‹ Les enfans peints par eux-mêmes: sujets de composition donnés a ses élèvesChapitre 6 sur 32 · LE PATRE · texte numérisé non relu

LE PATRE

^ .-. à\^ù&\ ■ " '.-SiSA.^ .^;

JJesessetrs éditeur Lith, Kitfo Frères et C"

LS PuLTIlB.

'bst-ue pas bien de i'audace à moi, pauvre élève de troisième, de prétendre intéresser le public? n'ai-je pas trop présumé de mes forces? Ali ! si j'ai entrepris ce travail , ce n'est pas que je ne me sois bien avoué et la difficulté de l'ouvrage et ma propre insuffisance; mais j'ai compté sur l'indulgence publique..., me sera-t-elle refusée? Aurai-je eu tort d'espérer qu'à défeut de talent, cet amour que chacun porte aux lieux qui Font vu naître pourrait m'attirer la bienveillance de mes lecteurs et me servir au moins d'excuse à leurs yeux.

Il est si doux au pauvre exilé de parler de son pays , de tourner un instant ses regards et ses pensées vers les lieux qui si long-temps ont fait son bonheur! ....

Paris est beau, grand et riche; cependant^ Paris n'est pour moi qu'une terre d'exil ; je ne chercherai pas à exprimer de quelle douleur je fus saisi, quand il me fallut quitter mes chères montagnes, et dire adieu aux lieux où s'était écoulée mon en&nce, où s'étaient essayés mes premiers pas : là , tout était joie et bonheur ; ici^ tout n'est que tristesse ; quand donc reverrai-je mes montagnes? Gomme mon âme se ranimerait aux chauds et vigoureux rayons du soleil qui baigne nos Pyrénées !

Quand je partis, tous mes camarades enviaient mon sort : que tu es heureux ! me disaient-ils, tu vas à Paris ! Car, pour eux, Paris est la réahsation de toutes les féeries, de toutes les nouvelles fantastiques qui peuplent les récits des pastours (des bergers), dans les longues soirées d'été; moi, je souriais tristement, car je laissais là-bas toutes mes affections, et j'allais habiter une terre étrangère.

La réclusion presque absolue, la discipline inaccoutumée, auxquelles il fallut me soumettre en arrivant à la pension, faillirent me devenir fatales : habitué jusqu'alors à une vie libre, errante, je ne pouvais sans une profonde tristesse considérer ce sombre horizon que me représentaient les quatre murs de la cour. Combien alors m'apparaissait plus belle encore la nature vaste et grandiose de mes montagnes, et comme mon imagination les reflétait éclatantes de toutes leurs sublimes beautés, ces perspectives infinies où j'aimais tant à égarer mes yeuxl

L'année de mon départ, mon père comprenant combien cette séparation m'était pénible, et voulant autant que possible en atténuer l'effet en y faisant diversion, m'accorda de passer dans la montagne la saison tout entière des pâturages d'été. Cette permission me combla de joie, et l'idée de mon prochain départ disparut devant elle ; j'avais bien visité déjà plusieurs fois les troupeaux, mais je n'y restais jamais que sept ou huit JQurs, et, cette fois, j'allais y passer les quatre plus beaux mois de l'année !

J'attendais donc avec impatience l'époque du passage de la Mesta. C'est le moment où tous lès troupeaux se rassemblent pour quitter la plaine, et vont s'établir dans les pâturages de la

moatagae ; dès long-temps à l'avance , met préparatifig étaient 6atls, qaand arriva enfin le jour où José y le berger en chef des ^ troupeaux de Muga, entrant chez mon père, me dit : — » AUotis^ Senarito mi (mon petit Monsieur, c'était sôa expression ftivorite), tu es content, n'est-ce pas? nous partons demain. »

Je sautai au cou de mon bon José; jamais il ne m'avait paru si aimable ; c'était à lui que mon père m'avait confié. Le soir venu »' j'attadiai mes spadrillaSj je pris mon bâton £erré, et je montai sur le mulet qu'avait amené José: ma mère nous accompagnar quelque temps ; elle était lûen un peu triste, cette bonne mère ; mais la prudence, le courage de mon guide ]ui étaient omnus et la rassuraient sur les dangers que j'aurais pu craindre* '

