Op. cit
2 E = 20® environ p<,v. Les lamelles atteignent parfois
I ou 2''°* de diamètre.
Les géodes renfermant œs minéraux ont parfois plu« sieurs centimètres de surface ; elles sont irrégulières, les cristaux y sont inégalement distribués, mais en général clairsemés.
2** Pyroxène et sanidine.
Les druses qui renferment ces minéraux sont d'ordinaire plus petites que les précédentes ; elles sont encore tapissées de sanidine; le minéral dominant est du pyroxène monoclinique jaune verdâtre, allongé suivant Taxe vertical, mais souvent en outre très aplati suivant h^ (100).
II présente les formes et les propriétés du pyroxène décrit plus haut dans les enclaves volcaniques du Capucin.
Un même échantillon renferme souvent des cavités indépendantes, contenant ces deux sortes d'association, mais je ne les ai jamais trouvées confondues dans la même géode. On rencontre toutefois de petites cupules légères, formées d'orthose vitreuse et de cristaux transparents de pyroxène achevant de remplir une cavité, tapissée de cristaux de hornblende. Elles sont délicatement déposées sur la hornblende, mais restent toujours indépendantes.
Roc de Guzeau. -^ Je terminerai par la description d'une enclave intéressante, provenant du roc de Guzeau, que m'a remise M. Gonnard. G'est un fragment de irachyte à biotite et hornblende. Il est entouré par une enveloppe très cristalline à structure miarolitique dans laquelle, à Tœil nu, on dislingue, dans un agrégat de cristaux de feldspath vitreux, des cristaux verts de pyroxène, des octaèdres a^ (111) de magnétite et quelques jolis cristaux jaunes transparents de sphène, rappelant par leurs formes la séméline du lac de Laach. Tantôt cette enveloppe cristalline est très adhérente avec l'enclave et se fond insensi-
blement avec elle, tantôt, au contraire, elle lui est peu adhérente et alors Tenclave arrondie, comme corrodée, est recouverte d'un enduit de cristaux macroscopiques des minéraux constituant Tenclave elle-même.
Les feldspatbs ne présentent pas de cristaux mesurables ; ils sont formés par Tenchevétrement d'un grand nombre de cristaux p fOOl), m (110), / (010), a* (TOI), en général aplatis suivant g^ (010). En lames minces, ils se montrent formés par de Torthose et de l'anortbose existant soit en cristaux distincts, soit associés; Tanorthose constitue, dans ce dernier cas, des facules dans Torthose. Les grands cristaux de pyroxëne sont légèrement verdâtres en lames minces ; ils sont aplatis suivant h^ (100) et présentent les formes h' (100), m (110), 6*'* (111). Ils possèdent les propriétés optiques de Taugite, mais, sur les bords, ils se transforment en œgyrine, qui se distingue facilement de l'augite par son pléochroïsme dans les teintes vert d'berbe foncé, sa forte biréfringence, le signe négatif de son allongement, et ses extinctions presque longitudinales. La magnétite se présente aussi en grands cristaux. Les feldspatbs et le pyroxène sont moulés par une petite quantité de microlites rectangulaires d'orthose, associés à des aiguilles d'cBgyrine et à de la magnétite. Un peu d'bématite colore par places le feldspatb en rouge. (PI. V, fig. 7.)
Cette roche est donc une sanidinite. Par sa sti-ucture et par sa composition, elle est analogue à quelques-uns des types de sanidinite d'origine profonde qui seront décrits dans la deuxième partie de ce mémoire. Elle a été formée sans doute par cristallisation au sein de liquides alcalins, emprisonnés avec l'enclave au moment de Tenglobement de celle-ci par le trachyte du Guzeau. Cette sanidinite peut être comparée au point de vue de son mode de
formation à celles qui se produisent dans les cavités des blocs calcaires de la Somma qui seront étudiées plus loin.
