CHAPITRE XX VY
se reudit.le lendemain dans les
(eo)
beaux vergers que l’oncie de M. de Ri-
bemon avait fait planter.
SAINT-ELME
J'avoue que plus je vois ces jardins, plus je suis enchanté; ils réunissent les deux genres avec des transitions heureuses, et M. de Montignac avait trésbien fait de ne pas sacrifier ces belles parties francaises, pour les changer en parc anglais; tout le plateau de la inontagne est beaucoup plus majestueux, planté régulérement en grands arbres forestiers Qui amënent naturellement au penchant de la colline, où il a placé les vergers; seux-ci, comme vous voyez, par une
pente insensible, conduisent dans la vallée que ce beau canal partage ; et les bosquels anglais prolongent, par les allées tortueuses, le plaisir de la promenade.
Enfin, on retrouve dans ce grand pare Jes différentes heautés des jardins cé- Jébres qui environnent Paris, el que Delille ne fait qu'indiquer dans son poëme des jardins ; mais chäque trait est de main de maitre:
Dans sa pompe é
anie, admirez Chantilly, De héros en héros, d'âge en âge embelli.
Beleil, tout-à- la fois magnifique et champêtre, Chanteloup, fier encor de l'exil de son maître, Vous plairont lour-à-tour...:................ Les grâces en riant dessinérent Montreuil, Maupertuis, le Désert, Rincy, Limours, Auteuil, Semblable à son anguste et jeune déilé, “Frianon joint la grâce avec la majesté.
Loin de ces
ains apprêts, de ces pelits prodiges ,
Wenez, suivez mon vol au pays des pres
À ce pompenx Versailles, à ce riant À
Que Louis, La nature, el l'art ont emihe
C'est là que lout est grand , que l’art n'est point , limide.
Là, Lont est enchanté, c'est le palais d'Armide, C’est le jardin d’Alcine, ou plutôt d’un héros, Noble dans sa retraite, et grand dans son repos, Qui cherche encore à vaincre, à dompler des obstacles, EUne marche jamais qu'entouré de miracles.
MADAME DE SAINT-ELME
.. Les nymples de nos jardins sont plus heureus:s que celles de ces belles retraites, dont les ombrages pour la plupart sont tombés sous la hache.
SAINT-ELME
Vous admiriez hier, en vous promenant dans le parterre, toutes les variétés dont la culture a enrichi le genre des roses :
La rose dont Vénus compose ses bouquets,
Le printemps sa guirlande, ct l’amour ses bouquels ;
Qu'Anacréon chanta, qui formait avecgrâce,
Dans les jours de festin, la couronne d'Horace.
C'est ainsi que Delille célèbre cette belle fleur dont la variété nous charte ; soit que l'on passe de la rose unique à la rose muscade, de la rose à cent feuilles à la rose de Provins, à la rose jaune, à celle pompon , à celle de Bengale, et à tant d’autres, il faut ÉUJONES en revenir à la rose simple; car c’est elle qui donne sou nom à Ja famille des rosacées, dont es vergers sont l’ empire.
FÉLICIE
Je suis la très-humble servante de la rose simple; la rose à cent feuilles me parait toujours plus belle que toutes les autres : celle du Bengale ne me fait aucun plaisir, parce qu’elle est sans odeur:
FONSFRÈDE.
Vous avez bien raison ; c’est une belle
femme sans esprit.
MATHILDE
Nousinterrompons toujours nolre professeur; c’est fort mal.
SAINT-ELME
Je suis indulgent, comme vous voyez, ma chère cousine, et je vais reprendre ce que je vous disais de la famille des rosacées. On y trouve, comme nous l'avons dit, Ja reine des fleurs ; elle mériterait pour cela seul un rang distingué dans Pempire de Flore:son feuillage penné et impaire répond à la beauté de la fleur, dont le parfum est le plus délicieux de tous les parfums. L’essence de rose que lon nomme de Constantinople ; parce qu'elle y est portée des côtes de Barbarie où elle se fait, est bien plus chère que l'or. On fait en France, avec la rose, des conserves, des sirops, et de l’eau essentielle qui est excellente pour les maux d'yeux. La feuille de rose, prise intérieurement, est astringente : on la mêle au tabac pour imiter le maeoubac. Enfin on ne peut nier que Le rosier soit un des plus agréables présens de Ja nature; mais si elle famille est chère À la décsse des
fleurs elle ne l'est pas moins à Pomone.
