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CHAPITRE XL Résultats et Conclusions

Dans ce chapitre final, nous discuterons les résultats du système de traitement et d'éducation que nous avons entrepris de décrire et nous formulerons quelques conclusions sur la valeur qu'il peut avoir.

« Un idiot sera toujours un idiot » : telle était, il y a quelque temps, la doctrine admise en la matière, et nous ne devons pas, actuellement encore, être surpris de voir beaucoup de gens, peu au courant de ce qui a été fait en ces cinquante dernières années en faveur des faibles d’esprit, émettre une semblable opinion, erronée à coup sûr. Esquirol lui-même avait, avant les travaux triomphants de Séguin, écrit ces mots décourageants : « Les idiots sont ce qu’ils doivent être pendant tout le cours de leur vie ; tout décèle en eux une organisation imparfaite ou arrêtée dans son développement. On ne conçoit pas la possibilité de changer cet état. Rien ne saurait donner aux malheureux idiots, même pour quelques instants, plus de raison, plus d’intelligence (i). »

(i) Esquirol, Des maladies mentales, Paris, i838, t. II, p. 284.

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Un tel pessimisme, appliqué ainsi à tous les degrés de la défectuosité mentale congénitale, compris en bloc dans le mot idiotie , était heureusement destiné à être controuvé bientôt. En x843, Voisin aîné, dans une communication faite à l’Académie de médecine de France, parlait en termes très chaleureux des études et des succès de Séguin, « Pendant que nous parlons, » disait-il, « des hommes qui se sont occupés des idiots, nous ne pouvons passer sous silence et ne pas faire l’éloge de M. Séguin, directeur de notre asile d’idiots de Bicêtre. Déjà en i838 et depuis encore, il a publié le résultat de ses efforts se rapportant à un certain nombre d’élèves dont il avait favorablement modifié l’état ». Et Séguin lui-même, écrivant après trente ans d’expérience de ce travail spécial, son livre (i), dit : « Les idiots ont été améliorés, éduqués, et même guéris ; pas un sur mille n’a été entièrement réfractaire au traitement; pas un sur cent qui n’a été rendu plus heureux et mieux portant ; plus de 3o °/0 ont été éduqués en conformité avec les lois morales et sociales et rendus capables d'avoir de Tordre, de bons sentiments et de fournir le tiers du travail d’un homme : plus de 40 % sont devenus capables des actes journaliers de la vie, accomplis sous un contrôle amical, capables de comprendre des abstractions

(1) Idiocy audits 'Treatment by the Physiological Method , New-York,

sociales et morales, de fournir les deux tiers du travail d’un homme, et 2 5 à 3o °/0 se sont rapprochés de plus en plus de F état normal; si bien que plusieurs d’entre eux défient Fexamen du meilleur juge lorsqu’on les compare à des jeunes gens et des jeunes filles ordinaires. »

L’expérience acquise dans les institutions anglaises et américaines où l’on éduque les jeunes idiots et des imbéciles, confirme l’exactitude des idées de Séguin à ce sujet. Les statistiques du Royal Albert Asylum de Lancaster, concernant l’avenir des élèves qui ont quitté les institutions après y être restés sept années, montrent que 10 % étaient ou avaient été ouvriers salariés; que 5 % étaient employés chez eux et rémunérés et que 3.5 % en outre eussent été capables de gagner de Fargent, si des occupations judicieuses avaient pu leur être données. A peu près 22 % sont renseignés comme pouvant être plus ou moins utiles à la maison, tandis que 22 % aussi sont à peu près inutilisables; 2g % ont été dirigés vers des maisons de travail et des asiles d’aliénés; les 8.5 % restants sont morts. On ne doit pas cependant croire que même les meilleurs d’entre les individus cités plus haut, furent à tous égards semblables à des personnes d’intelligence moyenne. Certaines particularités subsistent ordinairement qui distinguent le faible d'esprit.

On ne peut en effet pas espérer que sans une tutelle quelconque l’imbécile, même éduqué, puisse

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se conduire dans la vie, et dans la majorité des cas on peut dire avec raison que

’ Tis not enough to help the feeble up,

But to support him after (if

(Shakespeare.)

Mais il n y a pas de doute qu'une telle aide est rendue infiniment plus facile par une éducation méthodique, et que la charge donnée aux protecteurs de i’imhécile est rendue beaucoup plus légère.

