‹ Les enfants assistés de la SeineChapitre 70 sur 116 · CE QU’IL EST DEVENU · texte numérisé non relu

CE QU’IL EST DEVENU

Garçon \\ ans 1/2 N* 592.

Parquet.

Cet enfant, orphelin, avait été recueilli par un oncle qui l’a mis à la porte de chez lui. Trouvé sur la voie publique, il a été conduit à l'hospice.

Placé chez un tanneur, s’est accoutumé difllcilemont au travail mais a fait do sérieux efforts.

Sa conduite a toujours été bonne et il travaille avec ardeur maintenant.

Garçon 17 ans.

Parquet.

Arrêté pour vagabondage, n’a jamais elé condamné. Dès qu’il a reçu sa paie il vagabonde et ne se remet au travail que lorsqu'il est

Sa familie parait plus coupable que lui; son perc en effet, ne consent à le recevoir qu’à la condition qu’il rapporte son salaire intact, sinon il le mot à la porte sans s’inquiéter de ce qu'il peut devenir.

Apprend l’état do serrurier. Sa conduite a laissé beaucoup à désirer au début, mais il a tenu compte des observations bienveillantes (|ui lui ont été adressées et se conduit très bien maintenant.

Garçon 10 ans.

Cet enfant, qui se déclare abandonné de ses parents a été arrêté en flagrant délit do mendicité.

Apprenti chapelier, est bon ouvrier.

Conduite irréprochable.

Fille 17 ans.

Admission

directe

Le père est veuf et dans l'impossibilité de surveiller sa llllo dont la conduite est légère. 11 a tout lieu de craindre qu'elle tourne mal si elle reste livrée à elle-méme et sollicite le patronage de l’Administration.

Est placée chez un fabricant de fleurs artilicicilcs, travaille très bien, son patron la signale comme une de ses meilleures ouvrières et faiU'éloge de sou e.xcellentc con-

Garçon 15 ans 1/2 N" 180.

Parquet.

Cet enfant, orphelin do père, a été arrêté iiour vagabondage. Sa mère, qui change d ailleurs souvent do domicile ollo-méme, a refusé de le recevoir parce qu'il avait été renvoyé de chez son patron et qu’il ne gagnait rien. Il était noté comme paresseux et malpropre.

A son entrée on apprenti.sago a continué ses habitudes de paresse et de vagabondage; mais sous l’inllucnco d’une surveillauco salutaire, il s'est coniplctement transformé. C’est maintenant un bon sujet qui donne toute satisfaction à son patron. Il possède des écono-

Garçon 17 ans

Parquet.

Ce garçon a quitté sa mère naturelle, qui est mariée, ou lui empor-

11 a escroqué diverses sommes à des amis do .sa famille, caractère des plus violents, a la suite d’une discussion il s’est emparé d’un fusil, a mis en joue sa mère et un gardien de jardin public.

Les débuts de l’apprentissage ont été très difficiles, mais les exhortatations ont produit le meilleur effet.

Placé chez un maréchal-ferrant, sa conduite no donne lieu à aucun reproche depuis un an.

.“Vetif, courageux.

VISITE A l’École d’horticulture de villepreux

Le dimanche 10 décembre, votre 3° Commission s’est rendue à Villepreux pour visiter l’école d’horticulture fondée par le service des Enfants Moralement Aliandonnés. La maison qu’elle occupe a un aspect simple et bourgeois; rien ne fait pressentir l’école rigide, et encore moins la prison. Dès l’entrée on peut se mettre au courant de ce qui se passe dans l’établissement : près de la porte cochère sont suspendus deux tableaux sur lesquels sont inscrits, d’une part, les menus de la semaine et la Commission peut constater que les enfants ont de la viande et du vin tous les jours, do l’autre, la distribution du temps, heure par heure.

L’entrée débouche sur un assez vaste enclos dont une moitié est plantée de grands arbres, dont l’autre sert de cour de récréation. C’est dans cotte cour que se trouvaient nos élèves, au nombre de vingt. C’est dimanche, ils sont en grande tenue, ils portent le costume des bataillons scolaires.

Leur bonne mine, leur air satisfait et tranquille frappent tous les membres de la Commission qui ont encore présent à l’esprit l’air inquiet et effaré de quelques enfants d’un orphelinat privé qu’ils venaient de visiter.