Fontenille. — J'ai recueilli dans les trachytes de Fontenille des enclaves d'andésite passant à la diabase, en même temps que les enclaves quartzifëres qui ont été étudiées p. 187. Elles présentent les mêmes particularités que celles du Capucin.
Sommet du Puy-de-Dôme. — C'^st au même type pétrographique qu'il y a lieu de rapporter une enclave que M. P. Gautier a recueillie dans la dômite du sommet du Puy-de-Dôme. Les minéraux drusiques formés sont de l'augite et de l'oligiste.
Puy de Sarcouy. — Il en est de même pour une andésite avec énormes cristaux de hornblende, trouvée au Puy de Sarcouy. Le minéral drusique le plus abondant est de rhypersthène jaune, parfois recouvert d'un enduit ferrugineux rosAtre et rappelant alors la Szaboïte de Riveau Grand.
rv. — Enclaves de calcairei.
A. Enclaves dans andésites ei ptionolites.
Résumé et conclusions. — Je n'ai pu recueillir aucune enclave calc^iire dans les roches trachytoïdes du Pl.'Ueau Central de la France. Les documents étudiés dans ce paragraphe sont constitués, d'une part, par des enclaves dans les andésites de Santorin et les pkonolites du Kaiserstuhl, de l'autre, par de très nombreux échantillons provenant des tufs leucitiques et trachytiques de divers gisements italiens.
A. Andésites et phonolites. — Les calcaires englobés dans les phonolites d*Oberbergcn, en Kaiserstuhl, sont
souvent incomplètemeat silicatisés; ceux de Santorin le sonl au contraire entièrement. Les minéraux formés dans ce« deux gisements sont la wollastonite, le pyroxène, le grenat ; à Santorin, on observe en outre Fanorthite, parfois la humboldtilite et Tapatite. Des phénomènes secondaires ont donné naissance à des zéolites, à de la pectolite, dans les enclaves du Kaiserstuhl ; des actions de fume* rolles ont produit de Tanhydrite dans celles de Santorin.
Ces modifications sont les mêmes que celles que nous avons signalées dans les enclaves des roches basiques. Elles peuvent s'expliquer par voie de fusion ignée du calcaire au sein de la lave. Dans quelques échantillons de Santorin, le dégagement de Tacide carbonique du calcaire a déterminé dans la lave la formation de géodes, tapissées par de beaux cristaux des minéraux énumërés plus haut, accompagnés parfois de péridot, de sphène, etc.
Assez souvent, le contact de l'enclave et de la roche volcanique est net, grâce à une zone fibreuse de wollastonite. Ce minéral, qui abonde dans la phonolite d'Oberbergen, est peut-ôtre due à une action de contact endomorphe.
A Santorin, Tandésite n'est que peu modifiée et seulement au contact immédiat. Tantôt, il y a passage insensible entre l'enclave et l'andésite; tantôt, il y a seulement une mince zone dans laquelle cette dernière est devenue plus basique.
B. Tufs trachytiques et leucitiques de l'Italie. — Les tufs volcaniques de l'Italie centrale et méridionale renferment en grande quantité des fragments de calcaires plus ou moins transformés. Le plus célèbre de ces gisements est celui de la Somma, on peut citer aussi les Champs Phlégréens, les îles de Procida, de Vivara, d'Ischia, le massif de Roccamonfina, dans le Latium les Monts
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Àlbains ainsi que les lacs de Bracciano et de Vico, enfin le lac de Bolsena en Toscane.
L'étude de ces blocs métamorphiques, au point de vue spécial où je me place dans ce mémoire, présente de très nombreuses difficultés. Tout d'abord, ces tufs renferment, toujours associés, des produits trachyHques et des produits leucitiques , bien que, suivant les gisements, les uns ou les autres prédominent. Gomme, d'autre part, les calcaires transformés ont été pour la plupart modifiés antérieurement à Téruption qui les a amenés au jour, il devient difficile de savoir à quelle roche au juste il faut attribuer leur métamorphisme.
