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les persoDoes qui se trouvaient en séène aVee lui. Quant au dialc^ue , il le rëpëta , la bro« chore à la main ; mais comme la majeure partie se retraçait à son soutenir , il parut beaucoup plus familier avec les deux rôles , qu'oik ne respirait ; et fit tout naturellement soupçoiiner qu*il les avait joues plu» d*utie fois. Ce qui vint confirmer cette idée , ce furent les avis nombreux qu'il donnait h chaque in* stant , et sans y songer , à tel ou tel acteur qui n'était pas assez dans la situation du personnage qu'il représentait, La j^ne dame qui remplissait le rôle de Nina , proJfita bien plus que tous les antres, des leçons de ce grand mattre ; et 4e pria de lui lire à elle seule, ce rôle plein de nuances délicates, de mouvemens patliétiques. Elle éprouva à l'entendre , une émotion si vive , une admirationsi pro^ fonde , que d'abord eUe désespéra de pouvoir atteindre à la hauteur de ce personnage ; mais rassurée par son guide ausii complaisant qu'habile dans l'art de s.'eiprîmer , elle s'abandonna bientôt à toute son inspiration , Il toute sa sensibilité : elle passa là majeure partie de la nuit à redire cent fois ce que hii
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avait indiqué l'étranger ; et produisît à la répétition du lendemain , un effet qui surprit , et lui mérita tous les suffrages.
La maréchale, chargée du rôle d'J^/iVe dans Nina , et qui faisait Texposition de la pièce , avait de son côté prié Tinconnu de lui lire plusieurs fois ce récit intéressant de là première scène ; et retenant bien chaque expression , chaque pose indiquée , elle rendit de même ce morceau difficile , avec une perfection qu'on était loin d'attendre. Cette répétition générale fut tm véritable trîomj^ pour ces deux dames : les nombreux amateurs qui. composaient l'orchestre, avouèrent que jamais ils n'avaient rien entendu de plus vrai , de mieux senti... Mais ce qui sur- tout les eii' tfaousiasma , ce qui les émut au point de ne pouvoir presque plus exécuter la musique de Dalayrac, ce fut la belle scène entre le comte et sa malheureuiie fille. MarsolUer y mit un accent si déchirant : son admirable physionomie peignait à un si haut degré la touchante pitié d'un père pour sa fille adorée , dont il a caUsé le tourment, égaré la raison , qu'on ne pouvait s'empêcher de s'identifier
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avec lui, de partager ses remords et sa p^ne cruelle. « Je vous remercie beaucoup , mon- » sieur , lui dit Tainiable Nina , de m'habi-»- » tuer par degrësà tant d'ame et de perfec- » tion : elles m*eussent â>louie au poiutque 9 dans la représentation de ce soir , j'aiu*ais M été trop occii^ëe à vous admira , pour son- » ger à ce qu'il m'eut fiedlu dire. — C'est à M vous ^ madame, rëpcmdMaradAier, que je j> dois le peu deyérité que je montre dans n mon rôle : vous en mettez tent dans le ¥^ 9. tre i... J'en fais ici l'aveu, dq>uis madame 1) DugaaDQ , je n'ai renocnitrë de ma vie une » aussi parfaite Nina, n Ces dernkra BM>ts donnèrent tout^*^ait le change sur l'âran-ger ; cette connaissance {»*ofi>nde de l'art , œ :grand usage de la scène , qu'il montrait jos^ -que dans les plus petits détails, tout concourut à le fake pr^idre pour un ancien comédien de provinoe,ou pour un directeur de troupe départementale, qui se rendait à sa destinatimi • Dès-lors on le traita toujours avec beaucoup, d'honnêteté , mais insennblanent il s'étaUit entre la maréchale et lui., cette U« gne de démarcation d'usage : à ces soins em-'
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pressa, à ces honorables déférences qu'on accorde atix gens comme il fatit , sucoëdèrént ce ton, ces manières qui font «entir avec adresse une certaine distance de rang, un droit d'étiquette. On n'appela plus Marsollier, que notre maître, notre cher directeur^ Le besoin qu*on avait de lui , l'enthousiasme qu'il excitait , par sa grande connaissance du théâtre , lui attiraient bien des égards : on était enchanté de le posséder ; mais on n'en paraissait plus honoré.