Après quelques exercices, commandés par le Directeur, le petit peloton défile devant nous, tambour et clairon en tète et sous les ordres d’un élève promu au grade de sergent. Ils se rendent au réfectoire, c’est l’heure de dîner.

Le réfectoire est dans la cuisine; deux longues tables s’allongent devant la cheminée, et le plat de viande ne fait que sauter du four devant le sergent, car c’est lui qui fait la distribution à ses camarades, sous les yeux de l’unique surveillant de la maison. Ce surveillant est un homme doux, très aimé des élèves, qui ajoute à ses fonctions celle de chef de cuisine. Nous avons goûté le vin distribué à ces enfants, c’est du vin de Turquie; il nous a paru bon.

Il n’y a qu’une salle de classe qui sert à l’instruction primaire donnée par un instituteur, et à l’instruction technique donnée par le Directeur

de l’établissement, élève de l’école de Grignon. Par les mauvais temps, les élèves prennent leur récréation dans la classe.

L’enseignement pratique du jardinage est donné dans trois hectares de terre cultivés entièrement par. nos enfants.

L’horticulture et la culture maraîchère y sont montrées ; dans un autre rapport, j’aurai l’honneur de vous proposer la location d’un terrain pour l’étude de l’arhoriculture. Cet enseignement nous a paru être donné avec beaucoup d’intelligence ; mais n’ayant aucune compétence sur ce travail spécial, nous nous en sommes rapportés à l’opinion éclairée de notre collègue, M. Curé, qui considère l’enseignement professionnel donné à notre école comme excellent.

La tenue de travail est la blouse bleue, le pantalon bleu et les sabots.

Le principe qui domine l’éducation à l’école de Villepreux, est la bienveillance et la douceur. On traite les enfants par la raison et le bon sens et non par la menace et la contrainte. Ils ne sont pas enfermés, ils peuvent partir quand ils veulent, toutes les portes sont ouvertes; mais aucun ne s’en va. Au réfectoire, on leur donne leur ration de vin pour la journée, et le vin est pur; c’est .à eux de l’économiser pour les deux repas. Tous les dimanches ils ont chacun 25 centimes pour les menus plaisirs de la semaine, ce n’est pas d’un grand luxe évidemment, mais c’est bien suffisant car la semaine est prise entièrement par le travail. Quand ils perdent quelque chose de leur toilette, c’est le mouchoir le plus souvent, quelquefois la cravate, ils doivent remplacer en nature les objets perdus; on leur fait une avance qui est peu à peu retenue sur les cinq sous du dimanche et ils achètent eux-mêmes. Tant mieux, s’ils savent assez bien marchander pour obtenir l’objet à très bon marché; cette méthode a l’avantage de leur enseigner la valeur de l’argent et aussi la manière de défendre ce que l’on a gagné.

Pendant les mauvais jours de l’hiver, les enfants sont occupés à faire de la vannerie horticole. L’Administration calcule qu’il y aura de ce chef un bénéfice de 3,000 francs; nous croyons que c’est une illusion. Nous avons appris que la vannerie horticole ne peut être fabriquée que par les enfants les plus forts, elle est fatiguante pour les jeunes et les faibles, les joncs dont on se sert offrant trop de résistance, on ne fait en général que des paniers.

Mais la recette de 10,000 francs, en comprenant l’arboriculture, sera, nous l’espérons, dépassée avant pou de temps.

Vous savez. Messieurs, d’après le rapport du Directeur de l’Assistance publique, à quelles sommes restreintes nous revient cette installation. La maison où est installée l’école avec le jardin planté, ont été acquis au prix de 20,000 francs. On pourra y entretenir quarante enfants; le terrain de culture, d’une contenance d’environ trois hectares, a coûté 17,000 francs; les travaux d’appropriation n’ont demandé qu’une dépense de 1,800 francs. On a dépensé pour fumiers, outils, semences, une somme de 2,400 francs. Enfin une serre chaude a coûté, grâce au travail de nbs jeunes élèves, seulement la somme de 3,500 francs.

Toutes ces dépenses, si modestes, comme dit le rapport de M. le Directeur de l’Assistance publique, ont été prélevées sur les économies faites sur le crédit alloué pour l’exercice de 1881, économies que l’honorable M. Stanislas Leven, en financier sévère, aurait voulu voir tomber dans le fonds commun du Budget départemental et qu’il est certainement enchanté aujourd’hui de voir employer de la sorte; le reste de la dépense a été prélevé sur les 25,000 francs donnés aux enfants Moralement abandonnés par M. le baron .Jacques de Reinacb.