Mes observations, sur les blocs de calcaire que j'ai rencontrés en enclaves dans des bombes volcaniques de la Somma, font voir que cette difficulté n'est pas très grande, les roches trachytiques paraissant agir, sur le calcaire, de la même façon que les roches à leucite^
Une difficulté plus grande réside dans la multiplicité et la diversité des produits modifiés, ainsi que dans l'association, dans les mêmes tufs, d'agrégats cristallins ayant une origine différente, avec parfois une composition très voisine. Gomme j'ai eu l'occasion de le montrer à plusieurs reprises dans ce mémoire, cette difficulté est commune à toutes les catégories d'enclaves.
Dans tous ces divers gisements, on rencontre des produits modifiés très analogues, parfois même identiques au
1. C'est cette considération, etTinipossibilitédans laquelle je me suis trouvé d'établir une distinction entre les produits résultant de l'action de Tune ou de l'autre de ces catégories de roches, qui m'a fait placer les roches à leucite des tufs italiens avec les roches trachytoïdes, bien que la teneur en silice de beaucoup d'entre elles devrait les faire rentrer dans les roches basai toïdes. Les roches à leucite, en place dans le Latium et les laves actuelles du Vésuve, ont été étudiées avec les roches basaltoïdes (p. 154), alors que je n'avais pas encore à ma disposition tous les documents étudiés ici.
point de vue minéralogique, mais dans chaque centre volcanique, il existe des particularités spéciales résultant, selon toute vraisemblance, soit de la nature de la roche modifiante et de la composition initiale de la roche modifiée, soit des conditions particulières dans lesquelles se sont effectuées les transformations. C'est ainsi, par exemple, que la haûyne, relativement rare à la Somma, est extrômement abondante à Bracciano et aux Monts Albains, alors qu'elle manque au lac de Vico.
En présence du grand nombre des types pétrographiques observés, je me contenterai, dans ce résumé, d'énumérer les plus importants.
De môme que dans lés tufs des roches basaltoïdes, on trouve, dans les tufs qui nous occupent, des calcaires simplement calcinés, fendillés (Somma, Latium), parfois recarbonatés et transformés en calcite ou en hydrodolomite.
Quand le métamorphisme a été plus intense, le calcaire est devenu cristallin et s'est chargé de minéraux qui peuvent éîre, soit disposés d'une façon quelconque, soit orientés dans des zones plus ou moins régulières. Ces calcaires, imparfaitement transformés, sont parfois très abondants (Somma), et dans d'autres gisements très rares (Latium) ou même absents.
Les minéraux métamorphiques sont variés. C'est rarement de la périclase (Somma, Monts Albains). Le plus souvent, ce sont du mica, des péridots (forstérite ou olivine), et du spinelle (Somma, Bracciano), du pyrôxène, de la wollastonite, de l'anorthite (Bracciano), du grenat, de l'idocrase, de la haûyne (Monts Albains et Bracciano), de l'outremer (Monts Albains), des humites (Somma), etc., formant de très nombreuses associations qui seront décrites plus loin.
A la Somma, on rencontre une catégorie spéciale de
calcaires zones et drusiques, dont on ae trouve que rarement les analogues dans le Latium et à Procida. Ces calcaires, de dimensions variées, sont creusés de cavités, tapissées et parfois même comblées par de nombreux minéraux cristallisés.
Il y a lieu de considérer séparément le contenu des géodes et le calcaire qui les enveloppe (fig. 19). Le plancher des géodes est constitué par une couche de pyroxène manquant souvent, suivie d'une zone de mica, implantée normalement à la paroi, puis d'une bande de calcite, elle-même suivie d'une zone de péridot ou de humite en palissade. Au delà, se succèdent des lits plus ou moins réguliers de péridot ou de humites mélangés de spinelle alternant avec des lits de calcite, puis enfin le reste de la roche est formé des mêmes minéraux distribués sans ordre. Les fig. 20 à 23 donnent une idée de cette disposition zonaire qui peut présenter de nombreuses variétés, mais qui est toujours réglée par la même loi de succession.
