Tscherinak*s min. u.petr. Mitik., VIII
6. Quaterly Journ. of ueoi. Soc» XLI V, n* 176. — Proceedings, p. 94.
nous avons sous les yeux, et à rechercher quelle est la roche modifiante. La question est beaucoup plus complexe qu elle ne le parait au premier abord.
L'impression de ce mémoire était déjà très avancée, lorsque je me suis décidé à aller, sur place, compléter mon étude des blocs de la Somma. J'ai dû, à mon retour, modifier complètement ce chapitre, et je crois être arrivé à quelques résultats nouveaux. Je tiens à remercier M. E. Scacchi qui m'a fait très obligeamment les honneurs de la merveilleuse collection du musée de l'Université de Naples, fondée par son père et qu'il continue à accroître avec la même prédilection.
Nous avons vu, p. 154, que les laves actuelles du Vésuve englobent parfois les blocs calcaires. Ces derniers sont généralement peu modifiés. Ceux qui nous occupent ici se rencontrent dans les tufs de la Somma, c'est-à-dire du Vésuve antéhistorique, et dans les terrains de transport, résultant de leur désagrégation. C'est ainsi, par exemple, qu'ils abondent dans les vignes de Résina, de S. Sebastiano, de Pollena, de San Anastasio, etc., etc.
Je me suis efforcé, tout d'abord, de recueillir mes échantillons dans les tufs volcaniques en place ; les nombreux ravins, qui déchirent les flancs 0. et N. de la Somma, rendent cette recherche très facile ; puis j'ai cherché à réunir le plus grand nombre possible d'échantillons, englobés dans des bombes de roches volcaniques, pour voir quelle disposition les minéraux métamorphiques présentent par rapport à la roche enclavante.
Ce sont les échantillons de ce genre que je décrirai en premier lieu, pour aborder ensuite l'étude des blocs qui se trouvent dans toutes les collections. J'essaierai enfin de montrer le lien qui unit ces deux manières d'être des roches métamorphiques de la Somma.
La carte géologique de M. Johasloa Lewis m'a été d*UQ grand secours, d'autant plus que ce savant s'est beaucoup occupé des tufs de la Somma ^
Les ravins que j'ai étudiés plus particulièrement sont les restes du Fosso-Grande (qui, on le sait, a été en partie comblé par les laves des éruptions récentes du Vésuve), et notamment le Cupo di Pallarino et le Rivo Gupo di Quaglia. J'ai été accompagné dans ce dernier gisement par le guide G. Gozzolino, le célèbre chercheur de minéraux qui, depuis plus de 40 ans, alimente les musées d'Europe des substances cristallisées de la Somma. J'ai, en outre, particulièrement exploré les divers ravins qui se trouvent au dessus du village de PoUena.
Dans les ravins de la Somma, les produits de projection sont prédominants. On y observe des alternances de lexicO' téphrites basiques en coulées, accompagnées d'amas de scories et de tufs de couleur grisâtre, au milieu desquels abondent des blocs de trachytes, de leucoiéphrites acides^ roches grises à grands cristaux de leucite et de sanidine, puis des fragments de leucoiéphrites basiques, et enfin les calcaires ^\\x^ ou moins modifiés qui nous occupent ici.
Les fragments calcaires se rencontrent à la partie supé* rieure de ces tufs dans les couches à grands éléments; ces dernières sont recouvertes de tufs fins sableux, bien stratifiés, dans lesquels on ne trouée plus d'enclaves de ce genre.
Les laves basiques des tufs de la Somma sont constituées par divers types de leucoiéphrites analogues à celles qui forment les filons de l'Atrio del Cavallo ; elles sont de couleur foncée. N'ayant jamais personnellement trouvé aucun
1. A short and concise account ofthe eruptive phenomena andgeology of Mte Somma and Vesuvitts in explanation of the great geoL map of that Volcano. LondoD, 1891.
fragment de calcaire englobé dans ces roches, je crois devoir les laisser de côté. Il n'en est plus de même des roches de couleur claire renfermant le plus souvent de la sanidine que je vais brièvement décrire. Ce sont elles qui sont riches en enclaves de calcaire et qui vont nous fournir de précieux documents.