Le Directeur de l’école de Villepreux est un jeune homme, ancien élève de Grignon, enthousiaste de l’œuvre qu’il a été appelé à fonder; il fait presque tout par lui-même et jusqu’ici n’a eu que l’instituteur et un surveillant pour l’aider. Toute son activité et toute son intelligence convergent vers le môme but; quand on le voit, on n’est plus étonné du résultat obtenu, quelque surprenant qu’il soit, et quelque modiques qu’aient été les moyens mis à sa disposition.

Il est encouragé par ses succès, il est payé de ses sérieuses fatigues par la sincère satisfaction de tous ceux qui connaissent son œuvre naissante.

Déjà, malgré sa courte existence, notre école a obtenu une médaille d’argent au concours agricole tenu à Villepreux en juin dernier, et une médaille de vermeil au concours de Marines.

Le Directeur est convaincu aujourd’hui que son système d’éducation par la douceur et la raison est celui qu’il faut appliquer surtout à ces natures de petits sauvages qui, ayant beaucoup souffert de la faim et subi des violences de toutes sortes soit de la part de leurs parents, soit de la part des étrangers, se trouvent dans un éden, à côté de cet homme

bienveillant dans son activité, et près surtout d’un réfectoire où les repas ne manquept jamais.

Ils apprennent à se servir eux-mêmes; c’est l’éducation du soldat, sauf la cuisine et le blanchissage, ils font tout ce qui constitue les soins du ménage : leur lit, le balayage de la maison, de la cour, etc.

Nous n’avons qu’une réclamation à faire, c’est au sujet des cabinets d’aisances qui se trouvent dans la cour. Le système est mauvais, il est dangereux et ne force pas à la propreté. Nous voudrions qu’on leur fit des lieux à l’anglaise, cirés, établis presque avec luxe. Parcbappe recommandait dans les maisons d’aliénés de faire des cabinets d’aisances l’endroit le plus luxueux de la maison; selon lui, la propreté s’impose, même au dément. C’était peut-être beaucoup dire.

Voici le Budget spécial de cette école, qui comprendra dans l’exercice 1883 la totalité des élèves qu’elle peut contenir, soit 40 :

Nourriture des enfants, à 1 franc par jour .... 14,600 »

— du personnel . 730 »

Cbaulfage et éclairage . 1,320 »

Blanchissage, entretien, trousseau . 2,840 »

Personnel : indemnité au Directeur . 3,000 »

— — aux deux surveillants .... 2,160 »

— — au jardinier . 800 »

— — à l’instituteur . 600 »

Frais médicaux, imprévus . 1,000 »

Total . 27,050 »

Dépense dont il faudra défalquer les bénéfices du travail des enfants.

Nous demandons, en outre, une somme de 2,500 francs non prévue au Budget, pour l’établissement d’une serre à multiplication. C’est grâce au travail des enfants que le Directeur se fait fort de l’établir à un prix aussi bas. C’est à Tunanimité que la Commission vous propose cette dépense, et c’est dans la serre existant déjà, et en voyant les résultats obtenus que cette décision a été prise. Cette dépense serait faite sur les fonds disponibles et portée au Budget rectificatif si de nouveaux dons ou des économies nouvelles ne, venaient pas soulager le Budget.

VISITE A l’école d’ÉBÉNISTERIE DE MONTÉVRAIN

Le mercredi 20 décembre, votre Commission s’est transportée à l’école d’ébénisterie de Montévrain. Les bâtiments sont vastes, bien éclairés et d’un aspect riant. Le corps de logis principal, qui donne d’un côté sur une vaste cour carrée, de l’autre sur des jardins qui séparent l’établissement de la route, renferme, au rez-de-chaussée, l’atelier d’ébénisterie ; au premier et au second étages, les dortoirs. Ce sont de très grandes pièces éclairées des deux côtés. Une des ailes renferme la cuisine, le réfectoire, la salle d’école et la lingerie. En face, dans l’autre aile, se trouvent l’administration et le logement du Dii*ecteur. Au fond de la cour carrée, et en face du bâtiment principal, est un corps de logis inoccupé dans lequel on placera des ateliers.