Nous nous en rapporterons au travail du i.)r Walter E. Fernald, déjà cité, pour les observations faites en Amérique, Il dit (2) : « Chaque année un certain nombre de personnes (ayant reçu une éducation manuelle) sortent de ces institutions (pour faibles d’esprit) et mènent une vie utile, inoffensive. Quelques-unes des institutions où sont t reçus les imbéciles du degré le plus élevé et où le système d’éducation industrielle a été très soigneusement appliqué, constatent que 20 à 3o % des élèves peuvent quitter rétablissement, absolument capables de se suffire à euxmêmes. Dans d’autres institutions où les degrés plus bas d’idiotie sont reçus, le pourcentage des individus pouvant quitter l'établissement est beaucoup moindre.

(1) Il ne suffit pas d'éduquer le faible d’esprit, il faut encore 1 aider dans îa suit e (27th Annual Report, Royal Albert Asylum, p. 40,)

(2) Op, oit ., p. 10.

» Il faut dire que pas plus de 10 à 1 5 % de nos pensionnaires ne peuvent être rendus aptes à se suffire à eux-mêmes ; nous entendons par là : entrer dans la société, obtenir et conserver une situation, et dépenser sagement l’argent qu’ils gagnent. Malgré les soins éducatifs les plus délicats, les mieux entendus, on n’arrive pas souvent à donner à ces malades ce quelque chose d’indispensable, nommé le bon sens commun. — - La quantité et la valeur de leur travail dépendent de la somme de surveillance, d’inspection pratiquée. Mais il est vrai de dire que plus de 5 % des adultes du grade le plus élevé, qui ont été éduqués dès l’enfance, sont capables, quand ils sont intelligemment surveillés, de fournir une somme de travail suffisante pour payer ce que coûte leur entretien soit dans une institution, soit chez eux (1). »

Nous ne devons pas cependant conclure que les bénéfices de l’éducation doivent uniquement être appréciés d’après la proportion d’individus capables de gagner leur vie. Ceci est naturellement un gain positif, mais il y en a d’autres qu’on pourrait appeler négatifs, tout autant appréciés par ceux à qui incombe le soin des individus défectueux.

(1) Un' auteur américain tout moderne (Dr Powell, Superintendent of the Iowa Institution) préconise la séquestration permanente comme le moyen le plus efficace et le plus humain de réduire le nombre des faibles d’esprit. Une autre méthode proposée et pratiquée dans un au moins des États est la castration des imbéciles en âge de procréer.

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Les parents constatent avec reconnaissance qu'un enfant perd des habitudes de malpropreté, de méchanceté, de destruction, qu'il ne trouble plus la paix de la maison par des cris discordants et par des fugues intempestives; si, en outre, on sait lui apprendre à se déshabiller et à s’habiller, à manger seul, à se conduire convenablement, ces résultats ne sont aucunement à dédaigner, même au point de vue économique, II ne faut pas oublier que la présence à la maison d’un idiot non éduqué absorbe le temps d’un des aînés de la famille, qui est par conséquent empêché de gagner de F argent ; et sans éducation appropriée ni discipline, Fidiot aura presque toujours des tendances destructives. Même dans les meilleures familles, le soin d’un enfant défectueux amène une constante anxiété ; et ce sera bien pire encore dans le cottage du laboureur où il est souvent impossible de s’occuper de lui.

Le soulagement que procure aux parents le traitement des enfants dans les institutions a été bien mis en évidence par le Rapport de 1894 du Superintendent of the Eastern Counties Asylum » II cite l’exemple frappant d’un imbécile méchant, qui raconte avec grande joie comment, avant son admission, on lui avait laissé la garde d’un petit bébé et comment il avait noirci la figure de ce dernier avec de la suie, de telle sorte qu’au retour de la mère celle-ci pouvait penser qu’elle avait un bébé nègre ; comment aussi il donna à sa petite

G-.E, Shuttîeworth. — Les enfants * t

i5q Les enfants anormaux au point de vue. menial.

sœur, qui lui demandait à boire, de l’eau venant de la bouilloire qui se trouvait sur le feu, ce qui causa presque la mort de l’enfant; et comment il s’était fait mettre à la porte d’une église, pendant un service religieux, en piquant avec une épingle un petit garçon, qui s’était mis à pousser des hurlements et avait ainsi troublé toute la pieuse assemblée ! »

Dans le même Rapport, il est fait mention de la nécessité qu’il y a d’exercer une surveillance bienveillante sur les enfants sortis des asiles, et capables de se suffire à eux- mêmes, « Lorsqu’on les lance dans le monde », dit M. Turner, « ils sont considérés comme complètement responsables de leurs actions, quoique leur pouvoir de raisonnement soit, à n’en pas douter, défectueux. Un de nos anciens pensionnaires qui avait été depuis deux ans livré à lui-même, et contre lequel aucune plainte n’avait été formulée, fut envoyé par son maître ramasser des pommes de terre dans le jardin de son berger. La femme du berger lui donna, assez tôt dans la matinée, un peu de vin fait à la maison et après cela ferma la. porte et pendit la clef à un clou qui se trouvait à portée de la main, en disant au jeune homme quelle partait pour toute la journée. Comme je le connais, je comprends que ce fut pour lui une chose toute naturelle que de prendre la clef, de s’emparer du vin et après cela d’un peu d’argent qui se trouvait dans un tiroir. Quand la femme revint le soir et que ses

