CHAPITRE IV
Enseignement spécial.
Bien qu'on se soit beaucoup occupé en Angleterre, durant ces dernières années, de cette classe d’enfants anormaux qui peuvent être appelés « subnormaux » plutôt qu’imbéciles ou idiots (et pourraient avec avantage être appelés menially -feeble plutôt que feeble-minded afin d’éviter F ambiguïté attachée au dernier terme, en Amérique), l’Allemagne et la Scandinavie nous ont de beaucoup devancés dans Forganisation pratique de Féducation spéciale. Dès i863, était créée à Halle une classe auxiliaire (. H ilf skiasse ) pour les enfants jugés incapables de suivre l’école ordinaire élémentaire ; et en 1867, une classe semblable fut établie à Dresde. Leipzig et Brunswick suivirent, et graduellement des écoles auxiliaires (. Hilfschülen ) succédèrent aux classes auxiliaires. M. Kielhorn, le directeur de l’école auxiliaire de Brunswick (établie en 1881), donna en 1894 un relevé de 32 écoles auxiliaires comprenant 110 classes et un personnel enseignant de Ii5 membres, établies dans diverses
G -E. Shuttieworth. — Lfes enfants 3
parties de l'Allemagne, M. Wintermann (i), de Brême, compléta, en 1898, ce relevé et fit corn naître qu'à cette date il existait des écoles auxiliaires dans 52 villes allemandes, comprenant 202 classes et comptant 4,281 enfants (2,400 garçons et 1,881 filles) instruits par 225 instituteurs. Un relevé ultérieur établit qu’il n’y a probablement pas moins de 6,000 enfants recevant un enseignement spécial dans l’empire allemand. Il est prouvé que beaucoup d’enfants dont on considérait l’état intellectuel comme désespéré dans les écoles ordinaires, ont été capables, grâce à l'enseignement spécial qu’on leur a donné, de se faire une carrière pratique, utile; et la grande extension donnée aux écoles auxiliaires dont nous venons de parler est, dans une contrée pratique comme l’Allemagne, la meilleure preuve de leur succès.
Dans les contrées Scandinaves aussi, outre les établissements pour imbéciles, dont il a été parié, des classes pour enfants anormaux ont été établies depuis plus de 20 ans. A Christiania et à Bergen, elles sont respectivement dirigées par Herr Karl Lippestad et Herr Soethre ; tous deux connaissent à fond les méthodes employées dans les institutions pour imbéciles de ces contrées. En outre, des classes séparées sont organisées à Bergen
(1) Berichten über dm ersten Verbandstag der Hülfschulen Deuischlands, 1898.
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dans deux des plus grandes écoles élémentaires, pour des enfants arriérés. A Copenhague, des arriérés à différents degrés sont reçus dans des classes, dans des institutions ou dans un des établissements dont toute la série a été organisée et est dirigée par le Dr Keller, et qui sont maintenant sur le point d’être adoptés par l’État, L’organisation, pour les cas éducables, est très complète, et le nombre d’instituteurs très grand : une classe ne contient ordinairement pas plus de 8 à 10 élèves. On y donne une grande importance aux exercices physiques et manuels et les élèves qui ne sont pas capables de retourner à la maison après l’éducation scolaire, sont placés dans des W or king institutions (écoles professionnelles) dont il existe différents types gradués au point de vue de la difficulté du travail. Les garçons les plus âgés s’occupent des travaux de la ferme et d’autres occupations, telles que la confection des balais, des brosses et des paniers. Les filles les plus âgées sont employées dans des laiteries ou des buanderies, ainsi que dans une quantité d’industries telles que les tissages, les fabriques de rideaux. Quelquesunes d’entre-eiles sont placées comme servantes ou sont employées dans des laiteries ; on les surveille très soigneusement et on a pu constater que « très peu tournent mal ».
Avant de détailler ce qui a été fait dans notre pays, nous pouvons constater avec satisfaction qu’un mouvement en faveur des « écoles spé-
Les enfants anormaux au point âe vue mental
claies )) pour enfants anormaux s’est produit en Belgique (Bruxelles et Anvers ont créé des écoles communales pour arriérés), en Australie, en Suisse. En France, si les efforts du Dr Bourneville ont le succès qu’ils méritent, le mouvement prendra bientôt corps.