RipoU, le compagnon habituel de toutes mes courses, nous soi'* vait ; c'était un beau chien des Pyrénées , à la taille haute , aux poils longs et soyeux, noble et fidèle animal , aussi brave qu'il était doux ! Plus d'une fois les loups de la montagne avaient éprouvé son courage ; RipoU partageait ma joie ; c'était plaisir de le voir bondir autour de nous en agitant sa longue queue.

A une lieue de PrcUs^ étaient tous les troupeaux réunis et parqués; ils se composaient d'environ deux mille mérinos; plus loin^ mais entièrement séparées d'eux, se trouvaient aussi douze ou quinze cents chèvres confiées à la garde des pâtres qui sont, si je puis m'exprimer ainsi, les apprentis bergers: car il est peu d'états, peut-éjtre, qui demande autant de pratique, autant d'expérience que celui de berger ; le choix et la qualité des patu-^ rages, le degré de température plus ou moins convenable , les soins enfin de toute sorte qu'exigent les mérinos, surtout dans leurs maladies , sont autant de conditions indispensables de la prospérité du troupeau.

La vmlle du départ est un jour de fête consacré aux adieux d^ amis et de sa famille, dont on va s'éloigner pendant quatre ou cinq mois.

Le soir vint où nous devions nous mettre en marche, et a ver lui s'éleva la brise ; alors retentirent de toutes parts , dans la vallée, les sons de la trompe que multipliaient à l'infini les échos des rochers. C'était le signal du départ : bientôt y répondirent

lei tiotiliemeus monoiones des clochettes , mêlés aux béleniens des brebis ; puis, par instans^ les joyeux aboiemens des chiens de garde.

Les bergers ne tardèrent pas à paraître : chacun d'eux se plaça devant le troupeau dont le soin lui était confie; ils portaient tout des spadrillas ; les unes en corde tressée , les autres en écorce d^arbre ; leurs culottes étaient retenues par une ample ceinture rouge que recouvrait à demi une veste courte en velours , garnie de boutons brillans ; à leur càtà pendait un sac en toile brodée aussi , rempli de se] dont les brebis sont si irîandes. Ils avaient tous un long bâton ferré^ qui , dans Foccasion^ devient entre leurs mains une arme redoutable. Enfin , chacun était accompagné d'un âne chargé d'un pot de fer et de divers autres ustensiles de ménage.

I^ Mesta se mit en route, chaque pasiour devançait son troupeau qui portait la marque du maître ; les chiens sur les côtés du chemin surveillaient la marche, les béUers s'avançaient à la tête avec un air majestueux, et les agneaux, placés au milieu, suivaient avec les brebis par derrière.

Nous marchâmes toute la nuit. Pour soutenir les forces des mérinos, chaque conducteur, de temps à autre, entonnait une espèce de ballade sur un air lent et cadencé qu'accompagnaient les autres pastowrs. — Ces voix fortes, auxquelles venaient se joindre les tintemens aigus des clochettes , formaient une lente et vague mélodie qui, tantôt nous arrivait pleine et majestueuse, selon les ondulations de la brise , ou les détours de la route , et tantôt s'éloignait tellement qu'elle semblait de longs soupirs étouffés.

La troisième nuit, après notre départ, termina enfin notre voyage : nous avions parcouru environ dix lieues. José avait tout préparé pour recevoir les troupeaux. Il était trop vigilant pour confier ce soin à d'autres qu'à lui-même. Jamais je n'avais poussé mes excursions aussi loin ; je ne me sentais . pas d'aise , au milieu de cette vigoureuse nature, où l'œil et l'imagination ne trouvaient pas de bornes. Ici, les monts Belvérès avec leurs rideaux de verdure, plus loin les aspérités rougeâtres des Ca-

rohéft^ puis, toul au bout de l'horizoD^ se Recoupaient les som^ mets neigeux des Puygnemales, où venaient se briser en facettes diamantées les rayons du soleil.

