‹ Les enclaves des roches volcaniquesChapitre 70 sur 206 · Neues Jahrb. 1885, II · texte numérisé non relu

Neues Jahrb. 1885, II

3. Steiamaaa u. Graeff. Geol. Fûhrer der Umgebung von Freiburg^ 1890, 110. Dans un mémoire publié depuis la rédaction de cette étude, M. Graeff se livre à une intéressante dissertation sur la nature de ces enclaves (Mitheil. Grossh. Badisck, geol. Landesanstalt^ II, Bd. XIV, 449, 1892). Ses conclusions sont basées sur l'examen des modifications observées dans les enclaves du Rippachthal qui seront étudiées plus loin. M. Graelf attribue à des gneiss à grenat et à sillimanite une enclave recueillie par M. Koopp (Ber. XXI. Vers. Oberrh. geol . Ver. Oberschaffhausen 1888) dans un filon de phonolite de Badberg, près Oberbergen, et d'autres provenant de Bischoffingen et considérées comme des trachytes granitoïdes par Fischer {Ber. Verh. nat. Gesell. freiburg^ II, 407, 1862) et comme des sanidinites par Nies ( Geogn. Skizze des Kaiserstuhlsgebirges, Inaugural Disserlation^ Heidelberg, 1862.)

mes échantillons : Quelques-uns d*entre eux présentent une analogie frappante avec les gneiss entièrement modifiés du Plateau Central de la France. La roche est formée de lits d'orthose, plus ou moins finement grenue, séparés par des lits de biotite. Le feldspath a parfois des formes nettes. Çà et là, on aperçoit des filonnels dans lesquels il s'allonge et dans lesquels apparaissent de Tœgyrine et de la mésotype, qui sont sans doute les témoins de Tinjection admise par M. Hussak.

Le plus souvent, une partie notable de l'enclave est transformée en zéolitcs (principalement mésotype et un peu de thomsonite), qu'accompagnent souvent de Tœgynne et de la wollastonite. Plus rarement/ la roche est formée par une trame de biotite dentelliforme, de sillimanite fibreuse (fibrolUejy d'octaèdres verts de spinelle et de corindon. Tous ces éléments sont englobés par très peu de feldspaths et beaucoup de zéolites. La plupart de ces minéraux, sinon tous, me paraissent des produits de recristallisation.

Dans plusieurs de ces enclaves, j'ai retrouvé des fragments anciens d'orthose, corrodés à la façon de ceux de Valette. L'analogie des échantillons des deux gisements permet de conclure très raisonnablement à leur identité d'origine, mais il semble qu'à Oberschafifhauscn, les transformation? soient beaucoup plus intenses.

L'étude d'un grand nombre d'échantillons permettra, sans aucun doute, de retracer pas à pas la marche de ces transformations, comme j'ai pu le faire dans quelques-uns des gisements étudiés dans ce mémoire ^

La phonolile d'Endhalde, dans le Rippachthal près

1. A la fin du paragraphe consacré dans son travail à ces enclaves d'OberschafThausen. M. Graeiï annonce qu*il se réserve de revenir ultérieurement sur cette question : il faut espt^rer qu'elle se trouvera ainsi bientôt résolue.

Eichstetten, renferme également d'abondantes enclaves quartzofeldspathiques parmi lesquelles domine le granité. Elles ont été signalées par M. Graeff et c'est ce savant qui m*a conduit à leur gisement ^

Ce granité est à grains fins, composé d'orthose, d'oligoclase, de quartz et de mica. Le quartz prend parfois une structure granulitique.

