‹ Les enclaves des roches volcaniquesChapitre 71 sur 206 · Santorin ci ses érupiiom. Paris · texte numérisé non relu

Santorin ci ses érupiiom. Paris

pegmatites. L'épidote est fréquente dans quelques-uns des fragments que j*ai étudiés.

M. Fouqué a particulièrement eiaminé les inclusions du quartz et du feldspath ; ce sont des pores à gaz, des inclusions vitreuses à bulles, accompagnées parfois de cristallites de pyroxëne.

Aden. — M. Vélain m*a remis quelques fragments de roches basiques qu'il a recueillis dans les tufs tracfay tiques d*Aden.

Ces enclaves sont constituées par des gabbros à gros grains, très friables. L'examen microscopique y montre du diallage, souvent très riche en fines inclusions ferrugineuses, de la hornblende, quelquefois de Tolivine et de la biotite, enfin des feldspaths tricliniques basiques (anorthite et labrador).

La hornblende brune moule les autres silicates ferrugineux et se trouve aussi en facules dans le diallage, comme cela arrive si souvent dans les diabases et les gabbros. La roche est parfois grenue, mais le plus souvent ophitique ; les feldspaths conservent toujours de grandes dimensions.

Dans un échantillon, la hornblende et la biotite sont en voie de résorption et se transforment en un mélange d'augite et de magnétite. Cette modification est due à Faction de la chaleur.

II ne semble y avoir aucun rapport d'origine entre ces gabbros basiques et les trachytes de la région qui, d'après M. Vélain ^ sont très acides. Il existe bien dans les environs des basaltes, mais ils sont nettement postérieurs aux tufs trachytiques contenant les enclaves en question. Il faut donc probablement considérer ces dernières comme des fragments do roches anciennes arrachées à la profondeur.

1. Peser ipUon géologique de la presqu'île d'Aden, de Vile de la Réunion^ etc.^ Paris, 1878, p. 38.

La région d'Aden étanl encore peu connue au point de vue géologique, il ne m*a pas été possible de savoir s'il existe en place des roches analogues à ces gabbros.

Krakatoa. — Je dois à Tobligeance de M. R. Bréon un échantillon de diabase quartzifère, recueilli par lui dans les ponces andésUiques du côté ouest du Krakatoa (éruption de 1883).

Cette enclave est très frittée, fragile; elle ressemble beaucoup aux roches similaires de Santorin décrites plus haut. Elle est composée d'andésine, d'augite et d'amphibole vert clair, souvent maclée, provenant de Touralitisation de ce dernier minéral. Le quartz est assez abondant, remplissant les vides miarolitiques de la roche. On observe aussi un peud'épidote et de la magnétite.

Le feldspath renferme des grains d'augite, de magnétite et de nombreuses inclusions vitreuses secondaires qui, avec le frittage, sont les seuls témoins de la haute température à laquelle la roche a été soumise.

B. Roches volcaniqties.

Plateau Central de la France. Puy de Dôme. — Mont Dore. — J'ai étudié déjà en détail les enclaves de roches volcaniques des trachytes du Mont Dore; je ne reviendrai ici que sur les phénomènes présentant un caractère général, renvoyant à mon mémoire antérieur > pour la description pétrographique des roches englobées et englobantes.

Les deux gisements les plus dignes d'intérêt, à la fois par l'abondance et par la variété des enclaves que l'on y rencontre, sont le rocher du Capucin (voir p. 178) et le

1. A. Lacroix. Sur les enclaves des roches volcaniques du Mont Dore et en particulier sur les enclaves de roches volcaniques. Bull, Soc, géol., ^*<frie,XVIII, 845, 1890.

— Ui —

ravin du Riveau Grand; mais on rencontre en outre des enclaves do ce genre un peu partout dans cette région.

Capucin. — Le type dominant parmi ces enclaves est constitué par une andésite angitique à hornblende, parfois riche en hypersthène; elle est très cristalline, présente souvent la structure ophitique et tend à passer à la diabase. Cette roche n'est pas connue en place dans la région; elle contient elle-même des enclaves quartzifères. Elle est fréquemment creusée de cavités globuleuses de corrosion, que tapissent de nombreux minéraux cristallisés dont quelques-uns ont été signalés déjà par M. Gonnard ^ Les minéraux récents observés sont : le zircon, Thypersthène et le pyroxène monoclinique verts, la fayalite, la biotite, la tridymite, Torthose, la magnétite et Toligiste. Le mode de formation de ces minéraux est comparable à celui qui a donné naissance à de nombreux minéraux cristallisés dans les fissures des laves du Vésuve ou au milieu de fragments de roches volcaniques anciennes englobées par des laves plus récentes.