En Italie, il s’est constitué dernièrement une (( Ligue nationale pour la protection des enfants anormaux » , sous la présidence du Signor Guido Baccelli, le ministre de l’instruction publique. Un des premiers résultats a été l’ouverture à Rome d’une école pour anormaux. En Amérique, la question est à l’ordre du jour et une école spéciale a été annexée à une école publique à Springfield, Massachusetts .
En Angleterre, Leicester est la première ville qui ait ouvert une école spéciale, sous les auspices du School Board , en 1892.
Le 5 mars 1891 le School Board de Londres chargea une commission d’examiner s’il ne conviendrait pas d’appliquer les prescriptions de la Commission royale qui disaient : « Les enfants arriérés seront retirés des écoles ordinaires et éduques dans des écoles élémentaires publiques pour y recevoir une éducation spéciale. » Le résultat fut l’établissement l’année suivante « d’écoles d'enseignement spécial » pour les enfants qui, à raison de défauts physiques ou mentaux, ne peuvent pas être convenablement instruits dans les écoles ordinaires ou par les méthodes ordinaires.
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Mme Burgwin fut nommée organisatrice en chef. Sous sa direction habile plus de 5o centres d’instruction spéciale ont jusqu’à présent été établis, principalement dans les plus pauvres arrondissements de la métropole, et il y a maintenant plus de 2,000 enfants sur les listes, nombre qui augmente constamment. Le Board a sagement ordonné qu’il n’y aura pas plus de 20 élèves par instituteur, et dans la pratique, les classes sont même moins nombreuses.
La proportion d’enfants est plus grande que celle qui a été établie en Scandinavie où il y a un professeur pour 10 élèves ; mais la directrice utilise le mieux possible le personnel sous ses ordres par l’obligation de suivre un tableau d’occupations bien divisé. Il est à remarquer à propos de ceci que, bien que le programme d’études des écoles ordinaires soit conservé (three Rrs ), on y a ajouté beaucoup de branches spéciales : l’éducation sensorielle et manuelle, les méthodes objectives de démonstration y étant largement appliquées.
Les « occupations » qui remplissent une grande partie de la journée sont spécialement adaptées aux capacités variées et aux incapacités de chaque élève, et les résultats des produits du travail manuel montrés aux expositions annuelles dans les Board Schools de Londres sont généralement des plus encourageants et dans certains cas, surprenants. Il peut être établi, en effet, qu’à cette
exposition, le travail des enfants des classes spéciales peut être honorablement mis à côté de celui des enfants normaux.
La selection des élèves pour ces classes est faite maintenant par des médecins nommés à cet effet, et par la directrice de renseignement spécial. Les candidats sont périodiquement présentés par les directeurs des écoles élémentaires: chaque entant a une feuille d’observations renseignant ses connaissances, les particularités qu’il présente; chaque groupe d’enfants est accompagné à Fécole spéciale par un instituteur pouvant donner des renseignements supplémentaires. L’enfant est mis, autant que possible, à son aise ; Fexamen commence généralement par l'étude de ses caractères physiques. Des observations sont prises sur la conformation générale du corps, sur son développement, dans ses rapports avec sa constitution et son état de nutrition, sur la forme et les dimensions de ia tête, sur la forme du palais, sur les anomalies des traits du visage (la bouche ouverte constitue souvent un indice de végétations adénoïdes), sur la forme, la flexibilité et l’attitude des mains, sur la. présence ou l’absence de mouvements nerveux de la figure, du front ou des doigts. Ces anomalies physiques qui ont été observées sont soigneusement notées, car elles ont leur importance, mais le diagnostic n’est pas basé sur cela seul. Vient alors l’examen de la feuille d’observations renseignant les connaissances de l’en-
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fant; il est désirable qu/elle soit vérifiée, moins pour en vérifier l’exactitude que pour constater la valeur des réponses et le mode d’action mentale de l’enfant.
Des expériences ont montré qu’un ensemble de caractères physiques est généralement associé à un certain ensemble de manifestations mentales. Comme nous le verrons plus tard quand nous étudierons les types les plus prononcés d’imbécillité, certains caractères physiques, comme ceux du crétinisme, de la microcéphalie, du type dit « mongol », accompagnent d’une façon constante certaines anomalies mentales déterminées ; il en est de même, mais d’une manière moins frappante cependant, dans certaines variétés de l’arriération mentale ( feeble-mindedness ), qui diffèrent plutôt en degré, qu’en fait même, des anomalies plus graves.