Les échantillons les plus modifiés que j'ai eus entre les mains ne renfermaient plus à l'état intact que le quartz et des fragments de grandes plages de feldspath fendillées et disloquées. Ces dernières semblent fondre dans un magma de cristallisation nouvelle, formé soit de longs microlites d'oligoclase, parfois groupés en sphéroliles ou en éventails, soit d'un fouillis de petites plages d*orthose, rappelant la pâte de certains trachytes. Les grands microlites d'oligoclase sont ordinairement accompagnés d'un résidu vitreux qui souligne leurs formes; il s'y développe de rœgyrine vert foncé ; enfin de fines paillettes de biotite sont disséminées au milieu des feldspaths nouveaux. La biotite est épigénisée par du spinelle et de la magnétite. Ces enclaves sont en général plus ou moins imprégnées de calcite.

Un autre échantillon ofire un mode de transformation curieux. La roche au premier abord semble peu modifiée. Un examen attentif montre cependant que les feldspaths sont brisés et pénétrés de feldspaths récents; de plus, la périphérie des grandes plages feldspathiques a subi une fusion suivie de recristallisation avec orientation du feldspath récent sur le feldspath ancien. Les lamelles de

1. Geol. Fûhrer, op, 110, 1890. —Dans le nouveau mémoire cité à la note de la page précédente, M. Graeff décrit ces enclaves dans lesquelles il atrouvé, de lacordiériteen plus des éléments cités ci-dessus: il appelle Tattention sur la transformation du mica en spinelle, magnétite et sillimanite.

biotite récente permettent facilement de retrouver les feldspatbs récents. Fréquemment, ceux-ci recristallisent avec la forme en cassette, mais alors la matière vitreuse, régulièrement distribuée entre les clivages, est remplacée par du quartz qui se développe également en fines micropegmatites à Tintérieur des petits rectangles de feldspath. Pour expliquer cette appai-ence, il faut admettre soit que cette micropegmatite s'est produite directement, soit plus probablement qu'elle est le résultat de la quartziGcation de la matière vitreuse, englobée par le feldspath.

Quelques exemples de micropegmalites s'observent aussi dans les feldspaths en voie de fusion; le feldspath fond irrégulièrement, laissant des linéaments intacts. La micropegmatite semble se produire par la transformation en quartz du verre et la régularisation de ses contours a lieu, grâce à la cristallisation du même minéral.

Le mica est remplacé par des groupements de sillimanite. Souvent deux ou plusieurs squelettes de sillimanile s'encbevétrent, soit à 90**, soit sous des angles variables donnant naissance à une sorte de treillis. En tournant la préparation entre les niçois croisés on éteint successivement, les groupes d'aiguilles de sillimanite correspondant à une même orienlatioo.

IL — Enclaves de roches silicatées non qnartzifôres.

Résumé et oonoluslons. — De môme que les rorhes bnsaltoïdes, les roches trachytoïdes renferment parfois des enclaves de roches grenues non quartzifèrcs de composition minéralogique variée : elles n'ont pas généralement de relations génétiques avec la roche volcanique.

Je citerai à cet égard les diabases parfois un peu quarlziferes, englobées dans les andésites à hypersthène de

Santorin et du Krakaloa. Elles sont fortement frittées et leurs éléments blancs sont criblés de cavités à gaz, résultant de la baute température à laquelle elles ont été soumises pendant l'éruption.

L*ouralitisation du pyroxène, Tabondance de l'épidote et du quartz souvent associé à Tortbose sous forme de micropegmatite, ne laissent pas de doute sur Torigine de ces rocbes, du reste inconnues en place dans la région où elles ont été recueillies.

Les trachytes d'Aden renferment des roches plus basiques qui doivent sans doute être interprétées de la même façon. La hornblende qu'elles contiennent a été partiellement transformée en augite et magnétite.

Toutes les roches dont il vient d'être question proviennent de tufs de projection, ce qui explique qu'elles n'aient subi aucune modification chimique.

De même encore que les roches basaltoïdes, les roches trachytoïdes englobent souvent des fragments de roches volcaniques antérieures, roches qui peuvent être soit plus basiques, soit plus acides qu'elles.