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i Si-

voisins lui racontèrent ce qui était arrivé, le gaillard tut traduit devant la justice pour vol avec effraction et aucune considération ne fut accordée au fait, bien connu cependant, qu’il avait été pendant six ans pensionnaire d'un asile d’idiots» Heureusement les magistrats revinrent à une appréciation plus juste ; son maître se montra très bon et le reprit à son service, disant que c’était un des meilleurs ouvriers qu’il pût désirer., » Quant aux individus améliorés, capables d’occuper une situation dans la société après leur départ des établissements d’éducation, il semble très désirable qu’il existe des sociétés de personnes philanthropes, voulant bien se charger de les surveiller amicalement, de la façon employée par la Girl’s Friendly Society en ce qui regarde les servantes, ou dans le genre du système des Fürsorge employé en Saxe en faveur des anciens pensionnaires des instituts pour aveugles. Il a été constaté que beaucoup d’élèves de ces derniers, malgré l'éducation qu’ils avaient reçue, n’étaient pas encore capables d’entrer en concurrence, sur le marché public, avec les autres ouvriers, et à la suite de cela une organisation fut fondée dans laquelle une personne digne de confiance, demeurant dans la ville où l’élève est employé, se charge de lui accorder amicalement aide et protection et de faire rapport à l’institution dans le cas où l’enfant aurait besoin d’aide et de protection. Les membres de la « Commission royale en faveur des aveugles »

1 52 Les enfants anormaux au point de vue menial ,

font remarquer, comme résultat pratique de ce mode de procéder, que a pendant leur tournée, ils ne virent pas de mendiants aveugles en Saxe, et qu’on leur dit que la mendicité des aveugles avait pratiquement cessé d’exister »,

Malgré tous les mécomptes, nous avons connu des exemples remarquables d’amélioration permanente résultant de l’éducation. Un de nos premiers élèves, un exemple de cette classe appelée maintenant mentally feeble, à distinguer de l’imbécile, quoique ayant été pendant quelque temps pensionnaire du Royal Albert Asylum, devint, après éducation, un menuisier habile et, ce qui est encore plus remarquable, il devint, de mauvais garnement qu’il était, un jeune homme de bonne conduite, plein de confiance en lui-même, et il émigra finalement dans une de nos colonies. La dernière fois que nous avons eu de ses nouvelles, il pratiquait son métier dans une ville importante, et dans une lettre qu'il écrivait chez lui, il racontait qu’il gagnait bien sa vie, ses affaires ayant considérablement augmenté à la suite d’un grand incendie qui avait eu lieu récemment! Dans un autre cas, nous rencontrâmes dans les rues d une ville du Nord une jeune femme d’un extérieur extrêmement agréable, que nous ne reconnûmes pas à première vue pour une de nos anciennes malades (c était un cas léger d’imbécillité traumatique), mais nous apprîmes qu’elle était heureusement mariée à un honnête artisan ; et certainement elle

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avait toute l’apparence d’une ménagère proprette, chose pour laquelle elle avait été bien préparée par son éducation à l’institution.

11 est remarquable que du millier environ de malades sortis des institutions, qu’il nous a été donné d’observer, les deux cas mentionnés ici sont les seuls qui. à notre connaissance, ont corn tracté mariage. Il a été objecté, en effet, qu’en éduquant les enfants anormaux de l’esprit, et en les rendant aptes à travailler dans le inonde, ils seraient ainsi portés à se marier et, par conséquent, il y aurait risque de perpétuer les défauts mentaux chez leur progéniture. Notre expérience contredit cette hypothèse. Chez un garçon qui, après son terme d’instruction dans une institution, était devenu un ouvrier industriel et gagnait dixhuit shillings par semaine (fr. 22. 5o), il nous a été donné de nous faire une idée nette à ce sujet. Le jeune homme nous avait raconté comment, après avoir payé sa pension, il avait été capable d’accumuler un petit pécule à la Post Office Savings Bank , « C’est bien, » lui dis-je, « mais peut-être avezvous épargné ainsi dans l'intention de vous marier? » — « Non, non,, docteur, » répondit-il, « il est déjà assez dur pour un travailleur de s’aider lui-même sans devoir partager avec une femme! » Un tel raisonnement est rare dans la classe sociale à laquelle ce jeune homme appartenait, car c’est là qu’on voit surtout se contracter des mariages imprévoyants.

