‹ Les enfantines du "Bon pays de France"Chapitre 67 sur 157 · MADEMOISELLE DU CLINQUANT · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE DU CLINQUANT

Mademoiselle du Clinquant, Eh ! ne vous estimez pas tant !

Prenez cet avis en passant.

Eh ! ne vous zest,

Eh ! ne vous zist, Eh ! ne vous zest, et zist, et zest.

Eh ! ne vous estimez pas tant !

Quand on vous flatte par devant, Eh ! ne vous estimez pas tant !

Par derrière on rabat d'autant.

Eh ! ne vous zest, etc.

Vous parlez de tout hardiment, Eh ! ne vous estimez pas tant !

Qui beaucoup parle, beaucoup ment.

Eh ! ne vous zest, etc.

Si votre châle est élégant, Eh ! ne vous estimez pas tant !

Il fait honneur au fabricant.

Eh ! ne vous zest, etc.

RONDES. IGÔ

Vos dents sont d'un émail brillant, Eh ! ne vous estimez pas tant !

Vous les tenez d'un éléphant.

Eh ! ne vous zest, etc.

Vos robes ont plus d'un volant, Eh ! ne vous estimez pas tant !

Les payez- vous bien au marchand?

Eh ! ne vous zest, etc.

En ville on dit votre air charmant, Eh ! ne vous estimez pas tant ! Vous rentrez chez vous en grondant.

Eh ! ne vous zest, etc.

Vous déjeunez splendidement, Eh ! ne vous estimez pas tant !

Votre esprit jeûne en attendant.

Eh ! ne vous zest, etc.

Pour la danse, quel beau talent !

Eh ! ne vous estimez pas tant !

Pour le tricot, c'est différent.

Eh ! ne vous zest, etc.

Vous avez maint bel agrément, Eh ! ne vous estimez pas tant !

Vous en vaudrez dix fois autant.

Eh ! ne vous zest,

Eh ! ne vous zist, Eh ! ne vous zest, et zist, et zest, Eh ! ne vous estimez pas tant !

M. Moreau (Les Rondes du couvent ').

1 Larousse et Boyer, éditeurs.

Dictionnaire de Littrk: < Zest, interjection familière et • ironique dont on se sert pour repousser ce que dit une perc sonne. Il se vante de cela : zest ! Zist est la forme variée de c zest. Faire zist et zest se dit encore pour agiter vivement, çà. « et là. >

Les vains efforts de ceux qui veulent paraître, sont rendus ici d'une façon charmante par ces zest et zist et zest qui ont le mérite à la fois de peindre le ridicule dans son agitation, et de lui dire son fait.

Mais cette allitération, se reproduisant dans un jeu de mots» nouveau : c et ne vous estimez pas tant > , dans ces paroles mômes qui disent et rendent l'idée de l'interjection zest et zist, est un trait génial de l'imagination populaire. Ce refrain tout entier est pris, en effet, d'une chanson villageoise.

L'emprunt fait à la Muse populaire par l'auteur des Ronde* du couvent, semble avoir porté bonheur 4 cette pièce qui nous paraît être la plus gracieuse de son recueil, celle où il a le mieux saisi le ton de la chanson enfantine. Cet exemple nous montre quelles charmantes inspirations nos poëtes trouveraient, pour parler au peuple et aux enfants, dans un commerce plus assidu avec la poésie populaire.

Chansons.

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