‹ Les enclaves des roches volcaniquesChapitre 76 sur 206 · Id, 1885, II · texte numérisé non relu

Id, 1885, II

les considère comme des ségrégations du magma phonolitique. Peut-âtre sont-ce plutôt des calcaires modifiés.

M« Knop a montré^ qu*en lames minces, ces grenats avaient souvent un centre brunâtre, alors que leur périphérie était incolore ; il a proposé de les désigner sous le nom d!ornUhophthalmf à cause de leur ressemblance avec des yeux d'oiseaux. Enfin, ces mêmes enclaves calcaires ont été citées par M. Graeff ^, dans son guide des environs de Freiburg; ce savant indique l'existence des grenats qui viennent d'être cités.

Les enclaves que j'ai examinées sont généralement très altérées. A leur contact, tous les éléments blancs de la phonolite sont transformés en mésotype; la roche est riche en wollastonite, formée sans doute par métamorphisme endomorphe. Quant au calcaire, il est devenu très cristallin,

1. BerichL XXI, Vers. Oberrh. geol. Ver. Oberschaffhausen, 1888.

2. Dans son nouveau mémoire {Miit. der. Grossh. Bad. Geol. Lande» sanst. II. XIV» A0% 1892), M. Graeff étudie les enclaves calcaires de ce gisement; quelques-unes d'entre elles proviennent de la collection de l'Université de Freiburg. Dans Tune d'elles, l'auteur signale au milieu de lits pauvres en grenat, un minéral fibreux inconnu. Dans d'autres, M. Graeff a constaté au centre de rôchantillon de la calcite grenue, englobant de la wollastonite qui devient plus abondante prés du contact; elle est alors accompagnée de grenat. Ces deux minéraux, associés à une zéolite fibreuse, constituent la zone de contact immédiat (1 centimètre environ) avec la phonolite. Quelques enclaves sans structure régulière sont formées de wollastonite, de grenat et de zéolites ; les grenats appartiennent au grossulaire; ils présentent la structure indiquée par Knopp et une faible biréfringence. Ces enclaves semblent identiques à celles que j*ai moi-même étudiées.

D'après M. GraefT, ces enclaves seraient, soit des marnes oligocènes, soit des calcaires jurassiques. Dans le premier cas, grâce à la richesse originelle de l'enclave en quartz et en alumine, la wollastonite et le grenat auraient pu se former facilement. Dans le cas des calcaires, les cristaux de wollastonite disséminés dans la calcite se seraient produits grâce à d'anciens fragments de quartz, alors que la zone modifiée de contact serait le résultat de Faction immédiate du magma phonoli tique. Cette explication est plausible, bien que l'existence des grains de quartz dans le calcaire englobé ne soit pas nécessaire pour expliquer la formation de petites quantités de wollastonite au cœur même de l'enclave.

les plages de calcite montrent les macles suivant 6^ (01 12) ; il se développe en outre en abondance de la woUastonite en grands cristaux allongés et du grenat. Ce dernier est incolore en lames minces, se différenciant nettement en cela du grenat mélanite brun foncé de la phonolite. Il offre les propriétés optiques du type pyrénéite, difficiles à étudier dans le petit nombre d'échantillons qu'il m'a été donné d'examiner. Parfois il possède la structure zonaire, indiquée par M. Knop. La partie centrale brune des cristaux est isotrope. Il est probable que la périphérie incolore est constituée par du grossulaire et que la partie isotrope plus ferrugineuse est du mélanite.

La woUastonite subit une altération très remarquable en un minéral que je crois pouvoir rapporter à la pectolite. Les propriétés optiques le font très aisément distinguer de la woUastonite. Celle-ci, en effet, bien que monoclinique, s'éteint toujours en long puisqu'elle est allongée suivant ph^ (001) (100); le signe de la zone pA^ est tantôt positif, tantôt négatif (le plan des axes optiques étant parallèle à g^ (010), c'est-à-dire transversal à l'allongement). La biréfringence maximum ng-np := 0,014 s'observe dans les sections transversales ; les sections perpendiculaires à la bissectrice aiguë négative font partie de la zone d'allongement et sont très peu biréfringentes en raison du faible écartement des axes optiques.