Dans beaucoup de cas les types peuvent être mélangés : il peut y avoir un mélange des caractères du rachitisme et de la scrofule. Mais il est possible de déterminer les symptômes dus à chaque maladie. S’il existe un trouble bien marqué dans le développement de l’enfant, ou dans l’action de son système nerveux, on peut prévoir des troubles dans Inintelligence, et l’éducation spéciale doit être commencée. Si ces symptômes physiques n’existent pas — et il n’est pas dit qu’on en rencontrera dans chaque cas — des recherches minutieuses seront faites sur l’hérédité de l’enfant, sur son entourage. La négligence des parents est
malheureusement un facteur qui agit souvent dans la production des anormaux : une alimentation insuffisante ou défectueuse, un entourage malsain, un milieu immoral, sont autant de causes qui donnent lieu à des anomalies. Ces causes sont distinctes de la défectuosité mentale congénitale, mais le résultat quant à l’éducation, l’impossibilité d’éduquer ces enfants avec d’autres du même âge, sont les mêmes. Ces cas se rattachent à la catégorie d’enfants visés dans le nouvel acte : « enfants qui, à raison d’un défaut physique ou mental, sont incapables de profiter de l’instruction dans les écoles élémentaires ordinaires. »
D’après le résultat de l’examen médical, les enfants sont divisés en trois groupes :
i° Ceux qui doivent recevoir une éducation spéciale ;
2° Ceux qui peuvent continuer à fréquenter l’école ordinaire;
3° Ceux dont l’état mental est trop défectueux pour être éduqués, même dans une école spéciale. Ces derniers sont exclus ; on leur donne une recommandation pour qu’ils obtiennent leur admission dans une institution pour imbéciles.
On se heurte malheureusement quelquefois à la résistance des parents qui craignent que la pré sence de leur enfant dans l’école spéciale, ne fasse qu’on le taxe d’infériorité. Le nouvel acte reconnaît les droits des parents dans la subdivision 5 de l’article 2 qui oblige les autorités scolaires à
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a prendre des mesures pour qu’un enfant compris dans cette catégorie soit de temps en temps examiné afin de s’assurer qu’il a acquis un état intellectuel ou physique tel, qu’il est apte à suivre les classes de l’école élémentaire », et si les parents le demandent, les examens doivent être faits à un intervalle minimum de six mois.
Le School Board de Londres a aussi pourvu â l’examen périodique par le médecin de tous les enfants qui fréquentent les classes spéciales. D’après les rapports, qui sont basés en grande partie sur les progrès indiqués par les instituteurs spéciaux , les individus améliorés sont renvoyés à l’école élémentaire ordinaire. Quelques enfants doivent de temps en temps être exclus comme imbéciles, et pour ces cas il serait bien désirable qu’il fût donné plus de facilité qu’actuellement pour l’admission de ces enfants dans des institutions appropriées subsidiées.
L’imbécile, refusé à l’école spéciale, doit passer par les formalités prescrites pour les aliénés pauvres, avant qu’il obtienne son admission dans une institution comme Darenth; et les parents sont ainsi empêchés de placer leur infortunée progéniture en lieu sûr.
Il a été établi, ces dernières années, quelques maisons d’éducation privées où sont reçus les enfants de la classe aisée dont l’état mental nécessite une éducation spéciale. Comme dans beaucoup de cas la faiblesse corporelle coïncide avec
la faiblesse mentale, la surveillance médicale habile s'étendant sur une telle éducation est un avantage. Il est évident que l’enfant dont les défauts mentaux ou les anomalies nerveuses sont légers, aura plus de chance d'être amélioré s'il est éduqué avec des enfants de même « calibre » mental, que lorsqu'il est soumis à une rivalité, désespérante pour lui, avec des enfants normaux, dans une école ordinaire, ou qu’il est exposé aux influences déprimantes d'une institution où sont reçus les idiots.