L’effet d'une éducation judicieuse semble être de faire sur l’imbécile amélioré cette impression qu’il n’est pas tout à fait comme les autres hommes, et qu'il ne doit pas supporter les responsabilités du mariage. Certainement, le résultat de 1 éducation est de diminuer le risque de transmission du mal à une autre génération, de même que les principes de morale qui sont inculqués ont une influence restrictive sur la conduite. De plus, le fait d’avoir des occupations hygiéniques et saines tend à réprimer les instincts bestiaux qui peuvent se faire jour brutalement lorsque l’imbécile reste inoccupé. Ceci est l’une des raisons qui militent en faveur de la création de petits établissements de travail comme ceux affiliés à la National Association for Promoting the Welfare of the Feeble- Minded ou les refuges permanents de la Société de Lancashire et Cheshire.

Nous avons ailleurs (i) insisté sur la nécessité pour les County Councils de prendre des dispositions spéciales en vue d’éduquer les jeunes imbéciles — et cela absolument en dehors des asiles d’aliénés; et nous faisons cela non seulement au point de vue philanthropique, mais aussi au point de vue économique.

Miss Louisa Twining, se basant sur son expérience de gardienne, trouve urgent qu’il soit établi « des asiles suffisant aux besoins non seulement

(i) Lancet, 1895, vol. 1er pp> 838| 8g3 et seq^

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des enfants pauvres, mais d’autres aussi qui, par une éducation temporaire, pourraient être empêchés de devenir pour leur vie durant des fardeaux du budget public (i) ». Le Dr Rhodes, chairman du Chorlton Board of Guardians (Manchester), fait remarquer (2) que le besoin de subvenir à F entretien de ces cas grève lourdement le budget des pauvres. Des renseignements obtenus dans les divers boards àe guardians montrent que, en un an, 71 5 filles faibles d’esprit passèrent par io5 a maisons des pauvres » et, dans 56 de ces maisons, il fut démontré que 366 de ces femmes menaient une vie immorale 1 (3) »

Le traitement bien approprié des arriérés simples ( feeble-minded ), — qu’il faut bien distinguer des idiots et des imbéciles, — est une question qui a, dans ces dernières années, été bien discutée à des points de vue très divers. Il est cependant nécessaire de rappeler qu’il y a longtemps déjà, en 1846, Séguin écrivit, dans le livre auquel nous avons déjà fait allusion, un chapitre se rapportant au traitement des enfants non idiots mais arriérés. — (. Enfants arriérés , ou retardés dans leur développement , agités de mou -

(1) Lancet , 1895, vol. Ier, p. 1017.

(2) Lancet, i8g5, p. 1082.

(3) Une colonie pour épileptiques et imbéciles va être établie sous peu à Lancashire par la coopération des Manchester and Chorlton Unions.

■ vements involontaires , débiles , muets non sourds , etc.) : sans conteste, plusieurs des cas qu'il signale comme ayant été traités avec grand succès se rapportent à des arriérés simples. On ne sait pas suffisamment que les « asiles d’idiots » ont aussi servi très souvent à « mettre à lecole » des enfants qui n’étaient que faibles d’esprit — et cette partie de leur activité a été facilitée en 1886 par le vote d’une loi, faisant sortir les asiles d’idiots de la règle générale des asiles d’aliénés et leur donnant toute latitude pour admettre les enfants sur simple certificat, alors qu’il fallait jadis un certificat de collocation conforme aux lois sur les aliénés. Cependant, si l’on peut admettre qu’on agisse de la sorte pour un enfant qui est idiot ou qui a été imbécile depuis sa naissauce ou depuis son tout jeune âge, il semblerait presque impassible que sanction légale pût être donnée à l’admission dans les établissements pour idiots, de l’enfant simplement arriéré qui est incapable « à raison de sa faiblesse mentale, de bénéficier de l’enseignement scolaire ordinaire; » ainsi le dit la formule de ceux qui ont proposé le changement à la loi sur les idiots (Idiots' Act).