Je les diviserai en deux groupes, suivant qu'elles renferment de la leucite ou qu'elles n'en contiennent pas.
Roches volcaniques à sanidine sans leucite. — La caractéristique des roches trachy tiques de la Somma réside dans leur richesse en grands cristaux de sanidine, dépassant parfois 1^™ de plus grande dimension.
Ces roches sont assez variées de composition. Je ne m'occuperai ici que de celles qui renferment des enclaves calcaires. On trouve tout d'abord des trachy tes un peu augitiques dont les grands microlites d'orthose aplatis suivant g^ (010) et très enchevêtrés, sont souvent accompagnés de sodalite. Ces roches rappellent celles de Scarrupata (Ischia), jadis décrites par vom Rath.
Dans d'autres échantillons, les grands cristaux de sanidine, très abondants, sont disséminés dans un magma gris jaune ou verdâtre à cassure esquilleuse.. Au microscope, cette pâte se résout en microlites d'orthose, aplatis suivant g^ (010), de dimension et d'abondance très variable avec les échantillons ; ils sont tantôt seuls, tantôt accompagnés de petits microlites de biotite ou d'augite. Les grands cristaux sont formés, en outre de la sanidine, par de la hornblende verte ou brune, par un peu de pyroxène vert, de sphëne et enfin par du grenat mélanite en cristaux 6^ (110) parfois zones, rappelant tout à fait ceux des phonolites et des leucitophyres du Kaiserstuhl. Je reviendrai plus loin sur ce grenat qui est souvent groupé avec l'amphibole, le pyroxène et le feldspath du premier temps de consolida-
is
tion dont il semble contemporain. Enfin, quelques échantillons contiennent des cristaux nets d'un minéral incolore du groupe haiiyne-noséane, qui n'est pas, comme la sodalite du premier type, postérieur aux feldspaths, mais qui constitue un des éléments les plus anciennement consolidés de la roche. Ce minéral renferme les inclusions ferrugineuses bien connues.
Les trachytes que je viens de décrire brièvement ne sont pas les plus fréquents que Ion observe à la Somma. On y trouve, en outre, en grande abondance, une roche très augitique renfermant les mêmes grands cristaux : apatite, sanidine, amphibole, pyroxène, sphène, biolite, parfois noséane (avec inclusions noires)^ grenat, mais dans laquelle les grands cristaux de pyroxène (souvent mi-partie verts, mi-partie incolores) sont plus abondants. Tous ces grands cristaux sont disséminés dans un magma, formé par un feutrage de longues aiguilles ou de cristallites de pyroxène, au milieu desquels se développent çà et là des microlites du même minéral, accompagnés de biotite. Tous ces produits cristallins sont enveloppés par du verre incolore. Il n'existe souvent pas trace de feldspath dans le magma du second temps; dans d'autres cas, l'on observe des microlites feld* spathiques filiformes à extinctions longitudinales.
Assez rarement, les microlites de biotite et de feldspath se groupent autour d'un centre et la roche prend une structure variolitique.
Tantôt les éléments du premier temps sont intacts, tantôt au contraire ils sont profondément corrodés, brisés; ils semblent fondre dans le magma, les lamelles de biotite sont souvent tordues. On voit parfois dans les golfes sinueux et profonds, creusés dans l'augite, une grande quantité de lamelles de biotite, offrant une même Orientation et constituant comme le squelette d'un grand
cristal. Ces trachytes, qui font penser à quelques variétés du irachyte de Laach, renferment très abondamqient de petites enclaves microscopiques de sanidinites semblables comme structure aux blocs que nous étudierons plus loin.
Roches volcaniques à leucite et sanidine. — Une autre catégorie de roches de couleur claire accompagne ces trachytes dans les tufs de la Somma. Ce sont des roches poreuses, d*un gris verdâtre, renfermant parfois d'énormes cristaux de leucite, associés souvent à de très grands cristaux de sanidine.
