‹ Les encouragemens de la jeunesseChapitre 65 sur 66 · MADAME DE STAËL · texte numérisé non relu

MADAME DE STAËL

M sodés heureux , ces expressions neuves , pil- » nétrantes , qui donnent tant de couleur à & » penaëe et la gravent, si bien dans la mémoî- 3» )re«.*..«> » Galiste voulut &a. vain ri^jster aux vives instances de madame de Staël ; le :^tnétMl , malgré toute son aastéxité , l'invita iui-^Biéiiie à cëder : ils montent donc tous 1» 4rois en calèche ^ et ein moinâ d'unie heure ik sont arrivés à Çhaumont. Le premiœ regard de Galiste se porte sur le.château d'Onsain , et le soupir qui lui échappe ^ anjDonce tcait ce que ce beau séjour offip^ à son «ouvënir. Elle suit son jajQÇiie dans une tour gothique oit cette dernière avait établi le lieu de ses méditations. h^ tableau des exilés est placé sous un beau pcH*trait de monsieur Ned^r , ouvrage d'un de nos {dius grands Boiaîtres* Tout dans cette mystérieuse retraite semble étreen^preint du g^ie créateur qui Thabite ; on Ut ao-^dessus de ta cheminée ces mots qui td^ijours furent la devise chérie de madame de Staël : Dieu, mon père et la liberté*»».. Sur un des pilastres qui encadrent la glace , on remarque cette insorip» tion , tracée au crayon ^ par uoe main célèbre : «t FOiint d^ejcil pour qui chérit f étude— n. a

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Sur l'autre pilastre oq lit ^Btncoré : u Point -^étriyite prison pom* qui sait y promener s^ pensée,,... » Caliste ne peut résister à Fen*thousiasme que lui inspire cette imposante sdlitude ; elle sient qu'dle ^ëye Tame , enflamme l'in^gioatio^ : elle Youdrait y passer le reste de sa vie entre Tét^de et Famiti^ ; madame de Staël &it le même yceu.'L^e^^ît qui compose A bescnn de s'épaineher, il lui faut un autre Jbi'-méme qui le épmpreune , F^iin^ quand il «'élance , le retienne quand il s'^are ; et ja-«> mais elle n*a rencontré de coeur qui fut à la mesure du si^i , oommé celui de madeciioir «elle Saint-Lambert. Celles avoue^, en rougissant, qu'elle serait trop fière de la conùqpa'i raison , si jamais dlé osait y croire , et le'gjé-» rai , toudié de Fbonorable épanehemeot de madame de Staël , empressé de procurer à sa chère Gali^te les distractions dont ellea hesdn, promet de se relâcher de ses goûts £(olitaires , et d'ameâer souvent , le matin , sa fille au châ* teau de Ghaumotit. On forme alors mille pro-* |ets de travail etde réunion ; Ija véritable anpi^ |lé^ ce besoin de tout être aimant , cette uni-« que passion du sage va réunir deux femme&

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dignes de s'apprécier : te fsuste est scelle par de mntodles protestaticms d'un entier dë^ouement et par renia^ement le plus tendre.*.... lors^'un^ Talei-de-chafiftbre enfre ^ remet à tna<feMBe de Staël un billet. A peine l^a-^-elle ouvert ^ qu'elle invite le général et sa fiUe-ii )>ad8er dan» tm oratoire liant la pe^te se trouve auprès dé &t, bibliothèifae; « Il s^agit, ditelle, 31 du r^os et du bonheur d'une personne qui i> m'intët'eëse : il suffira ^ j'espère, de quel- )> ques iti£toAs pomt y pairvenir. Entrez, de w griee ! 6t je ne tarderai pas à me retrouver T» avec v>èus*.«.. M'Calttfle'etsônp^^e hâ* tent de rëpotidre h ^)étte invitation; et. dès qu'ils sont «ësparu^ ^ ^ lè vsdet-de^hambre , fi^le esëc«teurdes ordres qu'il a reçus, im-* noneë et introduit le comte de ftancay^ Cduiei poHe en etitrant ses «^eigards sur le tableau, des ekilës : il reste immobile , sfcup^it , et ne peut ar^cuter une seule parole. Il avance yen la p^ntui^^ fidèle, qu'il reconnaît être l'ouvrage de Galiste : sdn trouble augmente , sa surprise est tnetjHÎmablè. « Voua voyee, lui dit madame de Staël > la copie exatte de ma première entrevue avec n^emoiselle Saint-

ou LES EXILES. S^S

Lambert;. ^— Eh quoi, madame, vous la connaissez ? -^ Depuis trois mois , et je suis fière de me dire son amie» -^ Oh ! combien je dois vous paraître coupable ! et que de justes plains

. tes elle a du vous faire de moi !^- Elle se plaindre !•.. vous ne la connûtes jamaiè... vous qui prétendez que toute fetnme distinguée se forme bientôt une cour nouvelle , vous voyez celle dont s'entoure ma chère Gali^te : son père, les arts et la solitude. — Ah l j ai trop écouté la crainte de la voir briller dans le monde et d'être éclipsé par elle; mais vous m'avez rendu à moi-même ; oui , je dois.à la lecture de Co^ rînne , dont Caliste est la plus parfaite image, le changement inespéré sans lequel j'allais consumer ma vie dans l'indifférence et les regrets. Aidez- moi , je vous en supplie , à retrouver ce que j'ai perdu ! que votre imagination si brillante et si féconde vienne désop^ presser ce cœur flétri par leremords ! Oh peut se consoler d'avoir été trompé , mais non ja-*

. mais d'avoir tron^pé ce qui nous fut cher. -^ S'il ne s'agissait que* de ramener à vous ma

jeune amie , j'oserais l'entreprendre , et je troiiivçt'aiç des armes jqâques dans soa ressen*

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timent x comment se fâcher contre d^autres que ceux qu'où aime?«r«. mais puis^je espérer de fléchir le fénérai Saint-Lambert qm , d'après vôtre demamfe et vos promesses réitérées , avait annoncé partout votre mariage avec sa fille? — Eh bien, qu*il prescrive ia réparation nécessaire! faut-il mon sang, ma vie? je suis prêta tout sacrifier..... mais que du mmns il m'entende et qu'il sache toutes les séductions , toutes les^rreilrs dont fe fus environné ! S'il n'est cîdlé que pour avmr sauvé du piUage une ville étrangère , ce héros de l'humanité sera-t-^il pour un Français moins généreux et moins compatissaht^ue pour les ennemis de sa patrie? — Non , non , s'écrie le général , sortant tout-à^oup de l'oratoire , venez dans mes bras , et que tout soit oublié !•••• « Le comte s'y précipite et ne s'en arrache que pour tcnnber aux pieds de Caiiste, soutenue par sa digne ami^ , et dont les re- * gards attendris et la vive émotion confirment le pardon prononcé par son père. L'auteur de Corinne laisse éclater tOùte sa joie : Caliite lai prom^ un second tableau qui représentera la scène délicieuse qu*a produite la lecture de

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