Le contenu des géodes offre moins d'unif(9rmité; de grandes variations existent non seulement dans l'arrangement des minéraux constitutifs, mais encore dans leur nature. La plupart des minéraux cristallisés de la Somma proviennent de ces géodes. Le tableau donné plus loin énumère ces minéraux. Un petit nombre d'entre eux sont calciques (anortbite, woUastonite, méionite, grenat, idocrase, pyroxène, amphibole, etc.), alors que beaucoup d'entre eux sont riches en alcalis (leucite, sanidine, sodalite, néphéline, etc.).
J'ai proposé, pour expliquer la formation de ces calcaires géodiques, la théorie suivante : les calcaires, alors qu'ils étaient encore en place en profondeur, ont été calcinés, fissurés par retrait, puis attaqués par des émanations provenant du magma volcanique voisin, émanations dans
lesquelles les chlorures de maguésium, d'ahiminium, de fer, les chlorures, fluorures et silicates alcalins entraînés parla vapeur d'eau, devaient jouer un rôle prépondérant.
Les calcaires, pénétrés par ces émanations, ont été le siège de réactions chimiques entre leurs éléments intégrants et les produits exogènes. Les minéraui formés ont été d'autant plus basiques que le point en voie de transformation était plus éloigné de la surface d'imbibition. Une fois la recristallisation opérée, la paroi des fissures, en présence de TafQux des produits étrangers, a été entièrement silicatée et l'alumine a pu se combiner à la silice et à la magnésie pour donner naissance à du mica, au lieu de se précipiter sous forme de spinelle, comme au centre du calcaire. Les fissures du calcaire, une fois recouvertes d'un enduit silicate, ont été protégées contre la corrosion et ont été bientôt recouvertes par des minéraux dont les éléments ont été en grande partie apportés des profondeurs. C'est ainsi que Ton peut expliquer la coexistence, dans ces roches, d'éléments basiques comme le péridot et de nodules acides formés de sanidine, de sodalite. L'existence du chlore dans la sodalite, les inclusions aqueuses avec cristaux de chlorure de sodium, abondantes dans un grand nombre d'éléments de ces calcaires drusiques, la présence du Quor dans les humites, dans la cuspidine et la fluorine, celle du soufre dans la haûyne et l'outremer, m'ont servi d'arguments pour défendre mon hypothèse, qui s'appuie, en outre, sur des expériences synthétiques, effectuées par MM. Daubrée et Friedel, ainsi que sur des observations faites sur les produits métamorphisés par les émanations fluorifères de la Gampanie.'
Ces calcaires géodiques ont donc été, à mon avis, transformés par voies gazeuse ou aqueuse (probablement combinées), à haute température et en profondeur, c'est-à'
dire ou pression. Il est probable que beaucoup de blocs calcaires non géodiques du môme gisement proviennent du démantèlement d'assises calcaires, largement modifiées en profondeur par les mêmes actions métamorphiques. Mais un grand nombre de ces calcaires non géodiques, et particulièrement ceux qui sont riches en minéraux calciques ont dd être transformés par voie ignée, bien que la fréquence du mica au milieu d'eux implique, dans Tétat actuel de nos connaissances, la nécessité de l'intervention de minéralisateurs tels que les fluorures ou les chlorures alcalins. Cette opinion résulte de Tétude des modifications subies par les fragments calcaires que j'ai observés en enclaves dans des bombes de trachytes et de roches à leucite de la Somma. Les minéraux qui s'y forment sont surtout les espèces calciques énumérées plus haut. Les phénomènes de métamorphisme endomorphe, subis par les roches leucitiques enclavantes, ne peuvent s'expliquer que par un enrichissement en chaux, qui se comprend, étant donné la nature de l'enclave, et en soude, ce qui implique un apport par fumerolles. La leucite est, en effet, tnansformée en néphéline et parfois en orthose, et il se développe souvent, dans des cavités, de beaux cristaux de minéraux, plus ou moins riches en alcalis, tels que la sarcolite, la humboldtilite, la davyno, la cavolinite, etc. Les roches trachyliques présentent plus rarement des ph^ nomènes endomorphes : dans quelques-unes d'entre elles, on voit se former en abondance de l'idocrase.
