CONCOMITANCE DE CHORÉE ET DE DÉTERMINATIONS RHUMATISMALES
Sur les 23 observations que nous rapportons, six fois seulement on note des manifestations rhumatismales. Tantôt celles-ci ont précédé le syndrome choréique à plus où moins longue échéance, tantôt elles l'ont accompagné,
MircHiNsoN : Lancet, 11 Mai 1889 (Résumée).
Mitchinson rapporte lobservation d’un jeune garçon de 16 ans, atteint de chorée consécutive à une attaque de rhumatismes dont la première manifestation eut lieu 8 semaines auparavant. À son entrée, les manifestations choréiques étaient d'intensité moyenne; en même temps on constatait que le premier bruit du cœur était rude à la pointe.
Mais, rapidement, les manifestations choréiques augmentèrent d'intensité sans que les pulvérisations d’éther pratiquées sur la colonne vertébrale, deux fois par jour, agissent en qoi que ce soit. Parallèlement, éclataient des phénomènes mentaux caractérisés par une excitation très violente et des vociféraiions. L'alimentation devait se faire par une sonde nasale. La température atteint
FRROBIER
37°3, puis rapidement 39°2. le pouls atteint 150, la respiration 36. L’auscultation de la pointe révélait que le murmure systolique avait considérablement augmenté d'intensité.
Le 2 février, les signes nerveux n’ont pas rétrocédé malgré l’administration de teinture de belladone, xle bromure de potassium et de morphine; la température, à 4 heures du soir, s’élève à 40°, puis une chute brusque de température se produit à 5 heures du soir, et la malade meurt dans la nuit.
Autopsie. — Œdème du cerveau et végétations sur la valvule mitrale. j
En résumé, chorée intense, survenant trois semaines après une attaque de rhumatisme, accompagnée d’en- docardite et de signes généraux intenses. Evolution fatale en 11 jours.
OBSERVATION N° 2 (Résumée).
EvVAN POWEL (Brain, 1889) a rapporté une observation relative à un jeune homme de 19 ans atteint de chorée généralisée, six semaines après un rhumatisme.
.A son entrée à l'hôpital il présentait une chorée des plus violentes; les traits étaient contorsionnés, les yeux hagards, la parole inintelligigle. La déglutition était presque impossible et le malade, très excité, était atteint de délire de persécution croyant que sa nourriture était empoisonnée.
On constate en plus un souffle systolique de la pointe. Pouls à 170.
Il n’v à pas de signes généraux.
Puis succède une période durant laquelle les phénomènes choréiques et délirants s’amendent. Pendant cette phase, l'appétit et la soif sont exagérés. Il s’agit d’une véritable boulimie et d'une vraie polydypisie, si bien que ce garçon augmente de 9 kilos en moins de 15 jours.
LPO