La question de l’organisation d’un enseignement spécial, pour les enfants mal doués, à donner dans les écoles élémentaires, fut soulevée dans la discussion d’un travail lu par Fauteur devant la School Conference de F Exposition internationale

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iSj

d’hygiène de 1884 (i), lorsqu’il demanda l’établissement dans chaque grand centre d’une école pour les enfants arriérés, qui ne sont pas capables de suivre renseignement ordinaire des écoles ». En janvier, et de nouveau en avril 1888 (2), il fut fait un rapport dans le Journal of Menial Science sur les classes dites <r auxiliaires » d’Allemagne et d’ailleurs ; et il y était déclaré que l’exemple aurait dû être suivi par l’ Angleterre, en faveur des cas intermédiaires de faiblesse d’esprit. Après sept ans d’expérience pratique en notre pays, nous pensons pouvoir déclarer que les classes spéciales du School Board (qui en a fait Fessai) ont rempli une lacune dans l’ensemble de l’éducation nationale. Mme Burgwin, dans son Rapport fait en mars 1894, sur le progrès de ces classes (qui ont été établies en juillet 1902), démontre qu’elles ont répondu à un besoin réel, « et une chose des plus encourageantes dans cette œuvre, c’est la confiance grandissante des parents ». Elle cite certains écoliers qui, après l’examen, sont retournés dans leurs anciennes écoles ; et un des inspecteurs affirme que le succès et le progrès surpassaient de loin ce qu’il croyait pouvoir attendre. Même lorsque des progrès marquants n’avaient pas été faits

(ï) Health Exhibition Littérature, vol. XI, p. 56o. Clowes and Sons, 1884.

(2) Voir remarques de l'auteur : Journal of Mental Science , vol, XXXIV, p, 80.

1 58 Les enfants anormaux au point ch vue mental.

dans les trois branches classiques : lecture, écriture, calcul, le résultat de l’éducation manuelle avait été excellent et enfin beaucoup d’enfants avaient subi une notable amélioration physique, spécialement en ce qui concerne la propreté du corps et des habits.

Ainsi qu’on le fit bien remarquer dans un article du Times (i) : « Pour le visiteur auquel une grande proportion de ces enfants paraissent d’une désespérante faiblesse, c’est un sujet d’étonnement que l’habileté avec laquelle ils font les ouvrages variés de couture, le tressage du jonc et d’autres petits travaux; non moins remarquables sont l’habileté et la patience dont font preuve les institutrices ; et le résultat satisfaisant qui se manifeste ainsi par l’amélioration physique et mentale est dû à la mise en œuvre de ces qualités. »

un choix judicieux lait parmi les institutrices a sans aucun doute été une cause importante du succès obtenu, et il faut féliciter la directrice d'avoir groupé autour d’elle une aussi excellente phalange d’aides, qui prennent un réel intérêt à leurs fonctions. Nous sommes heureux d’apprendre que le School Board a reconnu le caractère ardu de cette œuvre en donnant à ces institutrices une rétribution plus élevée qu’au personnel ordinaire. Nous sommes aussi on ne peut plus satisfait

(i) A new branch of School Board Work , p. g, i8g5.

Times, April 28,

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de mentionner que, pour favoriser l’étude scientifique des particularités que peuvent présenter les élèves, des facilités ont été données à leurs éducatrices, afin qu’elles puissent étudier spécialement des points de physiologie et de psychologie, en rapport avec leur mission..

Grâce à l’obligeance de Mme Burgwin, nous pouvons donner un résumé des récents progrès en la matière.

Dans son Rapport au Board pour l’année finissant le 25 mars 189g, elle dit en résumé :

Onze nouvelles écoles ont été ouvertes pendant la dernière année. Le nombre des élèves est de 1,682 et 139 ont été renvoyés à leurs anciennes écoles où ils continuent à faire des progrès.

Des enfants renvoyés de nos écoles comme imbéciles 35 sont entrés dans des asiles et 55 sont restés chez eux, les parents ne voulant pas les mettre dans un asile ou les directeurs de ceux-ci les refusant. Il est regrettable de voir agir ainsi, et de laisser, en somme, l’anormal en liberté jusqu’à ce qu’il blesse quelqu’un ou devienne absolument intraitable à la maison. Il y a des cas où la mère est réellement usée par les soins à donner à un tel enfant. Peu d’ateliers peuvent servir à employer l’enfant imbécile qui a constamment besoin de soins et d’éducation.

Quatre-vingt douze enfants ont quitté l’école, ayant plus de quatorze ans, et ont trouvé un bon emploi : i5 filles comme servantes c< à tout faire » (avec des gages de 2 sh. 6 d. — fr, 3.10 — par semaine en moyenne), 6 travaillent comme lavandières, 12 travaillent à la maison, 1 comme apprentie tailleuse (très habile), 8 garçons sont régulièrement employés comme garçons de courses, 6 comme vendeurs de fleurs ou de fruits, 2 aides de voiturier, 8 dans

ï6ü Les enfants anormaux au point de vue mental

des fabriques, i fabricant de cabinets, 2 selliers, 1 sculpteur sur bois, un hriquetier, 1 métallurgiste, 1 imprimeur, 1 fabricant de cigarettes, 1 laitier, 1 fermier. Les gages les plus élevés sont 8 sh. par semaine (10 fr.), les plus bas 2 sh, 6 d. (fr. S.io'i,

Malgré de petits défauts, le résultat général est très satisfaisant en montrant que ces enfants regagnent l’argent qui a été dépensé pour eux pendant leurs années d’école, alors qu’ils auraient été incapables, sans éducation spéciale, de gagner leur vie.

