‹ Les enfans d'EdouardChapitre 24 sur 106 · ACTE 1, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE III

Quand on vit vos parens des emplois revêtus,

On chercha leurs aïeux; je comptais leurs vertus;

Rivers , qu'avaient poussé mes amis et les vôtres ,

Vint sur les bancs des pairs s'asseoir parmi nous autres ,

Dont les noms se perdaient dans la nuit du passé ;

Le mot de parvenu fut alors prononcé :

Mot banal, et des cours injure favorite

Lorsqu'auprès des grands noms s'élève un grand mérite.

Sa fortune croissant avec ses ennemis,

L'héritier du royaume à ses soins fut remis.

On murmura plus haut; mais on craignit les armes

Que vous teniez du roi subjugué par vos charhies.

ÉLISABETH

Milord ! . . . .

GLOCESTER

Qui n'eût fléchi sous un tel ascendant? J'y cède comme lui, reine, en vous regardant. Mais enfin ce dépit, que retenait la crainte. Depuis votre veuvage éclate sans contrainte. « Votre frère, dit-on, maître du jeune roi, » C'est ce parti haineux qui parle et non pas moi , « Gouverne son esprit ainsi que sa personne , « Et mettrait volontiers les mains sur sa couronne.»

ELISABETH

Qui, lui! mon noble frère!

GLOCESTER

Eh non^ mille fois non!

Ce sont vos deux enfans qu'on poursuit sous son nom On voulait ^ prévenant le sacre qui s'apprête y Pour aller jusqu'au roi^ faire tomber sa tête.

ELISABETH

Mais c'est affreux ! milord.

GLOCESTER

Sans doute, c'est affreux; Et de tous ces complots l'artisan ténébreux , Quel est-il? Lord Hastings.

ELISABETH

J'en frémis : à l'entendre , Il avait pour mes fils un dévoûment si tendre! A qui donc se fier ?

GLOCESTER

A moi, qui l'ai puni.

Gardez-vous cependant de croire tout fini ; Leur parti n'est pas mort avec ce chef habile. Il fallait à Rivers assurer un asile; Il fallait plus encor, que le bruit des verrous Par un acte apparent satisfît leur courroux. Voilà le double but oh je voulais atteindre,

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