Le minéral épigénisant s'éteint également suivant son allongement. Le plan des axes optiques est compris dans la zone d'allongement, toujours de signe positif. La bissectrice aiguë positive est parallèle à l'allongement. L'angle des axes optiques est un peu plus grand que celui de la woUastonite. La biréfringence maximum est voisine de 0.038. Cette substance possède deux clivages prismatiques, différant peu de 90®, mais dont l'angle n'a pu être mesuré

exactement à cause de leur irrégularité dans les sections perpendiculaires à l'allongeaient. Le minéral offre une structure fibreuse nette. Il est parfois teinté en jaune et épigénise aussi bien la wollaslonite des enclaves que celle de la phonolite. La transformation commence par la périphérie, elle est souvent totale.

Toutes les propriétés de ce minéral, attaquable par les acides, concordent d'une façon satisfaisante avec celles de la pectolite.

Je ne crois pas que Ton ait jamais signalé ce genre de pseudomorphose de la wollastonite, qui s'explique très bien du reste par la composition chimique des deux minéraux.

B. Enclaves dans les tufs trachy tiques et leucitiques de r Italie

méridionale et centrale.

Somma. — Les turs de la Somma sont célèbres depuis longtemps par les blocs calcaires et les agrégats minéraux que Ton y rencontre. Depuis l'époque où G. Thomson 1 émit l'opinion que ces roches n'étaient autre chose que des fragments de calcaire des Apennins^ modifiés par les roches volcaniques, tous les auteurs qui ont étudié la question du métamorphisme ont cité ce gisement célèbre ^ et montré l'analogie des minéraux que l'on y rencontre avec ceux qui se trouvent, d'une part, dans les calcaires modifiés par des roches éruptives anciennes, et de l'autre, dans les calcaires cristallins, intercalés au milieu des schistes cristallins.

1. 6. Thomson. Sur la nature des marbres vomis par le Vésuve et sur rétendue possible des influences volcaniques {Bibliothèque britan" nique, t. VII, p, 40, 1798).

1. Voir notamment : Daubrée, Mémoires Savants étrangers^ t. XVII,

La proximité de Naples, les éruptions fréquentes du Vésuve ont attiré de tout temps, dans les ravins de la Somma, les minéralogistes et les géologues de tous les pays ; aussi n*est-il pas de région mieux connue au point de vue minéralogique ; les travaux publiés sur les minéraux de la Somma sont innombrables. Parmi eux, il y a lieu de faire une place spéciale à ceux de vom Rath^ de Des Gloizeaux ^ et surtout d'Arch. Scacchi 3, le célèbre his« toriographe du Vésuve et de ses environs.

Au point de vue spécial qui m'occupe dans ce mémoire, quelques minéraux ont été étudiés au microscope par M. Sorby *, et plus récemment M. Mierisch » a publié sur les bombes cristallines de ce gisement un intéressant travail pétrographique. Les détails minéralogiques donnés par M. Mierisch sont suffisamment complets pour que je croie devoir me dispenser d'une description détaillée des propriétés de la plupart des minéraux que j'ai moi-même observés dans les très nombreux échantillons passés en revue au cours de ce travail. Les limites de mon mémoire me forcent, du reste, à être bref à cet égard.

Notons, enfin, que M. Johnston Lewis ^, bien connu par ses travaux sur le Vésuve, a adressé en 1888, à la Geological Society of London^ un mémoire sur le même sujet qui n'a, malheureusement, pas encore été publié.

Je me suis attaché surtout à étudier le mécanisme des transformations que présentent les roches modifiées que

1. Pour la liste de ces travaux, voir Sach-und Orts^Verzeichnis xu den min, u. geol. Arbeitenvon vom Ralh. Leipzig, 1893, 180 et 188.

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