Au microscope, on constate qu'en outre de ces deux minéraux, il existe de grands cristaux d'un feldspath triclinique basique (labrador) et d'augite verte. Ces éléments sont englobés dans un magma extrêmement riche en microlites de leucite, associés à des microlites d'augite et de feldspath triclinique dont un grand nombre s'éteint près de l'allongement, tandis que dans les autres les extinctions atteignent 20® dans la zone de symétrie. Cette roche ^st donc une leitcotéphrUe, mais une loucotéphrite plus acide que les laves anciennes en coulées de la Somma et que les laves actuelles du Vésuve. La leucite est toujours très abondante; les proportions de sanidine, de feldspath triclinique etd^augite, au contraire, peuvent présenter d'assez grandes variations. Il existe aussi des rocbes analogues, mais dépourvues de microlites feldspathiques et qui semblent liées aux leucotéphrites par les mêmes relations qui existent entre les trachytes augitiques pauvres en microlites feldspathiques, et les trachytes normaux décrits plus haut.
Enclaves calcaires dans les ponces volcaniques.
Une première observation est intéressante, les ponces trachytiques ou leucitiqties de couleur claire englobent
souvent en très grande abondance de petits fragments anguleux de calcaire, en voie de dissolution partielle par les eaux atmosphériques; ils sont devenus alors trop petits pour la cavité qu'ils remplissaient primitivement et au milieu de laquelle ils sont actuellement mobiles. Ces calcaires sont le plus généralement absolument intacts, ce qui s'explique assez facilement; ils ont dû être brusquement arrachés par de grandes explosions et sont restés peu de temps en contact avec la roche volcanique ou soumis à ses émanations.
Ces enclaves ne sont pas les seules que l'on observe dans ces scories; on y trouve des morceaux arrondis de sanidinite et enfin de calcaires, riches en silicates, ainsi que plusieurs des agrégats silicates qui seront décrits plus loin. Or, fait important, ces roches métamorphiques, parfois rubanées, sont également arrondies et Torientation de leurs éléments constitutifs n'est pas eu rapport avec leur forme extérieure. Il faut nécessairement en conclure que ces roches ont été arrachées des profondeurs alors qu'elles avaient déjà leur constitution définitive; les minéraux métamorphiques sont donc déformation antérieure à l'éruption qui les a amenés au jour. Tandis que les calcaires intacts ont été arrachés près de la surface, les roches métamorphiques, au contraire, l'ont été profondément.
Enclaves dans les roches volcaniques compactes.
Passons maintenant à Texamen des calcaires enclavés, non plus dans les ponces, mais dans les roches volcaniques plus ou moins compactes.
Les traohytes micacés renferment parfois en très grande abondance des fragments anguleux de calcaire. Certains échantillons sont constitués par une véritable brèche de
friction, dans laquelle le calcaire est cimenté et quelquefois seulement aggloméré par un peu de verre trachy tique. Ce sont sans doute ces roches que M. A. Scacchi désigne dans son dernier catalogue des minéraux du Vésuve sous le nom de lava a breccia ^. Ce savant fait remarquer que la surface des fragments de calcaire est souvent devenue terreuse par caldnation.
Ces enclaves calcaires sont souvent tout à fait grenues ; elles sont généralement séparées du trachyte par une mince pellicule brunâtre, dépourvue d'éléments cristallisés. La cristallinité de ces calcaires esl évidemment due à Taction de la roche volcanique ; quant à cette dernière, elle n'a souvent subi aucun phénomène de métamorphisme endomorphe.
M. Pasquale Franco a décrit ^ un échantillon d'une roche qu'il désigne sous le nom de sanidinite pirossenica et dans laquelle il a trouvé du grenat, de Tidocrase et de répidote(?) qu'il attribue à une action de contact.
Dans les échantillons que j'ai moi-même observés, le grenat est assez fréquent. Sa cristallisation est intimement liée à celle des autres grands cristaux de la roche et il me semble probable qu'il constitue un des éléments anciens de la phase intratellurique, d'autant plus que les nombreux fragments calcaires englobés dans la roche volcanique ne renferment souvent pas trace de minéraux métamorphiques et que la roche volcanique elle-même ne paraît avoir subi aucune transformation endomorphe.
J'ai trouvé, dans les ravins de Quagliaet de Pollena, des échantillons d'une roche gris-bleuâtre, extrêmement riche en gros cristaux de sanidine, et contenant parfois de petites enclaves calcaires. Cette roche parait très analogue