Outre l'organisation spéciale faite par les School Boards , certaines sociétés philanthropiques ont depuis 1890 établi de petites maisons de travail dans différentes parties du pays ; on y emploie, le plus judicieusement possible, de jeunes adolescents faibles d'esprit. En 1896 la National Association for Promoting the Welfare of the Feeble-Minded fut fondée. Elle avait pour programme de coordonner les efforts dispersés qui avaient déjà été faits et de grouper plus d'intérêts publics autour de la question. Il a aussi été établi dans les environs de la métropole quatre maisons : deux pour filles, une pour garçons ayant dépassé l’âge d’école et une pour des enfants plus jeunes. Il n’y a maintenant en Angleterre pas moins de quinze maisons de cette espèce.
L'exposé de quelques cas, donnant une idée de la classe d’enfants auxquels la désignation de feeble-minded ou de mentally -feeble peut être juste-
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ment appliquée, pourra aider à la compréhension du sujet :
Ces enfants sont aussi appelés backward ou of retarded menial development — termes correspondant à l’appellation de « enfants arriérés » des auteurs français, aux geistig-Zurück-gebliebene des Allemands et aux Tardivi des Italiens.
Cas I. — Un enfant né de parents possédant un développement intellectuel élevé, a été quelque peu délicat dans sa première enfance, mais aucun soupçon d’anomalie mentale n’était venu aux parents, lorsque à l’âge de deux ans on trouva qu’il n’usait que de quelques mots monosyllabiques, il n’essayait pas de construire des phrases, mais répétait très bien ce qu’on lui disait.
Il lui arrivait souvent de répéter les questions qu’on lui posait au lieu d’y répondre, montrant ainsi que la défectuosité n’était pas dans l’audition, mais dans la compréhension. Beaucoup de soins et de patience, de la part d’une mère intelligente, firent que, à quatre ans, il parlait très bien, mais l’articulation était difficile, la langue « épaisse ». L’éducation familiale lui fut donnée jusqu’à sept ans, mais son frère, de deux ans moins âgé, était déjà, de deux ans en avance sur lui dans les études élémentaires. On l’envoya alors au jardin d’enfants où il reçut des leçons le matin ; il s’intéressait aux chants et aux exercices musicaux simples, au pliage du papier, aux jeux des bâtonnets, au tis-
sage des nattes; il enfilait des perles, apprit à reconnaître leurs teintes et à les compter. Son attention, cependant, était vite épuisée, et il répétait souvent de nombreuses fois de suite la même question, comme s’il n’attendait pas de réponse. Irn calcul, il fit peu à peu des progrès, et s’assimila petit à petit les règles simples de l’arithmétique. A force d’instruction individuelle, il fut capable a dix ans de lire, mais d une façon monotone, des histoires faciles dans un premier livre de lecture; il écrivait des copies de textes et jouait quelques exercices simples au piano. Il présentait cependant une allure enfantine très marquée, il avait la langue épaisse, l’articulation saccadée, et une tendance à répéter les questions avec un air de ne pas les comprendre.
Son développement corporel s’était amélioré et sa seule défectuosité sensorielle consistait un défaut de réfraction, corrigé par des lunettes. Quelques mouvements convulsifs se produisaient dans les muscles des doigts, surtout après une excitation ; mais sans cela son sens musculaire était normal. Par l’exercice musculaire bien réglé,
1 éducation manuelle, et des leçons courtes et variées, une amelioration considérable se manifesta; il excellait au jardinage et était assez habile au travail manuel en général.
Cas IL — - Une petite fille de treize ans bien développée, bien nourrie. La tête mesure 21 pouces, le iront est bosselé, le palais est haut et étroit.
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Quand les mains sont étendues les doigts se placent anormalement et ils ont par. moments de petites contractions convulsives. Les coins de la bouche sont convulsés aussi et il y a une tendance au plissement du front.
Histoire .— La mère est nerveuse et a été souvent indisposée pendant la grossesse. L’enfant sursautait souvent dans son lit quand il était petit, et de sept à huit ans avait des terreurs nocturnes. Maintenant elle a parfois un sommeil difficile. Elle n’a jamais eu d’attaques convulsives. Elle ne fut pas toujours très propre mais l’est devenue depuis un certain temps. Elle fut soigneusement éduquée à la maison et fréquenta pendant quelque temps un boardingschool , qu’elle dut quitter, car elle menaçait de devenir choréique. Elle sait lire de petites lectures élémentaires. Elle écrit difficilement sous la dictée. Elle additionne et soustrait imparfaitement et avec effort. Aime beaucoup les travaux à l’aiguille. Manifeste parfois des tendances à la destruction. Après trois ans d’éducation spéciale, elle a perdu beaucoup de ses mouvements anormaux à l’aide d’exercices bien réglés. A appris à mieux lire et écrire, mais il a été jugé imprudent de lui faire faire du calcul, car cela amenait des tremblements musculaires et de l’agitation la nuit. Elle a fait des progrès considérables dans beaucoup de travaux manuels, y compris le Sloyd et le jardinage; elle fait beaucoup de couture utile et des ouvrages de fantaisie.