Les tufs de tous les gisements qui nous occupent ici, et en particulier ceux de la Somma, renferment des agrégats entièrement silicates. Les uns sont le résultat de cristallisations profondes sans rapport avec les enclaves calcaires ; ils seront décrits en détail dans la 2' partie de ce travail. Les autres résultent de la transformation totale de cal-
caire, ou (Somma) constituent le remplissage des druses des calcaires dont j'ai parlé plus haut. La distinction entre ces deux grandes catégories de produits n'est pas toujours aisée à faire.
Les blocs silicates, résultant de la transformation de calcaires, présentent un nombre considérable de types, suivant la nature de leurs éléments constituants. On rencontre souvent des termes de passage entre eux et des calcaires imparfaitement transformés.
Quelques-uns d'entre eux méritent d'être signalés dans ce résumé, à cause de leur fréquence. C'est ainsi que dans presque tous les gisements, on rencontre des agrégats grenus de pyroxène et d'anorthite (Somma, Procida, Roccamonfina, Bracciano, Vico, etc.), avec ou sans mica. L'anorthite est parfois remplacée par du péridot, de la wollastonite, etc. Les cavités sont souvent tapissées par de beaux cristaux de leurs éléments constituants, ainsi que de spinelle, d'haûyne (Latium, Somma); ils renferment parfois, en outre, du grenat, de la humboldtilite (Somma, etc.), etc. Ces blocs quelquefois sont riches en inclusions vitreuses et paraissent avoir une origine ignée.
D'autres agrégats fréquents sont formés de péridot (forstérite) et de spinelle (Somma, Astroni), de humboldtilite (Astroni, Somma), avec du grenat, de la woUastonite, du pyroxène, de l'anorthite (Procida, Ischia, Bracciano), quelquefois de la méionite (Ischia), et souvent du spinelle (Bracciano, Somma) etc.
Dans quelques gisements, se rencontrent d'énormes bombes de grenat, accompagné de pyroxène (Procida), et d'idocrase (Bracciano, Vico, Bolsena), avec de la woUastonite, de la haûyne (Bracciano).
Enfin il faut citer à la Somma, de nombreux blocs, riches en humites, mica, spinelle, qui sont, à l'évidence,
le résultat de la transformation totale du calcaire par le procédé qui a donné naissance aux blocs zones.
J'ai désigné sous le nom de blocs mixtes ceux qui résultent de la transformation intégrale do calcaires dru* siques et du remplissage complet de leurs cavités. Ces blocs sont constitués par une partie basique, séparée de parties acides par les zones de mica et de pyroxène, dont il a été question plus haut.
Les blocs silicates, résultant du remplissage des druses, sont abondants à la Somma; ils sont {sanidinites) plus ou moins riches en éléments blancs (sanidine, leucite, néphé- Une, sodalite etc.), et renferment parfois en grande abondance des minéraux colorés tels que le grenat, Tidocrase, Tamphibole, le pyroxène, qui peuvent même remplacer complètement les éléments non colorés. Ces blocs ne se distinguent en rien des agrégats du même genre que Ton trouve adhérents à une paroi calcaire.
