B» VOYAGE
se fait remarquer sur sa figure i chacun Texamine , et ne sait à quoi attribuer la cause de l'émotiou subite qu'elle éprouve: elle annonce que l'ami qu'ils attendaient , et qui devait jouer le père dans Nina , et le seigneur dans les Petits Sapçyards , venant de perdre subitement un de ses plus proches parens, se trouvait dans l'impossibilité de paraître à la fête, u Ainsi donc, ajoute la maréchale , notre spectacle de demain » pour lequel nous avons fait tant d'études , n'aura pas lieu ! ainsi nous ne pourrons célébrer le retour de mon mari , lui rien offrir qui soit digne des nouveaux lauriers dont il revient couronné! — Moi , dit l'une des jeunes dames, qui me faisais un si grand bonheur de l'intéresser, de l'attendrir dans Nina / — Et moi s'écrie l'autre , qui me disposais si bien à le faire rire de tout son cœur , dans mon rôle de petit savoyard ! — Et ces charmantes décorations qui nous sont arrivées de Paris ! — Et plu^ de trois cents personnes des environs qui se trouveat invitées ! — Et tous les musiciens de Qiartres et de Châteaudun qui doivent former notre orchesti;e > et qui déjà nous ont fait répéter plua II,.
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sienrs fois ! — Jamais accident ne vînt plus mal-à-pro|K)s. — Que faire , et quel parti prendre?.... — Si j'osais , dit à son tour Marsollier , proposera ces dames de jouer les deux rôles ? —Vous , monsieur ! — Us forent longtemps grarës dans ma mémoire; une ëtude de quelques heures suffirait peut* être pour les y remettre. Je serai sans doute encore plus émn , plus timide que vous , mesdames ^ mais du moins j'aurai la satisfaction de ne point laisser manquer une fête à laquelle tant de inonde s'int^esse ; et je pourrai me Vengei* , bien faiblement il est vrai , de la dâicieuse hospitalité dont on daigne ici m'honorer. & La proposition de l'inconnn fut acceptée avec transport; et dans l'agréable surprise où l'on était , il fut décidé qu'on répéterait au piano , le soir même. « J'aurai seulement une » grâce à demander, » reprend le nouveau père-noble , « c'est de passer le grand air du » comte dans Nina , et celui du seigneur dans >» les Deux Petits Sai^oyards : il me serait i> impossible de les faire entendre , n'ayant n point l'habitude de chanter. On pourra » mettre en dialogue ce qui , dans ces deux
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» air9 , contribue à Tintelligence de la scène. , • s» Quant aux morceaux d'ensemble , aux d\ioa % même , et à tout ce qui compose les deux V rôles, j'y serai prêt pour la grande rtfpëti*> » tion de demain. »
Ces ofires, fidtes avec la plus aimable cor^ dialitë, ranimèrent toute TassemU^ qui passa tout-à-coup de la stupeur et des regrets , à la |oie la plus vive. Cëtait à qui s'approcherait de l'étranger , à qui le remercierait de sa grilcieuse obligeance* Xa maréchale sur-tout , qui poor^it à son époux un attachement payé du plus tendre retour, ne savait quelles expressions employer pour peindre au ncmyid acteur , et son rayiss^nient et sa reconnaissance.
On se met donc à r^ter les deux chaiv mans ouvrages dont persttme en ce moment ne pouvait s'imaginer qu'on possédait l'au leur : oehii-^ , qwioanscarvait dans sa mémoire les dbants ai naturels 4e aon coUâborateur , avedo^uel il avût partagétant de couronnes , n'eut pas de peine à se rappeler la plupart des morceaux d'ensiimdble ; ètlesehanta , quoiqu'à demi- voix , de manière à étonner toutes