Ces enclaves de roches volcaniques ont souvent subi dés phénomènes de métamorphisme et, à ce titre, nous devons les étudier ici, mais au seul point de vue des transformations qu'elles ont subies ^

11 eût été possible de multiplier beaucoup les exemples, j'ai cru pouvoir me limiter à Tétude des enclaves de ce genre, provenant des gisements du Plateau Central de la France, enclaves que j'ai plus particulièrement étudiées.

Dans divers points du Mont Dore (le Capucin, Riveaugrand, etc.), se rencontrent dans les trachytes à biotite et

1. En efTet, au point de vue de leur origine, ces enclaves appartiennent aux enclaves homœogènes dont l'étude constitue la deuxième partie de ce mémoire, c'est pourquoi elles ne nous occuperont ici qu*au point de vue de l'histoire du métamorphisme.

hornblende^ toute une série d'enclaves de composition minéralogique variée : [aiidésUes augUiques à grands éléments,^ passant à des diabases^ andésites augitiques et amphiboliqueSy andésites à hornblende, trachy andésites, trachytes augitiques à olivine^ etc.) Ces roches étaient souvent originellement huileuses, souvent aussi, elles ont été postérieurement à leur englohement, creusées de cavités de corrosion dans lesquelles se sont déposés de nomhreux minéraux drusiques bien cristallisés {augite, hypersthène, zircon^ hornblende, mica, fayalite, tridymite, oligiste, pseudobrookite^ etc.)

Il est assez intéressant de constater que dans ces enclaves le pyroxène récent dominant est Taugite, alors que dans les enclaves quartzeuses des mêmes gisements, c*est l'hypersthène qui se présente exclusivement.

La formation de tous ces minéraux doit être attribuée à Taction sur l'enclave de fluides alcalins, emprisonnés avec elle dans la roche volcanique : Tenclave a du reste fourni une partie des éléments nécessaires à cette production d'espèces cristallisées, car on constate que leur nature varie avec la composition minéralogique de Tenclave considérée; c*'est ainsi que dans un gisement donné, le même type pétrographique renferme toujours les mêmes minéraux métamorphiques.

Il y a lieu de faire remarquer l'analogie probable du mode de formation de ces minéraux avec celui des produits récents, développés par action de fumerolles dans et autour des blocs de laves anciennes de la Somma amenés au jour par l'éruption du Vésuve de 1872 (voir la note de la page 131).

Parfois, il se produit, en petit dans Tenclave (Riveau grand) ou à son contact avec les roches volcaniques (Roc de Guzeau), de véritables sanidinites, rappelant par leur

composition cbimique et leur structure les sànidinites de profondeur qui seront étudiées dans la deuxième partie de ce mémoire. On peut les comparer à celles qui s*observent dans les cavités des blocs calcaires de là Somma (voir plus loin) .

Je diviserai les enclaves étudiées dans ce paragraphe en deui groupes :

A. Roches grenues anciennes,

B. Roches volcaniques microlitiques,

A. Roches grenues anciennes.

Santorin. — M. Fouqué ^ a trouvé de nombreux blocs de diabase quartzifère dans les projections andésitiques du revers méridional de Théra (entre le cap Mavro et l'Obélisque], aux alentours du havre de Balos et à la base de la falaise de Thérasia dans Tile de Santorin.

Ce sont des roches anciennes, inconnues en place dans rile ; elles sont accompagnées de diverses roches et entre autres de fragments de schistes micacés identiques à ceux qui, dans la même île, constituent une partie du Grand- Saint-Elie.

Ces diabases sont à gros grains, très frittées, elles se mettent en miettes au choc du marteau. On y trouve de Tapatite, du sphène, de la magnétite; Taugite est en partie ouralitisée par de Tamphibole vert clair, très maclée suivant A* (100); de la biotite et un peu d'olivine s'observent en outre dans quelques échantillons. Le feldspath dominant appartient au groupe andésine-labrador. M. Fouqué a trouvé dans quehiucs échantillons de Toligoclase et de Torthose. Le quartz remplit tous les vides de la roche et forme souvent avec les feldspatbs de belles micro-

Page 1