C'est parmi les rosacées que 5e rangent nos meilleurs fruits, soit à noyaux, soit à pepins : l’abricolier, le pommier, le poirier, le cognassier, le néflier, le cerisier, le merisier, les fraisiers, les müûriers, les framboisicrs', les pêchers, les pruniers, elc. Les caractères de cette famille sont très-marqués ; les tiges herbacées ou lignenses, les feuilles alternes, simples, et souvent composées ; un calice persislant à quatre où cinq où un plus grand nombre de divisions; cinq pétales atlachés au calice, des étamines nombreuses; Lanlôt Le fruit est une baie, comme dans Ja rose, les fraises, les müres, les framboises; ou un drupe, comme dans les fruits à noyaux; ou capsulaire, comme dans les spirica, ete.
Non-sculement les arbres de cette famille couvrent nos vergers d’une ombre agréable, nous offrent des fruits délectables, mais quand ils sont vieux on les
abet, et on en lire un trés-grand parti, car ils fournissent aux ébénistes et aux tourneurs les bois qui se faconnent facilement, el prennent en vieillissant une fort belle couleur. Il estremarquable que parmi les rosacées il y a fort peu de plantes vénéneuses, si on en excepte le laurier-cerise, l’amandier amer, et quelques autres; mais en général elles sont agréables ou utiles.
Mais parcourons ce magnifique verger, afin d'examiner en détail les arbres qu'il renferme; voyons d’abord , comme étant les plusutiles, le pommier et le Poirier : celui-ci porte un fruit trés-recherché et trèssain. Le caractère de ce genre est d’avoir un calice à cinq divisions, une corolle à cinq pétales, vingt étamines ou plus, en forme d’alène plus courtes que les pétales, terminés par des anthères simples ; ainq styles entièrement distincts et velus à leur base, autant de slygmats, ct pour fruit une pomme oblongue, attachée à
la base par un pédoncule, avec un seul ombelique; il ya cinq loges renfermant chacune deux pepins carlilagineux. Nul arbre n’a produit autant de variélés ; à la fin du 15° siècle ,on complait'environ sept cents sortes de poires; le suc eKprimé de ce frnit, après avoir fermenté, donne une boisson que l'on nomme poiré, dont on fait de l'eau-de-vie et du vinaigre.
Les pommiers étant indigènes, redontent beaucoup moins les gelées du printemps que tous les arbres fruitiers ,, que Von a presque Lous apportés de VPAsie, parce que la nature qui les avait destinés à vivre sous ce climat, les fait fleurir beaucoup plus tard que tous ceux qui devaient croître dans un pays plus chaud que le nôtre. Le pommier, le poirier €t tous Les fruits à pepins se nomment pommeux, parce que c’est la pomme qui donne le nom à ce genre.
Le pommier est un arbre qui se plait partout ; excepté dans les pays très
* 158 chauds; il est rare dans le milieu de PItalie et en Provence. On distingue un grand nombre d'espèces: de pommiers, dont plusieurs ne sont que des variétés.
Les fleurs des pommiers, composées de feuilles blanches et purpurines, sont de Ja plus grande beauté : plactes an centre de leurs brachées, elles forment un trèsjoli bouquet ; elles sont disposées en roses, eL paraissent au.mois de mai; aux fleurs succèdent les pommes, qui varient de figure, de couleur et de saveur ; cet arbre est cultivé avec soin en Normandie et en Bretagne, par rapport à la boisson que l’on tfre de leurs fruits, et qui, dans ces provinces, lient lieu de vin. On écrase les pommes sous des meules postes de champ ; on les passe ensuite sous Le pressoir pour en exprimer le jus qu'on Jaisse fermenter dans de grosses lonnes, el or en fait ainsi une liqueur qui d'abord est douce, et devient ensuite piquante et vineuse; on la nomme cidre, comme
vous le savez; Mais ce que vous ignorez, peut-être, c’est qu’on en oblient, par la distillation , un esprit ardent peu différent de l'esprit de vin. Le marc des pommes sert au chauffage des pauvres.
La leçon prise dans le verger coûta quelques fruits à son propriétaire. Nos jeunes gens, et même M, de Saint-Elme ; s’empressèrent d'en offrir aux jolies cousines , qui les trouvèrent infiniment meïlleurs que ceux que l’on servait à table.
