contournées qui s'expliquent facilement, si l'on observe les quartzites auxquels il vient d'être fait allusion et dans lesquels la cordiérite moule des grains de quartz aux formes irrégulières. Il en est de même pour le grenat qui est fréquemment fondu.

Quant aux pseudomorphoses d'andalousite et de sillimanite, les exemples signalés déjà dans d'autres gisements nous les expliquent suffisamment. Ici, il est curieux de constater que la sillimanite forme des cristaux dont la taille est rarement atteinte dans les gisements où ce minéral est connu en place. Il n'est pas très étonnant de voir le disthène modifié de la même façon que les deux autres silicates d'alumine, puisque dans les roches anciennes, il s'altère d'une manière identique, donnant ainsi naissance aux mêmes produits micacés.

Monts Euganéens. — Dans un voyage que j'ai fait en mars 18U3, aux Monts Euganéens, j'ai recueilli de nombreuses enclaves dans la première carrière de trcxhyte à bioiiie que l'on trouve à gauche de la route allant de Padoue à Teolo, non loin du hameau de Monterosso.

Je tiens à remercier ici M. le professeur Omboni qui m'a fourni de très utiles indications pour l'étude de cette intéressante région volcanique.

Ces enclaves présentent l'analogie la plus frappante avec celles du Cantal, de l'Eifel et du Siebengebirge. On peut les diviser en deux catégories, passant du reste de l'une à l'autre.

La première constitue une roche compacte, d'un noir bleuâtre, parfois rubanée. Au microscope, on constate qu'elle ne contient pour ainsi dire pas trace de mica : elle

est formée de lits, alternativement riches en feldspatbs, en cordiérite et en andalousUe.

La cordiérite est bleue et très pléochroïque ; randalou*site est souvent rose et très pléochroïque ; elle se présente soit en grands cristaux atteignant 3 ^^^ soit en petits agrégats cristaUitigues ; ces deux minéraux sont criblés d'inclusions vitreuses avec ou sans bulle, avec ou sans grains de spinelle ; Tandalousite est antérieure à la cordiérite ; elle englobe parfois des grains de corindon bleu. Le feldspath est postérieur à ces deux minéraux et dans les zones feldspathiques, on constate parfois des formes cristallines nettes, grâce à un léger résidu de matière vitreuse, riche en tridymlte. Les feldspaths contiennent souvent, comme les deux minéraux précédents, de fines aiguilles de silli< manite, ainsi que des inclusions vitreuses.

Dans quelques échantillons, le feldspath (orthose] n'a pas de formes nettes, mais constitue des plages dentelées et irrégulières ; dans d'autres, il existe une quantité prodigieuse de spinellides, semblant indiquer que la roche primordiale était riche en biotite.

Ces enclaves rappellent beaucoup les dernières enclaves du Siebengebirge auxquelles il vient d'ôtre fait allusion au sujet de Tun des types exceptionnels du M'* Amiata.

La deuxième catégorie, au contraire, se rapproche davantage du type dominant de TEifel. Elle est riche en mica : la roche, souvent schisteuse, a parfois l'apparence d une kersantite. La grosseur des grains de feldspath varie de 0"" 5 à 0"° 01, même dans une môme préparation mince. La cordiérite est plus rare et Tandalousite est souvent plus ou moins transformée en agrégats de spinelle et de corindon. Ces enclaves sont beaucoup plus feldspathiques que les premières (l'orthose est le feldspath dominant) et fréquemment, elles ne renferment que du feldspath, de la biotite et des spinellides.

Quand ces enclaves sont schisteuses ou rubanées, les diverses zones qui les constituent s'arrêtent brusquement à leur contact avec le trachyte; parfois cependant, l'enclave est séparée de cette dernière roche par une enveloppe continue de spinellides dont l'épaisseur ne dépasse jamais quelques dixièmes de millimètres.

J*ai trouvé des enclaves analogues dans les trachytes à biotite de Zovon dont les cavités renferment les énormes cristaux bien connus de tridymite pseudomorphosée en quartz.

C'est à cette même catégorie d'enclaves qu'il y a lieu de rattacher deux échantillons, ayant l'aspect extérieur d'un gneiss très schisteux, que j'ai recueillis dans la grande carrière de Irachyie à biotite, exploitée dans la ville même de Monselice. La biotite y est très abondante ; elle paraît être en partie ancienne ; elle est alors criblée d'octaèdres de spinellides : les feldspaths sont constitués par de l'oligoclase et de l'orthose ; le feldspath régénéré est exclusivement de l'orthose. La roche est riche en sillimanite formant des lits épais d'aiguilles enchevêtrées (fibrolite) au milieu desquelles se développent des spinelles vert foncé, parfois opaques et souvent creux. Lorsqu'un gros cristal de spinelle prend naissance au milieu d'une toufie de sillimanite, on voit ce cristal entouré d'une zone claire de feldspath. Le corindon bleu et le rutile accompagnent parfois le spinelle.

Andalousie. — Les environs du cap de Gates (Hoyazo) sont célèbres comme gisement de cordiérite et de grenat dans les andésites à hypersthèneK Je dois à l'obligeance de M. Quiroga quelques échantillons d'enclaves de gneiss

1. GaideroQ y Arania. Bol. de la Comision del Mapa Geologica de Espânas, IX. 18S2

à cordiérite recueillis dans les andésites à hypersthène de Bahia de San Pedro près le cap de Gates.

Les gneiss très micacés sont constitués par de la biotite, de la cordiérite maclée, beaucoup de sillimanite, du quartz, du grenat rose en trapézoèdres a^ (21 i) très nets et enfin du feldspath triclinique.

Les modifications sont peu intenses ; elles consistent en fusion partielle de labiotite avec formation de spinelle, en développement d'inclusions vitreuses très abondantes (avec grains de magnétite) dans le feldspath et parfois la cordiérite. Ces éléments se retrouvent aussi épars dans Tandésite. M. Osann a étudié les roches de ce gisement' et leurs enclaves. D'après lui, Tandésite renferme de grands cristaux d*hypersthène, de biotite^ d'augîte et de hornblende; ces éléments sont englobés par un verre très abondant renfermant des microlites d'oligoclase et d'hypersthène. Indépendamment des enclaves de cordiérite, de gneiss, etc., signalées plus haut, le même auteur a observé Tezistence de microlites de cordiérite, formés dans la pâte de Tandésite et n*ayantpas, par suite, une origine étrangère comme les grands cristaux du même minéral que Ton observe simultanément dans la même roche. Il suppose que ces microlites de cordiérite sont le résultat de la recristallisation des enclaves fondues et mélangées au verre volcanique.

Murcie. — M. Osann a trouvé^ des enclaves de gneiss à cordiérite dans la dacite de Mazarron ; il a rencontré en outre dans les andésites à biotite de Bambla del Ësparto des enclaves grenues parfois miarolitiques, contenant outre des feldspaths tricliniques et de la biotite, de la cordiérite, de la sillimanite, de Tandalousite, du corindon, du grenat,

Page 1