Ce changement si commun sur la scène du monde , amusait beaucoup celui qui faisait une étude constante du cœur humain. Son domestique interrogé plusieurs fois sur le nomet les qualités de son matibre , avait gardé fidèlement le secret qui lui avait été recotnmandé* MarsoUier , dont le naturel était caustique et maUn , voulut profiter de la circonstance , pour se divertir et rire en secret des faiblesses de la vanité. Il ajouta donc aux apparences , en laissant échapper de ces expressions, de cea mots de coulisse , qu'il était habitué d'énten-» dre ; et leur donna une teinte d'usage et de propriété, qui ne firent qu'accroître les soùp-
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^oos qu'on avait conçus. Ces soupçons dévia-* rent en-qcielqiie sorte xuie certitude , par uu hasard skrguUer dont profita, (lour se mteus voiler eneore, Ting^nieux aol^eur dfimalique* Parmi les musiciens qui oonposaiept Torclies* treVse trouvait un aw:ien premier vidlon du théâtre de Lyon , homme pleia de taJeat , retiré près de Châteaudim ^ oii l'avait af^pelë l'héritage d'«in garent qui possédait dans ces environs une agréable retraite. C2et estimable artiste , d'un commerce sàr et d'un «todleat ton ., venait siMivent faire de la musique au château ; il apprenait à ces damies diflerens rôles qu'elles jouaient* Une indisposition pas^ sagëre ne lui ^vait permis d'arriver qu*au moment où l'on allait répéter les Petits Sa^ uqyards : en apercevant l'auteur , qu'il avait connu particulièrement à Lyon, il ne put se défendre d'un mouvement de surpsise et de jpie. u C'est vous !..• » décrie l'artiste , se jetant dans ses bras.. « !He me nommes pas, je vous eu prie! lui dit tout bas JVIarsolÛer , ei^ l'embrassant. — < Ces messieurs se connaissent, à ce qu'il paraît : leur dit la manéchale« — Qui pourrait oublier, reprit vivement la
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nouvel actenr , Fartiste respectable qui fUt pendant vingt ans le guide et le soutien dti grand théâtre de Lyon ? — Pas autant que vous , répond celui-ci ; vous avez à vous seul enrichi plus d'une fais notre caisse ; et lorsque votre nom se trouvait sur Taffiche, on était assuré d'une chambrée complète,;... » Cette réponse acheva de convaincre la maréchale et toute sa société , que le cher directeur était ce qu'on avait soupçonné d'abord , un acteur de premier ordre , qui s'était retiré du théâtre ; et Marsollier de s'amuser de cette méprise , et d'étudier tout ceqtfelle pourrait produire de piquant aux yeux d'un moraliste observateur. Il remarqua d'abord que la ma-* récfaale qui , au souper de la veille, 'lui avait donné la place d'honneur , et Favait fait as-' seoir à sa droite, nele plaçait, au grand dîner, qu'à certaine distance 9 oh lemaMn auteur se mit bientôt à raconter les anecdotes les plus plaisantes dont il avait été témdtn , et quf prouvaient que personne n'était plus initié que lui dans tous les' mystères de cotthsse et de Aéâtre*
Enfin arrive un courrier, qui annonee qu^