On convint surtout que, malgré tout ce que les habitans des îles peuvent dire, leurs fruits n’ont que peu de supériorité sur lesnôtres, et que nos abricots, nos pêches, nos reine-claude, valent bien + l'avocat et le goyavier.
On se trouvait si agréablement dans le verger, que Philippe alla, de la part de madame de Saint-Elme, engager leurs mères et messieurs de Ribemon et d’Ermilly à venir Les y joindre ; ils ne demandèrent pas mieux, et cette intéres-
Sante famille fat si enchantée de la beauté de ce lieu et de celle de la : journée, qui était une des premières de l'automne :
qu'on fit apporter le diner dans le ver ger: on le mangea sur l’herbe, et on ne quilla ce nouvel Eden que lorsque la chaleur moins forte eut permis de.se rendre dans le potager, où M. de Sain- Elme donna une lecon qui traila de toutes les plantes sur lesquelles se fondent la cuisine du pauvre, et qui varient si agréablement les mets qui couvrent nos tables.
Nous commencerons, dit-il, par les ombelles. . Linné, comme vous l’a dit votre aimable maître , voulait que les palmicrs fussent les rois des plantes, et que les gramens en fussent le peuple : j’ajouterai que les ombelles peuvent être regardées comme la pelite bourgeoisie des végétaux : rien dans celle famille de grand ni de noble, mais des mœurs simples, et une utilité réelle, Il est vrai, dit
M. de Ribemon, qui, ainsi quesa femme, sa belle-sœur etsa Lane , avait voulu assis- Ler à cette lecon, qu’en étudiant les ombelles, on croit lire le mémoire de son cuisinier : panais, carolte, persil, cerfeuil, chervis, angélique , voilà les très-respectables plantes que l’on trouve dans celte famille; pas un arbre, pas une plante d'agrément; quelques remèdes salutaires et la ciguë, que le nom de Socrate a illustrée.
Celle que but ce grand homme n'est pas la nôtre. Je ne décrirai pas les caracières généraux des ombelles, Philippe en ayant déjà parlé : je dirai seulement que les genres se distinguent par la forme des graines , par Ja présence ou l'absence de l'involucre, par la couleur des pétales.
Le fenouil, la coriande , offrent cependant quelque singularité : Le fenouil a des fleurs jeaunes dépourvues d'involucres ; ses graines sont allongées, et ses feuilles
sont découpées si finement qu’elles ressemblent à la soie.
La coriande, de la famille des ombelliféres, a une fort jolie fleur, mais Po . deur la plus désagréable, qui ne se communique point à son fruit lorsqu'il est parvenu à sa maturité. Les couleurs des ombelles ne varient point, et servent, dans cette famille, à distinguer le genre. La corolle est toujours blanche; lechervis est toujours jaune; la ciouë a une grande ressemblance avec le cerfeuil sauvage : cependant on la distingue facilement en froissant ses feuilles : celles du cerfeuil donnent une odeur agréable, et celles de Ja ciguë sentent fort mauvais. On üre de la ciguë un sue qui, mêlé avec de la cire, forme un onguent dont on fait des ermplûtres, qui sont très - bons pour dissoudre Jes tumeurs. Cet emplâtre prévient les goitres, si on en fait usage aussitêt que l’on s'aperçoit d’une grosseur à ja gorge : appliqué sur l'estomac, il
calme les douleurs inflammatoires; et ainsi celte plante, qui semble n'être sortie de Ja terre que pour nuire, est comme beaucoup d’autres plantes vénéneues, qui peuvent encore être très-uliles si on les emploie avec précaution.