Les enfants épileptiques restent encore sans soins suffi, sants actuellement, presque pour tous il est nécessaire d’avoir des établissements où ils soient maintenus en permanence (homes), (Jn nouvel essai a été fait en faveur des faibles d esprit indigents : Un home, a été établi près d’une de nos écoles ; il peut recevoir 20 filles et celles-ci, par leur régularité, leur bonne tenue, leur propreté, leur mise décente ou presque élégante, leur mine d’enfants bien nourris, offrent un contraste frappant avec les autres enfants delà classe, qui devraient pouvoir s’améliorer en vivant dans des conditions semblables. Dans certaines écoles les enfants reçoivent un dîner chaud qu’ils payent 1 1/2 d. (i5 centimes). D’autres reçoivent du lait dans la matinée. Tout l’argent nécessaire à ces distributions vient de l’initiative privée. De même 180 enfants ont été envoyés pendant quelque temps à la campagne grâce à une société particulière, Des excursions et une visite au Jardin zoologique ont pu être organisées dans quinze écoles.

Lorsqu’un enfant entre en classe, on lui donne en général une occupation manuelle, de façon que son attention et son intérêt soient éveillés, et cela pendant quelques minutes; et quand il s’est ainsi occupé pendant quelques jours, il peut commencer à recevoir l’instruction. Les matinées sont employées aux leçons d’instruction proprement dite et aux leçons de choses, et les après-midi à des occupations variées/. Les hiles suffisamment capables reçoivent des

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leçons de lessivage et de cuisine et prennent grand agrément à leur travail. Les garçons s’exercent au travail manuel et beaucoup fournissent de bon travail. Quelques-uns apprennent à nager et on a aussi essayé de donner à certains garçons des leçons de cuisine .

De telles leçons exercent les facultés d’observation et aident puissamment l’arriéré dans la lutte pour la vie. Les exercices physiques sont pratiqués tous les jours. Des leçons de chant sont pour tous une source de plaisir, spécialement s’ils sont accompagnés au piano.

L’éducateur doit se rappeler constamment que les enfants n’ont pas de pouvoir volontaire et le but doit être d’anéantir chez tous la faiblesse physique et mentale, de fortifier les corps et les âmes. D’après ce rapport, on verra que les instituteurs ont montré de l’habileté et que leur patience et leur intelligence n’ont pas été ménagées en faveur des faibles qu’ils ont à éduquer. Dans chaque classe, il existait une grande sympathie entre eux et leurs élèves, et nous avons constaté avec plaisir que les inspecteurs de Sa Majesté ont noté ce fait dans leur Rapport .

Les membres du Comité d’inspection {Managers) ont montré, durant l’année dernière, beaucoup d’intérêt aux écoles ; et il est important de constater que des visites plus fréquentes et plus longues semblent avoir augmenté encore leur aide sympathique. Une dame inspectrice a pris seize enfants au bord de la mer et a fourni une voiture qui a permis à un enfant estropié de fréquenter l’école. Une autre donne à ses enfants chaque année une garden-party et est très heureuse des bonnes manières et de la tenue naturelle des enfants.

Les écoles sont relativement coûteuses (i), car chaque enfant doit recevoir une instruction individuelle et il s’ensuit que le nombre d’élèves dans chaque classe doit être res-

(i) Le prix d’entretien dans les classes spéciales de Londres s’élève en moyenne à 9 livres par enfant (225 £r„) et par an.

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treint ; mais en examinant les résultats obtenus, outre le point de vue altruiste et économique, il est certain que la valeur de cet argent sera récupérée dans l’avenir.

I- attention croissante qu’on apporte à l’instruction secondaire est utile pour les enfants normaux, mais n’est pas sans désavantage pour les faibles cT esprit qui doivent être considérés non seulement comme une entrave au progrès, mais aussi (à un point de vue plus commercial) comme une marchandise sur le marché, Au sortir de quelquesunes de nos plus ambitieuses écoles élémentaires, nous voyons deux groupes d’enfants entre lesquels un immense abîme existe : ceux du degré élevé en tête; ceux du degré o (ou l’équivalent sous un autre nom) en queue. Pour les premiers, l’argent est prodigué ; pour les seconds, il semble qu’on fasse toujours trop. Ainsi nous avons parfois rencontré, dans une école cependant bien dirigée, le triste spectacle du groupement dans une même classe d’enfants d’âges très divers et de conditions mentales et physiques très différentes. Et au lieu de mettre à la tête d’une telle classe un des meilleurs parmi les éducateurs, nous avons vu un simple instituteur ayant 60 élèves semblables, s’échinant et luttant tant qu’il pouvait pour tirer quelque chose de cette masse hétéroclite (i).

