‹ Les enclaves des roches volcaniquesChapitre 91 sur 206 · I. — Trachytes et andésites acides avec on sans biotita · texte numérisé non relu

I. — Trachytes et andésites acides avec on sans biotita

oa hornblende.

Résumé et conolusions. — Les trachytes à biotite et hornblende renferment assez fréquemment des enclaves grenues, presque exclusivement constituées par de l'orthose ou de l'anorthose ; je les désignerai sous le nom de sanidinites. Elles sont surtout abondantes dans les variétés de trachyte, elles-mêmes pauvres en éléments colorés.

La composition de ces sanidinites est simple; en outre des feldspaths acides cités plus haut, on y rencontre parfois un feldspath calcosodique ; les éléments ferrugineux (mica, hornblende brune et pyroxène) y sont généralement clairsemés [Menet, Monac (Gantai), Monselice (Monts Euganéens)] et souvent même absents. Les cristaux prismatiques rouges de zircon, pouvant atteindre 0*^" 5, y sont très fréquents et sont généralement accompagnés de gros cristaux de sphène ; plus rarement on y rencontre du corindon (Menet).

La structure de la roche est très souvent miarolitique; par suite de l'aplatissement des feldspaths suivant g^ (010) et de Tenchevétrement de leurs lamelles, il existe alors un grand nombre d'interstices qui rendent la roche très fragile ; ils sont souvent tapissés de minéraux bien cristallisés, zircon, sphène, apatite, magnétite, qui ne doivent

pas être considérés comme primaires, mais qui se soot produits sous Tinfluence d'émanations minéralisatrices ayant, selon toute vraisemblance, accompagné la venue au jour de la roche volcanique englobante. Les cristaux de zircon et de spbène ont souvent des formes assez différentes de celles qu'ils présentent dans la masse même de la sanidinite. On y trouve aussi parfois un minéral du groupe de la wernérite (Procida).

La structure miarolitique de ces enclaves rappelle celle de certaines syénites anciennes de Norvège ; elle n*est point constante dans les sanidinites dont beaucoup sont franchement grenues (PI. V, fig. 4).

Dans quelques gisements italiens (Monte Olibano, et lie de Procida), j'ai observé, en outre, des sanidinites à grands éléments passant par gradations insensibles à des roches finement grenues : celles-ci contiennent parfois de grands cristaux porphyroïdes et offrent alors une structure à deux temps, tout à fait comparable à celle des microgranites. J'ai désigné ces roches sous le nom de microsanidinites (fig. 28), les comparant à une forme de contact de la syénite néphélinique de Montréal que j'ai décrite sous le nom de microsyéniie. Notons que, comme dans ce dernier gisement, ces microsanidinites sont souvent assez riches en augile et en grenat mélanite.

Il est impossible de n'être pas frappé par l'analogie complète qui existe entre les minéraux constituant ces sanidinites et ceux de la roche volcanique englobante. De plus, la composition moyenne de celle-ci est tout à fait comparable à celle de sa sanidinite. L'étroite parenté existant entre ces deux catégories de roches étant établie, et, d'autre pai't, la structure grenue ne se présentant pas dans les roches volcaniques acides venues au jour, il est logique d'en conclure que les sanidinites proviennent de la cris-

sa

tallisation intratellurique du magma qui 8*6st épanché sous forme de roche microlitique. Le trachyte et sa sanidinite ne diffèrent donc que grâce aux conditions différentes qui ont présidé à leur cristallisation mutuelle.

Les variations de structure des sanidinites prouvent de plus que les conditions dans lesquelles se sont effectuées leur cristallisation n'ont pas été constantes dans les divers gisements considérés. On trouve même qu'elles ont pu varier pour les échantillons d'un même gisement (Piocida, Monte Olibauo). Les relations mutuelles des sanidinites miarolitiques et des microsanidinites sont les mêmes que celles que M. Michel Lévy a signalées ^ entre les granités et les microgranites de S** Foy l'Argentière (Rhône), le granité se transformant en microgranite quand il s'injecte dans le micaschiste.

L'existence du grenat mélanite, commune aux microsanidinites de Procida et aux microsyéniles de Montréal, semble confirmer cette interprétation de l'origine de la structure des microsanidinites, et indiquer, en outre, que c'est à proximité d'une paroi calcaire, dont on trouve des traces dans les bombes calcaires décrites p. 330, que s'est effectuée leur consolidation.

Ceci étant posé, on peut se demander si ces cristallisations intratelluriques ont donné naissance à de véritables roches solides en place, ou si elles n'ont consisté qu'en éponges cristallines, agglomération de grands cristaux, nageant dans le magma volcanique encore plastique. Bien que dans beaucoup de cas, le problème ne paraisse pas sus* ceptible d'une solution satisfaisante, dans quelques-uns d'entre eux, au contraire, la question peut être discutée.

C'est ainsi, par exemple, qu'à Menet et à Monac, les feldspaths des sanidinites sont criblés d'inclusions gazeuses

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