ÉLISABETH, GLOCESTER
ÉLISABETH
Parlez : de lord Rivers avez-vous à vous plaindre ? De quoi Taccuse-t-on ? pour lui que dois-je craindre?
GLOCESTEll.
Se penchant sur le métier de la reine.
Mais rien^ croyez-moi donc. — Quel travail délicat! Cet ouvrage de femme est d'un goût, d'un éclat!
ELISABETH
Il est vrai; je suis femme ^ et comprends vos paroles : Je dois me renfermer dans ces travaux frivoles.
GLOCESTER
Vous ai-je dit cela?
LES Eî^FANS D'EDOUARD.
ÉLISABETH
Je me le dis pour vous.
Mon Dieu! de ses secrets que l'état soit jaloux; J'y consens : gardez-les; restez-en seul le maître; Je les ai trop connus pour vouloir les connaître. Mais je suis sœur, milord; je suis mère, et je crains. Est-ce un tort? que l'excuse en soit dans mes chagrins Le malheur rend timide ; à force de souffrance , J'ai contre l'avenir perdu toute assurance. Quittez ce ton léger que déme-nt votre cœur , Milord, et parlez-moi comme un frère à sa sœur.
GLOCESTER
Eh bien ! à votre gré gouvernez votre esclave , Et parlons gravement de ce qui n'est pas grave : Lord Rivers arrêté ! quel forfait est le sien ? Que lui reproche-t-on?.... rien, absolument rien. Mais à notre Edouard plus je le crois utile. Moins je vois ses dangers avec un œil tranquille.
ELISABETH
Quels dangers?
GLOCESTER
Vous savez que vos augustes nœuds Ont dans ses intérêts , dans son orgueil haineux, Ulcéré jusqu'au cœur cette vieille noblesse. Que rien ne satisfait et qui d'un rien se blesse.