DÉPENSES DU SERVICE EXTÉRIEUR
1“ Secours pour prévenir l’abandon .
2“ Pensions, indemnités, frais d’école . 2,2
Traitements de 14 visiteurs enquê-
teurs . 28,000
A reporter.
Report. . . 2,606,000 »
3® Frais de vêtures . 525,000 »
4“ Frais de déplacemement des nourrices et des
élèves . 150,000 »
5® Frais de registres et d’imprimés . 16,000 »
6® Service médical, récompenses aux médecins, frais
d’inhumations . 173,000 »
' Total .... 3,470,000 »
Au 31 décembre 1876, le nombre des enfants visités à la campagne était :
Enfants de 1 jour à 12 ans . 15,290
Enfants de 12 ans à 21 ans . 11,181
Total. . . . 26,471
f® Secours pour prévenir l’abandon
Nous avons vu au commencement de ce rapport que le nombre des abandons tendait notablement à diminuer. Les modifications apportées dans ce service ont sans contredit contribué pour une grande part à ce bon résultat. On ne saurait trop avancer dans cette voie, au risque de dépenser des sommes plus considérables, ce n’est que par ce moyen que l’on permettra aux mères de garder leurs enfants et qu’on évitera de laisser prendre aux filles malheureuses le chemin de l’hospice. La maternité moralise : la femme qui a délaissé son enfant a toujours au fond du cœur une honte et un regret qui la poussent à chercher l’oubli dans d’ètourdissants plaisirs. Mais il y a bien des améliorations à faire encore, car dans la situation actuelle et malgré les efforts de l’Administration, beaucoup de femmes ne peuvent, malgré leur ;bonne volonté, garder leur fruit. Huit jours après l’accouchement, ce qui est toujours une opération grave, quoique physiologique, la mère doit, si les choses se sont bien passées, quitter l’hôpital. Elle est faible, exsangue; les derniers mois de sa grossesse ont été une ruine pour elle, n’ayant pu rester en place, si elle est domestique, n’ayant pu travailler, si elle est ouvrière. Elle n’a donc pas d’argent et souvent pas de logis; que faire
en sortant de l’hôpital, alors qu’elle est faible, que son esprit est assailli de mille craintes, qu’elle se demande si le lendemain elle pourra manger. Et notez que- dans ces états d’affaililissement physique, l’esprit n’a plus son ressort, que le caractère perd toute énergie et que dans son lit d’hôpital, depuis qu’elle peut penser et réfléchir, les tableaux les plus sombres passent dans son imagination. Elle arrive à l’Hospice dépositaire à pied, son enfant sur les bras, lourd fardeau pour son état de faiblesse, et on lui propose un secours qu’elle devra aller toucher le lendemain. Souvent exténuée, sans énergie morale, elle no peut se décider à recommencer ce long et fatigant voyage, souvent aussi elle n’a pas de logis où se rendre le soir; elle n’accepte pas le secours et abandonne son enfant. Votre Commission frappée de ces difflcultés, de ces impossibilités quelquefois, s’est demandé s’il n’y aurait pas un remède à ce mal; elle a cru, non pas qu’on dût faire rester plus longtemps dans l’hôpital d’accouchement les nouvelles accouchées, car il y a toujours danger pour leur vie, mais que l’Administration municipale devrait diriger ces jeunes mères dans un hospice de convalescence, au Vésinet par exemple, où elles pourraient reprendre assez de force pour travailler dès leur sortie et se trouver en état d’accepter un secours qui les aiderait dans leur mission. Non-seulement pendant les quinze jours qu’elles passeraient dans la maison de convalescence, elles pourraient gagner un léger pécule qui les mettrait à l’abri dans les premiers jours de leur sortie, mais encore ayant vécu tout ce temps avec le nouveau-né elles auraient pris pour lui un attachement qui les empêcherait de l’abandonner, car il est d’observation que l’amour maternel grandit avec les soins que la mère donne à son enfant. Votre Commission est persuadée que cette réforme est nécessitée non-seulement par esprit d’humanité, mais aussi dans l’intérêt de nos finances départementales, et que les abandons diminueraient, par ce fait, dans une notable proportion. 11 serait bon que l’Administration s’entendît avec l’Assistance publique pour obtenir cette 'réforme utile qui, tout en ménageant notre budget, aurait un côté moralisateur que nous ne saurions trop poursuivre.
Les secours pour prévenir les abandons se donnent sous trois formes ;
1“ Secours en argent;
2° Secours en nature (nourrices et layettes);
3" Secours spécial aux orphelins sous forme de pension.
En 1875, le nombre des secours en nourrices sur la Direction municipale s’est élevé à 1,017, et celui des secours en layettes à 276.
Le nombre des secours en argent a été de 9,594, le nombre des enfants qui y ont pris part a été de 5,656.
Enfin, le nombre des orphelins secourus a été de 1,227 qui ont touché 3,165 secours trimestriels.
En résumé, les enfants secourus en 1875 ont été au nombre de 7,900 et les sommes distribuées en secours do toute nature se décomposent comme suit :
Secours en argent . 128,366 66
Secours en nourrices . 134,526 30
Secours en layettes . 7,936 18
Pensions aux orphelins . 68,446 »
Dépenses des visiteurs . 17,943 82
Total égal . 357,218 96
Désormais, les dépenses des visiteurs ne seront pas 'prises sur les secours pour prévenir l’abandon, mais seront inscrites à part et feront partie du paragraphe 0 de l’article 2 du sous-chapitre VI, intitulé : Service médical, frais d’inhumations, etc.