Dans les gisements du Latium, se rencontrent des roches analogues, mais beaucoup plus riches en leucite que celles de la Somma, et Ton peut se demander si elles ne constituent pas des cristallisations profondes du magma leucitique, endomorphisées par absorption de fragments calcaires. Cette hypothèse est fort probable pour beaucoup d'entre elles qui sont riches en inclusions vitreuses et qui se présentent toujours associées à de véritables calcaires transformés. Ces phénomènes d'endomorphisme sont, du reste, fréquents dans d'autres gisements, et j'en décrirai plusieurs cas très nets dans le chap. 1^' de la 2^ partie de ce mémoire.
Dans des sanidinites de Bracciano, j'ai rencontré, à l'inverse de ce qui s'observe à la Somma, des cavités de la roche tapissées de cristaux de grenat, représentant sans doute les restes d'une enclave calcaire.
Santorln. — Les tufs andésitiques et les andésites à hypersthène du Giorgios (éruption de 1866) renferment de nombreux blocs calcaires dont quelques-uns sont entièrement transformés. M. Fouqué les a déjà partiellement décrits S aussi n'aurai-je que quelques détails à ajouter sur des échantillons non examinés par M. Fouqué qui a bien voulu les mettre à ma disposition.
Ces enclaves peuvent être rapportées à trois types. L'un est constitué par des nodules ayant la grosseur du poing; ils sont vacuolaires et formés par Tenchevôtrement de petits cristaux de wollastonite blancs ou jaunâtres, accompagnés de pyroxène fassaïte, de grenat mélanite noir [b^ (llO)y a^ (211)], et plus rarement de lamelles quadratiques à un axe négatif d'un minéral du groupe de lahumboldtilite. Ce sont des enclaves calcaires en partie résorbées; les minéraux de nouvelle formation occupent un volume moindre que les roches anciennes et ont pu cristalliser librement en cristaux nets dans les druses.
Le second type est formé au contraire par une roche compacte très dure, jaune verdàtre; quelques échantillons présentent, par places, une texture moins serrée et Ton distingue même çà et là quelques petites géodes. I^a plupart des échantillons que j'ai étudiés n'atteignaient pas la grosseur du poing.
L*examen microscopique fait voir que ces enclaves sont formées par un mélange de vsrollastonite, de pyroxène jaune et de grenat. Leur composition minéralogique est donc essentiellement la même que celle du type précédent. Ces divers éléments sont, tantôt mélangés en égale proportion, tantôt concentrés en certains points de la roche.
Le plus fréquemment, on voit apparaître un autre
1. (7. Rendus, 1875. — Santorin et ses éruptions, ^06. 1878, et Bult. Soe. min,, XIII, 245, 1890.
minéral qui peut devenir dominant, c'est Tanhydrite en petites plages très biréfringentes, moulant tous les autres élément». Il est probable que Tanhydrite ne résulte pas de la transformation directe du calcaire, mais qu'elle s'est produite par action de fumerolles aux dépens de la calcite ayant échappé à la silicatisation. Le même minéral s'est rencontré dans des géodes et ses formes ont été décrites par Hessenberg qui s*est occupé des minéraux drusiques de ce gisement ^
Très souvent, le pyroxène et la woUastonite de ces enclaves fixent un pigment jaune citron, plus foncé dans le pyroxène que dans la woUastonite. Cette coloration anormale fait nettement reconnaître ces minéraux au premier aspect en lumière naturelle quand ils sont noyés dans Tanhydrite.
Notons en terminant qu'il existe parfois des débris de quartz, riches en inclusions gazeuses. Ils sont en général bordés par une couronne de woUastonite fibreuse, sem^ blable à celle qui est représentée par la fig. 8 de la PI. I. (Voir p. 165.)