Au Vésuve et au Mont Dore, on trouve de nombreux minéraux particuliers à Tun ou Tautre de ces gisements, tandis que d'autres leur sont communs, présentant quelquefois les mêmes formes {pseudobrookite, hornblende) ou dans d'autres cas des formes difiérentes {augite).

Les cristaux distincts de ces minéraux reposent souvent sur une croûte blanche recouvrant directement le fond des géodes; elle est constituée par de très petits cristaux de tridymite et d'orthose.

L'hypersthène est en général aplati suivant 3* (010). Les cristaux très minces présentent dans la zone verticale les faces A* (100), m (110) et g^ (010). Les faces de la zone

1. Ac. Sciences, Belles-Lettres et ArU de Lyon, XXIV, 1879. — Bull Soc. mm. VIII, 310, 1885.

(6* 6*'3 ^^'«) (122), 6*'»(1 1 1), g^ (010) dominent dans lepointement, les faces de la zone pg^ (001) (010) au contraire, sont rares ou absentes. Le pléochroïsme se produit dans les mêmes teintes que pour Thypersthène décrit plus haut, mais il est moins intense. Gela tient peut*être à ce que les cristaux sont plus minces et ont un aplatissement très grand suivant g^ (010). Les propriétés optiques n'offrent rien de spécial, mais elles sont suffisantes pour distinguer rhypersthène du pyroxène monoclinique de même couleur qui l'accompagne constamment et avec lequel on Ta confondu jusqu'à présent. En effet, celui-ci, comme on le verra plus loin , est toujours aplati suivant h*^ (1 00) et par suite présente dans cette face une extinction parallèle à Taxe vertical comme Thypersthène ; les teintes de pléochroïsme sont à peu près les mêmes dans les deux minéraux, bien que le pyroxène soit beaucoup moins pléochroïque. Mais, en lumière convergente, on constate que la face d'aplatissement de rhypersthène est parallèle au plan des axes, tandis que la face d'aplatissement du pyroxène est oblique sur un axe optique.

Le pyroxène a, en outre, des formes spéciales. Les faces observées sont g^ (010), A*(100), m (110), p (001), 6^'» (fl 1), 6**^ (02 1). La forme des cristaux de pyroxène est plus variée que celle des cristaux d'hypersthëne. Ce sont tantôt des lamelles rectangulaires p m A^^^; tantôt des cristaux à pointements obtus, m A* 6*'*, m A* /?e^'*, mA^y^pe*'^**'*. Les mesures goniométriques sont impossibles, eu égard à la petitesse des cristaux, mais il est facile en mesurant au microscx)pe les angles plans de la face A* (100) de calculer quelles sont les faces qui lui servent de bordure. La macle A* (100) est fréquente; les cristaux qui la présentent n'ont pas d'extinction complète sur A*. L'angle d'extinction dans g^ (010) est d'environ 45^

Le zircon forme des aiguilles filiformes suivant l'axe vertical, et présente les faces w (110), A* (100), ft* (112), ^2 (312). Il est d'un rose très pâle. Ses faces sont souvent creusées de profondes cavités. Dans les échantillons que j'ai étudiés, le zircon se trouvait de préférence dans les géodes riches en pyroxène monoclinique.

L'hypersthène et le pyroxène coexistent parfois dans la même géode, mais ils se trouvent fréquemment aussi dans des géodes distinctes.

Indépendamment des échantillons à géodes globuleuses qui viennent d'être décrits, on en trouve plus rarement d'autres qui sont criblés de petites cavités tapissées par les mêmes minéraux. Ces échantillons appartiennent surtout aux enclaves d'andésites ophitiques. La roche est alors extrêmement poreuse, et Ton comprend aisément qu'elle ait absorbé au moment de son englobement une grande quantité de fluides minéralisés qui ont agrandi ses pores et y ont laissé déposer les cristaux dont il est question ici.

Dans un seul échantillon, j'ai trouvé^ à côté de géodes renfermant les associations minérales signalées plus haut, une grande druse renfermant : magnétite. biotite, fayorlite^ tridymite, orthose, hypersthène (rare).

La fayalite^ forme de petits cristaux jaunes, plus ou moins recouverts par de Thématite. Ils sont aplatis suivant p(OOl); ils présentent en outre les faces g^ (010), A*(100), a^ (101), e*'* (021), 6*'^(111), et offrent toutes les particularités observées par MM. Iddings et Penfield dans le même minéral des lithophyses des rhyolites et des obsidiennes du Yellowstone-Park^ et de Lipari^.

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