De cette famille, nous passerons aux cruciléres. Celle-ci est fort nombreuse ; c’est une des plus naturelles : ses caracières distinetifs sont un calice À quatre feuilles en croix, ce qui lui donne son nom ; une silique, renfermant les graines; six élamines, des feuilles allernes ; les genres se distinguent particulièrement par la forme des fruits : d'abord elles se divisent en deux grandes sections, en siliques longues au petites : dans la silique longue on compte la giroflée, plante d'ornement, dont cependant on fait usage en médecine. La girofle jaune sauvage est souveraine contre les maladies que le lait occasionne : on l’emploie loujours dans les quatre auti-laiteux , les choux, les navets, Les raves, Les laitues, dont le
siliques sont charnues et dont le style persislant dépasse les .valves. Dans toutes les siliques, longues oucourtes, ilyaure cloison longitudinale, où les graines sont attachées alternativement à droite et à gauche; l'embryon est enveloppé d’un péristène : la silique de la moutarde , qui est aussi un genre de cette famille, est terminée par une pointe; et ainsi de plusieurs autres genres de crucilères qui ne different presque point; car plus une famille est naturelle, plus les nuances des genres sonL imperceptibles. La monnaie du pape, ou la lunaire, sert de chaïnons entre les siliques courtes el lonoues ; ello est arrondie comme la Inne; elle porte, entre deux valves extrêmement minces el transparentes, cinq à six graines ; elle a un caractère particulier, c’est que la fleur est portée sur un pédoncule. Suit immédiatementlaberis ; elle a aussi dessiliques arrondies et plates, mais beaucoup plus petites que les lunaires,. à plusieurs graiues, et d’un caractèreremarquable; c’est
d’avoir deux pétales plus courts que les autres On trouve ensuite le choux mario, qui a des rapports par sa feuille avec le nôtre. L’on en mange sur les côtes de la mer ; où il croit par préférence; mais sa silique est ronde, et surmontée d'un style persistant. Le talaspique, que l’on confond improprement avec le téraspique , a le fruit obiculaire, sans siyle ; les cochléarias sont aussi de cette division ; mais une des plantes Ja plus intéressante de cette famille, c’est Le pastel, dont on tire une leinture qui approche beaucoup de l’indigo : sa feuille, ses pétales el ses élamives, sont les mêmes que dans les autres crüciféres, mais son fruit en diffère ; il est aplati, allongé, tronqué au sommel, porlé sur un pédoncule, d’une couleur de brun foncé. La carmeline est aussi un crucifère ; l'huile que l’on tire de cette graine est fort douce ; on en culüve beaucoup dans le nord : elle n’est pas la seule de cette famille qui ait le ai
mérite de fournir de l'huile; toutes les graines des crücifères sont huileuses.
MADAME D'ORMOISE.
Mais principalement la graine de navelle, dont la récolte précède celle de toutes les autresgraines, el qui est si utileaux culüvateurs; ils trouvent dans le produit de la vente de ceLteigraine de quoi payer leurs moissonneurs.
BÉATRIX
La graine de navette nourrit mes jolis serins.
M, DE SAINT-ELME
Parmi lo grand nombre de plantes de cette famille on n’en connait pas de dangercuses; presque toutes sont utiles : cependant on ne peut les placer parmi les grandes familles de Pempire botanique; car elle n’a point d'arbres, et presque point d'arbrisseaux. La culture des crucifèves est facile ; on les sème presque tous au printemps : beaucoup viennent naturellement dans nos climats, où elles se plaisent beaucoup; mais on n’en trouveni
167 s sous les cercles polaires , ni sous la zone torride : les pays tempérés élant les seuls qui conviennent à celte bonne et nombreuse famille.
Je ne vous laisserai point sortir d'ici, continua M. de Saint-Ëlme , sans avoir dit bonsoir aux papillonnacées, dont lafleur, dit-il en montrant celle des pois, ressemble réellement à un papillon : elles sont de différentes couleurs; mais une observalion remarquahle, c’est qu'il n'existe point de flears ni de plantes noires, el que les taches des fieurs des fèves marais sont les seules qui approchent de cetie couleur. ;
Les graines des papillonnacées sonLtrésutiles à laclasse indigente, dont la nourrilure se compose ,en grandeparlie, de pois, de fèves, de lentilles, de haricots, que vous voyez remplir une partie des planches de ee potager; dans cette famille, disje, si importante à la subsistance du pauvre, on trouve des arbres qui s'élèvent à une orande hauteur, don
le port, la fleur et la feuille sont trèsagréables ; tel est le faux-ébénier , origipaire de nos Alpes, ainsi nominé parce qu'il a le cœur noir ; ses feuilles sont Lernées, ses fleurs sont en grappes, et son fruit est une gousse polysperme, rétrécie à sa base. On a voulu, dans la disette du café, le remplacer par les graines du fauxébénier, et on s’esLapercu qu’ellesétaient un purgalifviolent :iln’en est pes de mème de la graine de lupin; elle n’a d'autre inconvénient que d'être assez mauvaise malgré cela on continue à en mêler dans le café que l’on vend brûlé et moulu. On rapporte que le sculpteur qui fat dix ans à fairele ‘vpiter Olympien , ne vécut tout ce Lemps que de graines de lupin, n'ayant pas moyen de manger autre chose: ainsi x dans tous les temps, les favoris d’Apollon ne l'ont jamais été de Plutus. En parlant de lupin, nous aurions dû dire que cette plante est très-jolie : sa feuille est digitée, d’un fort beau vert, sa fieur d’un violet uni, el sa gousse velue et épaisse,
Revenonsaux arbres dela famille dont nous nous ocCUpions. L'acacia est un des plus beaux arbres; on l'appelle robinier, parce que c’est Robin qui cultiva cet arbre, apporté de PAmérique septentrionale vers l'an 1600. L’acacia fleurit en grappes, el sa fleur est blanche ; sesfeuilles sont pennées ,impaires, Le bois de Pacacia est employé par les tourneurs ; il prend une très-belle couleur en vieil- Jissant, mais il a le défaut de casser ; sa fleur est très-parfumée; on en tire une essence.