Nous arrivâmes dans les pâturages un samedi, jour consacré . à la VirgenÇia vierge). C'était de bon augure, aussi la joie brillait sur tous les visages; la mère de Dieu occupe une place ^i touchante dans la reHgîon des bergers I Peut-elle n'être pas heureuse^ disaient-ils^ la Mesta qui s'ouvre par un jour consacré à nuestra madré (notre mère).

La vie despastours est plutôt monotone que fatigante. Dès le jour, ils conduisaient leurs troupeaux dans les pâturages, jusqu'à ce que la chaleur ne fut pas trop forte , et revenaient alors les parquer, pour ensuite les faire sortir de nouveau vers le soir. Le matin/ ils s'occupaient à faire bouillir le lait, à préparer les fromages, et le soir était destiné à traire les brebis. Ceux que le service ne retenait point , parcouraient les montagnes en chassant, et je manquais rarement de les accompagner. Si Ton jugeait de nos jeunes montagnards d'après les enfans de Paris, on les connaîtrait mal. L'usage constant qu'ils sont contraints dès leur enfance défaire de leurs forces , les développe de très bonne heure. A treize ou quatorze ans , ils ont presque la taille d'un homme; habitués de bonne heure à toutes les fatigues , ils ne les redoutent pas, et leur courage, leur fermeté de caractère, ne peuvent être compris que de ceux qui les ont observés. Chasseurs infatigables, vous les voyez poursuivre audacieusement leur proie sur les pentes des rochers, escalader rapidement, et sans y songer, ces escarpemens , dont la seule vue ferait frémir, même des hommes qui n'y seraient point accoutumés dès l'enfance.

Ceux qui ne chassaient point , passaient leur temps à tricoter ou à confectionner ces charraans ouvrages si recherchés au pied des Pyrénées ; les uns des spadrillas , les autres des broderies en laine : rarement ils restaient inoccupés. Puis, quand venait le dimanche , ils se mêlaient aux danses des villages voisins. Pour les montagnards , la danse est presque un besoin ; ils poussent Famour de ce plaisir jusqu'à la passion.

C'était un soir , vers le milieu du mois de juin; une chaleur

^ tt —

eiLçeMv€ avait régné tout le jour ; et la brise, s'éleyant fratdie et pure, embaumait Fair d'un parfum , mélangé de toute» U» senteurs des plantes qui serpentaient sur les parois des rochers.

Les bergers et les patres, que ne réclamaient pas les soins des mérinos^ s'étaient groupés autour de José, couchés sur la pelouse verte et épaisse , au milieu d'un bouquet de chênes verts. — -* K\oua voyez là-bas cette chaumière au pied delà montagne, nous dit José, c'était le seul bien du vieux Ribaroz, et le seul héritage que ses deux fils , Manoel et Andrès^ eussent à espérer de lui : ils étaient pauvres , mais ils le supportaient gaiement, mbaroz, malgré sa vieillesse , travaillait encore, et grâce à une stricte économie et à une grande sobriété^ il vivait et faisait vivre ses deux enfans. Manoel l'alné^ pâtre depuis longtraaps déjà, commençait , quoique de bien peu, à aider son vieux père. Andrès^ âgé de treize ans, ne gagnait rien encore. Le travail de ce bon père était donc indispensable à sa fttmille; si le vieux Ribaroz eût encore conservé ses forces durant quelques années, le triste événement que j'ai à vous raconter ^ n'aurait sans doute pas eu lieu. Mais le ciel en décida autrement.

