I. — L’endométriome résulte d’une transformation cellulaire
Parmi les théories qui admettent que l’endométriome résulte d’une transformation cellulaire, les “unes situent le point de départ :
a) à un vestige embryonnaire : ce sont les théories
dysembryoplasiques ; les autres :
b) à un tissu du type adulte : ce sont les théories
métaplasiques.
A. — THÉORIES DYSEMBRYOPLASIQUES.
Elles ne sont en somme que l’application aux endométriomes de la théorie générale de la formation des tumeurs aux dépens de restes embryonnaires. Les débris embryonnaires incriminés, peuvent avoir deux
‘origines :
1° Je corps et le canal de Woff ; 2° le canal de Muller.
1° La théorie wolfienne, la plus ancienne, date de 1893 et fut défendue par Recklinghausen. Celui-ci, sur les coupes, cherchait les aspects qui pouvaient le conduire à établir l’identité de forme entre les canaux des proliférations épithéliales et les canalicules uripaires des reins primitifs : images de tubes sinueux ou droits, de dilatations ampullaires, de pseudo-glomérules.
Cette théorie fut tenue quelque temps en grande faveur. Mais bientôt ardemment combattue, elle ne suscite plus actuellement qu'un intérêt historique, malgré le renouveau qu'était venu lui apporter en 1910 l’observation troublante mais unique de Che- Vassu.
2° A la théorie wolfienne a succédé la théorie mullérienne sous l'influence de Kossmann (1897) et de Lockstaedt (1898).
Elle comporte une base embryologique, «a priori plus séduisante, puisque c’est aux dépens du canal de Muller que se développent l'utérus et la trompe ; mais elle ne saurait en tout cas s’appliquer qu’à ceux des endométriomes qui sont au voisinage immédiat de l'utérus, à moins de faire intervenir la notion trop commode, de restes aberrants dispersés en divers points de l’abdomen.
Et -en réalité, si le travail de Kossmann a eu une influence considérable pour détruire la théorie wol- ‘fienne, il n’a pas pu, pour cela, lui substituer la théorie mullérienne embryonnaire qui céda bientôt
Ja place aux théories acquises.
B. —— THÉORIES MÉTAPLASIQUES.
Elles sont basées sur la vieille théorie de Ranvier qui admet la possibilité de transformations cellulaires sous des influences diverses. Cette métaplasie pourrait se produire à partir des cellules de lendo-
thélium péritonéal :
a) C’est la théorie péritonéale métaplasique : La cellule endothéliale se transforme en cellules cylindriques à cils vibratils. La plasticité toute particulière des cellules péritonéales est une notion classique bien mise en évidence par Prenant et Branca. Robert Meyer, en 1900, l’appliqua aux endométriomes. De nombreuses études expérimentales sont venues depuis apporter une confirmation à la possibilité d’une telle transformation.
Cette métaplasie pourrait se produire sous linfluence d’une irritation chronique. Encore faut-il admettre pour que soient réalisées ces formations endométrioïdes que l’épithélium, en même temps qu’il se transforme, puisse acquérir un pouvoir infiltrant.
Certes, la majorité des endométriomes extra-génitaux se développent dans des régions où le péritoine peut être en cause. De nombreuses coupes histolo- -giques ont pu montrer, non seulement la contiguité du péritoine et des cavités adénomyomateuses mais la continuité entre l’endothélium péritonéal et le revêtement épithélial des cavités.
Certains auteurs, et Lauche en particulier (1923),
AN à Le
ajouteft un argument embryologique à la possibilité de transformation de l’endothélium péritonéal en un épithélium du type de celui de la muqueuse utérine : c’est que le tractus génital se forme à partir de l’épithélium de Muller. Cet épithélium trouve son origine dans le cælome primitif tout comme l’épithélium péritonéal. Il n’est donc pas étonnant, qu’après s’être différencié, il puisse reproduire des proliférations du type de l’endomètre ayant une fonction analogue à
celle de la muqueuse utérine.
8) Pour d’autres enfin, la métaplasie peut ne pas porter uniquement sur les cellules péritonéales mais également sur l’endothélium des vaisseaux lymphatiques. Sitzenfrey a trouvé dans des ganglions contenant des formations de type endométrial, des aspects de transition graduelle entre l’endothélium aplati des sinus et l’épithélium prismatique. De sorte qu’une théorie mésothéliale plus générale a été pro- . posée qui admet comme également possible et équivalente la métaplasie du péritoine, du revêtement
ovarien et de l’endothélium lymphatique.
Si la plupart des partisans de ces théories métaplasiques accordent à l’inflammation chronique un pouvoir considérable comme facteur d’hétérotopie épithélial, d’autres se refusent à croire qu’elle puisse agir indépendamment d’une action endocrinienne. ‘Oberling écrit : «Les cellules situées au fond des invaginations péritonéales peuvent bien devenir cylindriques, c’est là un fait banal. Mais pour que le ca-