FÉLICIE
Nos cousines Lrouvent peul-êlre qu'il est tard ?
M. DE SAINT-ELUE
Cela n’est absolumentégal. I faut bien dire encore un mot des jristes ; en voici qui seraient mécontentes si nous ne leur rendions pas quelques hominages.
Les iris ont des caracières particuliers ; c'est d'avoir trois stigmals en forme de
étales qui recouvrent chacune une étt-
mine et une corolle à six divisions profondes, dont trois redresséss e£ trois rabaisées enovaireinlère, quidevientune capsule à trois loges et à trois valves.
Les ails sont un genre de la famille des Bliacées, qui a pour caractère des fleurs en tête entourtes d'une spathe membrapeuse qui se déchire à l'époque de lépanouissement,
PHILIPPE
Quand nons relâchämesà Guernesey, où le vent nous avait forcés d'aborder, nous vimes de très-belles fleurs que mon père De connaissait pas. Ce sont, nous dit un habitant de l'ile, des plantes qui viennent du Jäpon. Un vaisseau qui avait fait voile de ces parages pour nos côles, fit naufrage près de Guernesey ; on s'occupa peu des oignons de fleurs que l’on apportait en Europe. Poussés sur le rivage par la mer, ils y germérent, et produisirent cette plante ,que les naturalistes reconnurent pour être une fleur du Japon “ont on avait Le dessin ; on s’empressa de
culliver celte élrangère , mais on ne put lui faire perdre le goût qu’elle avait contracté dans son pays natal sur les bords de la mer : dès qu’on l'en éloigna . elle languit: el on euttoules les peines du, monde à la conserver, même dans les serres. On a essayé depuis de la cultiver sur nos côtes; elle y réussit à merveille principalement en Normandie.
M. DE SAINT-ELME, s
Vous voyez, mes cousines, que ce n’est s pas noi qui ai prolongé La leçon ; c’est mon ‘collègue qui n’a pas voulu laisser échapper l'occasion de briller.
PHILIPPE, Mon cher collègue , vous vous moquez de moi; mais enfin, avant que vous fus- Siez arrivé j'avais quelque célébrité; vous avez éclipsé ma réputation naissante, mais je vous le pardonne de tout mon cœur par le plaisir infini que j'ai à vous entendre.
MATHILDE. Pate à Voici la cloche qui nous appelle ; je Es suis sûre qu'il est plus de neuf hêure
rrmimieue
MADÂME DE RIBEMON.
Le soleil est couché il y a long-temps, et c’est la lune qui nous éclaire.
k FÉLINA.
La soirée est délicieuse.
M. D'ERMILLY.
Oui, mais nous ferons bien de songer À aller souper. — Oui , oui, dirent les jeunes gens , et l’on prit le long du canal, qui était bordé de peupliers et de saules.
M. d'Ermilly, qui avait une inclination particulière pour ces arbres, ornement des prairies, ne put passer auprès sans s'informer à quelle famille ils appartenaienut, car on s'intéresse à tout ce qui a rapport à ceux qui vous plaisent.
SAINT-ELME
Ce sont des amentacées; je parlerai demain de ce genre. Tout en causant, on se trouva à la porte du vestibule , d’où on entra dans la salle à manger ; on se mit à car le souper était servi depuis