En voyant sa forte structure , son corps droit comme celui d'un jeune homme ^ son œil vif et son teint animé, qui n'eut donné à Ribaroz de longues années de vigueur? Mais ce n'é**taient plus que de trompeuses apparences ; en observant mieux Ribaroz, on découvrait que ^s mouvemens étai^it sans énergie; sa taille était droite, mais ses mains tremblaient. Ce n'était plus qu'avec peine qu'il se levait dès le matin pour aller au travail. Des fatigues excessives et de cruelles privations avaient usé avant l'âgesa forte constitution. Il vit tout«4rCOup ses forces décrpitr^, et bientôt l'abandonner tout à fait. Il devint incapable d'aucun travail, et bientôt la plus cruelle indigence pénétra chez lui. Jk ne vous la peindrai pas, mais elle dut être affreuse ; car ici, comme vous le savez, on ne vit que par un pénible travail. Sans doute, s'ils l'eussent connue dans toute son étendue, ses amis auraient soulagé la misère de la pauvre famille. Mais Ribaroz était trop fier pour nous le faire savoir et nous rien demander ; il souffrit en silence et ses eni^ns imitèrent son exemple. Cependant, Ma-

iK^el deveniût d'une activité dévo^aote; dè4 le jour , il était à rpuvrage. Puis, quand ^ b^ogn? était finie^ pour une légère rétribiMion, il faisait celle de^ autres; chasseur intrépide, il dévastait la montagne den gibier qu'il allait vendre ensuite vs'S £allait un guide dans les Tochers y Manoel toujours prêt, tou^ Î0iW$ infatigable, s'ollrait le premier. Quand il ne trouvait rien de mieux h faire, il tjricotait. Hél^s ! malgré ses efforts , k misère de «a femille s'accroissait diaque jour ; la figure de Manoel lui«-méme , devenait plus soucieuse , ses regards plua som* bres. Le couragew garçon voyait avec désespoÂr qu'il ne pouvait plus lutter contre Faffreuae pauvreté. Quant à Andrès , il avait quitté aon troupeau pour venir soigne^ $on vieux père.

Un soir, on vit Manoel s'entretenir sur la montagne avec quelques individus, qu'à leur costume on crut reconnaître pour des Catalans. La conversation , entre eux et lui , paraissait viv^ et animée ; elle dura fort long*temps^ et quand, ils se séparèrent^ la nuit était déjà fort avancée. Le lendemain, Manœl ne reparut plus parmi nous ; les jours suivans se passèrent également , sans que l'on entendît parler de lui. La consternation régnait dans la chaumière Qu'était devenu le

courageux Manoel?.... Manoel > 1^ soutien de son vieux |)ère, la providence de son jeune &ère, leur amour à tous deux I Personne ne put le dire. Andrès , dont le malheur avait ahqittii la fierté y poussé surtout par la vne des souffraxices de son père ^ vint en secret nous conficar sa triste position. Moi^ nous empressâmes de voler à son secours, et Bibaroz fut à l'abri du besoin. Si nous eussions, été plus riches^ i\ eût été dans l'aisanee. — Mais Manoel?.... Tels étaient les mots que répétait sans cesse le bon vieillard, d'une voix pleine de reprœïiies et d'inqtnétude. Andréa résolut de trouver son frère, de paorcourir les montagnea et de pousser plus loin encore , s'il le hh lait. Le courageux enfatnt remplit son sac de prov^ions? et, $oM bâton ferré à la maiii> prit la route de Riyesaiz : Ril^a^oa^. n^essaya pas> de le retenir, car s'il pleurait son fils abseott, Andrès ne pouvait plus lui vivre sans son frère. Il p^rti^ donc , acoompgné des bénédictions de son père etf des voeux

MAHBEL ÏT AmKÏS.

