ACTE 11, SCÈNE IX
ELISABETH
Oui y mon fils , oui ^ ta mère; Celle qui te chérit, dont la douleur amère De son pauvre exilé rêvait, parlait toujours, Qui souffrait de tes maux, qui consumait ses jours A trembler pour les tiens, à pleurer, à se plaindre. Qui pleure, mais de joie, et n'a plus rien à craindre.
LE DUC d'yORK.
C'est votre favori.
ELISABETH , som ianl.
Jaloux !
LE DUC d'yORK.
Non pas jaloux j
Bien heureux î
Ah! tenez, tenez; partagez-vous Tous ces gages d'amour passant de l'un à l'autre. Mes transports, mon bonheur qui s'accroît par le vôtre. Je veux de mes baisers vous couvrir à la fois,
A Glocester.
Tenez!.... — Pardon, milord; il fut absent deux mois.
GLOCESTER
On vous pardonne tout, hors la crainte insensée Qui de fuir votre fils vous donna la pensée.
ELISABETH , à Edouard.
Te fuir ! . . . . Quoi ! je l'ai fait. Ah î j'en ai bien souffert. Aussi, quand Buckingham à nos yeux s'est offert, Quand j'ai lu cette lettre et si bonne, et si tendre. ...
EDOUARD
Ma lettre?
ÉLISABETH
Elle est charmante. Alors, sans rien entendre, Je voulais devancer nos pontifes sacrés.
Se tournant vers les évêques.
Que leur zèle pieux les a bien inspirés !
A Glocesier.
Que de remerciemens je vous dois à vous-même,
Aux seigneurs de la cour.
A vous, milords, au peuple! Edouard, comme il t'aime! Tous bénissaient ton nom ; leur supplique à la main , Tous de leurs vœux pour toi m'assiégeaient en chemin.
Montrant les placets qu'un des lords a placés sur la table.
Yois ce que je t'apporte.
GLOCESTER
Encor du bien à faire,
Du mal à réparer !
EDOUARD
Voyons î