LES NOCES DU ROITELET
(Chanson bretonne.)
Refrain. — Aux noces du Koitelet, L'époux est tout petit.
Le petit oiseau au ventre blanc part en tournée , Pour faire partout les invitations.
Aux noces du Roitelet, L'époux est tout petit.
— Venez avec quelque petite chose chacun, Car hélas ! il n'est pas riche.
Aux noces du Roitelet, L'époux est tout petit.
J'irai, dit le Coq, Et je chanterai devant (le cortège).
Aux noces du Roitelet, L'époux est tout petit.
Voir page 174.
J'irai aussi, dit la Corneille, Et je porterai du pain.
Aux noces, etc.
J'irai aussi, dit le Corbeau, Et je porterai un tison ardent.
Aux noces, etc.
J'irai aussi, dit la Pie, Et je porterai une pièce de viande.
Aux noces, etc.
J'irai aussi, dit le Geai, Et je porterai un pot de vin.
Aux noces, etc.
J'irai aussi, dit la Bécasse, Et je ferai le prêtre.
Aux noces, etc.
J'irai* aussi, dit la Bécassine, Pour aider à sonner la cloche.
Aux noces, etc.
J'irai aussi, dit le Coucou, Avec un tambour sur mon dos.
Aux noces, etc.
J'irai aussi, dit le Rossignol, Et je chanterai mainte chansonnette.
Aux noces, etc.
J'irai aussi, dit le Milan, Et j'irai chercher de l'eau.
Aux noces, etc.
J'irai aussi, dit le Merle, Et j'aurai de l'argent dans ma bourse.
Aux noces, etc.
J'irai aussi, dit la Grive, Et pour donner, il me faudra chercher (mendier). Aux noces, etc.
J'irai aussi, dit le Pivert, Et je porterai un faix de bois.
Aux noces, etc.
J'irai aussi, dit l'Epervier, Ensemble avec la Tourterelle.
Aux noces, etc.
J'irai aussi, dit l'Alouette, Et je chanterai au-dessus de la rivière.
Aux noces, etc.
J'irai aussi, dit le Chardonneret, Et je chanterai près de la porte.
Aux noces, etc.
J'irai aussi, dit l'Hirondelle, Et je chanterai sur le faîte de la maison.
Aux noces, etc.
Moi aussi, dit la Mésange, Et l'Etourneau nous irons ensemble.
Aux noces, etc.
Moi aussi, dit le Pinson, J'irai avec la Huppe.
Aux noces, etc.
Tous les oiseaux s'y trouvèrent, H n'y en eut qu'un seul qui ne vint pas *.
Aux noces du Roitelet, L'époux est tout petit.
Chanté par Guillemette Plassart, du Cloître (Finistère), janvier 1877.
F.-M. LuzEL.
1 L'oiseau qui ne vint pas est l'aigle, que la tradition représente comme jaloux du roitelet, qui lui disputa la royauté sur les oiseaux.
M. de Gubernatis, dans sa Mythologie zooîogique (t. II, p. 219), a ainsi résumé quelques traditions relatives à oe sujet :
• Le roitelet (en grec lasilicos) est, comme l'escarbot, le ri-
c val de l'aigle. Il vole plus haut que celui-ci. Dana un conte « de Montferrat, le roitelet et l'aigle se défient i qui volera le
< mieux. Tous les oiseaux sont présents. Tandis que l'aigle or- « gueilleux s'élève dans les airs, méprisant le roitelet, et vole c si haut qu'il se fatigue promptement, le roitelet, qui s'est
< placé sous l'une des ailes de l'aigle, s'en dégage quand il le
< voit épuisé de fatigue et monte encore plus haut, en chantant « victoire.
c Pline dit que l'aigle est l'ennemi du roitelet, quoniam rex « appéllatur avium. Aristote rapporte aussi que l'aigle et le
• roitelet se livrent des combats. La fable du défi de l'aigle et
• du roitelet était déjà connue de l'antiquité. Ce défi eut lieu,
■ disait-on, quand les oiseaux voulurent se donner un roi.
■ L'aigle étant monté plus haut que tous les autres oiseaux, c allait être proclamé roi, quand le roitelet, qui s'était tenu
• caché sous une de ses ailes, vint à se poser sur sa tête et se « déclara vainqueur. >
La tradition de ce défi entre l'aigle et le roitelet est aussi fort répandue dans le peuple en basse Bretagne.
(La Mélusine.)