L’école n’est ouverte que depuis lafln de septembre; elle ne compte encore que 22 élèves. Elle pourra en recevoir de 100 à 120 plus tard; mais le nombre de 100 paraît à votre Commission très suffisant, l’encombrement dans ces sortes d’établissements étant toujours nuisible,' aussi bien au point de vue de l’hygiène qu’au point de vue de l’enseignement.

Vous savez. Messieurs, comment l’Administration a pu, avec les faibles, ressources dont elle di.spose, établir le travail des enfants. Elle s’est adressée à des industriels qui se sont engagés à faire travailler pendant cinq ans les enfants de notre école; ils fournissent les outils et les bois. Les industriels paieront 1 fr. 50 par jour et par enfant pendant trois ans que durera l’apprentissage ; la 4“ année l’enfant pourra, le plus souvent gagner 4 francs par jour. Il ne coûtera donc rien au service pendant cette dernière année et, dit le rapport du Directeur de l’Assistance publique, il restera à l’enfant une somme de 600 francs qui sera placée à son nom.

L’École de Montévrain a moins l’aspect familial que l’école de Villepreux; c’est ici plus administratif et plus solennel.

Le personnel est plus nombreux ; un contre-maitre et ses doux fils pour l’enseignement technique, un instituteur, deux surveillants qui donnent l’enseignement militaire et gymnastique et apprennent ou

plutôt apprendront aux enfants le maniement de la pompe à incendie.

Les petits ouvriers étaient au travail quand nous sommes arrivés. Pour la presque totalité, ç’était un début; quelques-uns, plus intelligents et plus vite au^bourant, ajustaient déjà des meubles ; un petit enfant de treize ans environ a été appelé près de nous et a lu sur un plan les différentes pièces d’une toilette, d’une table de nuit. Ce qui caractérise ici, comme à Villepreux, les enfants composant l’école, c’est l’aspect de gaîté, de contentement et d’entrain. Tous ont bonne mine et paraissent satisfaits. Ce qui a surpris au plus haut point la Commission, c’est la façon dont ils font l’exercice; non-seulemenl le maniement d’armes ordinaire, mais encore l’escrime à la baïonnette ont été excutés avec une précision étonnante. S’ils font jamais les meubles aussi bien que l’exercice, nous aurons là de fameux ouvriers et de fameux soldats. Sauf la cuisine, tout est fait par eux dans l’école, les lits, le balayage des dortoirs, des cours, etc.

La nourriture coûtera 1 franc par jour et par tête ; d’après le Directeur de l’Assistance publique, chaque enfant dépensera, tout compris, environ G50 francs par an; mais la recette faite par chaque élève, évaluée en moyenne à 450 francs, viendra en déduction, ce qui réduira la dépense réelle.

Je lis dans le rapport de l’Administration ce qui suit : « Au bout de cette période (4 ans), l’enfant devenu ébéniste restera à son gré dans la maison, aux conditions ordinaires de sa profession ou entrera dans un atelier de Paris ou de la province sous notre surveillance ». Cela nous parait une erreur économique. Dès que l’instruction sera faite, l’enfant devra sortir. En gardant des ouvriers dont l’éducation est finie, nous organiserions des ateliers faisant concurrence au ouvriers libres; nous utilisons le travail de l’apprenti comme on le ferait ailleurs, mais dans le seul et unique but de l’instruire. En gardant des ouvriers faits dans nos ateliers nous ferions de l’industrie et non de l’enseignement.

S’il y avait un avantage réel pour les enfants de capacité supérieure à rester une ou deux années en plus pour leur perfectionnement, on pourrait tous les ans faire un concours entre les élèves de 4“ année et avoir des prix, comme dans les hôpitaux, prix qui pourraient permettre de prolonger le séjour à l’école, comme la médaille d’or du concours de l’internat donné au lauréat le droit de rester deux ans de plus interne.

On pourrait aussi créer des bourses de voyage obtenues au concours, bourses qui permettraient aux lauréats de visiter les pays de grande fabrication de meubles, l’Angleterre, la Belgique, etc., et de se rendre dans des maisons connues et en relations avec l’Assistance publique. Non-seulement notre école donnerait ainsi des ouvriers instruits et intelligents, mais encore nous pourrions faire, des plus instruits et des mieux doués, de véritables artistes.

Enfin, dans la crainte que l’enseignement technique dSnné par le même homme ne fasse pas connaître à nos élèves tous les procédés de fabrication, il serait bon que l’élève passât par plusieurs maisons en sortant de notre école et fit, sinon son tour de France, au moins son tour de Paris où, d’ailleurs, se trouvent les fabricants les plus distingués.