Cas III. — Un petit garçon de neuf ans, distingué, au regard clair.
Les parents eurent des anxiétés financières qui tourmentèrent la mère avant la naissance de l'enfant. Bébé, il eut de la faiblesse dans îe dos ; il mit un temps très long pour apprendre à marcher. Il eut la coqueluche à quatorze mois; depuis lors, il fut moins bien et eut quelques attaques, probablement de petit mal. Il parla assez tard, maintenant très bien, et quand il n'est pas intimidé, il bavarde avec volubilité sur des sujets variés. La circonférence de la tête mesure 19 pouces, la région frontale est terminée en pointe, le côté gauche de la tête est plus petit que le côté droit. La région occipitale, très bien développée. Il semble y avoir une petite faiblesse du côté droit du corps, si on le compai e au côté gauche, et il ne sait pas sautiller sur la jambe droite. Les mains étendues fléchissent et il y a quelques mouvements convulsifs des doigts. Il est maigre quoique son appétit soit bon et le régime alimentaire excellent. lia suivi une classe de jardin d’enfants pendant deux ans, mais a appris très peu ; ne sait pas du tout compter. Après cela, il fréquenta pendant deux ans une institution pour imbéciles, où il ne fit que peu de progrès ; il y semblait très nerveux quand il était avec des enfants moins bien que lui. Pendant ces dernières années, il a reçu une instruction spéciale avec quelques autres enfants arriérés, sous un contrôle médical, et il commence maintenant à
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lire, à écrire, à compter, à modeler de l'argile et à travailler utilement dans le jardin. La circonférence de son crâne s’est accrue de i 1/2 pouce pendant ces quatre dernières années et le front s’est notablement développé.
(Les observations suivantes ont été faites sur des enfants présentés aux écoles spéciales de Londres.)
Cas IV. (Microcéphalie.) — F. D..., âgé de sept ans et sept mois. Il est petit pour son âge. Il est convenablement nourri et bien membré. Ses sens sont bons, La tête est petite, le front étroit, le vertex terminé en pointe, la circonférence crânienne est de iq pouces. Le palais est haut et étroit. Epicanthus. Il respire par la bouche, les mains étendues sont normales. Il a fréquenté l’école gardienne pendant trois ans. Il connaît les lettres et sait former O, A, I, T, Il ne sait pas compter correctement, dit qu’il a trois yeux, qu’un chien a six pattes, etc. Son état nécessite un enseignement spécial, mais il devra avoir plutôt des occupations manuelles qu’intellectuelles, car il semble sujet aux maux de tête» Il devra être examiné au point de vue des végétations adénoïdes.
Cas V. (Hydrocéphalie.) — ■ A» M..., âgé de huit ans et demi, d’aspect débile, avec une grande tête globulaire, mesurant 21 1/8 pouces; l’œil droit atteint de strabisme interne. A eu des attaques convulsives à cinq ans et n’a par conséquent pas
été à Fécole. Maintenant il n’a plus d’attaques, mais la démarche est chancelante et il a du tremblement des doigts. Il n’a aucune des connaissances qu’on acquiert à Fécole, mais il répond intelligemment aux questions qui lui sont posées. II connaît les nombres, les noms de ses frères et sœurs, son adresse, son âge, etc... Il exige une éducation spéciale.
Cas VL (Scrofuleux.) — E. M..., âgée de dix ans. Une fillette d’aspect agréable, avec de longs cils noirs et de beaux cheveux. La tête mesure 20 pouces. Porte au cou des cicatrices d’abcès ganglionnaires, a de petites opacités de la cornée provenant d’une ancienne inflammation phlycténulaire. A eu des troubles de l’articulation coxo» fémorale, mais n’a plus de symptômes aigus maintenant. A cause de sa constitution délicate, a fréquenté irrégulièrement Fécole, est très arriérée pour son âge, ne sait lire que de petits mots, sait écrire son nom et faire des additions faciles. Son état physique et mental réclame de grands soins et Tentant retirerait grand bénéfice de Féducation spéciale.
