ACTE I, SCÈNE IX
GLOCESTER
Résister à sa mère ^
Ah ! mon neveu, c'est mal.
LE DUC d'yORK.
La vôtre vous est chère , Et je la vis deux fois vous quitter en pleurant : C'était donc bien plus malj car vous êtes plus grand.
ELISABETH , d'une voix altérée.
Vous m'affligez, mon fils.
LE DUC D'YORK , avec émotion en se levant.
Moi!
ELISABETH
Beaucoup ^ je vous jure ;
Mais beaucoup.
LE DUC D'YORK .^s'élançant vers elle.
Ah ! ma mère !
ELISABETH , à Glocestcr.
Il vient, j'en étais sûre.
LE DUC D'YORK , avec résolution.
Non!
GLOCESTER , impatienté.
Par force à la Tour il le faut emmener.
LE DUC d'yORK.
Par force! osez-le donc : qui voudra m'y traîner?
Qui donnera cet ordre? est-ce vous ou la reine? Moi, frère et fils de roi^ commandez qu'on m'y traîne
GLOCESÏER, qui s'avance vois lui.
Apprenez qu'à votre âge^ on ne fait pas la loi 5 Je vais vous le prouver.
LJi DUC d'yORK.
Porter la main sur moi !
Tirant à demi le poignard qui est a sa ceinture.
Prenez garde ^ milord!
ELISABETH
Âh ! c'est impardonnable î Votre oncle ! . . . Oii vous cacher après un trait semblable? Evitez les regards ; n'allez pas avec nous ; Restez j nous l ecevrons votre frère sans vous ; Et je veux à la Tour l'embrasser la première , Et vous n'y viendrez pas de la journée entière , Ni demain , ni plus tard ^ ni pendant tout un mois : J'en prends l'engagement. Vous verrez cette fois Si l'on tient avec vous sa parole royale.
A Glocester.
Partons ^ milord.
Non pas : quel éclat î quel scandale î Il sent trop son erreur pour y persévérer'. Au reste ^ j'ai moi-même un tort .1 réparer. Je me rends à la Tour où le conseil m'appelle )