NOUVELLES NOUVELLES
toutefois d'assez personnel pour effaroucher la plus timide modestie.
Les Cent-et-Une Nouvelles des Cent-et-Un ne sont plus contenues dans les bornes d'un genre ou entre les frontières d'un pays; elles ne sont plus assujéties à un cadre que le talent remplit presque toujours avec bonheur , mais qui le géne souvent. Tout rentre dans leur domaine immense. La vallée de Tempé leur appartient comme les bosquets d'Aulnay , la tente du patriarche comme la maison de campagne de l'agent de change, et Tombouctou comme Vaugirard. Bien plus , nos auteurs ont le droit , et ils sont très-capables d'en user, de lutter en féeries badines avec Hamilton, de se jouer avec Caylus aux vives et plaisantes causeries du peuple, et de nous conter même quelques-uns de ces beaux contes que M. Galland contait si bien quand il ne dormait pas : c'est dire assez qu'aucun des genres du conte et delà nouvelle n'est exclus du système de l'éditeur , et que son plan élastique embrasse également l'épopée pastorale à la manière de Longus et la fable naïve de Perrault; la satire en action dans le goût de Lucien et de Voltaire, et les touchantes historiettes de Parthénius et de Florian : vaste carrière où les esprits les plus indépendants peuvent s'élancer sans contrainte , sauf à s'affranchir même de ses limites presque infinies sur le manche à