Cas VII. (Syphilis héréditaire.) — M. O,.., âgée de douze ans. C’est une fillette d’aspect triste, de tempérament sombre. La tête mesure 21 pouces. Des rides rayonnent autour de la bouche. Les dents sont difformes. La vue de l’œil droit est détruite par de la kératite interstitielle, Fœil gauche est un peu opaque, mais la vue est assez bonne. Est un
Enseignement, spécial
peu sourde. Semble être restée presque stationnaire en ces deux dernières années. Est parfois excitable, mais généralement ses réactions sont lentes. Lit dans des livres élémentaires d’une voix traînante. Ecrit sans ordre; sait additionner et soustraire un peu. Est impropre aux occupations ordinaires, mais pourra apprendre un travail manuel dans une classe spéciale.
Cas VIII. (Type nerveux.) — K. R. . . , une fillette de neuf ans, au regard clair, très remuante, La tête mesure 19 3/q pouces. Léger épicanthus. Le palais est déformé par de l’hypertrophié alvéolaire. Les mains étendues se placent anormalement, les poignets sont semi-fléchis, les doigts à moitié ployés et tenus difficilement tranquilles. A été à Fécole pendant plusieurs années, mais est toujours restée dans les classes préparatoires. Connaît la plupart des lettres, quelques petits mots et devine les autres, forme O, A, T, mais fait des fautes en écrivant des mots simples (at, to , etc...), additionne souvent des unités, mais à tort et à travers. Parle précipitamment; attention très courte. Son état nécessite une éducation spéciale.
(Les cas suivants ont été éduqués pendant un certain temps.)
Cas IX, (Type paralytique.) — L. O..., âgé de treize ans. A fréquenté pendant trois ans Fécole spéciale, circonférence crânienne 19 3/4 pouces ; palais en forme de selle, manque de force du côté gauche, avec athétose des doigts gauches. Il
G.-E. Shuttle worth. — Les enfants
articule mal. N’avait aucune connaissance quand il a été admis, a appris à lire de petits mots, écrit bien entre les lignes dans un cahier et sait additionner un peu. Fait bien le Macramé (i) et travaille bien dans la classe de buanderie.
Cas X. (Type mongoloïde.) — P. W..., une fillette bien développée de douze ans, yeux obliques, peau rugueuse et rouge ; la langue est légèrement fissurée transversalement, les mains sont courtes et larges, les doigts sont petits et courbés. Après trois ans d’éducation spéciale, a appris à lire dans un livre du second degré, sait faire des additions et des soustractions et écrire sous la dictée. Elle fait des progrès dans les classes de cuisine et de buanderie. Quand elle a été admise à neuf ans, elle était incapable de suivre le travail élémentaire, Maintenant elle peut suivre le second degré scolaire.
Cas XL (Mvxœdème.) — A. S..., âgé de quatorze ans, a été admis à l’école spéciale il y a quatre ans, ne pouvait pas rester à l’écdle ordinaire â cause d’anomalies physiques et mentales, caractéristiques du crétinisme. A suivi pendant ces trois dernières années le traitement thyroïdien à l’hôpital pour enfants et s’est beaucoup amélioré. D’un nain inerte aux joues gonflées et à Tabdomen proéminent, il est devenu un garçon
(i) Méthode anglaise de tressage (excellente), au moyen de ficelles fines diversement coloriées.
Enseignement spècial .
actif (un peu méchant) à l’expression éveillée et à la figure mince ; il a grandi de 8 pouces (de 3g 1/2 à 47 1/2) dans ces deux dernières années. Il connaît maintenant les lettres et les formes, sait écrire son nom et additionner un peu ; primitivement, il était absolument incapable d’être éduqué.
Cas XII. (Type choréique.) — G. W..., âgé de treize ans, a été trois ans à l’école spéciale. Quand il y fut admis, il était sans expression et ses connaissances étaient tout à fait nuiîes. Les doigts étendus et les coins de la touche étaient sujets à des mouvements convulsifs. Quoique son état mental soit toujours variable, tantôt triste, tantôt éveillé, il a fait des progrès considérables; il dessine et peint à l’huile admirablement.