était pas de même des dangers. Il n'y a pas de jours où un contrebandier ne risque sa vie pour un léger bénéfice. Mes premières tentatives furent heureuses , et je pensais déjà à rapporter à mon père les gains que j'avais faits , quand un jour, jour maudit 1 nous fûmes surpris par les douaniers. Une vive fusillade s'engagea des deux, côtés ; mais nous étions les plus faibles y et nous ne tardâmes pas à céder. J'avais reçu un coup de feu dans la poitrine; je fuyais donc blessé, poursuivi^ et perdant des flots de sang.... Quand un cri m'arrête.... C'était Ândrès ! Ândrès qui était à ma recherche ; vous peindrai-je son effroi en me voyant blessé: — « Ândrès 1. m'écriai- » je» fuis, fuis ; laisse-moi , je suis poursuivi, je suis contreban- » dier ! » — « Te laisser, frère, me dit le noble enfant; moi, » t'abandonne^ lâchement quand tu souffres , quand tu es en M danger? Jamais. » — Je le priai, je lui ordonnai même de se retirer, mais tout fut inutile. Cependant^ je perdais mes forces avec mon sang, un nuage s'étendait sur mes yeux, je tombai dans les bras de mon frère , et , quand je revins à moi , je me trouvai dans une excavation profonde de la montagne. Une chemise tournée autour de mon corps fermait ma blessure, un sac plein de provisions était à côté de moi, ainsi qu'un bâton ferré ; je reconnus la chemise, le sac et le bâton de mon frère. — Je l'appelai ; mais aucune voix ne répondit à la mienne. J'étais seuil... Où donc était Andrès?... Je voulus me soulever pour le chercher , mais je retombai sans forces sur la terre. Une semaine tout entière s'écoula sans que je pusse faire un pas. Qu'elle m'a paru longue, cette semaine! enfin, je me traîne, je vais,.... j'interroge,.... et j'apprends que mon frère a été arrêté comme contrebandier ! . . . Ce ne fut pas sans verser beaucoup de larmes , que Mànoel nous fit ce récit. Depuis ce temps, il vit plus que jamais sombre et retiré; il ne parle à personne, et s'il s'adresse à l'un de nous par hasard, c'est pour lui parler de son frère Andrès. »

José en resta là de l'histoire d' Andrès. J'en aurais bien voulu connaître la fin , mais lui-même l'ignorait : parfois , quand mes pensers se tournaient vers mon beau pays, je me deman-

daU ce qa'était devenu le bon Andréa ; dans mes lettres à mon père y je loi en parlais quelquefois ; enfin , ma curiosité fut satisfiiite, et ceux de mes lecteurs qui seraient curieux, comme je rétalSy de connaître la fin d'Andrès , peuvent lire le morceau suivant, extrait d'une lettre de mon père :

N Tu me demandes , mon cher enfant , ce qu'est devenu » Andrès Ribaroz , le voici : Il se fit remarquer parmi les pri- M aonniers par sa sagesse , son activité et sa bonne tenue. Les >i juges, s'intéressant à sa personne, voulurent lui £&ire avouer »> son beau dévouement, mais ce fut en vain. Andrès, pris les » armes à la main , persista à se laisser passer pour le con- » trebandier poursuivi. On ne pouvait lui prouver le con- » traire; toutefois, il n'avait pas caché la misère qui avait » atteint sa famille , et parlant comme son frère eût parlé , il » démontra aux juges la nécessité où il s'était trouvé de faire » la contrebande pour soutenir la vie de son père. Ce récit, » simple et touchant , attendrit les juges , et contribua forte- » ment à adoucir l'arrêt qui fut rendu contre lui. Il fut donc >» condamné k une prison aussi courte que le permettait la loi . >» Aujourd'hui , il en est sorti , et est de retour au pays où il » vit entre Manoel et Ribaroz , l'amour et la consolation de » tous deux. On l'admire ici ; les plus riches se sont empressés » de lui faire cadeau d'une brebis, d'un mérinos; chacun a » donné sa part. Andrès a, par 9es soins, fait prospérer son >» petit troupeau , qui s'augmente tous les jours , et déjà le fait » vivre dans l'aisance. Il est berger aujourd'hui pour son pro- » pre compte. Ribaroz est fier, avec raison , d'un tel fils. La » cabane paternelle est relevée et embellie ; le bonheur et l'ai- » sance y ont remplacé la misère et le chagrin. Tout semble ') prospérer sous la main d'Andrès ; car c'est ainsi que la Pro- » vidence semble souvent se plaire à prouver qu'elle bénit les » bons fils. »

Page 1