D]B LA HARPE
chaleur entrahiaiitede son âoatticm, fait seo« tir IMlëganae et la v^ritd du portrait que La Harpe trace de .ce poète inimitable , « qui, dit^ 31 il, sublime dans sa naïveté, charmant jus^ y qtie dans sa négligence , est au*<]essus de » Tanalyse , et ne peat être que lu , relu , goûté »• avec délices; écrivain enchanteur , ii q«i H- nul n'a ressemblé dans sa manière de ra- » conter ; sage de tous les temps, qui , soua n Tattrait du plus gracieux badinage , sait TU donner du charme à la morale , et sui^tout » faire aimer le bon sens» • . . • ii Ici les ap* plaudissemens recommencent , et sont aussitôt réprimés par la crainte de réveiller celui qui les excite» et qui toujours est enseveli dans un profond sommeil. Mais lorsque le lecteur , passant à la description du bonheur dont jouissait Tillustre fabuliste, et de sa bonho* mie qui lui fit tant d'amis, lut cet ingénieux parallèle du Bonhomme et du bon Roi ; lors^ qu'il dit que oes deux surnoms populaires , qui expriment si bien l'c^inion générale, n*ont jamais été donnés par les Français qu'à deux hommes qui passeront dans la postérité la plus reculée, chargés de leur amour, de leur
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admiration , et que toujours ik dësîgneront Henri IV et La Fontaine.. ••• «.•••*, alors les applaudissemens se renouvelèrent , et lea acclamations qui s'y joignirent furent si vives , qu'elles réveillèrent enfin celui qui les méritait si bien , et qui, loin de songer à son triomphe , crut bonnement que ces trans-^ ports n*étaient.qu'un hommage rendu par le public au talent du jeune professeur d'élo-* quence , dont il reconnut la voix , et auquel îl portait un intérêt particulier.
Cependant celui-ci, qu'animait l'effet qu'il produisait sur tout son i^uditoire, continue k lire ce chef-d'œuvre de La Harpe , qui d'abord écoute vaguement quelques phrases qu'il trouve de son goût, u J'ai toujours prédit , )i se dit-il 11 lui-même , qne ce Luce de Lan^ 31 ci val irait loin.. v«« Gomment donc ! voil^ n du trait , de la verve , de la véritable 31 éloquence. Je ne ferais pas mieux moi ^ 3> qu'on dit passé maître... , » Mais, qu'oa )uge de la surprise de cet habile critique, lorsque le lecteur , venant à proférer de nquyeaiu le nom de La Fontaine, fait sentir Tinflue^ce du bophomme sur le bonheuir d^
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ses semblables ! La Harpe reconns^t alors ses idées , ses expressions , et se trouve dans son propre domaine. Il cherche son manuscrit qu'il ne peut trouver ; il écoute encore , et ne doute plus qu'on n'ait voulu respecter son sommeil , et que le jeune Lancival , qui lui a paru si pur et si brillant , ne soit son fidèle in^* terprète* Vivement ému , mais ne voulant jpas interrompre une lecture qui charmait une si nombreuse assemblée , et lui, faisait léprouver à lui-même une jouissance inexpri* mable , il se tient près de la porte , appuyé contre le mur, et respirant à peine ; il suit avec ivresse tous les mouvemens oratoires de Fheureux lecteur , et partage tellement les vives impressions qu*ils produisent, les transports qu'ils excitent , qu'entraîné malgré lui vers la fin de la lecture , il 's'avance involontairement à la porte d'entrée , montre sa figure épanouie aux auditeurs , qui se lèvent à Tinslant même , volent à[sa rencontre , et le com> blent de félicitations et d'hommages. Les administrateurs du Lycée l'instruisent de la privation qu'avait voulu s'imposer tout l'auditoire , pour ne point troubler son sommeil ,