M. Fouqué m'a remis aussi une bombe de calcaire ayant environ 35 ^"^ de plus grande dimension; elle est entourée d'un côté par Tandésite. L'examen d'un très grand nombre de plaques, taillées dans les diverses parties de cet échantillon, montre qu'il possède une composition très hétérogène, déjà perceptible à l'œil nu. La roche, grossièrement rubanée, est formée par de la woUastonite grenue, microcristalline ou fibrolamellaire, mélangée & de très petits grenats d'un jaune foncé ; dans d'autres parties, on observe presque exclusivement de la hnmboldtilito en petits cristaux nets et du grenat ou bien
l. Miner, Noiix., n- 8, 31, 1868.
de Tanorthite et de l*augite verte. La composition varie d'un point à un autre et la roche est parcourue dans tous les sens par des veines plus cristallines qui semblent représenter le remplissage de fissures de retrait. On y trouve de la wollastonite, un pyroiène incolore, présentant un nombre considérable de lamelles hémitropes, plus rarement de Tanorthite, de la humboldtilite, et dans un échantillon, de longs cristaux d'apatite.
Enfin, dans quelques parties de Tenclave, on observe une sorte de structure porphyroïde due au développement de grands cristaux de v^ollastonite, de pyrozëne incolore maclé et de humboldtilite, au milieu d'une pâte finement grenue de wollastonite, de humboldtilite et de grenat. Il existe, surtout dans les parties riches en humboldtilite^ un peu de résidu vitreux noirâtre faisant apparaître nettement les contours des divers éléments de la roche qui renferment tous des inclusions vitreuses. On observe aussi parfois un peu de calcite, mais il n'est guère possible de savoir si elle est secondaire ou si, au contraire, elle représente un reste de la roche originelle.
La composition minéralogique de ces enclaves (l'anhydrite de nature secondaire mise à part) est tout à fait identique à celle que présentent les calcaires enclavés dans la plupart des roches volcaniques, aussi leur origine n'estelle pas douteuse, bien qu'il n'existe plus, d'une façon certaine, de calcaire intact au milieu d'elles. Les calcaires siliceux sont, du reste, connus en place au Grand Saint- Elie, dans l'Ile de Thera ; ils abondent en blocs non transformés dans les mômes tufs andésitiques.
Il est intéressant d'étudier les phénomènes de métamorphisme endomorphe subis par V andésite au contact de ces enclaves. Dans quelques cas, elle a pénétré dans les fissures de ces dernières et a cristallisé rapidement; elle est
minéral qui peut deveuir dominant, c'est i*anbydrite en petites plages très biréfringentes, moulant tous les autres éléments. Il est probable que Tanhydrite ne résuite pas de la transformation directe du calcaire, mais qu'elle s'est produite par action de fumerolles aux dépens de la calcite ayant échappé à la silicatisation. Le même minéral s'est rencontré dans des géodes et ses formes ont été décrites par Hessenberg qui s'est occupé des minéraux drusiques de ce gisement ^
Très souvent, le pyroxène et la wollastonite de ces enclaves fixent un pigment jaune citron, plus foncé dans le pyroxène que dans la wollastonite. Cette coloration anormale fait nettement reconnaître ces minéraux au premier aspect en lumière naturelle quand ils sont noyés dans Tanhydrite.
Notons en terminant qu'il existe parfois des débris de quartz, riches en inclusions gazeuses. Ils sont en général bordés par une couronne de wollastonite fibreuse, semblable à celle qui est représentée par la fig. 8 de la PI. I. (Voir p. 165.)
M. Fouqué m*a remis aussi une bombe de calcaire ayant environ 35^°* de plus grande dimension; elle est entourée d'un côté par l'andésite. L'examen d'un très grand nombre de plaques, taillées dans les diverses parties de cet échantillon, montre qu'il possède une composition très hétérogène, déjà perceptible à l'œil nu. La roche, grossièrement rubanée, est formée par de la wollastonite grenue, microcristalline ou fibrolamellaira, mélangée à de très petits grenats d'un jaune foncé ; dans d'autres parties, on observe presque exclusivement de la hnmboldtilito en petits cristaux nets et du grenat ou bien