(i) U Education Department a reconnu récemment la nécessité d’une organisation spéciale des écoles élémentaires pour l’instruction des enfants arriérés par suite de négligence {Revised instructions, 1898, p. i3b

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Les progrès éducatifs étaient certainement, dans de telles circonstances, impossibles à espérer ; et considérant qu’il y a des exemples remarquables de garçons et de filles « lourds d’esprit » qui deviennent plus tard des hommes et des femmes intelligents et que parfois même un individu à développement mental lent peut devenir plus tard un génie (Walter Scott, Dr Darwin), une telle fausse économie ne peut être assez sévèrement critiquée. Le Dr Warner a en effet proposé (et cette proposition est une de celles qui a forcé l’assentiment du Comité qui a fait avec lui l’enquête sur la condition physique et mentale des enfants des écoles) que chaque fois qu’un budget spécial est créé dans le but d’élever le niveau de l’éducation donnée dans les écoles élémentaires, une somme proportionnelle serait employée à l’organisation d’un -enseignement destiné à élever les « couches inférieures », Le temps est heureusement passé où Ton semblait dire que parce que le niveau auquel les arriérés pouvaient arriver restait bas, les connaissances et le talent d’éducateur de leurs professeurs ne devaient pas être bien élevés ; le fait est que pour bien pénétrer et comprendre les obscurs processus mentaux du faible d'esprit (et même de l’enfant borné), il faut un instituteur très intelligent, capable de simplifier l’enseignement et d’adapter ses méthodes aux particularités individuelles qui se manifestent chez les enfants.

Quant aux résultats atteints dans les ateliers

pour jeunes adolescentes faibles d’esprit, il suffit de dire que le succès a complètement justifié rétablissement de ces ateliers; dans ceux qui sont installés depuis longtemps, des rentrées se font sur Targent payé pour le travail des pensionnaires . Ainsi, il a été calculé que dans les Homes of Industry établis près de Birmingham en 1892 par Miss Stacey et destinés aux filles faibles d’esprit, le travail des pensionnaires rapporte en moyenne 2 sh. 6 d. (3 £r. 10) par semaine et par tête ; il y a q5 pensionnaires et ils coûtent chacun 8 sh. 6 d, par semaine. Il est établi dans le dernier Rapport que quoique ces Homes soient plutôt destinés à garder et à protéger les enfants qu’à les éduquer (un est destiné aux jeunes filles encore a innocentes » , l’autre à celles qui ont fait une « première chute »), onze, à part les 46 renvoyées pour diverses raisons, se trouvent en service comme servantes. Les métiers exercés dans ces établissements consistent surtout en travail de buanderie et en fabrication de paillassons et de couvertures. Les bénéfices réunis des deux Homes s’élevaient Fan dernier à 3i2 livres sterling, sans les entrées qui sont de 974 livres.

Les résultats obtenus par des établissements plus nouveaux, s’ils sont moins beaux au point de vue financier, doivent être encouragés. Ainsi l’Association nationale dit au sujet de Alexander House (un working home pour 12 filles, à Shepherds Bush) que, après deux ans de travail, « 6 jeunes

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filles ont déjà pu se placer et travaillent très bien, tandis que 3 ont passé à Hendon Home où (bien qu’elles ne soient pas assez fortes pour vivre dans la société) elles sont pratiquement mises en état de gagner leur vie en s’exerçant à la buanderie ». Pendant longtemps, aucun soin n’était pris, autre que dans ies asiles pour imbéciles, en faveur des garçons faibles desprit, mais en 1897 l’Association nationale ouvrit une petite ferme qui permet d’employer i5 garçons. Ayant été organisée tard au point de vue éducatif, les progrès y sont relativement lents, mais il est à noter que plusieurs des enfants ont pu être envoyés au dehors en journée, dans des fermes voisines.

