‹ Les enfantines du "Bon pays de France"Chapitre 48 sur 157 · LE PONT COUPÉ · texte numérisé non relu

LE PONT COUPÉ

(Les Canards l'ont bien passée.)

Jean arrive sur le pont portant une pioche sur l'épaule. Ali! ah ! la matinée est fraîche et belle à ce matin j j' vas en profiter pour me mettre à travailler à ce pont, en chantant ma petite chansonnette. Il se met au travail en fredonnant :

Tra la la la la la laire, Lire lire lire, laire laire laire.

Tra la la la la la laire, Lire Ion fa.

Le Gascon (il arrive parla droite) : On m'a dit que quand je serais prés du pont, je ne serai pas loin de la rivière, tiens! comment se fait-il donc que ce pont soit cassé? Eh! l'ami, faismoi le plaisir de m'enseigner le chemin qui conduit à la ville.

Jean : C'est facile, Monsieur.

{Chantant : ) Tous les chemins vont à la ville, x Lire, lire, lire,

Laire, laire, laire. Est-ce que vous n'savez pas ça?

Lire Ion fa.

IjB Gascon : Parbleu ! je sais bien que tout chemin conduit à la ville; mais c'est le plus court que je te demandais. Dis-moi donc, eh! l'ami, ne pourrais-je pas passer la rivière?

Jean : La rivière ?

(Chantant : ) Les canard s l'ont bien passée,

Lire, lire, lire, Laire, laire, laire.

Pourquoi n' passeriez-vous pas?

Lire Ion fa.

La Gascon : Est-ce que par hasard tu me prendrais pour un canard?

Jean : Ah! non, Monsieur.

Le Gascon : Anon toi-même, entends-tu ?

Eh! l'ami, la rivière est-elle profonde?

Jean : Comme partout ailleurs.

(Chantant:) Les cailloux touchent la terre,

Lire, lire, lire, Laire, laire, laire.

Ne pouvant aller plus bas, Lire Ion fa.

Le Gascon : Il est malin ce bonhomme Mais j'aperçois

une maison là-bas, je crois que c'est une auberge.

Eh ! l'ami, à qui appartient cette belle maison là-bas, derrière ton dos?

Jean : A qui elle appartient?

Le Gascon : Sans doute.

Jean : Eh bien, Monsieur,

(Chantant : ) Elle appartient à son maître,

Lire, lire, lire, Laire, laire, laire.

C'est toujours comme cela, Lire Ion fa.

Lb Gascon : Eh ! sandis ! cadédis ! je sais bien qu'une maison, appartient i son maître ! Mais dis donc, eh ! l'ami.

Jean : Eh ! Monsieur ?

Le Gascon : Vend-on du vin dans cette maison? •

Jean : Si on en vend !

(Chantant .) On en vend plus qu'on en donne,

Lire, lire, lire, Laire, laire, laire.

Les marchands sont tous comme cela.

Lire Ion fa.

Le Gascon : Définitivement, je crois que ce petit drôle se moque de moi ; il faut que je sache son nom, afin de le corriger. Dis-moi donc, eh ! l'ami.

Jean : Eh! Monsieur?

Le Gascon : Comment t'appelles- tu, mon petit bonhomme ? Je ne serais pas fâché de faire connaissance avec toi.

Jean : Vous êtes bien honnête, Monsieur. C'est mon nom que vous voulez savoir, n'est-ce pas?

Le Gascon : Sans doute.

Jsak : Eh bien, Monsieur, vous saurez que.

{Chantant : ) Je m'appelle comme mon père,

Lire, lire, lire, Laire, laire, laire, C'est un beau nom que celui-là.

Lire Ion fa.

— Jean, le narquois devient à peu près impertinent et grossier, mais un batelier arrive à point pour conduire le Gascon à l'autre bord. Celui-ci se venge de l'insulteur et la morale do l'histoire nous est dite par le dernier couplet :

Avis à qui veut mal faire,

Lire, lire, lire,

Laire, laire, laire.

Qui fait mal en souffrira,

Lire Ion fa.

(Théâtre de Séraphin, d'après le Magasin pittoresque, 35 e année, 1867, pages 166 et 167.)

Rondes.

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