Cette école, comme celle de Villepreux, nous a beaucoup attachés, et nous complimentons bien sincèrement le Directeur de l’Assistance publique de ces deux créations.

Mais si nous devons éviter les dépenses superflues, nous ne pouvons refuser le nécessaire, et, au nom de la Commission, je viens demander pour Montévrain deux choses indispensables :

La première, c’est de l’eau de source. A deux cents mètres des bâtiments de l’école et dans le talus du chemin de fer, se trouve une source qui débite huit litres à la minute; cette source ne. tarit jamais et son débit ne varie pas sensiblement. On peut la conduire, en ne traversant que la propriété du chemin de fer et la route nationale n" 34, sous un pont qui existe déjà.

La dépense de canalisation s’élèverait à . 1,000 »

Le réservoir à . 1,500 »

TOT.AL . 2,500 )

La seconde dépense indispensable est l’achat d’une pompe à incendie. 11 ne faut pas oublier que les ateliers sont dans les mêmes bâtiments que les dortoirs et qu’avec de prompts secours on peut empêcher un désastre. Notre premier surveillant sort du corps des pompiers de Paris et nos petits élèves de Montévrain seront certainement, au bout de peu de temps, les pompiers les plus expérimentés de la contrée.

Ici encore la dépense serait prise sur les fonds disponibles et portée au budget rectificatif si la charité privée ne vient pas nous fournir l’argent nécessaire.

Le prix d’acquisition de l’école de Montôvrairi a été de 40,000 francs en principal, y compris une chaufournerie louée 900 francs par an, et qui fera retour à l’école à l’expiration du bail c’est-à-dire dans onze ans.

Les premiers travaux d’aménagement et d’appropriation ont coûté la somme de 20,000 francs. Les dons, entre autres celui de 50,000 francs fait par M. lé baron de Sarter, serviront à payer cette dépense. C’est le crédit ordinaire qui fournit aux dépenses du mobilier, de la lingerie, de la literie, etc.

Grâce aux améliorations apportées par l’Assistance publique dans les propriétés de Villepreux et de Montévrain, ces établissements ont pris déjà une valeur sérieuse. Votre Commission croit que la fortune des enfants Moralement abandonnés doit être établie, et que ces immeubles doivent être inscrits dans cette fortune spéciale et absolument indépendante. Il ne faut pas qu’il y ait jamais de contestations à ce sujet, comme il y en a eu déjà entre le Département et l’Assistance, pour la fortune des Enfants assistés ; d’ailleurs rien que l’existence de la dotation est la garantie de la durée de l’œuvre.

Si le Départerilent voulait un jour rentrer dans la gestion du service des Enfants Assistés, comme il l’a fait en 1872 pour le service des Aliénés de la Seine, le service des Moralement abandonnés créé par le Département et étant inscrit pour une partie à son Budget, suivrait fatalement le service des Enfants Assistés ; et si la fortune des Moralement abandonnés n’était pas spécialisée, les immeubles de Villepreux et de Montévrain seraient parfaitement incorporés aussi dans la fortune des Enfants assistés.

Mais il se pourrait en outre que plus tard, comme cela a été tenté d’ailleurs pour les enfants légitimes abandonnés par leurs parents, il se pourrait qu’une assemblée et des administrateurs trop économes voulussent s’en tenir à la lettre de la loi et laisser à l’Assistance publique le soin de secourir tous les enfants que la loi ne met pas à la charge du Budget départemental; notre création serait anéantie, mais les immeubles appartiendraient à la fortune départementale. On oublie vite dans les questions administratives, et il ne faut pas courir le risque de voir sup-

primer un service et détourner des propriétés de leur destination si intéressante, pour une cause d’insuffisance budgétaire.

Votre Commission est d’accord pour vous signaler le aèle, l’activité et la haute intelligence que le service des Enfants Assistés a déployés dans la création et l’organisation de cette œuvre ; en donnant cet éloge collectif, bien mérité d’ailleurs, nous ne craignons de blesser aucune modestie.

Nous devons aussi inscrire dans ce rapport, et classer dans nos archives, les noms des donateurs qui sont venus si généreusement à notre aide dans la première organisation du service des enfants Moralement Abandonnés.

État des dons faits au Service des Moralement Abandonnés du 1°” janvier 1881 au juillet 1882

Page 1