Dans ce livre, il serait donc aisé de donner, si la place le permettait, des preuves d’amélioration individuelle chez des individus sortant de ces Houses et d’autres semblables ; mais pour les cas particuliers le lecteur s’en référera aux Rapports de ces Homes et aux publications de la National Association for the welfare of the Feeble-minded , qu’on peut obtenir à son bureau, 53 Victoria Street, S.W., à Londres,

La question de la détention légale dans de tels établissements libres a été discutée ; mais les difficultés dans ce pays de liberté de diminuer la liberté des individus est si grande qu’il nous semble que des voluntary homes — à distinguer des institutions officielles pour imbéciles — sont préférables et qu’il ÿ a moyen d’inspirer aux pen-

G.-E. Shuttleworth. — ‘ -S enfants.

sionnaires un esprit de gaîté et d’attachement à la maison, qui fera que cet établissement bien tenu et dans lequel un bon traitement sera appliqué, les attirera et les retiendra, plutôt que d’évoquer à leurs yeux le terrible asile légal.

Il est hors de doute que, dans l’intérêt de la société un home permanent, situé dans un endroit écarté, est à désirer pour la plupart des faibles d’esprit. On ne doit jamais perdre de vue que la faiblesse d’esprit est héréditaire et peut donc être transmise à une autre génération. Le mouvement commencé en Angleterre par la Lancashire and Cheshire Society for the Permanente are of the Feebleminded est à recommander à ce point de vue. Pour reprendre les mots de Miss Dendy (la fondatrice cette société) : « La permanence dans les soins donnés aux faibles d’esprit serait très utile à la communauté. Telle que la situation existe actuellement, les garçons deviennent pour la plupart des criminels et récidivent constamment. Parfois en prison, parfois en liberté, ils passent d’une jeunesse vicieuse et dégradée à un âge adulte non moins dégradé et vicieux et meurent laissant derrière eux une progéniture qui continue leur tradition misérable. L’histoire des filles est mieux connue que celle des garçons, mais elle n’est pas, en somme, beaucoup plus terrible, excepté en ce qui concerne la souffrance physique, et la souffrance physique est la moindre chose en cette douloureuse matière. » ( Educational Journal , Septembre i8qg.)

Résultats ei Conclusions .

Dans le Metropolitan District on trouva nécessaire, il y a quelques années, d’adjoindre à l’établissement scolaire de Darenth une succursale intermédiaire entre celui-là et l’asile d’imbéciles adultes, avec cette idée que les pensionnaires pourraient avoir la faculté d’exercer les métiers qu’on leur aura enseignés (r).

Des succursales semblables ont été établies en relation avec plusieurs écoles américaines pour arriérés; la protection des femmes a été spécialement recherchée et obtenue. En ce qui regarde la succursale permanente de l’institution de Massachusetts, le Dr Fernald, son directeur, rapporte après sept ans que « beaucoup de ces grandes filles sont parfaitement capables de se suffire à elles-mêmes, placées sous une direction compétente, alors que livrées à elles-mêmes, elles seraient des incapables et ne pourraient servir à rien (2) » . Ce nous est une grande satisfaction d’apprendre que les autorités de cet asile ont été encouragées à essayer le système de la colonie sur une large échelle ; et elles ont récemment acquis dans ce but 1,700 acres de terrain dans une .superbe partie de l’État. Donc, soit que nous examinions la question au point de vue philanthropique ou au point de vue de l’économie sociale, nous devons dire

(1) A Darenth il s'est accumulé, pendant ces, dernières années, toute une série de cas incurables et înéducabîes et une certaine revision du classement est rendue nécessaire.

(2) 44th Annual Report Mass. School for Feeble-minded.

que le mouvement en faveur des maisons de travail pour les lai blés d esprit est digne d'être soutenu «, Une objection a, cependant, été faite contre toutes ces mesures prises pendant la seconde moitié de ce siècle, en faveur des enfants anormaux de F esprit ; on a dit qu’elles allaient à ‘ encontre de la loi de la nature qui s’exprime en la formule « la survivance du plus apte». Nom avons déjà cité des faits (p. io3) qui contredisent cette théorie, et les mesures proposées sont justement des sauvegardes contre la transmission des defauts mentaux a une autre génération. Il est indéniable que la vie de certains de ces individus serait, si on les abandonnait a eux-memes, détruite dans le struggle for existence , et qu’elle est prolongée par certains soins spéciaux, peut-être contran ement aux données d’une économie sociale ngide. Mais tout ce qui a ete xait pour l’idiot et Fimbécile et même pour l’arriéré, peut être îusuné, rien que par la compassion, la miséricorde, ce « signe de vraie noblesse de cœur » qui « charme C'-'lux qui donne et celui qui reçoit ». Ne pouvonsnous pas, en effet, en cette matière, comme en to.iii. d autres œuvies philanthropiques, qui tendent à faire disparaître les rigueurs des lois de la nature, tâcher de suivre humblement le pas de Celui dont on dit : « Il ne brisera point le roseau froissé, et n éteindra point le lumignon qui fume encore ».

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EXERCICES PHONETIQUES. . I. CONSONNES. Appendice

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