‹ Les enfants assistés de la SeineChapitre 51 sur 116 · DISPOSITIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS GÉNÉRALES

ART. 27. — Les honoraires des médecins, les abonnements avec les pharmaciens pour médicaments, la composition des layettes et vêtures, le tarif des mois dé nourrice et pensions, les indemnités et récompeîises aux médecihs sont fixés par le Conseil général.

ART. 28. — Tout ce qui a trait au service des Enfants Assistés, Sbit

secourus soit abandonnés, non prévu par la présente Iqi, est de la compétence exclusive du Conseil général.

TITRE VII

CONTRÔLE DE l’ÉTAT

ART. 29. — Deux Inspecteurs généraux au moins, un Inspecteur médecin et un Inspecteur comptable et administratif sont nommés par le Ministre de l’Intérieur pour contrôler le service sur tout le territoire.

Paris, 26 novembre 1878.

Le Eapporteur,

THULIÉ

Le docteur Broebard avait eu l’honneur, non-seulement d’attirer l’attention des corps savants et de la population française tout entière sur la mortalité de la première enfance, mais encore de proposer quelques remèdes a,u terrible mal constaté. Parmi ces remèdes, il proposait le rétablissement du tour. Il avait été suivi par un grand nombre d’hommes généreux qui, d’ailleurs, n’en connaissaient pas les inconvénients et les dangers; et je ne me place pas au point de vue budgétaire, je ne pense et ne parle absolument que de la vie des enfants.

On discuta partout cette question intéressante. Les amis de l’bumanité eurent la joie de voir la passion s’en mêler. On considéra le tour comme le bienfait des bienfaits, comme la fin de la formidable mortalité infantile, comme l’atténuation des crimes contre l’enfance; d’autre part, on l’accusa d’énormités. Pour les uns c’était le salut; les autres rappelaient toutes les définitions qu’en avaient données les adversaires : « boîte aux infanticides, berceau de la mort, massacre des innocents » disaient les religieuses; « machine à démoralisation et à dépopulation »

disait lord Brougham; « machine à suppression d’état » selon Remacle; « l’oubliette » selon Blanche; « te grand débarrassoir public, la boîte aux ordures » d’après II. Passy.

Les adversaires citaient même tes définitions de certains de ses défenseurs, Nicolas appelait te tour « cet exutoire, cet égout »; te docteur Brochard lui-même, te généreux. Tardent, l’infatigable partisan l’appelle « mal inhérent à notre civilisation. »

Toutefois l’esprit public était éveillé; il y eut des manifestations, il y eut des congrès, te Sénat fut saisi d’une pétition sur ce sujet, l’honorable et charitable sénateur Bérenger fit un rapport favorable, te Ministre de l’Intérieur s’adressa par une circulaire à tous tes Conseils généraux, il leur demanda leur avis détaillé, quelques Départements ne répondirent pas, un grand nombre discuta, délibéra, fit parvenir son opinion et ses raisons, et quand ce grand mouvement eut duré plusieurs années, quand on eut tout ce que Ton demandait, tous tes éléments qu’il fallait pour conclure, tout tomba; on aurait cru que la puissance légiférante était épuisée par cet efi'ort. Les réponses des Conseils généraux au Ministre de l’Intérieur, tes vœux des congrès, tes délibérations des Assemblées, tout se perdit dans tes cartons du Ministère, gouffre insondable d’où rien ne surnage jamais. Et l’océan de l’indifférence publique, un moment agité, se referma sur cette question vitale.

Qui pense à cela aujourd’hui? La moindre manifestation de parti, le plus aigre cri de haine, l’injure inutile, tes coalitions sans but, tes personnalités, tes querelles d’intérêts préoccupent bien plus l’opinion que cette question d’humanité et de patriotisme dont rien n’cmpôche la solution, qui ne peut gêner aucun groupe politique, ou faire éclater aucune lutte, qu’il est possible de résoudre immédiatement, facilement, et à notre grand honneur.

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