IMPRIMERIE DE FIRMIN DIDOT FRERES
RUE JACOB, N° 24- — 'wm^^&m» "m —
'ÉDITEUR du Livre des Cent -et -Un peut croire, sans montrer beaucoup d'orgueil , qu'il a fait preuve de quelque aptitude, dans l'exercice de son industrie, à se conformer, en temps propice,
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au goût universel des lecteurs; rempressement qu'on a mis à se saisir de la forme de ses entreprises justifie, du moins jusqu'à un certain point, cette présomption. Cette fois il n'a pas l'avantage de l'initiative. L'idée d'une longue série d'intéressantes historiettes ne lui appartient point, puisqu'elle est devenue commune, depuis quelques mois, à quiconque se mêle de produire et d'imprimer : mais elle n'appartient à personne ; car il faudrait remonter bien haut pour en trouver l'origine, à travers les délicieux recueils de Boccace, de Louis XI et de Marguerite de Navarre. On ferait avec cette recherche un article , ou plutôt un volume curieux de bibhographie spéciale, et il ne s'agit ici que d'un Prospectus.
Seulement, il lui convenait peut-être plus qu'à tout autre de profiter du concours bienveillant de tant de beaux talents, qu'un sentiment honorable pour lui a rendus ses généreux tributaires, pour jeter à son tour dans la circulation un de ces livres du jour où les esprits fatigués viennent chercher un délassement , un plaisir ou une consolation. Ce besoin des courtes lectures dont nous avons déjà parlé est en effet un des symptômes les plus infaillibles de l'âge de lassitude, chez les peuples usés par de cruelles tourmentes politiques, ainsi que chez les vieillards dont trop de sensations ont émoussé les organes.