VOYAGE A LA LUNE
Tu veux partir pour la lune, Petit Jean, mon Benjamin?
Partons ! l'heure est opportune, Mettons-nous vite en chemin.
Et vite, et vite, en voyage!
Allons voir pays nouveau...
Mais, j'y pense, il serait sage De partir dans ton berceau.
Dans ton berceau, sans secousse, Le trajet s'achèvera...
Point de voiture plus douce !
Un ange la conduira !
Enveloppé dans ses langes, Quand dormira petit Jean, Cet ange, au pays des anges, L'emportera d'un élan.
Oh ! les merveilleuses choses Qu'il lui montrera dans l'air!
Des marguerites, des roses Plus brillantes que l'éclair;
Des cerceaux formés d'étoiles, Et des baguettes de feu ; Des milliers de blanches voiles Sur un océan tout bleu.
Des bonbons, devant, derrière, Sur la tête, sous les pieds!
Des chevaux faits de lumière Pour les petits cavaliers !
Jean, clignant des yeux, écoute Maman chanter sa chanson.
Les voilà clos. — Vite en route, Ange ! emmène l'enfançon !
Yole ! atteins la lune blanche, Plus rapide que l'oiseau, Et... Maman sur Jean se penche.
L'enfant dort dans son berceau.
Auguste Lb Pas.
(Morceaux choisis de poCtas belges, recueillis par B. van Hollebeke. Naxnur, Wesmael-Charlier, édit.)
l'aurore vermeille.
L'aurore vermeille
Éveille L'enfant aux beaux veux
Joyeux.
Et son doux sourire
Expire Dans ce mot charmant :
Maman!
M m « de Félix de La Motte. Violettes. Fictions et réalités.
(Anthologie belge, par Amélie Strumann Picard et Godefroid Kurth. Bruxelles, Bruylant-Chriatophe ; Paris, Reinwald. 1874.)