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SOUS un quart d'heure le maréchal entre au château. Chacun s'empresse et se prépare h le fêter : les habitiins du village sont s<mis les arme^4 le maire a préparé sa harangue ; et un grand nombre de personnes qui habitent des terres dans les environs , %'avancent portant des fleurs et des couronnes de laurier. MarsoUier , sous prétexte de s'assurer de ses deux rôles , qu'il avait appris dans la nuit , et craignant d'être reconnu par quelqu'un des nombreux invita , s'était retiré dans l'endroit de la salle de spectacle destiné à la toilette des acteurs. Déjà il avait endossé le bel ' habit de velours-marron , magnifiquement brodé , la perruque de comte de l'ancien régime ; et se flattait que ce déguisement , si contraire à la simplicité de son costume ordinaire , l'empêcherait d'être découvert. Une décharge d'armes à feu et des cris de joie nombreux et prolongés , annoncent à cent pas de la grille , l'arrivée du maréchal , qu'entourent déjà tous les villageois qui le chérissent comme un père , et que pressent dans leurs bras sa femme et sa nombreuse famille* Il n'est pas sur sa figure martiale une hono-
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rable cicatrice qui ne soit couverte des baisers les plus tendres. Il entre au grand salon où tout est joncha de fleurs; et tandis qu'il y reçoit les hommages des heureux qu*il a faits , la maréchale s'évade furtivement , va prendre ^ la hâte* son costume de théâtre ; et au moment où son mari la cherche des yeux dans IsL foule qui l'environne , pn yaletde-cham-*hre lui anpçpçe que ma^a^e la maréchale l'attend à l'or^ij^ie. U Vy re;nd sous un berceau j3e fleurs et de feuHlage : à son apparition , un orchestre nombreux exécute ce beau Chant du Retour qu'inventa la lyre savante de Méhul. 11 aperçoit un théâtre élevé : il se me^ à, la pl,ajçe qui lui est destinée , au miKeu de ses 9mi^ , des frères d'aj^mes qui l'accompagnent ; l'ouverture de Nina se fait entendre, et l'exëcx^ion en esft parfaite : la toile se lèye et la pièce commence. La maréchale , k qui MarsoUier avait fait plusieurs fois répéter son r^e , surprend et montre dans l'exposition de l'ouvrage , un talent qui transporte les spectateurs et son mari lui-même , au point qu*il s'écrie à chaque instant : « Très- )i Inen !•••.. on ne peut mieux!..... admira-
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T> ble !•••• la bonne Gontier n'avait pas plus
» de v^ritrf » Le vienx Georges ëtait par-
feitement représente par l'ancien précepteur du maréchal , vieillard aimable et instruit. Bientôt paraît Marsollier dans le comte : personne ne le connaît que Fancien premier violon des bords du Rhâne : l'aisance et la noblesse de ses manières , l'expression de sa figure et sa diction si pure , si pénétrante^ tout produit une admiration générale, un transport unanime* Ce qui sur--tout cause une sur^' prise et une satisfaction difltciles à peindre \ c'est l'adresse avec laquelle dans sbvt monolo^e de la scène troisième , il met en prose le bel air : O ma Nina , fille chérie,».. H le récite avec un accent qui vaut , en quelque sorte , la délicieuse musique de Dalayrac : jamais les regrets et la tendresse d'un père ne furent exprimés avec plus de force et de dignité : on ne pouvait se défendre d'une émotion qui provoquait les larm^. a Philippe n'était pas plus beau ; s'écriait le mai^hd , transporté : « Monvel n'eût pas été plus touchant,... n Enfin , après mille applaudisseznens longtemps prolongés , paraît dans Nina
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la nièce aînée du marëchaL II frémit d'abord de la tâche effirayante qu'elle s'est imposée ; et ne peut croire qu*dle puisse soutenir un personnage aussi difficile , sur-tout à côté d'un père qui paraît être un acteur de pre-, mier ordre ; mais bientôt il est détrompé , et sa surprise égale la tendresse qu'il porte à la jeune actrice , en l'entendant réciter sa grande scène d'entrée , oii seule , elle se livre à toute la souffrance de l'ame , h tout l'égarement de la raison. Sa démarche , son geste , le mouvement de ses yeux , tout annonce un cœur flétri par la douleur , une tête ^arée. Elle met sur-tout dans la romance du bien aimé^ des nuances si parfaites , une expression si vraie , que son oncle, égaré lui-même, croit entendre cette admirable Dugazon qu'il avait tant de fois applaudie, et dit à ceux qui Pentourent : u Tenez-moi bien , je vous en prie ; 31 car , dans l'ivresse que j'éprouve , je suis 1» capable d'escalader l'orchestre , et d'aller 3> tomber aux pieds^de ma nièce* »
Tout le reste de la représentation de ce touchant ouvrage, oflErit la même perfection. L'époux d'uDe des deux nièces , jeune homme
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qui joignait h. H phrs agréable figure , tme voix ravissante , tin grand usage de la scëne , compléta dans le rôle de Germeuil , l'ensemble le plus parfait qu'on pût trouver dans un spectacle d^amateurs. Le maréchal ne pouvait revenir de son ravissement : il avouait que de toutes les fétci brillantes dont il avait été le témoin , aucune ne pouvait être comparëé à celle qui célébrait son retour. Au^i , dès que laî maréchale , après avoir quitta le costutoe à^ Elise , revint prendre place auprès de Itii , pendant qu'on se préparait pour les deux Petits Savoyards ^ il hii témoigna tout tout «a surprise et son ravissement, ic Mais apprenez-moi , de grâce , quel est ce monsieur qui vient de jouer le père dans Nina! — C'est un ancien acteur de Lyon qu'un heurçux IrtSard a conduit ici pendant Torage. » Elle instruit aussitôt son mari de tout ce qui s'est passé ; et de la grâce que l'étranger a mise à les diriger, à les électriser par son talent. Déjà le maréchal aussi généreux que brave , projette de reconnaître tant de soins , et de récompenser un talent aussi rare : il fera remettre au père-noble , une riche tabatière en or, c<m-«
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tenant un billet qui lui exprimera tout lebonlieur qu'il vient de lui faire éprouver. Dëjh , de son cote , la maréchale se disposée mettre au doigt du cher directeur^ un anneau précieux ^ pour lui . rappeler le service éminent qu'il venait de rendre à toute une sopiété qui , sans lui ^ n'aurait pu célébrer une aussi charmante fête , et lui donnner autant d'éclat.
Cependant Marsollier avait pris le costume du seigneur des Petits Savoyards , et se trouvait entouré sur le th^tre , d'i/n grand npmbre de curieux qui le félicitaient et le traitaient comme un acteur de profession : ce qui le ravissait et lui donnait l'assurance de n'être connu que du vieil artiste, dont il ne pouvait craindre l'indiscrétion. Au moment néanmoins où commence l'ouverture de la seconde pièce , il entend dans la coulisse une voix qui prononce ces mots: « C'est lui !....• C'est lui- 3> même ! » 11 regarde et n'aperçoit rien qui puisse lui faire découvrir la personne qui venait de s'exprimer de la sorte. La toile se lève , et bientôt paraissent les deuj: nièces du maréchal , dans les rôles de Michel et de Joset. Autant l'une intéresse par la douceur de son a * 12...
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regard et le charme de sa voix , autant l'atttre amuse et ravit par son aimable espièglerie et son agaçante vivacité. Les anciens amateurs' s'imaginent revoir mesdaiùes Saint -Atibin et Rose-Regnault. Marsollier reparaît à son * tour , et saisit , daïis le rôle de monsieur de F'erseuil , cette nuance de bonté natorelfe , ces manières d'un excellent, homme né sanr fortune et dévenu seigneiu* de village. Ce n'était plus ce noble maintien , ce ton de dignité,' cette aisance imposante qu'il avait montra dans le père de Nina : c'était cette bonhomie franche , expansive , cette douce familiarité d'un savoyai*d devenu opulent. Jamais ce rôle , même à Paris , n'avait été rendu avet plus de simplesse et de vérité. Il crut cependant s'apercevoir, que plus il cherchait à descendre au niveau des deux petits savoyards , plus ceux - ci lui témoignaient d'attacheinent et de respect. La jeune dame sur-tout, qui remplissait le rôle de Michel , attachait sur lui des regards«d'une expression très- remarquable , et semblait l'entourer desoins et de prévenances qui n'étaient point indiqués dans le personnage qu'elle représentait. Enfin , la pièce est
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joaée avec tiii ensemble étonnant ; et lorsqu'à la (fernière scène, on annonce les habitans du village, on voit paraître tous ceux des environs du château ; ib viennent ofitrir au maréchal , des lauriers et des fleurs , c* répéter le refrain de plusieurs couplets , que chante un des sea àides-de-camp , et qui retracent tout ce qu'il afait pour la gloire et le bonheur de son pays. Ce dbœur général est répété par tous les acteurs , et par Marsollier lui-même , qui s& croit plus qbe jamais confondu dans la foule et sous le Voile du myisth« ; mais quel est son ^tonuément, son émotion, lorsque là jeune dame qui «^avance pour chanter le dernier couplet du vaudeville ^ le parodie de cette manière:
« L'auteur des âeux cBarmans ouTratges
» Qiie nous TeÉont dé vous àffirir ,
w D'«n voâe ^p«s veut se èfmvruc f
» Et se soustraire i nos hommages :
» TJn nuage ainsi dans les cieux 1» Caeke vta. îtertAnt le dieti de la lumi^e ; » Mais toiit-4-eoiip fopbralt k nos yeux
» L'astre hriUanl qui nous éclaire. »
En achevant ces mots , elle dépose une cou^ ronne de fleurs sur la tête de Marsollier ^
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qu'elle nomme, à tous les spectateurs* Il 8ë trouve aussitôt entoure des acteurs et des musiciens , qui ne sont plus surpris de cette admirable diction, de ce ton si n<^Ie et si vrai qu'il a mis dans ses deux rôles. Geùx-ci le pressent dans leurs bras , et s enivrent de sa prëseoce^ ceux-là baisent ses mains avec res* pect , et semblent fiers de s'étré associés à l'un des plus dignes soutiens de notre scène lyrique^ La maréchale elle-même s'ei^ âan- <:ëe8ur le théâtre, et perçant la foule, vient embrasser le cher directeur. Quant au mare* chai qui déjà préparait à l'éànnger un ca** deau digne de son talent ^ il se restreint aux ^ards qu'inspire un homme de lettrés qui connaît toute sa dig;nité. Cette singnHëre découverte doubla l'éclat et les plaisirs de la fête. Marsollier crut d'abord qu'elle était l'effet d*une indiscrétion échappée au vieux dbef d'orchestre; mais il fut détrompé par l'auteur des couplets , qui lui dit être un proche parent de son fidèle collaborateur , de son cher Dalayràc , chez lequel il devait se rappeler l'avoir vu souvent dans sa jeunesse : Mar^ sollier se remit en eflfet leurs fréquentes en-
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trevnes, et lui pardonna sans pdbe de l'avoir fait reconnaître. Au grand souper qui suivit le spectacle , l'auteur dramatique reprit son rang , et fut place à la droite de la maréchale, qui, secondée par ses deux nièces et ses nombreux amis, le combla de tous les égards , de toutes les déférences qu'on d<Ht a une repu* tation méritée. « Ncms ressemblerons désôrn mais , » lui dit-eUe , « à ces insulaires qui se » réjoui&sent quand il survient un orage ^ les H éclats de la foudre ne seront plus pour nous Il que l'annonce d'un événement heureux , » et de l'apparition d^un aim^ible Mentor. -— 3» *Ah I madame , d répond Marsollier , en reganlant les femmes charmantes dont elle est eavironnée , u ménagez-moi de grâce ! bien tt que j'aie les eheveux blancs de Mentor, je n sens qu'il me faudrait encore son égide , » pour oser me présenter dèvaat Galypso , M et me trouver an milieu de ses nymphes. »